chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
35 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Gnaw Their Tongues - L'arrivée De La Terne Mort Triomphante

Chronique

Gnaw Their Tongues L'arrivée De La Terne Mort Triomphante
J'abandonne. Après l'avoir abordé de front puis par derrière avec l'espoir secret que ce soit lui qui m'encule, tellement gonflé à bloc par le souvenir des gang-bang passés que j'ai senti pendant un instant l'ombre d'un chef-d'œuvre, rien n'y fait : le dernier Gnaw Their Tongues tient de l'esbroufe, mais de l'esbroufe foutrement bien branlée.

Pour ceux qui ne connaitraient pas le one-man-band de Mories, imaginez une séance bondage façon drone/indus/noise/black metal se servant des peurs de notre enfance pour nous faire chier dans le froc. Une entité cauchemardesque qui a gagné en popularité, à force de productions (prolifique, le mec : t'as le temps d'aller poser ta pêche qu'il a déjà pondu deux EP et un Split), au point de signer chez Candlelight et dont le dernier essai longue durée m'avait bien claqué le cerveau avec ses explosions bruitistes défonce-neurones. Cette livraison ayant pour thème la faucheuse opère un changement de cap par l'utilisation d'instruments à cordes et la superposition de chants féminins déformées, à l'image de ceux utilisées par la scène black metal orthodoxe. On peut d'ailleurs rapprocher L'arrivée de la terne mort triomphante d'un Elend jouant du Deathspell Omega tant les violons et boucles de voix rappellent la religiosité décadente chère aux poitevins. Il serait réducteur de s'arrêter là car Gnaw Their Tongues possède sa propre identité, forgée à coup de rythmiques drone/indus/martiales et de hurlements décharnés, toujours de mises ici. Ce côté plus aéré, qui avait fait son entrée par la petite porte sur All the Dread Magnificence of Perversity, prend aujourd'hui la majeure partie de l'espace, rendant la musique plus accessible que par le passé. Mais attention, ça reste fortement dérangé du bocal et celui qui découvrira le groupe avec ce disque se prendra une sévère claque derrière les deux oreilles !

Claque qui malheureusement ne dure pas, une fois que l'on a dépassé l'enivrement que procure de fait ce type d'orchestration pour s'intéresser à la composition. L'arrivée de la terne mort triomphante finit par sonner cliché, carrément grotesque (dans le mauvais sens du terme) parfois, comme les doubles lignes de clavier de « La mort dans toute son ineffable grandeur » ou le début de « Les anges frémissent devant la mort » (tu t'attends à écouter la fin, tu te retrouves avec la bande-original d'un mauvais Batman). Plus simplement, le frisson qui t'obligeait à te retourner lors des œuvres précédentes a disparu, en partie à cause de cette accessibilité, là où l'hermétisme apportait auparavant à la profondeur de l'ensemble. Un album qui se comprend facilement et dont on a vite fait le tour, mais possédant des passages magiques, à l'image de « L'arrivée de la terne mort triomphante », un morceau désœuvré et grandiose où Mories s'essaye un instant à la mélodie dépouillée, ou la conclusion de « Le trône blanc de la mort » et ses boucles de plus en plus prenantes. La limite entre le redondant et l'hypnotisant est mince, mais trop rarement franchie pour satisfaire celui recherchant des émotions fortes, surtout quand on voit les belles immondices qu'a laissée le monsieur derrière lui.

Du Gnaw Their Tongues en mode pompe funèbre, forcement, j'aurais du voir venir le pompeux. Reste que le bougre a réussi à créer deux-trois moments orgasmiques, où la petite mort rend hommage à la grande, laissant le sentiment qu'on rate de peu la réussite. Pour certains, ce sera suffisant mais me concernant, je retourne écouter Music for the Funeral of Queen Mary de Henri Purcell, nettement plus évocateur. Ça, c'était pour la référence pédante.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

1 COMMENTAIRE(S)

Krokodil citer
Krokodil
24/10/2012 10:41
note: 7/10
à écouter absolument : reeking pained and shuddering, an epiphanic vomiting of blood et die mutter wählt das todtenkleidchen, d'un autre level

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Gnaw Their Tongues
Avant-Garde / Noise / Indus / Black Metal
2010 - Candlelight Records
notes
Chroniqueur : 6/10
Lecteurs : (2)  6.5/10
Webzines : (2)  8.25/10

plus d'infos sur
Gnaw Their Tongues
Gnaw Their Tongues
Avant-Garde / Noise / Indus / Black Metal - Pays-Bas
  

tracklist
01.   L'arrivée de la terne mort triomphante
02.   Les anges frémissent devant la mort
03.   La mort dans toute son ineffable grandeur
04.   Le chant de la mort
05.   Le trône blanc de la mort

Durée : 45 Mns

line up
parution
18 Octobre 2010

Darkestrah
Turan
Lire la chronique
Atheist
Elements
Lire la chronique
Malevolentia
Répvblique
Lire la chronique
Gutter Instinct
Age Of The Fanatics
Lire la chronique
Solothus
No King Reigns Eternal
Lire la chronique
European Thought Patterns Tour 2016
Bodyfarm + Death To All
Lire le live report
We Are a Young Team #5
Celeste + Jakob + Thisquiet...
Lire le live report
De Paul Bostaph à Gene Hoglan
Jouer à The Small Metal World Experiment
Cadaveric Fumes
Dimensions Obscure (EP)
Lire la chronique
Deveikuth + Full of Hell + The Body
Lire le live report
Skelethal
Morbid Revelations (Compil.)
Lire la chronique
Aborted
Termination Redux (EP)
Lire la chronique
Kawir
Father Sun Mother Moon
Lire la chronique
October Tide
Winged Waltz
Lire la chronique
Korpiklaani + Moonsorrow
Lire le live report
Putrevore
Tentacles Of Horror
Lire la chronique
Cantique Lépreux
Cendres Célestes
Lire la chronique
Asgrauw
Krater
Lire la chronique
Mistur
In Memoriam
Lire la chronique
Crematory
Denial (Compil.)
Lire la chronique
Antimatter
The Judas Table
Lire la chronique
Goatess
Purgatory Under New Management
Lire la chronique
The Foreshadowing
Seven Heads Ten Horns
Lire la chronique
Abhomine
Larvae Offal Swine
Lire la chronique
Ihsahn
Arktis.
Lire la chronique
Post-Mortem
God With Horns
Lire la chronique
Prog
Jouer au blindtest
Witchthroat Serpent
Sang-Dragon
Lire la chronique
Thrasho, ça bouge (II)
Lire le podcast
Svarttjern
Dødsskrik
Lire la chronique