chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
66 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Exodus - Blood In, Blood Out

Chronique

Exodus Blood In, Blood Out
Pour ce qui sera ma dernière chronique, quoi de mieux pour boucler la boucle que le dernier album d’EXODUS en date ? J’avais attaqué il y a 8 ans par « Endless Pain » de KREATOR alors autant rester dans le thrash pur et dur, soit LE genre qui a façonné le metalhead que je suis (et resterai !). Ça tombe bien car avec son intitulé de circonstance, « Blood In, Blood Out » ne fait aucun mystère de ses racines old school : clin d’œil appuyé au légendaire premier opus, caméos de Kirk Hammett et Chuck Billy et retour de Zetro au poste de chanteur. Difficile de faire plus aguicheur pour le vieux fan de thrash bay area ! Ajoutez à cela les déclarations d’un Gary Holt en rupture du thrash progressif défendu sur les deux « Exhibit » (feeling plus punk des compos dixit l’intéressé) et les habituels abus de langage de Steve Souza (l’album le plus brutal et rapide du groupe), n’en jetez plus, l’excitation est à son comble.

On commence par quoi ? Par rendre hommage à Rob Dukes peut-être ? Débarqué durant l’enregistrement de ce 10ème full length, le troisième chanteur du combo de Richmond n’a cessé de progresser au fil des ans, dotant EXODUS d’un feeling hardcore loin d’être désagréable. Première constatation à l’écoute des lignes de chant du rappelé de dernière minute, il y a vraiment match nul. Autant on est plutôt content du retour de Steve, autant le sentiment premier reste un petit pincement au cœur concernant Dukes, féroce aboyeur qui avait conquis tout le monde sur scène mais également sur disque, finalement. S’il ne peut rivaliser en puissance avec Rob sur les couplets, Souza fait heureusement pencher la balance en sa faveur sur les refrains ; bien que moins à son affaire que sur l'excellent « Tempo Of The Damned », Zetro fait ce qu’il sait faire de mieux, à savoir gueuler comme un putois du début à la fin. C’est souvent impressionnant, comme sur « Body Harvest » ou le hurlement final de « Collateral Damage » mais sur quelques titres plus posés, on aurait apprécié qu’il lâche un peu le chant en cadence pour des lignes plus classiques. Retour satisfaisant donc, à défaut d’être triomphal.

Sur le plan strictement musical, on est passé de l’heure dix huit de « Exhibit B : The Human Condition » à soixante-deux minutes, soit un quart d’heure de gagné. Toujours ça de pris, même si les tics de compositions de Holt et deux ou trois bouche trous viennent enrayer la dynamique de l’album. Pour le feeling punk, on repassera donc, « Blood In, Blood Out » ne renfermant aucun équivalent de « Thrash Under Pressure » ou « Burn, Hollywood Burn ». Quel dommage que Gary Holt, riffeur hors pair, alourdisse à nouveau ses compos de passages dispensables, répétant parfois jusqu’à l’écœurement des plans lourdement répétitifs n’ayant d’intérêt que pour les thrashers en formation. Mais plutôt que de taper sur Gary (ou Lee Altus, atteint du même syndrome de la rallonge inutile sur « Honor Killings » et « Body Harvest »), cette fois, j’ai plutôt envie de m’en prendre à Andy Sneap. Ce n’est pas aussi le boulot d’un producteur que d’inciter le groupe dont il s’occupe à faire des coupes lorsque le besoin s’en fait sentir ? Pour ne rien arranger, le mix laisse vraiment à désirer avec des guitares presque en arrière plan, les grands gagnants de ce rééquilibrage étant Jack Gibson (hé D.D. Verni, t’as vu comme elle ronronne ma basse ?) et le batteur Tom Hunting. Certains apprécieront peut être mais pour ma part, je persiste à trouver que les guitares manquent de crunch, l’habituelle marque de fabrique du groupe. Autre réserve, les soli : traditionnel point fort du groupe, ceux-ci déçoivent une fois sur deux, Holt et Lee Altus étant souvent pris en flagrant délit de tricotage stérile avant de rattraper le coup avec une mélodie en twin guitars (« Blood In, Blood Out », pas loin d’un « Count Your Blessings »). Sur ce plan là, EXODUS a clairement perdu de sa superbe avec les années et c’est bien regrettable. Pour en finir avec les griefs, éjectons sans ménagement le fadasse opener « Black 13 » (la touche electro de Dan The Automator n’apporte rien), à peine meilleur que « Raze » ainsi que les dispensables « Warped In The Arms Of Rage » et « My Last Nerve ». Ainsi, on se sentira plus léger pour aborder le final sans concession de la doublette infernale « Honor Killings/Food For The Worms ».

