Non mais vous le croyez ça? Malgré 12 ans d'existence, 2 albums et un EP de qualité qui ont enthousiasmé la quasi totalité de ceux qui ont eu la chance de croiser leur chemin (sans compter 2 démos et un split avec Bound in Human Flesh), et une approche vraiment personnelle du metal extrême, pour la sortie de son 3e album « An Epitaph To Tranquility », Cephalectomy en est encore à se vautrer dans le Do It Yourself le plus crasse. Et cela n'est a priori pas le fruit d'une démarche militante comme c'est le cas pour un Inhumate. Le groupe se fade en effet lui-même l'enregistrement, le mix et le mastering de l'album - ainsi que la pochette -, tout ça pour au final laisser son bébé en téléchargement libre depuis son site, pochette en HD incluse, pour la modeste somme de 0 euro et 0 centime (ce qui fait à peu près le même montant en dollars canadiens). Ah non c'est vrai, j'oubliais: quelques copies physiques ont été pressées (en quasi autoproduction, Discorporate Music n'ayant à son catalogue que 4 groupes parmi lesquels seul Cephalectomy n'a pas splitté ...) pour les quelques amateurs éclairés qui ont eu la bonne idée de faire une pré-commande. Bon alors c'est sûr que l'heure est au marasme le plus déprimant dans l'industrie du disque, et que dans le raz-de-marée des nouveaux groupes qui déferle régulièrement sur nos côtes myspaciennes, il n'est pas toujours évident de séparer le bon grind de l'ivraie. Mais bon il est tout de même frustrant de constater ce genre de situation, et si le Dieu du Metal avait existé, vu comment il laisse moisir ses fidèles les plus méritants, je me serais fait un plaisir de lui faire siffler les oreilles à grands coups d'injures blasphématoires et scabreuses ...
Un an tout juste après la sortie de « The Dream Cycle Mythos », la bande à Corey Andrews nous revient avec un album au format plus standard (pour rappel l'EP n'était constitué que d'un seul looong morceau) qui conserve intacte la personnalité du groupe, à quelques menues évolutions près. Les habitués du « Mystigrind » - comme se plait à l'appeler les canadiens - pratiqué par Cephalectomy retrouveront donc cette musique extrêmement mouvante qui navigue entre brutal death à BAR excessive (dans le genre, écoutez moi la tuerie à 1:05 sur « The Accumulated Conscious », et cette autre à 0:57 sur « Feast Of The Saints »: les têtes volent et pourtant tout cela reste « mélodique »!), envolées death mélo à la Edge of Sanity (auquel on pense tout particulièrement à 0:31 sur « The Sons Of Tellervo »), accélérations thrash/death fulgurantes et plages plus épico-atmosphériques pouvant occasionnellement prendre une teinte blacky. La chorale démoniaque qui officie depuis toujours derrière le micro aligne cette fois encore gargouillis putrides, growls de fond de caveau et croassements haineux. A noter que Peter Mestre (Thy Flesh Consumed) - qui avait déjà ramené sa fraise en tant que guest sur « The Dream Cycle Mythos » - a été officiellement enrôlé au poste de 3e jeu de cordes vocales afin de renforcer encore un peu plus l'impression que c'est une véritable Cour des Miracles infernale qui s'épanche bruyamment tout au long des 12 titres de l'album.
« Vous nous parliez de menues évolutions cher ami. Qu'en est-il? »
Eh bien tout d'abord, insistons sur le fait qu'elles sont menues, ce qui veut dire que la musique du groupe reste immédiatement identifiable et qu'il faudra vraiment être le dernier des enculeurs d'amibes pour oser hurler à la trahison ou au retournement de veste. Sur la forme, pour commencer par le moins impactant, on remarquera que la pochette de ce nouvel épître fait plus dans la « discussion serbo-bosniaque virile en banlieue de Sarajevo » que l'habituel style « Shub-Niggurath et Yog-Sothoth sont sur un bateau ... » auquel on avait commencé à s'habituer. En effet, comme Corey nous l'avait confié en interview, le groupe a décidé de s'ouvrir à d'autres thématiques, ce qui nous donne cette fois-ci un « A Loathsome Ceremony » ou encore un « Freedom of the Enlightened » qui s'attardent plus sur la vision que Jason a du monde que sur une description de Kadath ou de la salle de bain d'un Grand Ancien. Côté musique, en dehors du format des morceaux, nettement plus courts que d'habitude (ils dépassent rarement les 3 minutes), la seule singularité qui m'aura vraiment frappé est l'apparition sporadique de petits gimmicks mathcore (on va dire ça à défaut de savoir les décrire plus précisément - désolé, on n'est pas tous ceinture noire en musicologie chez Thrasho ...), par exemple à 0:36 sur « A Submergence Of Will » où ces stridences aigues m'ont immédiatement fait penser à Psyopus, ou encore lors de ce tricotage extrême à 1:19 sur « The Accumulated Conscious » et lors de ces bidibips guitaristiques à 0:24 sur « The Urchin Peel ». On notera aussi que pour une fois - et sur un passage très court, rassurez-vous -, Cephalectomy s'essaie au metal'n'roll épuré (à 1:27 sur « The Urchin Peel », le morceau le plus light de l'album - interludes exceptées -, qui offre aussi une mignonne petite mélodie bien soft à 2:27 ...) et que, ma foi, ça fonctionne plutôt bien. Mais honnêtement c'est surtout une volonté de proposer une chronique qui va dans le détail qui me fait mettre en exergue ces quelques points, la coloration globale de l'album restant du pur Cephalectomy comme on l'aime.
