chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
78 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Suma - Ashes

Chronique

Suma Ashes
L'été commence mal. Non mais c'est vrai, ils sont où le thermomètre qui s'affole, les filles en jupe et les glaces à l'eau ? Il parait qu'il fait même plus chaud en Suède ! Alors non seulement on n'a pas de mot dans sa langue pour « virginité » mais en plus on se dore la pilule et les cheveux blonds ? Un comble (une infamie !) qui au moins fera une introduction parfaite (hum hum) pour cette chronique du troisième album de Suma, Ashes. En effet, les suédois, forts d'un second essai remarqué (Let The Churches Burn), jouent un stoner/doom comme je l'aime : écrase-gueule, sulfureux et nihiliste.

On pense au départ à Electric Wizard dont Suma emprunte beaucoup d'éléments : la voix étouffée rappelle à s'y méprendre celle du prêtre Jus Oborn, que ce soit dans les intonations ou le phrasé, et la batterie groove et tribalise comme sur les premières productions des anglo-saxons. A cela s'ajoute un goût prononcé pour les samples aussi inutiles que cool (« That's what it is, to be a slave… ») et la chanson « Justice » aux riffs joués à ras du sol, renforçant cette impression que Suma suit à la lettre les prédications du sorcier électrique. Mais il serait réducteur de cataloguer à la va-vite Suma comme une copie carbone d'un Electric Wizard première période. Car là où les créateurs de Dopethrone proposent un doom enfumé ne rechignant pas sur les gros riffs Satan/Ganja, Suma est bien plus noisy et hypnotique dans son approche : Ashes laisse une large place aux expérimentations drone et préfère nous écraser la face à coup de sons épais plutôt qu'avec des guitares façon « Black Sabbath des caves ». Ainsi, la batterie se révèle être l'élément centrale, l'ossature même du disque. Surmixées, sa frappe lancinante et ses variations possédées accrochent l'auditeur et permettent de trouver sa voie dans ces cinq morceaux angoissants.

On sait à quel point il est difficile de décrire les émotions que véhicule ce collage de son. Ashes ne déroge pas à la règle de l'album monolithique, où les compositions s'entremêlent. Pourtant, il y a un bon et un mauvais « brrrrrrr » et Suma s'en sort magnifiquement bien. Il ne s'agit pas d'un drone pataud mais nerveux, tendu et changeant, semblable à une météo capricieuse où l'air est rarement respirable. Il y a bien par-ci par-là une élévation presque mélancolique (« War On Drugs ») ou les doux accords post-rock du morceau éponyme, mais ces derniers ne sont là que pour préparer une déferlante morbide, un shoegaze aussi brumeux que nauséeux ou une coulée de plomb s'acharnant sur tes oreilles. La production est pour beaucoup dans cette impression de manger des hectopascals par pelletés : la frappe lourde et sèche du batteur, le crachat montant et descendant des amplis, un album à écouter à haut volume pour un résultat maximum. Bizarrement, Suma me fait penser à une version stoner/doom/drone de Godflesh : ça pue la haine aride, la folie martiale qui t'emporte et te donne envie de suivre les ordres. Une colère écrasante mais communicative, puissante.

Alors que les sorciers ont un peu délaissé leur rage cosmique au profit d'une bande-son de film d'horreur kitsch, il est bon de voir débarquer un groupe comme Suma, prêt à reprendre le flambeau. Si les suédois développent un univers plus bruitiste pouvant faire regretter parfois les mandales wizardiennes, leur capacité à emporter l'auditeur pendant un peu plus d'une heure sans lasser, ainsi que leur univers brûlant de feu et de cendre, font que les amateurs des genres cités et du groupe de Coventry doivent se jeter sur ce magma prenant qu'est Ashes. Bon sang, ce qu'il fait chaud…

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

5 COMMENTAIRE(S)

Ikea citer
Ikea
30/07/2010 18:46
Bienvenue par ici !

Pour ma part, j'ai tout de suite trouvé le lien évident, bien que Suma soit effectivement bien plus "noise" et clairement loin des influs "Black Sabbath" (contrairement à "Let The Churches Burn" où c'est plus flagrant, en comparaison). Il y a le style, la voix et l'ambiance globale, haineuse et sulfureuse, qui m'ont fait penser à EW.
Carcinos citer
Carcinos
30/07/2010 16:02
Beaucoup de comparaison avec le Wizard ici !

Mais effectivement c'est plus du côté "noise" pour suma je suis bien d'accord. Et au final le son de batterie, de basse, le fuzz, tout cela est bien différent de la "cave black sabbath" d'Electric Wizard quand on y pense... En fait je trouve les deux groupes bien différents.

Je les ai pas vu sur scène mais un pote m'a raconté qu'ils ressemblaient plus à des fans de hip hop qu'à des "vestapatchés", ce qui je trouve ne fait qu'accentuer cette différence...
Ikea citer
Ikea
25/06/2010 07:09
ça va Yz ? Mr Green
Yz citer
Yz
25/06/2010 00:50
SALUT IKEA MERCI POUR LA DECOUVERTE C4EST SUPER SYMPA A=
DetoxAAA citer
DetoxAAA
24/06/2010 22:00
Intéressant.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Suma
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs :   -
Webzines : (7)  7.13/10

plus d'infos sur
Suma
Suma
Stoner/Doom/Drone - 2001 - Suède
  

écoutez
tracklist
01.   Headwound
02.   Ashes
03.   Orissa
04.   Justice
05.   War On Drugs

Durée : 62 Mns

line up
parution
24 Juin 2010

Essayez aussi
Bongripper
Bongripper
Hippie Killer

2007 - Autoproduction
  

Dismal
遺·白
Lire la chronique
Krolok
Flying Above Ancient Ruins
Lire la chronique
Përl
Luminance (EP)
Lire la chronique
Endless Chaos
Paths To Contentment
Lire la chronique
French black metal : la relève
Lire le podcast
R.I.P.
Street Reaper
Lire la chronique
Fugazi
13 Songs (Compil.)
Lire la chronique
Midnight
Sweet Death And Ecstasy
Lire la chronique
Meyhnach
Non Omnis Moriar
Lire la chronique
Crypts Of Despair
The Stench Of The Earth
Lire la chronique
Urn
The Burning
Lire la chronique
Sombre Croisade
Balancier des âmes
Lire la chronique
Rebaelliun
Bringer Of War (The Last St...
Lire la chronique
Morse
Pathetic Mankind
Lire la chronique
Canine
The Uprising
Lire la chronique
Limbonic Art
Spectre Abysm
Lire la chronique
Degial
Predator Reign
Lire la chronique
Rude
Remnants
Lire la chronique
Anatomia
Cranial Obsession
Lire la chronique
Dawn Ray'd
The Unlawful Assembly
Lire la chronique
Embittered Spunk Cadaver
The Final Throes of our Dyi...
Lire la chronique
Demolition Hammer
Epidemic Of Violence
Lire la chronique
Eldamar
A Dark Forgotten Past
Lire la chronique
Heir pour l'album "Au Peuple De L'abîme"
Lire l'interview
Mortuary
Nothingless Than Nothingness
Lire la chronique
The Faceless
In Becoming A Ghost
Lire la chronique
Necrovorous
Plains Of Decay
Lire la chronique
Impureza
La Caída de Tonatiuh
Lire la chronique
Loading Data
Double Disco Animal Style
Lire la chronique
Also Sprach Zarathustra
LAIBACH
Lire le live report