chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
43 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Huata / Bitcho - Split

Chronique

Huata / Bitcho Split (Split 12")
Je ne dois pas être le seul à trouver le format split frustrant. Sauf à de rares exceptions, cet exercice partagé entre deux groupes ou plus me laisse au mieux soit un goût de pas assez (quand les formations écoutées se révèlent à la hauteur, mais sur une trop courte durée), soit d’incohérence entre des musiques trop différentes pour ne pas donner l’impression d’écouter des participations distinctes liées artificiellement, là où une atmosphère commune pourrait faire accepter les passages de l’une à l’autre plus facilement.

Ce split partagé entre France et Pays-Bas n’échappe pas à ce sentiment de frustration, seulement les raisons sont autres que celles évoquées plus haut : s’il est clair que se tient là un disque marqué par une volonté commune d’emmener l’auditeur dans l’espace (jusqu’à ce bel artwork signé par Benjamin Moreau, bassiste de Huata), cette ambiance homogène ne sauve pas cette collaboration d’un décalage sur le plan qualitatif. Car – on pourra lancer les cocoricos que l’on veut, pas sûr que les Bretons nous entendent depuis leur galaxie – Huata écrase Bitcho avec une aisance qui se laissait déjà deviner sur le convaincant Atavist Of Mann mais prend ici davantage d’ampleur, enlève les restants d’académisme contraint qui se notaient sur certains passages et va droit vers un stoner/doom dans ce qu’il a de plus vivant et naturel comme un unique trip où la réalité lâche peu à peu son étreinte (« The Retaliator » et « Hercolubus » peuvent d’ailleurs être considérés comme un seul et même morceau, leurs parties s’enchainant sans coupures).

Lors de ses deux compositions, Huata conserve cette capacité à manger à tous les râteliers de la scène stoner/doom sans perdre son identité, cette dernière paraissant même plus marquée qu’auparavant. Toujours adeptes du jeu entre lourdeur et envolées atmosphériques constituant le gros de leur longue-durée, les Bretons attrapent ici le fil rouge qui leur manquait par ce concept spatial essentiellement transmis par un chant clair noyé dans le mix ainsi qu’un duo claviers/basse diffusant lentement ses notes. De quoi donner confiance pour la suite, où il ne restera plus aux Français qu’à allier ce psychédélisme enivrant aux guitares catchy de leur premier album, un peu trop en retrait sur les deux titres de ce split.

Le choix de tout miser sur les climats peut aussi parfois laisser l’auditeur de côté comme le montre Bitcho avec un « 10050 Cielo Drive » à mi-chemin entre drone et doom moderne. Vide spatial mis en musique ou simple ennui ? Je penche clairement pour la seconde proposition, ma première confrontation avec les Néerlandais se déroulant comme souvent quand je rencontre ce type de groupe basant leurs effets entièrement sur les répétitions et montées finales : un intérêt premier rapidement suivi d’une série de bâillements devant un titre qui brasse longtemps du vent et garde ses quelques bonnes idées pour ses dernières minutes, l’apparition d’une voix incantatoire laissant croire que le morceau commence enfin à dévoiler ses atouts. Sauf que, ah, c’est terminé. Au trou noir.

La note de trois sur cinq accordée à ce split pourra sembler tiède alors que Huata fait plus qu’y présenter sa carte de visite avec une évolution intéressante de son stoner/doom se situant moins « dans les clous » qu’il n’y paraît. C’est qu’entre vingt minutes excellentes et une dizaine proche de l’inutile, la sensation de naviguer au sein d’un essai mélangeant réussite et échec sur des terrains similaires ne permet pas de conseiller l’achat à d’autres personnes que celles ayant envie de suivre de près les créateurs d’Atavist Of Mann. Décidément frustrant, mais clairement à posséder pour les amateurs des Bretons.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

9 COMMENTAIRE(S)

damhxc citer
damhxc
15/05/2013 19:18
note: 3.75/5
Le coté de huata est une vraie merveille avec un telle évolution dans les compos.. tu te sent vraiment comme un cosmonaute perdu dans l'espace... pour bitcho... le morceau est bon mais qu'a la fin donc vraiment dommage ...
Ikea citer
Ikea
15/05/2013 16:59
note: 3/5
Krokodil a écrit : oargh sérieux, je la trouve laide cette couv, c'est quoi ces couleurs de bandes dessinées de SF new school ?

