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Cowards - Shooting Blanks and Pills

Chronique

Cowards Shooting Blanks and Pills
Throatruiner tient-il sa mascotte avec Cowards ? Son casting de luxe composé de membres/ex-membres de Glorior Belli, Eibon, Colossus Of Destiny, Hangman’s Chair, Sickbag ou Death Mercedes ainsi qu’un style en accord avec la ligne éditoriale du label le laissent penser, assez pour comprendre pourquoi Matthias le chouchoute autant dans une description pas avare de comparaisons (mode name-dropping déloyal ON : « [Cowards est la] passerelle entre la crudité cutter-dans-le-coeur d’un Eyehategod ou d’un Kickback et la noirceur majestueuse des Deathspell Omega et autres Thou ») ou collaborations mettant des étoiles dans les coquards (Francis Caste à la production – a bossé avec Draft, Comity, Inhatred, ou Revok – et artwork signé Førtifem).

Suffit ! Shooting Blanks and Pills se doit de tenir la route sans lettre de recommandation, sa candidature au job d’arracheur de dents ne demandant pas de références particulières, simplement la preuve par l’exercice. Et, dans le domaine plus que déblayé du « blackened (post) hardcore vaguement sludge » (on reviendra sur le « vaguement »), les Parisiens s’en sortent comme de juste par des tremolos semoules et breaks sans crans d’arrêts (« Hoarse from the Get Go » notamment et ses riffs de boucher fou rappelant les moments les plus désarticulés de Deathspell Omega) ! Difficile de se dire que la formation n’avait que six mois d’existence au moment de la mise en téléchargement libre du disque tant elle reprend habilement les codes du genre tout en sachant proposer une vision suffisamment personnelle pour ne pas devenir rébarbative (l’A.O.C. Throatruiner : tu penses cash à d’autres – en l’occurrence le Kickback des derniers albums – mais sans que ça ne saute exagérément aux oreilles). Autant à l’aise dans la frénésie que la pause avant l’assaut, s’embêtant peu de transitions factices, « Last Card » et « Vices and Hate » acculent de haine et basse heavyweight sans distinguo puisque la subtilité n’est pas vraiment pertinente quand il s’agit de rosser.

Peu de regrets lors de ces trente-six minutes, à part le suivant : Shooting Blanks and Pills accroche mais n’englue pas. Les Français ont beau dépeindre la merditude des choses dans leurs paroles, les compositions peinent à faire sentir leur velléités sludge, plus proches d’un hardcore appuyant ses accords que d’un Guide du routard SDF. On touche au défaut principal de ce premier album jouant les grandes-gueules sur pas mal de plans, parfois avec un tempérament de flambeur (les titres courts sont clairement les meilleurs, cf. « Arrogant, Unseen » où ça enquille sans regarder derrière soi) parfois au risque de briser l’ambiance de postulant à la taule le parcourant. Finir par un « Grand Failure » virevoltant comme du post-hardcore la fout mal après avoir imité Jack LaMotta et, malgré ses mélodies entêtantes, l’impression de décalage est trop présente pour dire que Cowards a eu totalement raison d’opter pour l’urgence concernant l’écriture de son bébé. Sans vouloir pousser outre-mesure les réflexions de détaillant, l’élan southern placé au milieu de « Scarce » subit la même remarque : bon riff, mauvais choix, le passage en question te faisant passer d’une soirée binge fighting à un groove ensoleillé inadapté.

Pas de quoi bouder son plaisir néanmoins, surtout avec un chanteur major de promo à l’Université Stephen Bessac spécialité « voix screamo négative » option « scansion ». J’ai beau lui préférer légèrement la démo de Calvaiire qui, dans une case pas franchement éloignée, fait preuve d’une profondeur autre par son masochisme à peine rentré, sur le terrain de l’efficacité, Cowards n’a déjà rien à réclamer. Par contre, pour ma part, j’ai une demande : Messieurs les lâches, plus de morceaux comme « Hoarse from the Get Go », c’est possible ?

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4 COMMENTAIRE(S)

gulo gulo
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gulo gulo
26/07/2012 17:33
quant à moi ça me saute trop aux oreilles, justement (le chant, c'est indécent) et quand ça abandonne le Kickback en g-star, ça devient du black eastpak encore plus inoffensif et mastodonesque ; pourtant j'aime bien le côté bien élevé d'Eibon ; mais là c'est juste grotesque
Invité
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daminoux
26/07/2012 13:18
il tourne pas mal chez moi.... bonne album mais le groupe part dans trop direction.... je trouve que les morceaux hardcore(black) chaotique envoie vraiment bien plutot court et direct... mais les morceaux plus sludge sont moin réussi manque qe gros riff bien gras qui te rentre dans la tete aussitot comme eyehategod ou weedeater..dommage
je trouve que l'on retouve un peu la demarche d'un groupe comme Seven Sisters of Sleep...
AxGxB
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AxGxB
26/07/2012 09:42
A peu de chose près le même constat. J'ai écouté cet album une seule fois et les morceaux les plus longs ne sont clairement pas les meilleurs. On s'y perd un peu.
Ikea
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Ikea
26/07/2012 09:29
note: 7/10

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Question anti-spam :
Dans quel groupe mythique joue Tom Araya ?
Commentaire :

Cowards
Blackened (post) Hardcore
2012 - Throatruiner / Hellbound
notes
Chroniqueur : 7/10
Lecteurs : (2)  5/10
Webzines : (4)  7.63/10

plus d'infos sur
tracklist
01.   Hoarse from the Get Go
02.   Last Card
03.   Scarce
04.   Vices and Hate
05.   Arrogant, Unseen
06.   Grand Failure

Durée : 36 Mns

line up

parution
Sortie : 30/06/2012

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