Ceux qui voudront se faire une idée de ce que donne cette dernière édition de la mixture Cephalectomienne pourront s'enfiler la mise en jambe qu'est l'intro au piano « The Obliterating Swarm », puis enchaîner sur « The Splintered Pupil » qui est l'illustration parfaite de l'excellence musicale de ce pot pourri de l'extrême. Amateurs de Nile, et vous autres qui rêvez de voir les Cryptopsy et autres Suffocation mettre du miel scandinave sur leur tartine de blasts, interrompez un instant votre lecture en diagonale des chroniques de ce zine et allez télécharger l'album sur le site du groupe (ne vous fiez pas trop aux morceaux proposés ici en écoute: à mon humble avis ce sont, avec « Tide Of Substance », les morceaux les plus faibles de l'album) ... Vous pourriez bien vous faire un nouvel ami canadien ...
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"TheMat" a écrit : Excellente chronique pour un super bon groupe. Terrible les vannes sur lovecraft aussi (le coupe de la salle de bain des grands anciens...mortel). Un groupe à découvrir...
Merci. Et en effet, le groupe est injustement trop peu connu ...
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Excellente chronique pour un super bon groupe. Terrible les vannes sur lovecraft aussi (le coupe de la salle de bain des grands anciens...mortel). Un groupe à découvrir...
invité
Il est d'la bombasse cet album, y'a pas à chier. T'façon, Cephalectomy, ça fait dresse le zizy. (Ouaip.)
(-:
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"Ant'oïn" a écrit : Apres ecoute integrale une premiere fois ca m'a foutu une sacre claque, les parties ambiantes sont vraiment magnifique et ca surblast, j'aimerais savoir comment le batteur faut des especes de roulement/frises que je n'arrive pas a identifier sur la caisse claire, une sorte de ultra mega blast. En tout cas ca le fait et les parties guitares sont tout simplement belle, ce serais bien qu'ils se mettent a percer ce monde Metallique qui tourne en rond.

Le batteur, c'est une BAR: ça aide à faire des trucs de ouf !
Et sinon, vu que tu a l'air d'aimer, je ne peux que te conseiller de te pencher sur la disco du groupe qui est du même niveau !
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Apres ecoute integrale une premiere fois ca m'a foutu une sacre claque, les parties ambiantes sont vraiment magnifique et ca surblast, j'aimerais savoir comment le batteur faut des especes de roulement/frises que je n'arrive pas a identifier sur la caisse claire, une sorte de ultra mega blast. En tout cas ca le fait et les parties guitares sont tout simplement belle, ce serais bien qu'ils se mettent a percer ce monde Metallique qui tourne en rond.
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"Ant'oïn" a écrit : "interrompez un instant votre lecture en diagonale des chroniques de ce zine et allez télécharger l'album sur le site du groupe" J'ai telecharger d'abord puis lus en diagonale
Comme ça ça marche aussi !
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Normalement j'aime pas les trucs barre trop complexe, mais la faut avouer que ca tue. La prod est super pour si peu de moyen, j'ai vue que leur clip pour leur dernier EP etait fait avec 50$ ou un truc dans le genre. Tres professionel malgres tout !
"interrompez un instant votre lecture en diagonale des chroniques de ce zine et allez télécharger l'album sur le site du groupe" J'ai telecharger d'abord puis lus en diagonale
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"fraction" a écrit : Est-il possible d'avoir des chros des vieux Impaled??
Pour ça il faut demander à Thomas !
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Ah!!! Ce bon vieux dernier cd gratos de Cephalectomy!
Merci pour la chronique.
L'album est tellement riche et varié, bourré d'influences diverses (morbid angel : 1:26 sur feasts of the saints, par exemple), de vieilles accélérations bien brutales et mélodiques à la fois (1:05 sur the accumulated conscious), enfin Tide of substance me ferait limite penser à un obscura un peu dénaturé. Y a de tout dans cet album, c'est original et les voix dépotent toutes: growls, death, putrides à la Impaled( en plus barrée).
Enfin, il est gratos et là il n'y a carrément plus d'excuses pour ne pas découvrir ce groupe.
Est-il possible d'avoir des chros des vieux Impaled??