chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
58 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Zvoyn - Onomatopeous Love Letters, Book I : Elisa

Chronique

Zvoyn Onomatopeous Love Letters, Book I : Elisa (EP)
(Zealous decadence)

Zvoyn? Hmmm … Ok: go! Oh? Hum ... Gné? Wow! Rogntudju! Pffff … Ouarf?! Ouch! Mouais … Oh yeah! Top! Bon: Cool! Zarb'. Space!

Mouais, un peu short quand même l'Onomatopeous Love Review… Enfin disons qu'on perd un brin en précision, et que j'aurais l'air de la pire des feignasses en m'arrêtant là! D'autant qu'avec la palette habituelle du vocabulaire métalo-chroniquatoire, c'est déjà pas hyper évident d'expliquer ce qui se passe pendant le petit quart d'heure que dure cet E.P., alors avec la seule arme d'exclamatifs Youpi! et Bôarf!, on ne serait pas arrivé… Mais commençons donc par vous présenter le drôle de zoziau qui se propose ici de faire péter l'un de nos câbles en même temps qu'il grille joyeusement les siens.

L'éminence grise derrière Zvoyn s'appelle OYC – ou Younés Chraibi pour les intimes dont je ne suis pas, donc j'utiliserai OYC, d'autant plus que ça s'écrit quand même un chouya plus vite. Ce joyeux olibrius n'est pas totalement inconnu de nos services puisqu'il s'avère être web-chroniqueur (sur Algoblast et surtout sut l'excellent Eklektik), bassiste live occasionnel de The Ocean, membre de tout un tas de groupes évoluant généralement dans l'extrême (Nerv, Innerty, HemeraH …), et réalisateur de court métrage (l'un d'entre eux étant fourni gracieusement avec l'EP). Il paraîtrait même qu'il tond la pelouse, customise les side-cars et opère les tumeurs du gros intestin comme personne, mais je ne suis pas vraiment sûr de mes sources sur ces derniers points.

Qu'est-ce qu'un hyperactif comme OYC peut bien proposer de plus avec Zvoyn? Eh bien: du conceptuel, de l'arty, du furax, du délirant. Pour être un peu plus descriptif, nous dirons que Zvoyn propose un mélange de grind, de musique chaotico-expérimentalo-jazzy et de sonorités orientales. Pour seules armes, notre homme-orchestre dispose d'une basse utilisée avec virtuosité, d'une boite à rythmes, d'une voix faisant le grand écart entre des Woody Woodpecker-eries à la Mr Bungle / !T.O.O.H.! et des gargouillis goregrindesques, d'un ordinateur produisant des sonorités synthétiques kitchissimes et d'instruments « exotiques » – Oud, Kanoun, Ghayta - que des racines marocaines ont dû porter aux oreilles du gaillard parallèlement à sa découverte du brutal death. Tout seul comme un grand – ou au choix, comme un misanthrope, un nerd, un soliste, ou un pied d'unijambiste dans une paire de Nike - OYC a touillé très fort tous ces ingrédients pour composer, interpréter, enregistrer et sortir ce premier épisode des Onomatopeous Love Letters. Particularité pas banale: tous les morceaux ont été enregistrés en une seule prise, et le résultat est livré brut de décoffrage, sans mix ni mastering ultérieur (dixit le livret).

Tout ça est très alléchant sur le papier. Et dans les faits me direz vous? Eh bien comme on pouvait s'y attendre, l'esprit anarcho-punky « on fait tout en une seule prise / on ne fignole pas le son aux petits oignons » fait que le résultat n'est pas sans aspérité ni imperfection, ce qui laisse l'auditeur sur ce sentiment que le son est un poil faiblard et creux là où il aurait pu faire preuve d'un peu plus de muscle et de clarté. Le 2e point qui jouera les repoussoirs à mélomanes audio-rigides réside dans l'aspect très synthétique de la BAR, et dans ce côté bien kitch du « synthé » qui évoque parfois les meilleurs moments des jeux vidéo de nos années Récré A2. Le 3e élément dur à digérer pour qui n'apprécie pas le math-grindcore à rétropédalage rythmique, c'est l'aspect chaotique, ultra sautillant de ce métal qui part à chaque instant dans toutes les directions à la fois, tel un Zébulon multi-schizophrénique sous crack (bref, il y a du T.D.E.P. là-dessous). La conséquence de tout cela est qu'il n'est pas rare de se retrouver quelque peu perplexe, sans réel repère au milieu de tout ce fatras. Mais on reconnaîtra une certaine cohérence entre la (dé-)structuration des morceaux et le concept développé ici: la musique semble en effet souvent constituée d'une succession d'onomatopées musicales, la basse, la BAR, le chant et les sonorités MIDI adoptant régulièrement une dynamique tout en tressautements saccadés, ce qui donne véritablement l'impression d'écouter une suite de points d'exclamations musicaux.

Mais en plus de reposer sur une démarche artistique particulièrement sympathique, la musique de Zvoyn comporte son lot d'éléments juteux qui font que finalement, malgré quelques possibles réticences, on accroche bien à cette performance des plus barrées. La basse déjà, centrale, omniprésente, énergique, tendue, tout en rebonds et ressort, alternant les registres death ronflant et jazz swinguant, et semblant manipulée par une bonne grosse douzaine de doigts (au bas mot), remporte rapidement l'adhésion générale. La coloration « world music » arabisante ensuite, est un autre des gros plus de l'EP – bien que l'apport soit bien meilleur quand il provient de véritables instruments organiques (cf. « Amina ») que quand il sort des gros tuyaux MIDI d'un ordi. Les effets de contraste entre les passages smoothy/jazzy et les purs glaviots death/grind sont également parmi les gros atouts de cet EP. Ajoutez à cela un packaging pas commun et très chouette, un concept « un titre / un prénom / une lettre / une onomatopée » vraiment original, et de petits délires comme ce dialogue entre OYC et sa conscience (sur « Diane ») et vous obtenez un CD au très gros capital sympathie.

