chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
33 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Type O Negative - October Rust

Chronique

Type O Negative October Rust
Considéré par beaucoup comme la pierre angulaire de la discographie de Type O Negative, October Rust est déjà le quatrième album du groupe. Celui-ci sort en août 1996, trois ans après un Bloody Kisses devenu depuis disque de platine (le premier pour Roadrunner, soit plus d'un million d'exemplaires vendus). De fait, il est plutôt légitime de penser qu'une certaine forme de pression devait peser à l'époque sur les épaules du groupe new-yorkais même si on imagine pourtant très bien la bande de Peter Steele s'en foutre complètement. Une attitude désinvolte qui leur a jusque-là plutôt réussi, Type O Negative ne s'étant jamais auto-censuré (il n'y a qu'à voir les deux premières pistes de ce nouvel album. La première étant l'enregistrement d'un ampli branché à vide de presque quarante secondes. La deuxième, une présentation orale des membres de Type O Negative remerciant les auditeurs d'avoir acheté October Rust). Pourquoi pas après tout...

Suite logique de son prédécesseur, on retrouve sur October Rust l'ensemble des éléments qui caractérisent un album de Type O Negative: le titre dans un coin (ici en bas), le nom du groupe dans celui opposé (ici en haut), une prédominance des couleurs noir et vert et enfin une production une nouvelle fois signée de la main du regretté Peter Steele mettant en avant des guitares et une basse exagérément saturées. Une marque de fabrique et un savoir faire qui habillera chaque album du groupe new-yorkais, résumant ainsi une part de son identité.

Alors que Bloody Kisses contenait encore quelques cicatrices du passé Thrash/Hardcore de Peter Steele et ses acolytes ("We Hate Everyone", "Kill All The White People"), October Rust s'en affranchi ici complètement pour privilégier ces longues compositions à tiroir construites sur la base de mid tempo envoûtants, oniriques et particulièrement sensuels. Des rythmes tout en finesse, marqués par le jeu appuyé et multiple du petit nouveau Johnny Kelly porté ici par une production nette et finalement assez naturelle. Une sexualité de tous les instants passant bien évidemment par la voix suave et virile d'un Peter Steele tout en charmes et en sous entendus plus ou moins équivoques ("I feel you shake so deep inside. Ooh scream my name and squeeze me tight. I'll do anything to make you come" sur "Be My Druidess"). Les paroles d'October Rust sont ainsi sans ambiguïté et traitent toutes pour la plupart des relations de Peter Steele avec les femmes ("Love You To Death", "Be My Druidess", "My Girlfriend's Girlfriend", "Die With Me", "Burnt Flowers Fallen", "Cinnamon Girl", "Wolf Moon [Including Zoanthropic Paranoia]", "Haunted"). Pourtant certain de mon hétérosexualité, il y a dans sa voix ce je ne sais quoi d'irrésistiblement attirant et de séducteur. Un charisme qui va donc bien au delà de son imposante stature et passe aussi par ces lignes de chant tout en masculinité qui paradoxalement assument cette part de féminité. Une voix puissante et tellement sûre d'elle même qu'elle continue de me coller des frissons à chaque écoute.

