chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
22 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Psycroptic - The Scepter of the Ancients

Chronique

Psycroptic The Scepter of the Ancients
Il y a peu de temps de cela, j’ai décidé de m’éloigner un moment des eaux troubles et épaisses du Black et Doom metal, pour mieux retourner dans les cachots infestés de vermines du Death. J’y ai trouvé mieux qu’un prisonnier à la face purulente rongée par les asticots, beaucoup mieux. Au fond d’un creux obscur et humide, brillait devant moi le sceptre des Anciens.

Oui, en effet. En parcourant la base de donnée d’un célèbre site catalogue consacré à la variété française et à Calojira, je tombais sur un album à l’artwork qui me transcende de part son originalité: un sorcier à la barbe blanche et drue, sorte de subtile fusion entre Alan Moore et Gandalf, semble réveiller (ou chasser ?) une horde de démons tapie dans une forêt sans lune … un artwork somme toute peu classique, atypique pour une formation metal: un vieil homme maîtrisant la magie effectuant un sort de zone contre une joyeuse bande de petits murlocs ... c’est du jamais vu, heureusement que mon séant reposait alors sur une chaise faite du meilleur bois d’ IKEA, bordel …

Fin du troll.

Car c’est un fait, en se basant seulement sur cette première impression esthétique, on peut légitimement se dire qu’on va avoir droit au plat de habituel, servi par une énième formation de Brutal Death … C’est sans trop d’espoir donc, que je me lance dans l’écoute de l’histoire de Gandalf sous acide perdu en Forêt Noire après un festival de trance trop peu sage. Suivant le conseil BandCamp, je commence par la piste trois - 'Lacertine Forest'. Très vite, ma nuque devient aussi entrelacée que la forêt du morceau. J'étais pas prêt, ça m'apprendra à médire d’après les apparences tiens. Psycroptic nous sert là tout simplement un des meilleurs morceaux de Brutal Death jamais réalisé: c’est carré, parfaitement découpé, groovy; bref, dévastateur. Difficile de ne pas headbanger jusqu'au torticolis tout au long de cette piste, tant chaque passage se trouve être parfaitement exécutés; mention spéciale à Dave Haley à la batterie, œuvrant derrière ses fûts comme le digne enfant du démon qu’il est ! Blast beat des familles et break out au rendez-vous, très bien soutenus par la production d’Unique Leader Records (je signal au passage que je n’ai jamais vu le groupe en live pour juger de sa performance hors studio).

Autre très gros point fort de cet album, la voix de la formation australienne, non pas celle de Tina Arena (c'est pas le Hit Machine), mais celle reconnaissable entre mille de Matthew “Chalky” Chalk, qui en plus de parfaitement alterner les phases de growl et les phases plus criardes (mais pas core !), se paye le luxe d'être carrément comique, et cela dans le bon sens du terme ! C’est ainsi que ce bon vieux Chalky s’amusera à nous imiter parfois ce qui se rapproche certainement le plus du son que produirait une ghoule émasculée (hum m’ voyez ?). C’est aussi de sa plume que viennent les textes du groupe : on y trouve d’abord les thèmes classiques du Death qui ne parlent pas que de zombies et de chambres de tortures, initiés par le grand Schuldiner: la lutte pour son individualité face aux grands modèles que la société cherche à imposer, traduit par exemple dans la fierté d'être metalleux dans la chanson 'Psycrology' - qui délivre soit dit en passant une surprenante ligne mélodique à la guitare au début, avant d’entamer un des meilleurs riffs de l’album; l'inéluctabilité de la mort, mais aussi des textes de sciences-fiction plus personnels, sortis tout droit de l’imagination de Chalky. Ainsi, la dernière piste (la plus longue d’un album assez court) - 'The Scepter of Jaar-Gilon' - évoque un distant groupement de planètes, contrôlé par un homme du nom de Jaar-Gilon, et dont le sceptre décide de ce qui vit ou meurt; 'Lacertine Forest' encore, permet au chanteur de parler de la “présence indubitable” qu’ évoquait déjà Atheist, mais dans une version reptilienne pour Psycroptic (le chanteur étant familier avec les théories de l’ufologie).

Qu’on se le dise donc, les Australiens signent avec The Sceptor of the Ancients un des meilleurs albums de Death Brutal et technique des années 2000. Certains fan n’hésitent pas à le considérer comme un pionnier du genre, un classique à ranger au coté des autres grands du nom à l’instar de Cynic, Spawn Of Possession et même Atheist, au moins pour l’originalité des thèmes abordés et le coté ultra technique sans pour autant oublier de jouer catchy. C’est aussi dans cette singularité que réside un autre point fort du groupe : l’émotion, l’engagement des membres est palpable à chaque morceaux, il ne s’agit jamais d’imiter tel ou tel groupe; mais bien toujours de jouer avec ses tripes, laisser libre cours à son inspiration en restant dans une maîtrise et une cohérence parfaites comme le veut, il me semble, la philosophie originelle du Death. Psycroptic y arrive ici brillamment.

