chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
49 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Gruesome - Savage Land

Chronique

Gruesome Savage Land
L’Histoire du Death Metal est marquée, comme beaucoup d’autres genres avant lui, par l’émergence de quelques groupes majeurs dont le rôle sur son développement a été d’une importance capitale. Si cette liste de groupes peut varier en fonction des sensibilités de chacun, les faits restent pourtant les faits. Aussi, ce sont eux qui viennent nous rappeler qu’il n’y pas trop matière à discuter lorsqu’il s’agit d’évoquer les fondements de ce genre qui, presque trente ans plus tard, continue de réunir nombre de passionnés.
Parmi ces pionniers, les Américains de Death tiennent une place de choix qu’absolument personne ne pourrait discuter. Du fait de ce statut, rien de plus naturel de constater que ce dernier continu de se poser comme une influence majeure, même parmi les plus récents. Le dernier rejeton en date à faire part de tout son amour pour le célèbre groupe floridien se nomme Gruesome et ce que l’on peut dire c’est qu’il n’est pas né de mains inexpérimentées.

Groupe américain formé en 2014, Gruesome compte en effet dans ses rangs un certain Matt Harvey (Exhumed, Dekapitator, ex-Noothgrush, ex-Gravehill et ancien guitariste/chanteur sur la première tournée Death To All...) rejoint pour l’occasion par Daniel Gonzalez à la guitare (Possessed), Robin Mazen à la basse (Derkéta) et enfin Gus Rios à la batterie (ex-Malevolent Creation). Un line-up alléchant pour ce qui s’annonce comme l’un des meilleurs hommages rendus au groupe Death (première période) depuis maintenant belle lurette.

Il y a des signes qui ne trompent pas. A ce petit jeu-là, la pochette de Savage Land est particulièrement évocatrice pour quiconque sait où regarder. Entre le travail facilement identifiable d’un Ed Repka toujours dans la course malgré les années qui passent (on lui doit notamment les artworks des trois premiers albums de Death) et ce logo dont chaque détail rappelle celui du groupe floridien (même typologie, même sang qui coule, même araignée qui pend, mêmes croix renversées et mêmes flammes à leurs extrémités), difficile de ne pas faire le parallèle avec la bande à Schuldiner. Qui plus est, Gruesome ne s’en est jamais caché puisque en dehors du line-up alléchant, toute la promo de Relapse s’est effectuée autour de ce lien de parenté tout ce qu’il y a de plus évident.
Bien entendu, le mimétisme ne s’arrête pas uniquement à l’artwork et la ressemblance une fois la touche "play" enfoncée est encore plus frappante. Tout ce qu’il y a sur Savage Land, des riffs, à la production en passant par l’atmosphère, les soli et bien entendu le chant viennent rappeler les excellents Scream Bloody Gore (pas mal), Leprosy (surtout) ou encore Spiritual Healing (un peu). Une ressemblance des plus saisissantes qui ne souffre même pas de la comparaison tant la qualité d’écriture et d’exécution frise ici la perfection. Bien entendu, Gruesome n’aura jamais la portée qu’un groupe tel que Death mais le résultat se montre extrêmement convaincant pour quiconque apprécie les premiers albums des Américains. Cela n’empêchera probablement pas les quelques puristes (ces gens de mauvaises foi mené par un certain von_yaourt) de trouver très certainement à redire au sujet de Gruesome, prétextant ainsi je ne sais qu’elle raison pour affirmer que Savage Land n’est pas digne d’intérêt et qu’il vaut mieux se concentrer sur la discographie de Death plutôt que sur ce produit de substitution... Mais même si les albums du groupe floridien font figure d’indispensables, ne prêtez pas attention à ces gens dont certains ont versé dans la japan music formatée de piètre qualité (pléonasme). Gruesome maîtrise parfaitement son sujet et nous ressert sa leçon avec brio et efficacité.

