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Arcturus - La Masquerade Infernale

Chronique

Arcturus La Masquerade Infernale
Si vous n'êtes pas prêt à sacrifier de nombreuses heures pour apprécier un album, ne perdez pas de temps à lire cette chronique : cet album n'est vraiment pas fait pour vous. Car tout ce qui va être dit au sujet de "La Masquerade Infernale", album le plus expérimental et le plus controversé d'Arcturus, ne peut être perçu qu'après être arrivé à un quasi point d'indigestion de ces 46 minutes de pur délire musical (d'ailleurs rien que d'en parler, j'ai la nausée). Et le pire dans cette histoire, c'est qu'au bout du compte, il n'est pas garanti que vous appréciiez...

En effet, "La Masquerade Infernale" est l'album le plus déstabilisant qu'il m'ait été donné d'écouter car il ne répond à aucune loi, à aucun contrôle et fera sauter tous vos points de repère. On dépasse allègrement ici les limites du métal qui paraissent alors bien étroites tellement cet album est audacieux. J'ai même personnellement du mal à imaginer comment une telle chose à pu germer du cerveau d'un ou de plusieurs êtres humains (si c'est bien le cas d'ailleurs ???), tellement les compositions sont riches, complexes et alambiquées. Au début, c'est d'ailleurs un cauchemar tout d'abord pour l'auditeur qui tenterait de se plonger dans cet univers, mais aussi pour le modeste chroniqueur qui essaierait de vous convaincre du génie qui entoure une oeuvre aussi improbable que celle-ci.

Tout d'abord, fermez les yeux et imaginez vous à la cour d'un roi de France (comme on peut en voir dans les films), avec ses fastes, ses apparats, mais aussi ses intrigues, ses moqueries et son hypocrisie. Appuyez alors sur la touche "Play" de votre platine (je sais, les yeux fermés c'est pas évident, mais faites un effort s'il vous plait, j'essaie de vous donner des clés pour entrer dans l'album). Vous pénétrez alors dans l'univers de "Master of Disguise" (je ne vous ferais pas l'affront de vous traduire le titre) ou le récit d'un homme qui ne vit que par intérêt, vénérant le culte de l'apparence, clé pour briller en société. L'ambiance dégagée par la musique est renforcée par la voix du chanteur, très théâtrale et pompeuse, assurant une immersion totale.

Suit alors, une instrumentale de toute beauté, "Ad Astra", seule composition aisément captable au premier abord qui sera votre unique souffle dans la découverte de l'album. Car Arcturus ne vous fera pas de cadeau : le reste de l'album est au moins aussi complexe que l'introduction ("Master of Disguise"), enchaînant les morceaux tous aussi incompréhensibles les uns que les autres, où l'on a du mal à réaliser ce qu'il se passe, ce que l'on entend et où l'on essaie de nous mener, nous plongeant dans une ambiance très particulière, entre les planches d'un théâtre un peu malsain du XVIIIe et l'intérieur du cerveau d'un malade mental (si avec ça vous avez encore du mal à vous imaginez la chose :) ).

Les musiciens s'en donnent à coeur joie et il faut saluer leur prestation qui est tout simplement irréprochable (surtout dans ce dédale de notes), de Garm (chant) impressionnant de justesse dans ce rôle grandiloquent un peu particulier, à Hellhammer (batterie évidemment !!!) qui n'en fini plus de nous étonner tellement l'étendue de ses projets est vaste (Mayhem, Kovenant, Arcturus). Le son et le mixage sont tout bonnement excellents, mariant toutes les excentricités de leur musique et créant ainsi l'ambiance unique de cet album. Il faut dire qu'Arcturus a usé des services d'un petit orchestre (une dizaine de personnes environ) et de quelques musiciens de renom, dont Vortex (Dimmu Borgir, ex-Borknagar) qui pousse la chansonnette sur quelques morceaux (entre autre l'excellent "The Chaos Path").

Quel défi pour un groupe de tenter une chose pareille. Arcturus l'a fait, et l'a très bien fait même, nous démontrant encore une fois, l'étendue de leur talent après un "Aspera Hymns Symfonia" plus classique mais déjà très inspiré. Et quand on sait ce que donnera l'album qui suivra, "The Sham Mirrors" sorti 5 ans plus tard, il apparaît évident qu'Arcturus est un groupe à part dans le métal (peut-on d'ailleurs dire que c'est du métal ???), inclassable et à mon avis inimitable, qui mériterait une plus grande reconnaissance. Voilà, il ne me reste plus qu'à vous rappeler (encore une fois) que cet album est un vrai bijou qui mérite une attention plus que particulière.

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5 COMMENTAIRE(S)


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l'invité
16/06/2008 10:11
Splendide!!

A noter une chanson cachée pour ceux qui ont la chance de posséder la première édition
Hätross
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Hätross
03/02/2006 20:20
note: 10/10
Que dire... une chose indiscernable qu'on met du temps à apprivoiser. le résultat est à la hauteur.
Jotun
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Jotun
20/10/2005 16:38
note: 10/10
un album tres déstabilisant les 20 premieres fois, pis au final on y revient avec plaisir et sans se forcer
rip-adunakhor
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rip-adunakhor
28/04/2005 13:56
note: 9.5/10
9.5/10 !
un de albums qui m'a donné le vertige , j'ai rien capter à la première écoute !
langoustator
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langoustator
05/02/2005
note: 10/10
En effet, on se croirait dans un Versailles imaginaire. Quoique en y réfléchissant bien, je dirais qu'on est un peu à l'ouest de Versailles, voire même complètement à l'ouest. Des titres qui tuent (ah The Chaos Path et ce Simen en pleine crise de folie), une maitrise des petites choses qui n'ont l'air de rien, et une ambiance magique. Grandiose!

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Dans quel groupe mythique joue Tom Araya ?
Commentaire :

Arcturus
Metal théâtral
1997 - Candlelight Records
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (25)  9.34/10
Webzines : (11)  9.04/10

plus d'infos sur
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tracklist
01.  Master of Disguise
02.  Ad Astra
03.  The Chaos Path
04.  La Masquerade Infernale
05.  Alone
06.  The Throne of Tragedy
07.  Painting my Horror
08.  Of Nails and Sinners

Durée totale : 45:11

line up
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