Moins subtil qu’un Obscura mais plus accrocheur, moins brouillon qu’un Origin, de loin cet album constitue l'apogée de la carrière du groupe et malheureusement, marque aussi le départ de son chanteur fou et génial, qui laissera sa place au plus classique (et plus “coreux”) Jason Peppiatt pour les albums qui suivirent.

Morceaux préférés: 'Battling the Misery of Organon', 'Lacertine Forest', 'Psycrology', 'Skin Coffin' et 'A Planetary Discipline'. Vous y trouverez votre compte en torticolis express, ou si vous préférez, en torticolissimo ... (c'est ma première chronique alors je me permets des jeux de mots douteux oui).

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

9 COMMENTAIRE(S)

MoM citer
MoM
20/01/2018 07:37
note: 9/10
Seb` a écrit : Putain, clairement une tuerie cet album.

The Valley of the Winds Breath and Dragons fire est un chef d'oeuvre. Ce riff sur le "refrain" *__*

Bon, moi aussi, je préfère Symbols' (qui pour moi est surement le meilleur album de BDT de tous les temps) et quand j'entends ces 2 albums, ça me fait carrément chier l'évolution musicale du groupe qui se "la coule douce"..

Après, niveau live, c'est toujours aussi impressionnant et Dave me fait toujours bander.


Ca doit être bien en live avec le vrai chanteur Sourire
Parce que je les ai vus avec, en remplaçant, un animateur radio australien chanteur metal assez connu là-bas, il était lourd comme pas possible. Son style deathcore ne collait juste pas à Psycroptic, le pire étant quand ils ont joué un morceau de "Scepter".
Le mec qui gigote dans tous les sens avec un chant monolithique core, c'est sans moi. Surtout quand le matériau de base jouit d'un excellent panel de vois variées !
Seb` citer
Seb`
19/01/2018 21:11
Putain, clairement une tuerie cet album.

The Valley of the Winds Breath and Dragons fire est un chef d'oeuvre. Ce riff sur le "refrain" *__*

Bon, moi aussi, je préfère Symbols' (qui pour moi est surement le meilleur album de BDT de tous les temps) et quand j'entends ces 2 albums, ça me fait carrément chier l'évolution musicale du groupe qui se "la coule douce"..

Après, niveau live, c'est toujours aussi impressionnant et Dave me fait toujours bander.
MoM citer
MoM
19/01/2018 20:01
note: 9/10
Je reste fou furieux !
J'aurais tellement composé ce type de son si j'étais musicien : ça va dans tous les sens, c'est riche et cohérent, c'est musclé et bien mixé, d'une variété en avance sur son temps.

J'adore cet album, il dépasse l'entendement !
RBD citer
RBD
17/07/2016 14:32
J'avais découvert le groupe avec cet album grâce à VS. Je n'ai jamais lâché le groupe depuis, bien que 'The Scepter..." reste le meilleur album. Depuis, les publications restent agréables sans être transcendantes. Mais sans bouleverser les charts de l'extrême, ils ont mis bout à bout une discographie assez fournie aujourdhui (six albums et un live DVD) et assuré un paquet de tournées.

En effet ils tournent très souvent en Europe, je les ai vus un bon nombre de fois, ils sont passés encore cet hiver en France.

Le départ de Chalk n'a pas été une bonne opération mais Peppiatt tient la baraque... Son chant et l'évolution du jeu de Joe Haley vers des riffs de plus en plus gros et lourds ont dirigé le groupe vers une sorte de PanterA Death Metal (cf. l'hommage dans le DVD, du reste).
Insania citer
Insania
15/07/2016 00:25
Idem je préfère Symbols of Failure, pour les mêmes raisons, mais celui là est clairement excellent aussi. Après ça se gâte...
von_yaourt citer
von_yaourt
05/07/2016 19:34
note: 9/10
Le meilleur Psycroptic, un très bon album de death metal, très impressionnant pour l'époque (et Dave l'est toujours aujourd'hui), mais un poil trop inégal. The Colour of Sleep et Lacertine Forest sont quand même un cran au dessus du reste.
LaMyxine citer
LaMyxine
02/07/2016 22:51
note: 9/10
Je me retrouve un peu à l'opposé de toi, Ander. C'est mon album préféré de Psycroptic, super enlevé avec ses rythmiques fulgurantes. J'ai un peu arrêté de les suivre à partir de Symbols, un peu trop lisse à mon gout.
Mais quel bruo guitare-batterie!! Et j'aime bien Chalky aux vocaux aussi, j'étais déçu de son depart/lourdage à l'époque.
Ander citer
Ander
02/07/2016 09:02
note: 7/10
Toujours eu un peu de mal avec eux, leur préférant largement n'importe quel album de Spawn Of Possession... Le chant en lui même ne me dérange pas, c'est surtout qu'il laisse jamais respirer la musique, d'autant que ça manque cruellement d'envolés solistiques!