Une atmosphère sexuelle qui transpire ainsi sur tout l’album (chaque album) mais qu’il ne faut pas oublier d’associer dans le cas de Type O Negative à une certaine idée de la mort. Il est d’ailleurs commun de parler de "petite mort" en évoquant cette idée de jouissance et d’orgasme. Peter Steele et sa bande l’ont eux très bien compris. Un abandon de soi, un don tout entier de sa personne envers un être aimé (ou plusieurs) et par conséquent les grandes désillusions et déceptions qui en découlent. C’est cette ambivalence que Type O Negative réussit à mettre en musique avec des morceaux non par larmoyant mais forts et puissants ("Love You To Death", "Die With Me", "Haunted") qui vous attrapent, vous transportent et vous déchirent. On trouve cependant d'autres titres plus légers comme les excellents "My Girlfriend’s Girlfriend" ou cette reprise incroyable de Neil Young, la délicieuse et entêtante "Cinnamon Girl".
Disque de saison, October Rust porte donc en lui la mélancolie d'un automne aux couleurs de rouille. L'automne, cette saison de transition où la légèreté de l'été s'efface chaque jour un peu plus au profit de la rudesse d'un hiver sans promesses... Aussi, à l'instar de son prédécesseur, October Rust fait montre d'un sens de la composition et de l'arrangement particulièrement développé. Et malgré des titres s'étirant très souvent sur plusieurs minutes, on s'étonne toujours de ne pas voir le temps passer. Complexes et riches dans leurs mises en place, ces compositions se développent souvent au fur et à mesure des secondes qui avancent et réussissent le coup de maître de ne jamais sembler trop prétentieuses ni trop répétitives ("Love You To Death", "Die With Me", "Wolf Moon [Including Zoanthropic Paranoia]". Bien au contraire, elle fourmillent même d'arrangements intelligents et subtils (merci encore une fois à l'incroyable travail de Josh Silver) que l'on continue de découvrir après mêmes des dizaines et des dizaines d'écoutes.

Offrir un successeur digne de ce nom à Bloody Kisses n’a probablement pas du être chose aisée pour Type O Negative. Pourtant October Rust a très vite réussi à se hisser aisément comme un album peut-être pas meilleur mais au moins tout aussi passionnant que son prédécesseur (sur ce point, les avis divergent, certains le plaçant au dessus. Ce n’est pas mon cas). Ce sont toutefois là des considérations sans grande importance dans la mesure ou ces deux albums ont eu un poids important dans le paysage Metal des années 90. Avec October Rust, Type O Negative affirme encore un peu plus toute sa personnalité à travers un univers décidément à part, capable de séduire aussi bien les amateurs de Metal extrême que les rockeurs en mal d’amour ou les demoiselles aux cœurs qui saignent. Et comme dirait le groupe : "Well, that's it, that's all we have. I hope it wasn't too disappointing. We will see you on tour. Until then, take it easy.".

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

6 COMMENTAIRE(S)

Kedran citer
Kedran
05/09/2014 18:29
note: 10/10
chaussure a écrit : un disque pour les looser. les vrais.

Haha ! J'adore l'idée Sourire
chaussure citer
chaussure
04/09/2014 19:27
note: 9.5/10
j'me suis un peu rebellé contre lui à sa sortie, préférant le gothique un peu plus morbide de son prédécesseur.
mais tout compte fait, c'est celui qui m'aura le mieux accompagné jusque maintenant.
un disque pour les looser. les vrais.
Invité citer
Mr Tinkertrain
02/09/2014 09:29
D'accord avec Clansman (merci pour la découverte de ce site!), ce disque véhicule une puissance émotionnelle que je n'ai rencontré que très rarement, à part chez Anathema (ahh Judgment) ou bien Gathering (avec Anneke). Ce n'est pas le maître étalon du Gothique car il y en a plusieurs, mais il peut prétendre au titre sans honte. Perso les 2 suivants sont aussi addictifs...
Kedran citer
Kedran
24/08/2014 02:43
note: 10/10
On est sûr du très très lourd en terme d'ambiance, un grand disque. Attirant, maîtrisé, équilibré et pas si "sucré" que ça.
Intemporel oui !
Invité citer
Clansman57
21/08/2014 14:01
J'ai oublié la note.....10/10 bien évidemment!
Invité citer
Clansman57
21/08/2014 13:58
14 années que je possède ce disque et je l'écoute toujours encore régulièrement avec un énorme plaisir...
Il devient même de plus en plus intense au fil des ans je trouve...
Pas une seule ride tellement ça sonne unique...Donc intemporel!
La puissance émotionnelle de cette balade automnale reste intacte,voire progressivement multipliée dans le temps...

Chef d'oeuvre absolu comme il en existe peu...
LE maître étalon du Gothic Metal...
Peter Steele était un véritable génie,qu'on se le dise...

