chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
69 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Dux - Vintras

Chronique

Dux Vintras
Je n'avais malheureusement pas eu le temps de chroniquer leur excellente démo Ezoterik sortie l'année dernière chez Hass Weg Productions mais ce n'était que partie remise puisque les lyonnais remettent le couvert en cette année 2012 qui voyait annoncée depuis un petit moment la sortie de leur premier disque Vintras, après 5 années d'existence qui consacrent aujourd'hui DUX comme un groupe à part entière (et non plus comme un projet annexe des membres d'ORTHANC), puisqu'on a pu avoir l'occasion, j'entends les plus chanceux, de les voir en concert à plusieurs reprises. Une grosse ambiance ritualiste, à grands coups de bougies, de perfectos sales et de corpse paints dégoulinants malheureusement gâchée par l'invasion de parasites, avait habité le Thunderbird de Saint-Étienne le 9 mars dernier, laissant voir tout le potentiel de ce groupe sur l'album à paraître le même mois. De même, l'extrait « Bienheureux les simples d'esprit » dispo sur la Good Sound Radio annonçait un disque chantant les valeurs d'un Black Metal traditionnel versé dans un amour du rock 'n roll évident et bercé par une foi dévorante, à l'image de ce concept fort pertinent tournant autour d'Eugène Vintras, prêtre obscur situé dans la région de Lyon au XIX° siècle, qui contribue durant les 45 minutes de l'opus à accentuer sa force occulte.

Blasphème, sexe cérémonial et giclées de foutre sont donc au menu pour ce manifeste brûlant d'une belle sincérité. Si DUX s'illustre à travers un son grésillant, crasseux comme les fonds sanglants de la cave du prophète, c'est aussi à travers sa pochette et son livret qu'il met en forme son aura, notamment via la dernière illustration qui a pour ambition de retranscrire une cérémonie d'Eugène Vintras à laquelle assistent les membres du groupe représentés en prêtres d'une secte où la baise bestiale et le sang règnent en maître. À atmosphère old school, son old school : une batterie sonnant totalement naturelle, souffrant toutefois d'un léger manque de puissance au niveau de la caisse claire au profit de cymbales bien mises en avant, rythme une guitare cradingue qui vomit tantôt des riffs perçants et pernicieux, à l'image des très poignants « Éternité » (au riff ultra émouvant!), « La mort d'un astre » (présent sur la démo et habilement réenregistré ici) ou encore « Vanité » et son entrée très mélancolique, tantôt des attaques rock 'n roll flirtant avec le Thrash, à l'image du break bien jouissif de « Carapace », de l'entrée à la batterie seule de « Terre Brûlée », le morceau sur lequel Anksudams, batteur du groupe en live, fait son office.

Vintras s'avère être par moments tout à fait Heavy, avec le bel hommage à Ozzy Osbourne annoncé dans « Disciples de Vintras », le bonnard « Des cieux emplis de haine » avec son ouverture qui évoquera IRON MAIDEN (avec cette présence énorme de la basse !) ou MERCYFUL FATE avec ces cris excellents balancés par le vocaliste ou encore la fin de « Terre Brulée », moments qui s'imposent comme les plus old school. Les plus audacieux pourront également voir à la fin de « Vanité » un véritable clin d’œil à BLACK SABBATH et plus généralement au rock occulte des années 70 avec ce riff qui s'articule autour d'une guitare lancinante et d'une basse ronde comme une queue de pelle. Ce premier opus reste pourtant résolument inscrit dans les lignes d'un Black Metal joué à l'ancienne, comme on le pratiquait dans les années 1990 dans l'hexagone : certes, on pense assez rapidement à SEIGNEUR VOLAND (« Carapace », autre titre déjà présent sur la démo) mais aussi à BLESSED IN SIN pour le côté old school ultra blasphématoire (« Disciple de Vintras »), l'importance de la basse dans la production, en témoigne notamment de ce solo dans « Carapace » fort bien branlé -tout comme les braves bonshommes que l'on voit dans le livret- de même que l'ambiance très portée vers le sexe (bien ressentie dans le début du premier, imposant directement cette atmosphère) évoqueront également les Norvégiens de CARPATHIAN FOREST, mais cette personnalité propre à DUX reste bien apparente, notamment grâce à la voix si particulière de Glaurung Samildanac'h. Une voix du Black Metal... ceux qui l'aiment chez ORTHANC l'adoreront chez DUX, poussée au maximum de son timbre si criard et haineux.

