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Morbid Angel - Blessed Are The Sick

Chronique

Morbid Angel Blessed Are The Sick
Après l’énorme déflagration nommée Altars Of Madness, les 4 musiciens de Morbid Angel se devaient de confirmer les espoirs qui ont été placé en eux. C’est donc sans changements apparents, c'est-à-dire avec le même line-up, dans le même studio (le fameux Morrisound de Tampa) et avec le même homme (Tom Morris) au mixage que Morbid Angel enregistre Blessed Are The Sick en 1991.

Autant le dire tout de suite, il y a beaucoup à dire au sujet de ce disque. Jusque là c’est le cas pour pas mal d’autres disques mais le cas Blessed Are The Sick mérite vraiment qu’on se penche sur la question. Pas mal de changement ont eu lieu depuis Altars Of Madness et cela se ressent dès le début de l’opus. Tout commence par une étrange intro faite de grincements de guitares et soudain « Fall From Grace » débute. Et là, ô surprise le son a énormément changé. Le son poussiéreux et infernal d’Altars Of Madness laisse place à un son plus épuré et direct, plus rugueux surtout au niveau des guitares. La production a malheureusement vieilli mais elle possède encore un certain charme pour peu qu’on apprécie. C’est donc avec « Fall From Grace » que les hostilités démarrent. Un morceau maintenant cultissime démarrant sur un riff lent, presque thrash baignant dans les racines d’Altars Of Madness avec quelques breaks bien sentis et toujours quelques blasts efficaces. Le tempo se fait toujours aussi varié, et la voix de David Vincent fait mouche. La voix, un autre changement de taille dans le groupe. Légèrement mixée plus en avant, elle se fait plus rauque et guttural et rend les titres plus carrés et violents.

La musique de Morbid Angel a également subit quelques modifications. La vitesse d’exécution est toujours aussi remarquable mais sur la durée de l’album, le tempo se fait moins rapide. Les blasts sont toujours présents mais le groupe se calle davantage sur des mid-tempos fracassants appuyés par Mister Sandoval qui s’est encore diablement amélioré. « Rebel Lands » est un excellent exemple. La double pédale mène la danse sur un riff très inspiré de Trey Azagthoth (compositeur de la quasi-totalité des musiques de l’album) pour s’achever dans un duel guitaristique très torturé. On se rend compte que le groupe délaisse légèrement les ambiances pour se concentrer sur des morceaux plus directs et puissants. Les compos sont toujours d’inspiration maléfique mais avec un feeling très différent par rapport à Altars Of Madness.

Autre gros changement, ou plutôt nouveauté, de taille dans ce disque : la venue de titres instrumentaux atmosphériques. Ils permettent de souffler entre un enchaînement de titres redoutables et permettent de préparer la suite. Le 1er d’entre eux, « Doomsday Celebration » sonne comme une interlude. Mais une interlude du genre marche funéraire. Le clavier sonne parfois un peu kitsch mais cela reste correct. Après ces quelques minutes de répit surgit « Day Of Suffering » et là c’est l’apocalypse total. C’est tout simplement ce qu’on peut appeler une tuerie. Un riff d’intro lent, certes mais qui n’est là que pour se préparer à l’avalanche qui suit. Ça blaste, David Vincent vomit ses paroles tel un possédé et c’est très incisif. Le temps de se remettre de cette claque avec le titre éponyme, prémices de l’orientation que le groupe va prendre sur Covenant. Le rythme se fait encore plus lent et lourd, c’est lancinant et maladif, bref c’est un régal. Quelques breaks pour définitivement enterrer l’auditeur et une fin très réussie avec de la flutte traversière comme pour guider les rats (le titre complet de la chanson est Blessed Are The Sick / Leading The Rats).