A ce stade, la barque des reproches est déjà bien chargée me direz vous. Heureusement, « Blood In, Blood Out » n’a pas que des défauts, loin de là ! Déjà, les hymnes sont de retour avec un title track speedé pas loin d’être irrésistible, l’excellente « Collateral Damage » et du bon gros mid tempo qui martèle façon « Blacklist » (« Salt The Wound », « BTK »). Délestée d’une minute, « Body Harvest » et « Honor Killings » seraient quant à elles tout bonnement géniales. D’un point de vue global, on note avec satisfaction le retour de riffs plus directs façon « Bonded By Blood » sur « Blood In, Blood Out » et « Collateral Damage », même si Gary Holt n’oublie pas d’épater la galerie avec des plans torturés dont il a le secret (le carnage final « Food For The Worms »). Autre bon point, la recrudescence de backing vocals envenimant des titres comme « Body Harvest », « Honor Killings » (DE-CA-PI-TA-TED !!!) ou « Blood In, Blood Out », supplément de couilles bienvenu complétant à merveille les gueulantes hautes perchées de Steve. Saluons également l’abattage de Tom Hunting, auteur de sa meilleure prestation à ce jour au sein d’EXODUS. Dynamiques et variées, ses parties maintiennent la pression tout du long, malgré les trous d’air du tracklisting. Que de progrès depuis ses débuts hésitants, notamment sur « Pleasures Of The Flesh » !

Si elles ne changent pas la face du disque, la participation amicale de Kirk Hammett (EXODUS était son premier groupe, souvenez vous) sur « Salt The Wound » et de Chuck Billy sur « BTK » participent enfin des moments forts de « Blood In, Blood Out » ; pas là pour plaisanter, Kirk se met à niveau en nous balançant une lead bien chaotique tandis que l’ours de TESTAMENT épaule son acolyte de DUBLIN DEATH PATROL à grand renfort de soufflantes caractéristiques : déjà sacrément pesant, le final de « BTK » n’en sort que plus destructeur encore. Enfin, si je n’ai pas encore mentionné la violemment groovy« Numb », c’est parce que celle-ci navigue entre deux eaux ; un peu longuette, elle vaut principalement pour les gueulantes de Steve et son break salement enivrant à mi parcours. "Blood In, Blood Out" n'est donc ni le successeur attendu du 1er album, ni leur opus le plus brutal à ce jour. Juste un bon EXODUS et un très bon album de thrash avec son lot habituel de tueries auquel il manque, comme souvent, un petit quelque chose pour prétendre au Panthéon. Parce que les Américains ont, depuis toujours, le potentiel pour sortir l’album de thrash ultime, on ne peut s’empêcher d’être un peu plus sévère avec eux qu’avec d’autres. Difficile donc d’évaluer ce « Blood In, Blood Out » aussi bourré de qualités que de défauts, régulièrement frustrant mais le plus souvent terriblement jouissif. Si ma préférence va au jusqu’au boutiste « Exhibit B : The Human Condition » (pour rester dans la période récente), j’aurais quand même du mal à ne pas vous le conseiller !

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

5 COMMENTAIRE(S)

Jean-Clint citer
Jean-Clint
20/09/2017 13:22
note: 7/10
Keyser a écrit : Pas écouté l'album. Pas fan de ce que fait le groupe depuis 2-3 albums de toute façon. Un album de thrash qui dure 1 plombe, non merci!

Un disque toujours meilleur que les deux volumes de "Exhibit" ennuyeux au possible, où l'on trouve des bons titres mais d'autres plus moyens. Et puis effectivement le problème c'est que les titres s'allongent à n'en plus finir et on a un sentiment rapide de répétition et linéarité.
Thomas Johansson citer
Thomas Johansson
05/01/2015 20:46
note: 7.5/10
Merci les amis, bonne continuation a tous et longue vie a Thrashocore!
Keyser citer
Keyser
05/01/2015 14:06
Pas écouté l'album. Pas fan de ce que fait le groupe depuis 2-3 albums de toute façon. Un album de thrash qui dure 1 plombe, non merci!

