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Biomechanical - Cannibalized

Chronique

Biomechanical Cannibalized
Si la note attribuée par Dead à « The Empires Of The Worlds » rend assez bien compte de la qualité du 2nd album de Biomechanical, on pouvait néanmoins ressentir à la lecture de sa chro – surtout quand on connaît un peu l'animal – les fugaces émanations d'un certain manque d'enthousiasme … si si Dead, tatata, arrête un peu ton char. Pour ma part, j'avais été véritablement bluffé par ces compos à la fois efficaces et extrêmement léchées, et par ce mélange si personnel de power à la early-Pantera (enfin pas trop « early » quand même – période « Cowboys from Hell » quoi ), de pointes vocales atteignant les aigus d'un Dickinson sous hélium, de sophistication Nevermorienne et d'atmosphères d'inspiration cinématographique. Pour tout vous dire, je plaçais de très grands espoirs dans cette nouvelle galette, tablant sur le fait que ces mélodies et cette forte personnalité, pour peu qu'elles réussissent à s'épanouir en un florilège de puissance et de maturité et qu'elles soient épaulées par un travail de promotion approprié, pourraient bien propulser le groupe en couverture de nos canards metal préférés.

« Psschiiiiiiittt !!!! » , fait la baudruche qui se dégonfle.
« Snif … » fait le chroniqueur, la morve au nez et la larme à l'oreille.

Eh oui: si la musique couchée sur les sillons numériques de « Cannibalized » est effectivement extrêmement ambitieuse, le coche n'en est pas moins raté (ou « le moche n'en est pas COIN! raté » aurait dit le vilain petit canard).

Pourquoi ? Premier point qui pêche: le son. Quand on empile les couches et qu'on arrose aussi copieusement sa musique d'orchestrations grandiloquentes, la moindre des choses s'est d'être irréprochable du point de vue du rendu. Et pour le coup, Mr John K – qui en plus de la composition, des arrangements, d'une partie des textes, du chant et de la batterie s'est chargé de l'enregistrement et de la co-production de l'album – aurait du s'attacher à nous épargner ce bourdonnement massif de guitare rythmique venant tout embrouillonner au 1er plan, et à jouer plutôt la carte de la limpidité. Les surabondantes orchestrations B.O.iennes ont elles aussi tendance à phagocyter un peu tout ce qui traîne alentours, la voix – pourtant fabuleuse – dudit John K en étant la première victime collatérale, celle-ci se retrouvant trop souvent perdue dans un épais brouillard sonore. C'est bien simple: à chaque fois que cet album vient succéder à ses petits camarades sur mon lecteur, je me retrouve à aller tripatouiller l'équaliseur dans le vain espoir d'en tirer quelque chose de potable. C'est pénible quand même pour un album de cette trempe … (Comment ça j'ai encodé l'album avec un taux de compression merdique ?)

Mais ce n'est malheureusement pas tout. Le groupe (enfin bref: Johnny) ayant lui aussi bien senti le carton potentiel de cette nouvelle livraison, l'option a été prise d'en faire un maximum. Mais en fait de maximum, les anglais en ont fait bien trop, accouchant de morceaux ampoulés, étouffant sous le poids d'arrangements excessifs dignes des plus peplumisantes scènes dramatiques jamais tournées dans les blockbusters ricains de SF. Du Dany Elfman sous crack en pleine crise d'hallu': voilà ce que proposent bon nombre de morceaux de « Cannibalized », en intro de « Fallen In Fear », sur « Consumed » ou encore sur « Through Hatred Arise » par exemple.

Et les morceaux bien directs et catchy de « The Empires Of The Worlds », hein, ils sont où? Les habiles dosages Nevermoriens entre punch et détours classieux, c'est passé de mode? Le foisonnement de « Cannibalized » n'accouche bien souvent que de morceaux bouffis de prétention, emberlificotés dans des pelotes de riffs aux structures stupidement alambiquées, réussissant rarement à retomber sur leurs pattes, et perdant au passage l'attention et la patience d'auditeurs pourtant initialement plein de bonne volonté. Et ce ne sont pas ces soli épileptiques, dont le niveau d'hystérie est bien en phase avec l'esprit de l'album mais qui ne réussissent pas à entrer en résonance avec la dynamique des morceaux qu'ils sont sensés enjolivés, qui nous refilent la banane pour compenser.