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Type O Negative
Doom Metal
1996 - Roadrunner Records
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (14)  9.25/10
Webzines : (17)  8.76/10

plus d'infos sur
Type O Negative
Type O Negative
Doom Metal - 1990 † 2010 - Etats-Unis
  

vidéos
Love You To Death
Love You To Death
Type O Negative

Extrait de "October Rust"
  
My Girlfriend's Girlfriend
My Girlfriend's Girlfriend
Type O Negative

Extrait de "October Rust"
  
Cinnamon Girl (Neil Young Cover)
Cinnamon Girl (Neil Young Cover)
Type O Negative

Extrait de "October Rust"
  

tracklist
01.   Bad Ground  (00:38)
02.   --  (00:21)
03.   Love You To Death  (07:08)
04.   Be My Druidess  (05:25)
05.   Green Man  (05:47)
06.   Red Water (Christmas Mourning)  (06:48)
07.   My Girlfriend's Girlfriend  (03:46)
08.   Die With Me  (07:12)
09.   Burnt Flowers Fallen  (06:09)
10.   In Praise Of Bacchus  (07:36)
11.   Cinnamon Girl (Neil Young Cover)  (04:00)
12.   The Glorious Liberation Of The People's Technocratic Republic Of Vinnland By The Combined Forces Of The United Territories Of Europa  (01:07)
13.   Wolf Moon [Including Zoanthropic Paranoia]  (06:37)
14.   Haunted  (10:07)
15.   --  (00:08)

Durée : 72:49

line up
parution
20 Août 1996

voir aussi
Type O Negative
Type O Negative
Slow, Deep and Hard

1991 - Roadracer Records
  
Type O Negative
Type O Negative
Dead Again

2007 - Steamhammer Records (SPV)
  
Type O Negative
Type O Negative
The Origin Of The Feces (Not Live At Brighton Beach)

1992 - Roadracer Records
  
Type O Negative
Type O Negative
Life Is Killing Me

2003 - Roadrunner Records
  
Type O Negative
Type O Negative
Bloody Kisses

1993 - Roadrunner Records
  

Essayez aussi
Cross Vault
Cross Vault
The All-Consuming

2015 - Northern Silence Productions
  
Reverend Bizarre
Reverend Bizarre
III - So Long Suckers

2007 - Spikefarm Records
  
Funeral
Funeral
In Fields Of Pestilent Grief

2002 - Nocturnal Music
  
Bathsheba
Bathsheba
Servus

2017 - Svart Records
  
My Dying Bride
My Dying Bride
Like Gods Of The Sun

1996 - Peaceville Records
  

Blaze Of Perdition
Conscious Darkness
Lire la chronique
Stahlsarg
Mechanisms Of Misanthropy
Lire la chronique
Hell Militia + Watain
Lire le live report
Moenen Of Xezbeth
Dawn of Morbid Sorcery (Démo)
Lire la chronique
Inquisition + Septicflesh
Lire le live report
Iperyt
The Patchwork Gehinnom
Lire la chronique
Alder Glade
Spine of the World
Lire la chronique
Eraserhead
Holdout (EP)
Lire la chronique
Sheidim
Infamata (EP)
Lire la chronique
Greytomb
Monumental Microcosm (EP)
Lire la chronique
Cenotaph
Perverse Dehumanized Dysfun...
Lire la chronique
In Vain
Currents
Lire la chronique
Caronte
Yoni
Lire la chronique
Vargrav
Netherstorm
Lire la chronique
Assorted Heap
Mindwaves
Lire la chronique
Throane
Plus Une Main A Mordre
Lire la chronique
If I Could Kill Myself
Ballad of the Broken
Lire la chronique
War Possession
Doomed To Chaos
Lire la chronique
Solar Demise
Archaic War
Lire la chronique
Kartikeya
Samudra
Lire la chronique
Hyrgal
Serpentine
Lire la chronique
Exhumed
Death Revenge
Lire la chronique
T.O.M.B
Fury Nocturnus
Lire la chronique
Puteraeon
The Empires Of Death (EP)
Lire la chronique
Looking For An Answer
Dios Carne
Lire la chronique
Godflesh
Post Self
Lire la chronique
Weregoat
Pestilential Rites Of Infer...
Lire la chronique
Shining
X - Varg utan flock
Lire la chronique
Septicflesh
Codex Omega
Lire la chronique
Black Sabbath
Never Say Die
Lire la chronique