chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
70 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Dir En Grey - Dum Spiro Spero

Chronique

Dir En Grey Dum Spiro Spero
Dir En Grey aura mis pas mal de temps à créer le successeur du génial « Uroboros ». Et moi, j’aurais mis pas mal de temps avant de m’y intéresser. Voyant déjà l’eldorado dans leur disque précédent, « Dum Spiro Spero », sorti l’année dernière, n’a pas vraiment attiré ma curiosité. D’abord écouté distraitement, puis emprunté deux fois avant d’en faire enfin l’acquisition, cet opus aura presque mis un an avant de me convaincre.

Pour que vous compreniez bien la relation qui uni ce disque avec son précédent, je vais prendre pour exemple la carrière du groupe Emperor. Dir En Grey réédite ici ce qu’a pu faire Emperor (pas au niveau musical hein !) en sortant deux monstres d’affilé. « Uroboros » prend la place du fameux « In the nightside eclipse », deux albums mélodiquement imparables et dotés d’une personnalité unique. « Dum Spiro Spero » se pose quant à lui, en équivalent de « Anthems to the welkin at dusk ». Des albums plus techniques, plus complexes et difficiles d’accès.

Si « Uroboros » rentrait dans l’humain notamment via l’émotion dégagée, « Dum Spiro Spero » est un disque qui flirte très souvent avec la folie pure, voire avec le non-humain notamment via la voix parfois fausse, et parfois bourrée d’effets. Ici on est parfois proche d’un Death lent et occulte à la Pungent Stench, d’un Sludge gras et vicieux ou d’un Black ravageur et fracassé façon Mayhem 2.0. La production aide grandement à ce constat. Lourd. Voilà clairement le mot qui résume ce que Dir En Grey à voulu faire. La basse impressionnante de profondeur et les guitares accordées plus bas que terre donnent directement le ton sur le titre « The Blossoming Beelzebub », un morceau finalement assez étrange venant de Dir En Grey, surtout en ouverture d’album. Long, Doomy, à la fois beau et inquiétant.

Le Dir En Grey nouveau se pose également comme un album infiniment compliqué. Si leur précédent disque pouvait séduire par une accessibilité (terme à prendre avec des pincettes quand même…) mélodique qui touchait directement l’auditeur, il est clair que rien n’est évident sur « Dum Spiro Spero ». Alors bien sûr, il y a des mélodies totalement estampillées Dir En Grey mais elles ne frappent pas aussi fort dès le début. Bien au contraire il faudra un sacré temps à l’auditeur pour daigner les apprécier et les apprivoiser.

Si certains disques sont souvent qualifiés avec des termes comme « obscur » ou « lumineux », cet opus serait parfaitement comparable à un immense gratte-ciel. Ancré dans un sol noir comme la suie mais résolument destiné à toucher le ciel empli de lumière pure. Chaque titre s’articule en un moment de schizophrénie, partagé entre fureur extrême et émotions blanches et précises. « Vanitas » (sûrement la plus belle semi-ballade du groupe), « Decayed Crow », « Lotus », « Akatsuki », « Yokusu ni dreambox », « Ruten no tou », sont tous des titres implacables autant que mémorables. Beaux et violents.

Dir En Grey reste quand même Dir En Grey, à tel point que ce disque représente presque une mise en abîme du groupe par lui-même. Le groupe se transcende en étant plus grand, plus complet, plus efficace. Un artwork splendide et un concept bien fouillé, limpide et tellement évident lorsqu’on écoute ce disque d’une traite, augmentent encore le rendu final. Les titres de la fin sont complètement différents ce que peuvent offrir les premiers morceaux mais on s’en rend compte uniquement si on zappe les pistes. Le concept se précise donc comme une trame écrite et construite. J’ajoute également un mot sur la « performance » des musiciens. Toshiya en premier lieu est celui qui m’a le plus bluffé avec des lignes de basse compactes, profondes mais aussi parfois groovy ou mélancoliques. Shinya le batteur est quant à lui toujours aussi fou. Ce dernier bénéficie d’une production très clinique, ce qui nous offre le luxe d’apprécier tout ce qu’il fait avec ses quatre membres et il y a du boulot ! Rythmiques lourdes, polyrythmie(s), blasts, phases de double pédale… On en voit de toutes les couleurs. Kyo est, comme à son habitude, impérial, se livrant même encore plus qu’avant. Les guitaristes ont également trouvés le moyen de sortir des riffs d’anthologie, véritables ciments de l’univers du groupe et même si ils se font moins remarquer que les autres membres, ils restent extrêmement respectables grâce à ce point.

De même, si le groupe alternait des titres orientés « ballades » et d’autres orientés « violence » sur son œuvre précédente, point de tout cela sur cette dernière production. Ici tout est mixé, et un passage étonnamment doux pourra surgir au milieu d’un titre relativement violent, et ce sans jamais faire tache ou étonner l’auditeur. Dir En Grey arrive sans aucune difficulté à mixer toute la puissance mélodique dont il fait preuve à une lourdeur incroyable (« Shitataru Mōrō », avec ce feeling si gras et si particulier).