Oui c'est vrai, je suis un brin mordant, voire cruel. Par exemple le son n'est pas à ce point à chier, l'amertume ayant sans doute recouvert d'un sombre vernis ce tableau pas aussi noir qu'il pourrait sembler après cette charge en règle. Mais merde, ça fait mal de voir le groupe louper ainsi cette dernière marche vers le podium. On retrouve pourtant par moment le Biomechanical qu'on avait aimé auparavant, comme sur ce « The Unseen », moins complexe et plus directement Panter-Nevermorien. Ou encore sur l'exceptionnel « Breathing Silence » qui nous replonge en plein Queensrÿche période « Opération Mindcrime » (écoutez moi le début de ce morceau, et si vous n'entendez pas Geoff Tate à 0:50, je vous file l'adresse de mon O.R.L.) la touche Anselmo & co en plus. « Predatory » et surtout « Slow the Poison » nous réservent également de bons moments, alternant bonnes mélodies, élans épiques de bon goût et gros punch qui tâche. Mais le reste est engoncé dans une approche à la fois trop chaotique et trop prétentieuse qui gâche vraiment ce que cet album a par ailleurs de bon.

Exagérément dense, fourmillant et hyper calorique, le virage pris en 2008 par Biomechanical fait de « Cannibalized » un album très dur à digérer, à la limite de l'écoeurant. On lui reconnaîtra une sophistication extrême et un travail de composition et surtout d'arrangement hyper impressionnant. On reconnaîtra aussi à John K. le fait que réussir à mener à bien un album aussi complexe alors que le line up du groupe a été tout sauf stable ces derniers temps est un véritable exploit. Mais j'ai peur que ces excès ne conduisent le groupe dans le bas-côté, à moins que le prochain album ne soit l'occasion d'un sérieux contre-braquage qui ramène enfin le groupe en piste. C'est sans conteste ma grosse déception de l'année – déception d'autant plus grosse que l'album laissait entrevoir de très bonnes choses ...

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2 COMMENTAIRE(S)

cglaume citer
cglaume
08/01/2009 11:28
note: 6/10
Thomas Johansson a écrit : Découvert en première partie d'Exodus il y a deux ans, j'avais trouvé ça risible. Maintenant j'ai pas testé sur CD mais vu la note, ça ne sera pas avec celui là !

L'album précédent était fabuleux: il ne faut pas s'arrêter à cette dernière livraison bien trop prétentieuse ...
Thomas Johansson citer
Thomas Johansson
08/01/2009 10:51
Découvert en première partie d'Exodus il y a deux ans, j'avais trouvé ça risible. Maintenant j'ai pas testé sur CD mais vu la note, ça ne sera pas avec celui là !

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Question anti-spam :
Dans quel groupe mythique joue Tom Araya ?
Commentaire :

Biomechanical
Heavy Power/Thrash progressif à tendance B.O.
2008 - Earache Records
notes
Chroniqueur : 6/10
Lecteurs : (1)  9/10
Webzines : (2)  7/10

plus d'infos sur
Biomechanical
Biomechanical
Heavy Power/Thrash progressif à tendance B.O. - Royaume-Uni
  

tracklist
01.   Fallen In Fear
02.   The Unseen
03.   Cannibalised
04.   Breathing Silence
05.   Predatory
06.   Slow The Poison
07.   Consumed
08.   Reborn In Damnation
09.   Through Hatred Arise
10.   Violent Descent
11.   Beyond the Descent (Fallen in Fear/Regenerated) - bonus track
12.   Reborn Into Darkness (Through Hatred Arise) - bonus track
13.   Imprerium (Absolution Part 1 & III) - bonus track
14.   Through the Remains (Consumed) - bonus track

Durée : 68:31

line up
parution
11 Février 2008

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