Bref, nous tenons là un EP relativement hors norme, plein d'idées et de couleurs inédites. Certes, il a également ce petit côté « pas tout à fait fini » et « délire égoïste » qui le rend un peu dur à avaler et lui donne un arrière-goût de « mince, ça aurait pu être encore bien mieux »... Mais il faut respecter les choix de l'artiste. Quels que soient les décalages qui existent entre ce « encore mieux » qu'on aurait pu espérer et les 7 titres finalement couchés sur cette galette, on ne peut que tirer notre chapeau – amateurs de Hat Fucking bonsoir – à OYC pour avoir accouché d'un bébé aussi prometteur et évoluant aussi loin des sentiers battus. Définitivement à essayer!

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

5 COMMENTAIRE(S)

OYC citer
OYC
05/05/2009 13:41
Pour éclaircir le doute:
La batterie est écrite en General MIDI sur Finale puis exportée en midi pour être importée sur GP pour implémentation des codes 60, 61, 62 et 52. GP ne gère pas les polymètres or Zvoyn en est bourré, donc j'ai utilisé cette méthode qui préserve le son GM que je veux tout en ne ruinant pas l'écriture de la partition originelle.
Ant'oïn citer
Ant'oïn
05/05/2009 07:33
Je suis presque sur que la batterie est fait sur GP Moqueur Ouai sinon c'est marrant et je crois que c'est le but. (j'espere en tout cas)

Ceci dit, y'a des parties vraiment bien foutu et interessante, notement sur Elisa.
Efelnikufesin citer
Efelnikufesin
02/04/2009 18:54
J'aime bien,c'est totalement barré,et puis je ressens des influences Naked City la-dedans,ca fait plaisir...
riven citer
riven
02/04/2009 17:19
note: 4/5
J'aime bien tout l'artwork arabisant.
y'a des bonnes idées selon moi. Ceci dit, je suis pas un gros fan des plans complètement barrés comme ceux là. (Mais d'autres adorent)

Par contre, la batterie et autres synthés en MIDI...faudrait peut penser à faire un effort là dessus. Je me doute que c'est pas par faignantise et j'y connais (absolument) rien, mais déja rien que la batterie, il me semble que y'a des très bons samples (c'est ca le bon mot?) qui trainent sur Internet, comme le Drumkit From Hell de Tomas Haake Sourire

Après je te souhaite beaucoup de réussite!
Dead citer
Dead
02/04/2009 12:13
Haha comme c'est space Mort de Rire

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Zvoyn
Free-style world grind'n'bass
2008 - Autoproduction
notes
Chroniqueur : 3.5/5
Lecteurs : (1)  4/5
Webzines : (1)  3.34/5

plus d'infos sur
Zvoyn
Zvoyn
Free-style world grind'n'bass - France
  

tracklist
01.   Misae
02.   Elisa
03.   Venus
04.   Amina (Prologue)
05.   Diane
06.   Sofia
07.   Keyla

Durée : 13:39

line up
parution
15 Février 2009

Nuclear Assault
Game Over
Lire la chronique
Poésique - MoM chronique Death - The Sound of Perseverance
Lire le biographie
Ritual Necromancy
Disinterred Horror
Lire la chronique
FOREST FEST OPEN AIR
Antzaat + Anus Mundi + Aura...
Lire le live report
Mezzrow
Then Came The Killing
Lire la chronique
Circle Takes the Square
As the Roots Undo
Lire la chronique
Heptaedium
The Great Herald Of Misery
Lire la chronique
Serum Dreg
Lustful Vengeance
Lire la chronique
Vanhelga
Fredagsmys
Lire la chronique
Death Power
The Bogeyman Returns (Compil.)
Lire la chronique
Aura Noir
Aura Noire
Lire la chronique
Moonreich
Fugue
Lire la chronique
Megadeth
Lire le live report
Mortiferum
Altar Of Decay (Démo)
Lire la chronique
Être moins con : lire BLACK METAL
Lire le podcast
PPCM #0 - Chevauche le Grand Requin Blanc (Carcariass)
Lire le podcast
Legacy Of The Beast European Tour 2018
Iron Maiden + The Raven Age
Lire le live report
LE Canyon - Episode 13 - Dragon casqué
Lire le podcast
Sphæra
Teratology (EP)
Lire la chronique
Funeral Mist
Hekatomb
Lire la chronique
Obscura
Diluvium
Lire la chronique
Uniform / The Body
Mental Wounds not Healing (...
Lire la chronique
Soundgarden
Louder Than Love
Lire la chronique
Skogen
Skuggorna kallar
Lire la chronique
Ossuarium
Calcified Trophies Of Viole...
Lire la chronique
Thorium
Blasphemy Awakes
Lire la chronique
Sacred Reich
Independent
Lire la chronique
Atavisma
The Chthonic Rituals
Lire la chronique
Gaerea
Unsettling Whispers
Lire la chronique
Throane + Wolves In The Throne Room
Lire le live report