Incroyable mais vrai, Dir En Grey a réussi à sortir un album équivalent en qualité au monolithe qu’est « Uroboros ». Et ça, peu de groupes l’ont fait. « Dum Spiro Spero » est une réussite et il forme désormais avec son grand frère une doublette dé génie qui rappellera au monde que Dir En Grey est grand. Comment donc résumer la surprise qui se cache derrière cet album déroutant et presque décevant à la base ?

Je vous propose trois mots : « Putain de merde… ».


Kyo, vocaliste du groupe, est actuellement en passe de perdre sa voix et j’espère de tout cœur qu’il ne deviendra pas muet. Puisse t-il avoir un prompt rétablissement, ce que je lui souhaite (même si il doit s’en carer jusqu’à l’os ah ah !), et revenir en forme pour, peut-être, se surpasser une nouvelle fois avec ses acolytes.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

2 COMMENTAIRE(S)

Invité citer
gregwar
26/08/2013 11:04
je découvre à l'instant et je suis sous le charme. merci pour cette chro qui m'a convaincu d'approfondir le sujet.
crocoscar citer
crocoscar
19/08/2012 18:50
note: 9.5/10
Un album unique, qui évite tous les clichés, avec une atmosphère très particulière : clairement le produit de très grands artistes

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Dir En Grey
Dir En Grey s'auto sublimant
2011 - Sun-krad Records
notes
Chroniqueur : 9.5/10
Lecteurs : (7)  8.79/10
Webzines : (5)  7.71/10

plus d'infos sur
Dir En Grey
Dir En Grey
Post-Dir En Grey - Japon
  

vidéos
Hageshisa to, Kono Mune no Naka de Karamitsuita Shakunetsu no Yami
Hageshisa to, Kono Mune no Naka de Karamitsuita Shakunetsu no Yami
Dir En Grey

Extrait de "Dum Spiro Spero"
  
Different Sense
Different Sense
Dir En Grey

Extrait de "Dum Spiro Spero"
  

tracklist
01.   "Kyōkotsu no Nari" (狂骨の鳴り; "The Cry from Lunatic Bone")
02.   "The Blossoming Beelzebub"
03.   "Different Sense"
04.   "Amon"
05.   "'Yokusō ni Dreambox' Aruiwa Seijuku no Rinen to Tsumetai Ame" (「欲巣にDREAMBOX」あるいは成熟の理念と冷たい雨; "'Nesting Within the Dreambox', or Cold Rain and The Philosophy of the Mature")
06.   "Jūyoku" (獣慾; "Animal Lust")
07.   "Shitataru Mōrō" (滴る朦朧; "Trickling Ambiguity")
08.   "Lotus"
09.   "Diabolos"
10.   "Akatsuki" (暁; "Dawn")
11.   "Decayed Crow"
12.   "Hageshisa to, Kono Mune no Naka de Karamitsuita Shakunetsu no Yami" (激しさと、この胸の中で絡み付いた灼熱の闇; "The violence and the darkness of the burning heat entwines in my heart")
13.   "Vanitas"
14.   "Ruten no Tō" (流転の塔; "Tower of Vicissitudes")

Durée : 67.31 min.

line up
parution
7 Septembre 2011

voir aussi
Dir En Grey
Dir En Grey
Uroboros - At Nippon Budokan (Live)
(with the proof in the name of living...

2010 - Sony Music / Firewall Division
  
Dir En Grey
Dir En Grey
Uroboros

2008 - Gan-Shin Records
  
Dir En Grey
Dir En Grey
Arche

2014 - Sony Music / Firewall Division
  

Dead Congregation
Sombre Doom (EP)
Lire la chronique
Venefixion
Armorican Deathrites (EP)
Lire la chronique
Okkultokrati
Raspberry Dawn
Lire la chronique
Les détournements de Dead : Sun Wars
Lire le podcast
Necronautical
The Endurance at Night
Lire la chronique
Earth and Pillars
Pillars I
Lire la chronique
Brame
Basses Terres
Lire la chronique
Deicide
Once Upon The Cross
Lire la chronique
Temisto
Temisto
Lire la chronique
Testament
Brotherhood Of The Snake
Lire la chronique
GxSxD (God Send Death)
The Adversary
Lire la chronique
Black Fucking Cancer
Black Fucking Cancer
Lire la chronique
Neurosis
Fires Within Fires
Lire la chronique
Cradle Of Filth
Dusk... and Her Embrace - T...
Lire la chronique
Bölzer
Hero
Lire la chronique
Ranger
Speed & Violence
Lire la chronique
Les détournements de Dead : Swallow the Rumor
Lire le podcast
Mortualia
Wild, Wild Misery
Lire la chronique
Esben and the Witch
Older Terrors
Lire la chronique
Hexecutor
Poison, Lust And Damnation
Lire la chronique
In Aeternum
The Blasphemy Returns (EP)
Lire la chronique
Motörhead
Snake Bite Love
Lire la chronique
Fluisteraars
Gelderland (EP)
Lire la chronique
Revel In Flesh
Emissary Of All Plagues
Lire la chronique
Dysylumn
Chaos Primordial (EP)
Lire la chronique
Enthroned
Prophecies Of Pagan Fire
Lire la chronique
Qrixkuor
Three Devils Dance (EP)
Lire la chronique
Khonsu
The Xun Protectorate
Lire la chronique
While They Sleep
La Nausee
Lire la chronique
Ragnarok Tour
Dayazell + Wardruna
Lire le live report