Autre titre remarquable de l’album : « Thy Kingdom Come » de facture très classique, très direct et entrecoupé de solos toujours aussi tarabiscotés. De retour à l’époque Altars Of Madness avec « Abomination ». Le chant se refait plus black et appuyé par un riff très rentre-dedans. Les paroles sont toujours autant axées sur une mythologie des plus occultes, la chanson serait d’ailleurs une parfaite incantation pour une quelconque divinité maléfique. Les blasts sont mis de côtés pour un mid-tempos très appuyé et le résultat est redoutable. Le disque s’achève avec un dernier morceau instrumental, un titre entièrement joué au piano d’un ton mélancolique du meilleur effet.

Tout à l’air là pour contribuer à faire un grand album mais il y a quelques petites choses qui dérangent sur Blessed Are The Sick. Les titres ne sont pas tous du même niveau. Le formidable côtoit le moins inspiré. Un titre comme « Unholy Blasphemies » reste très linéaire dans sa structure, c’est direct mais pas forcément très original. Puis les solos sont parfois trop nombreux et par moment presque indigestes. « The Ancient Ones » est pourtant un titre plutôt accrocheur mais le break du milieu du morceau est un peu longuet et les solos ont un rôle très démonstratif et ne sont plus là pour renforcer l’atmosphère du titre mais plus pour la technique.

Blessed Are The Sick marque une nouvelle ère pour Morbid Angel. Beaucoup de changements ont eu lieu que ce soit pour le chant, la production et également au niveau des compos. Elles misent davantage sur la puissance et délaissent légèrement le côté malsain que l’on pouvait retrouver sur Altars Of Madness. On perd en ambiance ce que l’on gagne du côté de l’efficacité et on peut être un peu déçu par rapport à la qualité de l’album précédent. Mais qu’on ne s’y trompe pas, Blessed Are The Sick reste un excellent album et on retrouve ces ambiances morbides sur des titres atmosphériques très réussis (« Desolate Ways » vous arrachera obligatoirement une larme). Le disque manque par moment d’homogénéité, certaines compos manquent d’inspiration mais le reste compense largement, « Fall From Grace », « Day Of Suffering » ou encore « Rebel Lands » valent à elles seules l’achat de l’album. On sent un changement de cap à l’horizon, le groupe n’a pas fini de faire évoluer sa musique et le meilleur reste à venir…
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2 COMMENTAIRE(S)

citer
pete bondurant
28/11/2009 23:55
"On se rend compte que le groupe délaisse légèrement les ambiances pour se concentrer sur des morceaux plus directs et puissants. Les compos sont toujours d'inspiration maléfique mais avec un feeling très différent par rapport à Altars Of Madness. "

marrant, c'est tout l'inverse, MA delaisse le brutal et le direct pour priviliegier l'ambiance et pour pondre la leur meilleur album...occulte
Body Count citer
Body Count
22/09/2005 10:20
C'est le seul album avec Vincent que je ne possède pas, on me l'avait prêté en vinyl y'a 2/3 ans, et je l'avais écouté un après-midi d'hiver ; à l'époque je n'étais pas à fond dans l'extrême comme actuellement, cependant j'avais adoré et je me disais que je le prendrai un jour... Au mois d'août dernier je l'ai trouvé avec Covenant et Domination en occaz à Paris... Blessed Are The Sick n'était pas dans la pochette !

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Dans quel groupe mythique joue Tom Araya ?
Commentaire :

Morbid Angel
Death metal
1991 - Earache Records
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (30)  8.78/10
Webzines : (13)  8.16/10

plus d'infos sur
Morbid Angel
Morbid Angel
Boom Boom Pouet Pouet Death Metal - Etats-Unis
  

tracklist
01.  Intro
02.  Fall From Grace
03.  Brain Storm
04.  Rebel Lands
05.  Doomsday Celebration
06.  Day Of Suffering
07.  Blessed Are The Sick / Leading The Rats
08.  Thy Kingdome Come
09.  Unholy Blasphemies
10.  Abominations
11.  Desolate Ways
12.  The Ancient Ones
13.  In Remembrance

Durée totale : 39'31

line up
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