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Mekong Delta - Lurking Fear

Chronique

Mekong Delta Lurking Fear
Amateurs de technique, de vraie, avec de vrais morceaux de shred et de polyrythmies dedans, réjouissez-vous. L'âge d'or du metal technique s'étant brusquement arrêté au milieu des déjà lointaines années 90, on ne pouvait que déplorer l'absence remarquée des monuments du genre que sont Atheist, Cynic, Sadist ou Mekong Delta ces dernières années, et ce n'est pas l'arrêt prématuré d'activité de Theory In Practice qui pouvait nous consoler.
Mais aussi brusquement que miraculeusement, tous ces monuments sont réapparus dernièrement : tournée de reformation pour Cynic, d'adieux pour Atheist, et un nouvel album pour Sadist et Mekong Delta, après dix longues années de silence pour ce dernier. Je ne sais pas pour vous, mais moi je crois que je vais me mettre à croire en dieu.

Mais rentrons dans le vif du sujet avec ce nouvel album de Mekong Delta sobrement intitulé Lurking Fear, qui est aussi le titre d'une nouvelle de Howard Philip Lovecraft, inspirateur de nombreux textes à travers l'histoire du metal comme ceux de Morbid Angel pour les plus connus. Et bien pour une fois, cette similitude est une pure coïncidence dixit le fondateur du groupe Ralph Hubert lui-même. Non mais vous croyiez vraiment que Mekong Delta se serait mis à parler de cités cyclopéennes et de monstruosités tentaculaires à dix-huit dimensions vous ?

Dix-huit c'est aussi à peu de choses près le nombre d'écoutes qu'il faudra à l'auditeur lambda persévérant pour comprendre quelque chose à cet album. Il faut dire qu'en s'adjoignant les services de Peter Lake, leader de Theory in Practice, il ne fallait pas s'attendre à ce que Mekong Delta se mette à faire du bal musette. Pour les gens qui ne connaîtraient pas l'excellent Theory in Practice, sachez qu'il s'agit d'un groupe de techno-death (comprenez « technical death metal ») suédois parmi les plus injouables qui soient.
Mais comme on n'arrête pas une bonne idée en chemin, Ralph Hubert s'est aussi adjoint les services du célèbre Uli Kusch, connu principalement pour avoir officié dans Helloween et Masterplan, alors qu'il avait déjà joué dans Mekong Delta vingt ans plus tôt.
L'addition de ces deux musiciens hors pairs et le génie de Ralph Hubert ont eu un résultat immédiat : la musique de Mekong Delta est devenue encore plus complexe qu'auparavant, ce qui n'était pas – vous l'admettrez, et ne discutez pas, c'est un ordre – chose aisée.

Le premier adjectif qui vient à l'esprit pour qualifier la musique du groupe est « dense » tant la musique de Mekong Delta est devenue riche et complexe. Complexe à un point qu'elle peut au premier abord paraître chaotique : les tempos sont soutenus, et la débauche éhontée de notes ne cesse pratiquement jamais, malgré les changements de tempos incessants qui ne sont bienheureusement pas ici synonymes de saccade.
Peter Lake, malgré le fait que ses parties (de guitare, bande de pervers) aient été principalement composées par Ralph Hubert, a su imposer son style ultra reconnaissable qui ravira tous les nostalgiques de Theory In Practice : même façon de placer les intermèdes acoustiques, mêmes structures dans les solos. Mais si la guitare est l'élément central de ce Lurking Fear, n'allez pas croire que la basse ou la batterie soient en reste. Le jeu subtil de Ralph Hubert, s'il n'est pas aussi aérien que celui d'un Steve DiGiorgio reste tout à fait admirable, et se démarque harmonieusement des parties de guitare rendant le tout parfaitement audible. Reste le surprenant Uli Kusch que personnellement je n'attendais pas à ce niveau, tant son jeu est d'une complexité effarante : les changements de tempos évoqués plus tôt n'empêchent pas le bonhomme de développer un jeu fourni et varié malgré la vitesse relativement importante – et dans tous les cas fluctuante – des compositions de Ralph (pas celui des Simpsons, j'espère que vous suivez encore ! ) mais aussi et surtout celles de Schostakowich (j'offre une bière à celui qui le dira dix fois de suite sans se tromper).

Schostakowich d'ailleurs parlons-en. Vous n'êtes pas sans savoir que le dernier album de Mekong Delta était la reprise des Tableaux d'une Exposition (Pictures of an Exhibition) de Modeste Moussorgksi, compositeur russe du XIXe siècle, et qu'auparavant, Mekong Delta avait fait une reprise d'une Nuit sur le Mont Chauve (Night on a Bare Mountain) de ce même Moussorgski sur leur album Dances of Death.
Et Schostakowich, vous l'aurez deviné n'est autre que le disciple (au moins spirituel) de celui-ci, c'est pourquoi leurs styles respectifs sont relativement similaires. L'auditeur averti ne sera donc pas surpris de retrouver un «Allegro» totalement injouable et barré dans le plus pur style néoclassique en clôture de ce magistral album.