Mené pied au plancher, Savage Land est un album qui fait preuve d’une belle intensité. Les séquences (particulièrement jouissives) en mode tchouka-tchouka ou à la double ne cèdent leurs places que le temps de quelques introductions mélodiques ("Trapped In Hell", "Gangrene"), de breaks un poil plus lourdingues à l’atmosphère bien faisandée qui laissent d’ailleurs apparaître ces fameuses constructions rythmiques atypiques qui ont fait la renommée de Death et surtout de solo et de leads remarquables qui, très honnêtement, n’ont rien à envier à ceux du regretté Chuck Schuldiner. Un festival de tous les instants puisque chaque titre de l’album se voit gratifié d’un passage de choix ("Savage Land" à 2:09, "Trapped In Hell" à 1:57, "Demonized" à 2:26, "Hideous" à 2:33, "Gangrene" à 2:34, "Closed Casket" à 1:51, "Psychic Twin" à 1:12, "Gruesome" à 2:06) apportant ainsi une bonne dose de mélodie typiquement 90’s à l’ensemble. Et si les amateurs de six cordes prendront déjà leur pied grâce au soin apporté aux leads et aux soli, nul doute qu’ils devraient prendre énormément de plaisir rien qu’avec les riffs, plutôt simples en apparence mais qui se révèlent très vite bien plus élaborés qu’il n’y paraît. C’est bien simple, il n’y a strictement rien à jeter dans ce Savage Land qui en tant qu’hommage fait figure de véritable réussite. Et que dire du chant de Matt Harvey dont la voix va chercher ici les mêmes intonations que celles de Evil Chuck? Un growl glaireux et en même temps écorché qui pourrait faire croire l’espace d’un instant à la réincarnation de Schuldiner. Fermez les yeux, l’immersion est totale. A noter qu’il existe une version deluxe digitale qui inclut deux reprises (pour quiconque fera l’acquisition de la version vinyle ou même du CD mais uniquement via Bandcamp), la première de Death (évidemment) avec le titre "Land Of No Return" tiré de l’album Scream Bloody Gore, la seconde de Slayer avec le titre "Black Magic" issu de Show No Mercy. Rien à dire, Gruesome nous offre deux versions fidèles aux originales avec un très léger soupçon de modernité en plus (raaaaa, ces soli sur "Black Magic"). De quoi régaler les amateurs de Death et de Death (bon et de Thrash un peu).

Trente-six minutes plus tard, c’est un large sourire aux lèvres qui se dessine sur mon visage avec surtout l’irrésistible envie de relancer la lecture, encore et encore... On pourra dire ce que l’on voudra sur l’importance de la personnalité dans la musique, je reste convaincu que lorsque l’on maîtrise son sujet sur le bout des doigts il est impossible de se planter. Les Américains de Gruesome le prouvent une fois de plus et d’une bien belle façon grâce à ce qui n’est ni plus ni moins que le plus bel hommage rendu au groupe Death (du moins ses trois premiers albums) à travers des compositions originales. Un exercice périlleux que Matt Harvey et sa bande ont pourtant relevé haut la main grâce à des titres redoutables d’efficacité jamais mis en défaut. Je ne sais pas si une suite sera donnée à ce projet mais Savage Land est d’ors et déjà l’une des très bonnes surprises de cette année.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

7 COMMENTAIRE(S)

MoM citer
MoM
08/03/2018 14:27
Je suis pas autant emballé.
Cet album, je l'ai tenté un nombre incalculable de fois, et mon avis tient à ça : "Ca ressemble à Death, ça a le goût de Death, mais bon sang ça n'est pas Death"

T'as tous les ingrédients, mais y a un truc qui fait que, non, je n'arrive pas à accrocher.
Sans doute trop proche du modèle, mais sans avoir cette sève, la colonne vertébrale qui rendait Death si particulier.
Je verrai quand même ce qu'ils vont faire...
Jean-Clint citer
Jean-Clint
08/03/2018 13:39
note: 8/10
En attendant le nouvel album petite remise à niveau avec cet excellent disque bien rétro et au groove imparable. Une superbe surprise joué par des zicos motivés et de bon niveau qui rendent un bel hommage au père Chuck !
wademercenary citer
wademercenary
25/04/2015 13:54
Un bel hommage à Death, même si bon on peut y voir du plagiat, ça fait du bien de voir que Death continue d'avoir une influence majeur sur le monde du metal. Je ne peux que recommander bien entendu la disco de Death suite à l'écoute de " savage land " Clin d'oeil note : 8/10
AxGxB citer
AxGxB
25/04/2015 07:41
note: 8.5/10
D'une prévisibilité sans faille.
von_yaourt citer
von_yaourt
25/04/2015 05:17
note: 0/10
La prochaine fois qu'on posera la question : "où s'arrête l'hommage et où commence le plagiat ?", la réponse sera "il commence à Gruesome".
northstar citer
northstar
25/04/2015 02:06
J'aime le côté old school mais je trouve ça un peu fade , je suis pas totalement convaincu et merde l'artwork donne vraiment pas le goût , top des pires pochettes 2015...effectivement mieux vaut se rabattre sur sur le groupe original.
AxGxB citer
AxGxB
25/04/2015 01:08
note: 8.5/10
En écoute intégrale sur Bandcamp.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Gruesome
Death Metal
2015 - Relapse Records
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (3)  5.33/10
Webzines : (21)  7.63/10

