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Motörhead - Inferno

Chronique

Motörhead Inferno
Après un « Hammered » sombre et réussi mais qui a néanmoins fait beaucoup parler, l’heure de la revanche a sonné pour Lemmy à l’aube des trente ans d’activités de son cher bombardier. Après la noirceur de son prédécesseur, le trio a décidé de revenir à ses fondamentaux tout en faisant appel à un jeune producteur du nom de Cameron Webb, dont personne n’imagine encore l’impact majeur qu’il va apporter au groupe sur cet album et pendant les années suivantes. Car si Brian Epstein a souvent été considéré comme le cinquième Beatles, on peut dire que le nouveau venu sera incontestablement le nouveau quatrième membre du combo, tant son implication sera décisive sur ce « Inferno » et ses successeurs. En effet celui-ci va pousser chacun des trois membres dans ses derniers retranchements au niveau de l’écriture et de l’enregistrement, tout en leur offrant enfin un rendu en studio digne de leurs prestations scéniques, car c’est bien ce qui marque les esprits, en plus d’une qualité générale remarquable que l’on n’avait pas retrouvée depuis l’écrasant « Overnight Sensation ».

Il suffit d’écouter les premières notes de « Terminal Show » pour se rendre compte que les mecs sont en très grande forme, tant ce titre combine puissance et accroche directe et qui sous sa construction basique pose déjà les prémices de ce qu’ils nous offriront par la suite et jusqu’à la fin. Sans rien révolutionner à leur style ce morceau d’ouverture a quand même suffisamment d’arguments à faire valoir, notamment la participation de Steve Vai qui vient poser un solo (tout comme sur le rapide et efficace « Down On Me »), histoire d’apporter un petit plus. Entre tout cela on reste avec une vraie homogénéité musicale et un intérêt constant où se côtoie les compos bien lourdes et écrasantes comme les massifs « In The Year Of The Wolf » au riffing intéressant, « Suicide » qui se la joue tranquille avec son train de sénateur, et « Fight » au nom bien choisi tant sa lourdeur et ses parties de double donnent la sensation du départ des troupes au combat. Cependant la bande n’oublie pas les morceaux rapides qui ont fait sa gloire comme l’excellent « Life’s A Bitch » bien rentre-dedans et frontal, tout comme le court « Smiling Like A Killer » en béton armé qui rappelle la grande époque du « No Sleep ‘Til Hammersmith », et qui ne fait pas tâche au milieu des trois classiques que contient cette pépite.

« Killers » est incontestablement est une des meilleures chansons de ce « Inferno », elle rassemble ce que le groupe sait faire de mieux, en y joignant une excellente introduction et le tout mis en valeur par les riffs simples et remuants de Phil Campbell qui délivre une prestation de haut-vol (tout comme sur le reste de cet opus), tout comme sur la plage suivante nommée « In The Name Of Tragedy ». Celle-ci donne envie de taper du pied et remuer la tête tant son mid-tempo est entraînant, et le boulot effectué par la rythmique est groovy à souhait, du coup cette dernière aura sa place pendant un bon moment sur scène (où Mikkey Dee en profitera pour y caler son célèbre solo de batterie), tout comme l’ultime plage de cette galette, l’atypique « Whorehouse Blues ». Il est vrai qu’au début cela peut surprendre vu qu’il est entièrement joué en acoustique (et sans trace de jeu du frappeur blond), mais quand on y réfléchit bien il a finalement toute sa place car Lemmy n’a jamais caché sa passion pour le vieux Rock N’Roll et le Blues, qui transparait régulièrement tout au long de sa discographie. On retrouve ici l’ambiance des champs de coton et des bayous où les guitares sèches se mêlent à merveille aux parties chantées calmement, et à l’harmonica qui sert de passages solos pour rehausser encore plus le niveau, et qui connaîtra une belle carrière sur les scènes du monde entier lors du début du rappel.

Autant dire qu’avec une telle sortie sous le coude le groupe ne pouvait que marquer les esprits, et il en profitera d’ailleurs pour réaliser durant la tournée qui suivra le dvd « Stage Fright » filmé lors d’un show à Düsseldorf, confirmant leur retour en pleine forme (et aussi que l’Allemagne est bien leur seconde patrie) qui continuera dans le futur proche. Alors que le cap de l’anniversaire se profile à l’horizon, et qu’une quatrième décennie d’existence arrive à grands pas, l’un des plus célèbre chanteur/bassiste de l’histoire est encore prêt au combat et à délivrer sa bonne parole partout sur la planète, avec une forme physique et une intégrité artistique qui force le respect.

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3 COMMENTAIRE(S)

gulo gulo citer
gulo gulo
13/01/2017 15:48
Je retiens pas grand chose de cet album, sinon le bon moment que je passe... mais je retiens 'In the Black" et ça suffit à mon plus grand bonheur.

Ah, et "Whorehouse blues", bien sûr.
BBB citer
BBB
14/01/2017 11:08
note: 7.5/10
Bonne patate effectivement. Je regrette juste l'orientation de plus en plus "policée" que le groupe suit en gros à partir de la fin des années 80. L'urgence "punk" a disparu au profit d'une approche plus "heavy". Je trouve le son trop clean, les refrains limites trop mélodiques, etc.
Je sais que je suis dans la minorité, l'album étant en général unanimement encensé.
FullSail citer
FullSail
13/01/2017 14:11
note: 8.5/10
Un de mes préférés aussi ! Ce disque a une patate que tous leurs albums n'ont pas, sans compter sur la valeur sentimentale puisque c'est la première galette de Motörhead sur laquelle mes jeunes oreilles se sont posées.
No pity ! No surrender !

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Motörhead
Hard - Rock N'Roll
2004 - SPV
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (4)  8.25/10
Webzines : (2)  7.6/10

plus d'infos sur
Motörhead
Motörhead
Hard - Rock N'Roll - 1975 † 2015 - Royaume-Uni
  

tracklist
01.   Terminal Show
02.   Killers
03.   In The Name Of Tragedy
04.   Suicide
05.   Life's A Bitch
06.   Down On Me
07.   In The Black
08.   Fight
09.   In The Year Of The Wolf
10.   Keys To The Kingdom
11.   Smiling Like A Killer
12.   Whorehouse Blues

Durée : 49 minutes

line up
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