Cet organe (vocal bien entendu !) déclame des paroles dans un français léché, parfois ordurier, parfois plus sensible et fin. Si la musique reste très homogène, les textes sont nettement plus variés, abordant tantôt l'occultisme le plus malsain accouplée à une dissonance musicale riche, tantôt les lamentations d'un personnage derrière lequel on devine un Glaurung qui se révolte ou qui se lamente, regrettant ses échecs, ses « défaites » comme il les appelle dans un ensemble touchant parce-qu'assez personnel. Cette production de qualité est donc aussi plaisante que surprenante : un an après cette seconde démo diffusée correctement dans l'Underground, DUX parvient totalement à se démarquer du groupe dont sont issus la majorité de ses membres et qui ont fait leur renommée (sans pour autant dénigrer quelques clin d’œils, avec ce « céleste pourriture ! » gueulé par un vocaliste revanchard dans « Des cieux emplis de haine » ) ; alors que son « alter ego » s'était davantage inséré dans un ensemble plus ambitieux (en témoigne par exemple sa superbe reprise du morceau « Le Glaive » sur L'Amorce du déclin), avec des moyens à la hauteur de sa nouvelle mouture, DUX dresse bien haut son majeur « aux minables et aux traînées » en adoptant une posture régressive qui nous ramène violemment dans les tréfonds d'un Black Metal à l'ancienne, tel que les puristes l'apprécient... et c'est tant mieux !

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

3 COMMENTAIRE(S)

Sakrifiss citer
Sakrifiss
09/06/2012 17:28
note: 7/10
Il me le faut vite celui-la ! Chro qui fait envie.
citer
(ancien membre)
09/06/2012 14:05
Un gros point positif pour le chant par contre le son de batterie... hum.
Geisterber citer
Geisterber
08/06/2012 23:32
note: 7.5/10
Et tant que j'y suis, j'ai ajouté deux extraits (deux titres convaincants et représentatifs de ce disque à mes yeux) sur Youtube pour mieux illustrer ma chronique, pour les curieux ou même ceux qui désire reprendre une rasade de DUX à la lecture de celle-ci!

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Dux
Black Metal
2012 - Hass Weg Productions
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs : (3)  6.83/10
Webzines : (2)  8.17/10

plus d'infos sur
Dux
Dux
Black Metal - 2007 - France
  

vidéos
Bienheureux les Simples d'Esprit
Bienheureux les Simples d'Esprit
Dux

Extrait de "Vintras"
  

tracklist
01.   Disciples de Vintras
02.   Eternité
03.   Carapace
04.   Des Cieux Emplis de Haine
05.   Bienheureux les Simples d'Esprit
06.   La Mort d'un Astre
07.   Vanité
08.   Terre Brûlée

Durée : 44:58

line up
parution
14 Mars 2012

voir aussi
Dux
Dux
Carnations

2015 - Asgard Hass
  

Essayez aussi
Katechon
Katechon
Coronation

2015 - Nuclear War Now! Productions
  
DunkelNacht
DunkelNacht
Atheist Dezekration

2009 - Autoproduction
  
Patria
Patria
Magna Adversia

2017 - Soulseller Records
  
Sargeist
Sargeist
Let The Devil In

2010 - Moribund Records
  
Setherial
Setherial
Death Triumphant

2006 - Regain Records
  

Thou
Inconsolable (EP)
Lire la chronique
Gutted
Bleed For Us To Live
Lire la chronique
Trop Hard Pour Toi #3
Electric Shock + Mindless S...
Lire le live report
Black Metal : les noms de groupe (de merde)
Lire le podcast
Slaughterday
Abattoir (EP)
Lire la chronique
At The Gates
To Drink from the Night Itself
Lire la chronique
Spell of Dark
Journey into the Depths of ...
Lire la chronique
Cardiac Arrest
A Parallel Dimension Of Des...
Lire la chronique
The Body
I Have Fought Against It, B...
Lire la chronique
Drudkh / Paysage D'Hiver
Somewhere Sadness Wanders (...
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 11 - Monsieur Steele et le bain d'acide.
Lire le podcast
Bloodbark
Bonebranches
Lire la chronique
Utzalu
The Loins Of Repentance
Lire la chronique
Cor Scorpii
Ruin
Lire la chronique
Chevalier
A Call To Arms (EP)
Lire la chronique
Valgrind
Blackest Horizon
Lire la chronique
Ennoven
Redemption
Lire la chronique
Orsak:oslo
Nordstan (EP)
Lire la chronique
Taphos
Come Ethereal Somberness
Lire la chronique
Brouillard
Brouillard
Lire la chronique
Aorlhac pour l'album "L'esprit des Vents"
Lire l'interview
Order Ov Riven Cathedrals
The Discontinuity's Interlude
Lire la chronique
Sakrifiss rencontre Noktu (Mortifera / Celestia / Bleu, blanc Satan...)
Lire l'interview
Wombbath
The Great Desolation
Lire la chronique
Blitzkrieg
Judge Not!
Lire la chronique
Amzera
Amzera (EP)
Lire la chronique
Gontyna Kry
Ignipoten
Lire la chronique
Cult Of Occult
Anti Life
Lire la chronique
Ulver
The Assassination of Julius...
Lire la chronique
Pryapisme
Epic Loon
Lire la chronique