Salut l'artiste en tout cas!
AxGxB citer
AxGxB
05/01/2015 14:00
Belle chronique pour marquer la fin de cette chouette et enrichissante collaboration Déçu
Je suis en train de l'écouter pour la première fois suite à ta chronique (il était pourtant sur mon téléphone depuis des semaines...). Et bien pour le moment, ça fonctionne très bien même si certains titres se montrent moins efficaces ("Body Harvest" en ce moment et bof...).
Mitch citer
Mitch
05/01/2015 13:31
Farewell buddy ! Déçu

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Exodus
Thrash metal
2014 - Nuclear Blast Records
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs : (6)  7.25/10
Webzines : (30)  7.85/10

plus d'infos sur
Exodus
Exodus
Thrash metal - 1979 - Etats-Unis
  

tracklist
01.  Black 13
02.  Blood In, Blood Out
03.  Collateral Damage
04.  Salt The Wound
05.  Body Harvest
06.  BTK
07.  Wrapped In The Arms Of Rage
08.  My Last Nerve
09.  Numb
10.  Honor Killings
11.  Food For The Worms

Durée : 62 min.

line up
parution
14 Octobre 2014

voir aussi
Exodus
Exodus
The Atrocity Exhibition
(Exhibit A)

2007 - Nuclear Blast Records
  
Exodus
Exodus
Pleasures Of The Flesh

1987 - Music For Nations
  
Exodus
Exodus
Tempo Of The Damned

2004 - Nuclear Blast Records
  
Exodus
Exodus
Shovel Headed Kill Machine

2005 - Nuclear Blast Records
  
Exodus
Exodus
Impact Is Imminent

1990 - Capitol Records
  

Essayez aussi
Coma
Coma
Mindless

2013 - Punishment 18 Records
  
Hellish
Hellish
Grimoire

2017 - Unspeakable Axe Records
  
Lethal Mind
Lethal Mind
When Logic Fails (EP)

2008 - Autoproduction
  
Hatriot
Hatriot
Dawn Of The New Centurion

2014 - Massacre Records
  
Testament
Testament
The New Order

1988 - Megaforce Records / Atlantic Records
  

Thou
Inconsolable (EP)
Lire la chronique
Gutted
Bleed For Us To Live
Lire la chronique
Trop Hard Pour Toi #3
Electric Shock + Mindless S...
Lire le live report
Black Metal : les noms de groupe (de merde)
Lire le podcast
Slaughterday
Abattoir (EP)
Lire la chronique
At The Gates
To Drink from the Night Itself
Lire la chronique
Spell of Dark
Journey into the Depths of ...
Lire la chronique
Cardiac Arrest
A Parallel Dimension Of Des...
Lire la chronique
The Body
I Have Fought Against It, B...
Lire la chronique
Drudkh / Paysage D'Hiver
Somewhere Sadness Wanders (...
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 11 - Monsieur Steele et le bain d'acide.
Lire le podcast
Bloodbark
Bonebranches
Lire la chronique
Utzalu
The Loins Of Repentance
Lire la chronique
Cor Scorpii
Ruin
Lire la chronique
Chevalier
A Call To Arms (EP)
Lire la chronique
Valgrind
Blackest Horizon
Lire la chronique
Ennoven
Redemption
Lire la chronique
Orsak:oslo
Nordstan (EP)
Lire la chronique
Taphos
Come Ethereal Somberness
Lire la chronique
Brouillard
Brouillard
Lire la chronique
Aorlhac pour l'album "L'esprit des Vents"
Lire l'interview
Order Ov Riven Cathedrals
The Discontinuity's Interlude
Lire la chronique
Sakrifiss rencontre Noktu (Mortifera / Celestia / Bleu, blanc Satan...)
Lire l'interview
Wombbath
The Great Desolation
Lire la chronique
Blitzkrieg
Judge Not!
Lire la chronique
Amzera
Amzera (EP)
Lire la chronique
Gontyna Kry
Ignipoten
Lire la chronique
Cult Of Occult
Anti Life
Lire la chronique
Ulver
The Assassination of Julius...
Lire la chronique
Pryapisme
Epic Loon
Lire la chronique