plus d'infos sur
Gruesome
Gruesome
Death Metal - 2014 - Etats-Unis
  

écoutez
vidéos
Savage Land
Savage Land
Gruesome

Extrait de "Savage Land"
  

tracklist
01.   Savage Land
02.   Trapped In Hell
03.   Demonized
04.   Hideous
05.   Gangrene
06.   Closed Casket
07.   Psychic Twin
08.   Gruesome
09.   Land f No Return (Death Cover) (Bonus Track)
10.   Black Magic (Slayer Cover) (Bonus Track)

Durée : 35:37

line up
parution
17 Avril 2015

voir aussi
Gruesome
Gruesome
Dimensions Of Horror (EP)

2016 - Relapse Records
  

Essayez aussi
Maze Of Sothoth
Maze Of Sothoth
Soul Demise

2017 - Everlasting Spew Records
  
Sinister
Sinister
The Carnage Ending

2012 - Massacre Records
  
שְׁאוֹל
שְׁאוֹל
Sepulchral Ruins Below The Temple (EP)

2014 - Invictus Productions
  
Napalm Death
Napalm Death
Harmony Corruption

1990 - Earache Records
  
Hypocrisy
Hypocrisy
Hypocrisy

1999 - Nuclear Blast Records
  

Gutted
Bleed For Us To Live
Lire la chronique
Trop Hard Pour Toi #3
Electric Shock + Mindless S...
Lire le live report
Black Metal : les noms de groupe (de merde)
Lire le podcast
Slaughterday
Abattoir (EP)
Lire la chronique
At The Gates
To Drink from the Night Itself
Lire la chronique
Spell of Dark
Journey into the Depths of ...
Lire la chronique
Cardiac Arrest
A Parallel Dimension Of Des...
Lire la chronique
The Body
I Have Fought Against It, B...
Lire la chronique
Drudkh / Paysage D'Hiver
Somewhere Sadness Wanders (...
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 11 - Monsieur Steele et le bain d'acide.
Lire le podcast
Bloodbark
Bonebranches
Lire la chronique
Utzalu
The Loins Of Repentance
Lire la chronique
Cor Scorpii
Ruin
Lire la chronique
Chevalier
A Call To Arms (EP)
Lire la chronique
Valgrind
Blackest Horizon
Lire la chronique
Ennoven
Redemption
Lire la chronique
Orsak:oslo
Nordstan (EP)
Lire la chronique
Taphos
Come Ethereal Somberness
Lire la chronique
Brouillard
Brouillard
Lire la chronique
Aorlhac pour l'album "L'esprit des Vents"
Lire l'interview
Order Ov Riven Cathedrals
The Discontinuity's Interlude
Lire la chronique
Sakrifiss rencontre Noktu (Mortifera / Celestia / Bleu, blanc Satan...)
Lire l'interview
Wombbath
The Great Desolation
Lire la chronique
Blitzkrieg
Judge Not!
Lire la chronique
Amzera
Amzera (EP)
Lire la chronique
Gontyna Kry
Ignipoten
Lire la chronique
Cult Of Occult
Anti Life
Lire la chronique
Ulver
The Assassination of Julius...
Lire la chronique
Pryapisme
Epic Loon
Lire la chronique
NORTH OF THE WALL 2018
Abyssal + Bismuth + Bölzer ...
Lire le live report