Un petit mot sur la production ultra claire et définie qui laisse transparaître toutes les innombrables subtilités de cet album. La guitare et la batterie forment un tout cohérent et n'empiètent pas l'une sur l'autre, laissant la basse légèrement au premier plan, pour un mixage où seule la voix est quelque peu envahissante. Une production années 80 remise au goût du jour en somme.

Jusque là me direz-vous – et pour une fois vous aurez raison, ce qui est rare – le tableau paraît idyllique. Je ne vais pas vous le cacher plus longtemps, il existe deux choses qui pourront vous faire voir cet album comme moins enthousiasmant que ma description :
Première possibilité vous êtes réfractaire au seul élément dont je n'ai pas encore parlé : le chant. Oui, le chant de Mekong Delta est très spécial, extrêmement aigu, parfois crié, il peut refreiner les ardeurs même des plus castrés d'entre nous, mais ne saurait décevoir les vieux fans du groupe, car il est un élément indissociable à l'identité de Mekong Delta.
Seconde possibilité, vous faites partie des gens qui pensent que cet album est trop difficile à appréhender, ou vous êtes un vieux fan qui pense que le style de Mekong Delta a trop dévié vers un Coroner sous stéroïdes. En effet, étant moi-même un jeune loup, je n'ai découvert le metal que peu après la sortie de leur précédent album et je n'ai pas connu l'âge d'or de Mekong Delta, d'où une attente moindre, et une relative surprise quant aux nombreuses qualités de ce Lurking Fear.

Pour résumer, Mekong Delta nous livre ici un album magnifique, orchestré de main de maître, mais dont la voix et la complexité peuvent rebuter. Et malgré les trois instrumentaux et certains passages simples (parfois tirés de films, comme dans « Moderato »), il est vrai que ces deux points peuvent rebuter bon nombre d'auditeurs potentiels.
Finalement, et c'est bien le principal, cet album reste totalement écoutable, et le plaisir d'écoute est plus que jamais au rendez-vous pour l'auditeur qui ne recherche pas la facilité. Qu'on se le dise, Lurking Fear ne fait aucunement tâche dans la discographie du groupe, et est aussi – voire plus – accrocheur que ses prédécesseurs.

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6 COMMENTAIRE(S)

Xenocidist citer
Xenocidist
11/10/2007 16:49
Tiens d'ailleurs tu vas me faire une chro de Mutant, et je veux voir 10/10 tout en bas!
von_yaourt citer
von_yaourt
11/10/2007 16:09
note: 9/10
C'est bizarre, on a tous les albums qu'a fait Peter Lake (ce type est un dieu), et honnêtement la voix ne me dérange jamais... peut être qu'il aime pas les vocaux graves.
Silenced-Self citer
Silenced-Self
11/10/2007 16:07
Xenocidist a écrit : Tu trouves le chant repoussant chez Theory in Practice?
Pour moi ce groupe est parfait...
Et pour le Mekong Delta, le p'tit nouveau est peut-être le meilleur des chanteurs qu'ils ont eu!
Excellent album, sur tous les points.
Cyril: Boire !


Oui le chant est vite insupportable chez Theory in Practice et vraiment insupportable chez Mutant.
Xenocidist citer
Xenocidist
11/10/2007 15:53
Tu trouves le chant repoussant chez Theory in Practice?
Pour moi ce groupe est parfait...
Et pour le Mekong Delta, le p'tit nouveau est peut-être le meilleur des chanteurs qu'ils ont eu!
Excellent album, sur tous les points.
Cyril: Boire !
Silenced-Self citer
Silenced-Self
11/10/2007 15:11
Peter Lake alias le guitariste magique qui ne choisit que des groupes avec un vocaliste repoussant.
cglaume citer
cglaume
11/10/2007 07:12
Ach, comme tu enchaînes von !!
En tous cas, 'va falloir que je me décide à écouter ce dernier MD !!

"j'offre une bière à celui ..." : c'est une tradition familiale le coup des bières ou quoi ? Clin d'oeil

--> Schostakowich
--> Schostakowich
--> Schostakowich
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Mekong Delta
Techno-Thrash
2007 - AFM Records
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (4)  8.88/10
Webzines : (22)  7.09/10

plus d'infos sur
Mekong Delta
Mekong Delta
Techno-Thrash - 1985 - Allemagne
  

écoutez
tracklist
01.   Society in Dissolution
02.   Purification
03.   Immortal Hate (Accepting Prayers of Supremacy)
04.   Allegro Furioso
05.   Rules of Corruption
06.   Ratters (Among the Dead)
07.  Moderato
08.   Defenders of the Faith
09.   Symphony of Agony
10.   Allegro

Durée : 49:16

line up
parution
17 Septembre 2007

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