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Judas Priest - Ram It Down

Chronique

Judas Priest Ram It Down
Dans la série je ne sais plus sur quel pied danser après avoir cédé, comme IRON MAIDEN sur « Somewhere In Time », aux sirènes des guitares synthé sur « Turbo », je demande JUDAS PRIEST et son « Ram It Down » bancal au cul entre plusieurs chaises musicales. Si les apparences (un poing dévastateur on ne peut plus significatif) nous poussent à y voir une réaction des anglais après un détour vers le côté glam de la force, les relents de heavy rock qui subsistent sur ce 11ème full length n'ont rien d'accidentels, dans la mesure où le PRIEST prévoyait à l'origine de sortir un double album (« Twin Turbos ») dès 1986. La deuxième galette – qui aurait logiquement hébergée les titres les plus radicaux prévus au programme – enterrée sous la pression de leur producteur fétiche Tom Allom, il faudra patienter deux ans pour retrouver le visage plus traditionnel d'un groupe faisant feu de tout bois, à l'image d'un title track en tous points exceptionnel.

Les langues fourchues diront que c'est le seul intérêt de l'album et n'auront pas loin d'avoir raison tant « Ram It Down », sorte de « Freewheel Burning » sous speed, ne trouve aucun équivalent par la suite. Tout y est ou presque dans ce brûlot attisé par un Rob Halford en forme olympique (et un scream d'anthologie pour engager les hostilités, un !), boosté par un refrain on ne peut plus accrocheur et une rampe de lancement fédératrice qui propulse « Ram It Down » au rang de metal anthem incontournable. Le duel Downing/Tipton qui s'en suit ? Un déluge de guitares en fusion, une surenchère de pyrotechnie lead ahurissante de virtuosité et de vitesse d'exécution qui justifie à elle seule l'investissement. Des fulgurances qui trouvent un écho au démarrage de « Heavy Metal » avant une conduite de jeu beaucoup plus classique, JUDAS PRIEST sortant à nouveau le porte-jarretelles sur « Love Zone » après avoir fait le tapin sur la route 66 deux ans auparavant (conquérir les USA, une vieille obsession qui donnera naissance au controversé « Turbo »). Si la dynamique de « Come And Get It » et le caractère rouleau compresseur de « Hard As Iron » peuvent séduire, les morceaux les plus attractifs demeurent encore la progressive « Blood Red Skies », sorte de concentré d'emphase et de testostérone comme on en trouve dans toute production Jerry Bruckheimer qui se respecte (le Hans Zimmer de « Days Of Thunder » ou le duo Mancina/Rabin de « Con Air » savent de qui tenir). Passé cette pièce plus ambitieuse, ne reste à souligner que l'excellente reprise de Chuck Berry, « Johnny B. Goode », enregistrée à l'attention du film du même nom, sans doute pour se rattraper d'avoir décliné l'invitation « Top Gun » deux ans plus tôt.

Le reste est assez anecdotique, voire mauvais comme les pistes 7 et 9, « I'm A Rocker » et « Love You To Death » n'ayant absolument aucun intérêt. Le final « Monsters Of Rock » en forme de remake de la paire « Heavy Duty/Defenders Of The Faith » ? Une redite balourde, à l'image des SFX sonores – explosions ringardes et effets inutiles sur la voix du metal god - qui cassent la baraque d'un « Hard As Iron » sur lequel Dave Holland frôle régulièrement le ridicule (à moins que ce ne soit la batterie synthétique employée pour relayer un cogneur sujet à des troubles cardiaques). Bref, il est grand temps que Scott Travis montre le bout de ses baguettes et que JUDAS PRIEST vienne mettre tout le monde d'accord avec un « Painkiller » à la ligne de conduite on ne peut plus claire et vindicative. Album daté (la production larger than life façon big rock US n'y est pas pour rien) à la démarche hésitante, « Ram It Down » reste un entre deux parfois plaisant, souvent frustrant, qui vaut quand même le détour pour son morceau titre éruptif et le retour du PRIEST à des sonorités plus métalliques. Préférez lui quand même les bien plus consistants « Painkiller » et « Screaming For Vengeance » !
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2 COMMENTAIRE(S)

hurgh citer
hurgh
11/05/2011 09:54
note: 6/10
J'ai bien essayé plusieurs fois mais à part le morceau d'ouverture absolument énoooooooorme, ce disque est vraiment très moyen. Je ne peux pas le comparer à Turbo, car j'ai jamais eu envie de me frotter à cet album maudit... Le titre Ram It Down aurait pu figurer sur Painkiller, quel domage que tout l'album ne soit pas de ce niveau, car avec une pochette pareille, bonjours le disque culte !
Keyser citer
Keyser
29/04/2011 10:17
note: 7/10
Je copie/colle mon avis que je t'avais exposé sur le forum:

Ram It Down est très sympa dans l'ensemble mais trop hétérogène. T'as des tueries comme "Ram It Down", "Come And Get It", "Hard As Iron" ou "Blood Red Skies" mais à côté t'as des trucs franchement moyens comme "I'm a Rocker", "Love You To Death" ou la très pataude "Monsters Of Rock". En plus il est placé entre deux albums fétiches pour moi, Turbo et Painikiller et on le ressent bien au niveau des compos. Le cul entre deux chaises avec des synth guitars qui rappellent Turbo et des speederies qui annoncent Painkiller mais sans toucher le génie de ces deux albums.

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Dans quel groupe mythique joue Tom Araya ?
Commentaire :

Judas Priest
Heavy Metal
1988 - Columbia
notes
Chroniqueur : 7/10
Lecteurs : (5)  6.9/10
Webzines : (10)  6.69/10

plus d'infos sur

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tracklist
01.  Ram It Down
02.  Heavy Metal
03.  Love Zone
04.  Come And Get It
05.  Hard As Iron
06.  Blood Red Skies
07.  I'm A Rocker
08.  Johnny Be Goode
09.  Love You To Death
10.  Monsters Of Rock

Bonus tracks:

11.  Night Comes Down (live)
12.  Bloodstone (live)

Durée : 58:17

paroles
line up

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