chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
53 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Mitochondrion - Parasignosis

Chronique

Mitochondrion Parasignosis
Un bon disque, c’est comme un bon vin : ça se savoure, ça se laisse murir, il faut regarder sa robe, le comparer, le garder un certain temps en bouche avant d’en capter réellement les arômes. Ainsi, à la manière d’un beaujolais nouveau, c’est en cette première moitié d’année 2012 (c’est limite mais ça passe) que je vais vous parler d’un des fruits les plus savoureux que la récolte de l’an passé m’ait révélé. Aux côtés d’un certain The Destroyers Of All, ce deuxième méfait des Canadiens de Mitochondrion a été un des premiers disques de la nouvelle année sur lesquels je me suis penché et à l’instar de son homologue australien, il a admirablement su tenir l’épreuve du temps et aurait à coup sûr eu sa place parmi mes meilleures découvertes de 2011 si j’eusse été un chroniqueur un peu plus rapide à la détente.

Bien que n’ayant pas encore eu l’occasion de poser une oreille sur le précédent essai de la formation, les éléments de comparaison ne manquent pas puisque celle ci évolue dans ce genre de death metal torturé et chaotique que certains se sont déjà lancés à appeler « post death metal », qui s’est lentement mais sûrement marginalisé ses dernières années. Décrié par les uns comme mouvance de hipster, d’autant que le label Profound Lore qui promeut notre trio semble s’être attiré les foudres des plus puristes d’entre nous, il faut toutefois avouer que cette nouvelle tendance apporte un peu d’air frais à un genre qui à souvent tendance à trop regarder vers le passé. Enfin, « air frais » c’est vite dit car la musique de Mitochondrion est aussi aérienne que celle de Silencer peut être euphorique.

Quelque part entre les dissonances et la noirceur de Immolation ou Portal, la granulosité d’un Demilich et rappelant bien souvent ses compatriotes d’Antediluvian s’étant illustrés cette même année, le death metal du trio a incontestablement plus à voir avec la science occulte que la biologie cellulaire. En atteste le premier volet du triptyque "Pestilentiam Intus Vocamus, Voluntatem Absolvimus" qui en plus de porter un sobriquet difficilement mémorisable, attaque sans préambule (les borborygmes ça ne compte pas) et donne d’emblée le ton qui ne changera que rarement de hauteur : bas, très bas, six pieds sous terre même. S’appuyant sur l’équation batteur hyperactif, chant guttural aussi profond qu’un déficit budgétaire et riffs transpirants l’insanité mentale qui frappent de tout les côtés, il faut lire vite pour avoir le temps de connaître le nom du titre complet avant d’être entrainé sans courtoisie dans l’atmosphère tombale et suffocante qui règne sur tout l’opus de nos trois Canadiens.

Bien que découpé en onze morceaux, ce Parasignosis est un monolithe dont il est difficile de tirer un morceau plutôt qu’un autre, le vice à même été poussé par ses protagonistes jusqu’à faire disparaître toute coupure entre deux titres. Il est d’autant plus difficile pour l’auditeur de s’y retrouver que le groupe s’est appliqué à retourner dans tout les sens et complexifier de toutes parts les structures de ses morceaux. Même après des écoutes acharnées, on se perd rapidement dans ce véritable labyrinthe sonore méticuleusement construit et déconstruit. Les plus masochistes (dont je fais à moitié partie) y verront justement tout l’intérêt du disque, car il faut le dire, s’égarer dans ce puits de matière brute opaque et malodorante est un vrai plaisir, mais les autres (dont je fais à moitié partie aussi) regretteront par ailleurs une longueur et un manque de variations qui ont vite fait de rendre la galette rébarbative si l’on décide de se l’enfiler d’une traite. Le groupe se laisse pourtant aller à baisser l’intensité d’un bon cran en fin d’album avec "Kathenotheism" et cette dernière longue plage ambiante non nommée où réverbérations, bandonéon et autres bizarreries sonores sont de sortie, mais après quarante-cinq minutes aussi denses que celles-ci, on a plutôt envie de s’écouter un disque d’Augustus Pablo histoire de compenser que de laisser traîner ses esgourdes sur dix minutes bruitistes qui n’ont au final pas grand intérêt.