Malgré le quotient brutalité satisfaisant (on pense à Pierced From Within mixé à la technicité d'un Cynic) l'ensemble reste assez monotone, l'impression que ça décolle jamais vraiment (d'où l'utilité des soli!) et l'absence de basse se fait vraiment ressentir dans ce style death (brutal) technique...

Néanmoins, un album largement recommandable, mais je suis un des rares à préférer son successeur Symbols Of Failure, légèrement plus barré et direct avec son concept sci-fi complètement immersif. Sourire
Clodfransoa citer
Clodfransoa
02/07/2016 06:17
Première Kro pour toi et premier commentaire pour moi. Album acheté uniquement sur la pochette, je m'étais fait la même réflexion sur le chant "comique" (le texte est parfois plus vomis que chanté), pourtant c'est porté par celui-ci que je suis rentré dans cet album, excellent au demeurant.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Psycroptic
Brutal Death
2003 - Unique Leader Records
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (7)  8.43/10
Webzines : (10)  8.27/10

plus d'infos sur
Psycroptic
Psycroptic
Death Metal Technique - 1999 - Australie
  

tracklist
01.   The Colour of Sleep
02.   Battling the Misery of Organon
03.   Lacertine Forest
04.   Psycrology
05.   Skin Coffin
06.   Cruelty Incarnate
07.   The Valley of the Winds Breath and Dragons fire
08.   A Planetary Discipline
09.   The Scepter of Jaar -GIlon

Durée : 43 minutes

line up
voir aussi
Psycroptic
Psycroptic
Ob(Servant)

2008 - Nuclear Blast Records
  
Psycroptic
Psycroptic
Symbols Of Failure

2006 - Neurotic Records
  

Essayez aussi
Job For A Cowboy
Job For A Cowboy
Demonocracy

2012 - Metal Blade Records
  
First Fragment
First Fragment
The Afterthought Ecstasy (EP)

2010 - Autoproduction
  
Disconformity
Disconformity
Depravation Of Stigma (MCD)

2005 - WD Sounds
  
Mucopus
Mucopus
Mulch?!?

2005 - Amputated Vein
  
Incantation
Incantation
Primordial Domination

2006 - Listenable Records
  

MoM - Poésique Hors-Série : Du jeu vidéo au Metal Partie 2
Lire le podcast
Antagonism pour l'EP "Thrashocalypse"
Lire l'interview
Portal
ION
Lire la chronique
Uada
Cult Of A Dying Sun
Lire la chronique
Blood Red Fog
Thanatotic Supremacy
Lire la chronique
Sacred Reich
The American Way
Lire la chronique
Sadistik Forest
Morbid Majesties
Lire la chronique
The Beast of Nod
Vampira: Disciple of Chaos
Lire la chronique
Unearthly Trance
In the Red
Lire la chronique
Wyrms
Altuus Kronhorr - La monarc...
Lire la chronique
Bloody Hammers
The Horrific Case of Bloody...
Lire la chronique
Depravity
Evil Upheaval
Lire la chronique
Fuzzgod
Meet Your Maker (Démo)
Lire la chronique
Into Coffin
The Majestic Supremacy Of C...
Lire la chronique
Sun Of The Sleepless
To the Elements
Lire la chronique
Necros Christos
Domedon Doxomedon
Lire la chronique
Fragments Of Unbecoming
Perdition Portal (Chapter VI)
Lire la chronique
Dio
Holy Diver
Lire la chronique
Sleep + Sofy Major
Lire le live report
MoM Poésique - Regarde les Hommes Tomber
Lire le podcast
Warfuck
This Was Supposed to be Fun
Lire la chronique
Vacivus
Temple Of The Abyss
Lire la chronique
Satan présente GORGOROTH : de modèle à risée générale
Lire le podcast
Revel In Flesh
Relics Of The Deathkult (Co...
Lire la chronique
Stromptha
Odium Vult
Lire la chronique
Monolithe
Nebula Septem
Lire la chronique
Thou
The House Primordial (EP)
Lire la chronique
Lonewolf
Raised On Metal
Lire la chronique
Hot Knives
Static Bloom (EP)
Lire la chronique
MoM Hors-Série : Top 4 Prog
Lire le podcast