Justement, ce sont les couleurs utilisées qui me plaisent le plus sur l'artwork ! Bon, le côté "Space : Fuck Yeah" de l'illustration n'est pas mal non plus...
Krokodil citer
Krokodil
15/05/2013 16:41
oargh sérieux, je la trouve laide cette couv, c'est quoi ces couleurs de bandes dessinées de SF new school ? (ha le mec du huata) mea culpa hein, pour ce que je dis, et parce que j'aime pas huata non plus, hein
Ikea citer
Ikea
10/05/2013 11:03
note: 3/5
gulo gulo a écrit : Ah nononon, les proportions sont respectées, la stricte parité mathématique aurait desservi Elysiüm, et Amplifire Death March aurait moins d'effet sans la décélération instantanée de quelques dizaines de G. Un tout petit peu moins, mais tout de même.

Le passage de l'un à l'autre fait son effet oui, ce qui justifie la partie Elysiüm !
gulo gulo citer
gulo gulo
10/05/2013 10:42
Ah nononon, les proportions sont respectées, la stricte parité mathématique aurait desservi Elysiüm, et Amplifire Death March aurait moins d'effet sans la décélération instantanée de quelques dizaines de G. Un tout petit peu moins, mais tout de même.
KPM citer
KPM
10/05/2013 10:37
POCHETTE

A écouter, donc.
Ikea citer
Ikea
10/05/2013 10:33
note: 3/5
gulo gulo a écrit : Ecoute LE split : celui entre Elysiüm et Monarch!

Je pensais justement à lui quand j'ai mis "Sauf à de rares exceptions" Clin d'oeil

Après, il est un peu particulier celui-ci tout de même, c'est plus un album de Monarch avec une intro d'Elysiüm Mr Green
gulo gulo citer
gulo gulo
10/05/2013 10:15
Ecoute LE split : celui entre Elysiüm et Monarch!.
De mémoire là comme ça à brûle-pourpoint, t'as aussi Puss/Oh the Guilt, de Jesus Lizard et Nirvana, qui laisse sa trace rouge. Je dis ça parce que c'est vrai que dans l'absolu, moi aussi je trouve le principe un peu dubitable.
Ikea citer
Ikea
10/05/2013 07:57
note: 3/5

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Huata / Bitcho
Stoner/Doom/Drone
2013 - Music Fear Satan
notes
Chroniqueur : 3/5
Lecteurs : (2)  3.63/5
Webzines : (1)  3.5/5

plus d'infos sur
Huata
Huata
Stoner/Doom - France
  
Bitcho
Bitcho
Pays-Bas
  

tracklist
01.   The Retaliator (Huata)
02.   Hercolubus (Huata)
03.   10050 Cielo Drive (Bitcho)

Durée : 33 minutes 38 secondes

parution
22 Mars 2013

voir aussi
Huata
Huata
Atavist Of Mann

2012 - De Arte Magica
  

Essayez plutôt
Bongripper
Bongripper
Hippie Killer

2007 - Autoproduction
  
Suma
Suma
Ashes

2010 - Regain Records / Speakerphone Recordings
  

Skull Parade
Skullparade
Lire la chronique
Cytotoxin
Gammageddon
Lire la chronique
The World I Knew
Fuck a 9-5 (EP)
Lire la chronique
Infinity
Hybris
Lire la chronique
Anasarca
Survival Mode
Lire la chronique
The Fatalist
Dark Ecriture (EP)
Lire la chronique
Dead Witches
Ouija
Lire la chronique
Black Metal in french : Les destructeurs
Lire le biographie
Formicarius
Black Mass Ritual
Lire la chronique
Bloody Rabbeat
Use Your Head (EP)
Lire la chronique
Dzö-nga
The Sachem's Tales
Lire la chronique
Wacken Open Air 2017
28 years louder than anythi...
Lire le live report
Expulsion
Nightmare Future (EP)
Lire la chronique
Once Awake
Ever So Cold
Lire la chronique
Contorsion
United Zombie Nation (U.z.N)
Lire la chronique
The Gault
Even as All Before Us
Lire la chronique
Hangman's Chair / Greenmachine
Hangman's Chair / Greenmach...
Lire la chronique
Dawn Of Disease
Ascension Gate
Lire la chronique
Nokturnal Mortum
Verity
Lire la chronique
Beneath
Ephemeris
Lire la chronique
Fall Of Summer 2017
Lire l'interview
The Midnight Ghost Train
Cypress Ave.
Lire la chronique
Cloven Hoof
Who Mourns For The Morning ...
Lire la chronique
Charnel Winds
Verschränkung
Lire la chronique
Desecresy
The Mortal Horizon
Lire la chronique
Venomous Maximus
No Warning
Lire la chronique
Mirrored in Secrecy : de l'autre côté du miroir
Lire l'interview
Profanity
The Art Of Sickness
Lire la chronique
Rings Of Saturn
Ultu Ulla
Lire la chronique
Human Magnet
A New Kind Of Start
Lire la chronique