Quoi qu’il en soit, s’étirant sur la longueur ou non, le deuxième opus de Mitochondrion est une réussite indéniable, prouvant une fois de plus que niveau noirceur le death metal peut ne rien avoir à envier au black metal lorsqu’on prend la peine d’y insuffler une telle ambiance. Et pour en finir, reprenons le champ lexical œnologique du premier paragraphe et affirmons donc que ce Parasignosis est à compter parmi les plus grands crus de 2011, un millésime qui s’est avéré au final loin d’être si mauvais que ça et qui annonce même quelques beaux jours pour les amateurs de noirceur et d’insanité musicale.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

1 COMMENTAIRE(S)

AxGxB citer
AxGxB
19/06/2012 10:05
note: 8/10
Un très bon album rampant et massif.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Mitochondrion
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (5)  7.7/10
Webzines : (11)  8.36/10

plus d'infos sur
Mitochondrion
Mitochondrion
Death Metal - Canada
  

écoutez
tracklist
01.   Plague Evockation (Pestilentiam Intus Vocamus, Voluntatem Absolvimus Part I)
02.   Lex Ego Exitium (Pestilentiam Intus Vocamus, Voluntatem Absolvimus Part II)
03.   Tetravirulence (Pestilentiam Intus Vocamus, Voluntatem Absolvimus Part III)
04.   Trials
05.   Rift / Apex
06.   Parasignosis
07.   Banishment (Undecaphosphoric)
08.   Kathenotheism
09.   Untitled

Durée : 55 minutes

line up
parution
18 Janvier 2011

voir aussi
Mitochondrion
Mitochondrion
Antinumerology (EP)

2013 - Dark Descent Records
  

Essayez aussi
Ageless Oblivion
Ageless Oblivion
Temples Of Transcendent Evolution

2011 - Siege Of Amida Records
  
Tyrant Goatgaldrakona
Tyrant Goatgaldrakona
Horns In The Dark

2013 - Metalhit
  
Morbus Chron
Morbus Chron
Sleepers In The Rift

2011 - Pulverised Records
  
Necrovation
Necrovation
Necrovation

2012 - Agonia Records
  
Demigod
Demigod
Slumber Of Sullen Eyes

1992 - Drowned Productions
  

Au fait, c'est quoi le black metal ? (Et si tu n'avais pas compris ?)
Lire le podcast
The Album Leaf
Between Waves
Lire la chronique
Deathcult
Beasts Of Faith
Lire la chronique
Gevurah
Hallelujah!
Lire la chronique
Motörhead
Orgasmatron
Lire la chronique
Neurosis
Honor Found in Decay
Lire la chronique
Heaven Shall Burn
Wanderer
Lire la chronique
Party San Open Air 2016 - 1er Jour
I I (Infernal Invocation) +...
Lire le live report
Saor
Aura
Lire la chronique
Motörhead
Another Perfect Day
Lire la chronique
Benighted + Napalm Death
Lire le live report
Ancient Emblem
Lire le live report
Ancient
Back to the Land of the Dead
Lire la chronique
Exalter
Obituary For The Living (EP)
Lire la chronique
7th Abyss
Unvoiced
Lire la chronique
The Wounded Kings
Visions in Bone
Lire la chronique
Wederganger / Laster
Split (Split-CD)
Lire la chronique
Svartelder
Pyres
Lire la chronique
Unbreakable Hatred
Lire l'interview
Motörhead
Iron Fist
Lire la chronique
Trust
Trust IV (Idéal)
Lire la chronique
Belenos
Kornôg
Lire la chronique
Killer on the Loose
Lire l'interview
Sinistro
Semente
Lire la chronique
Concatenatus
Aeonic Dissonances Beyond L...
Lire la chronique
Black Funeral
Ankou and the Death Fire
Lire la chronique
Motörhead
Ace of Spades
Lire la chronique
Aureole / Mare Cognitum
Resonance: Crimson Void (Sp...
Lire la chronique
Firespawn
Shadow Realms
Lire la chronique
Wretch
Wretch
Lire la chronique