chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
90 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Grief - Come to Grief

Chronique

Grief Come to Grief
Lourd, haineux, écrasant, misanthrope, pataud, nihiliste et... lourd et haineux : il n'y pas quinze mille manières de présenter ce premier album de Grief.

En effet, les amateurs de sludge auront beau chercher dans leur dictionnaire ou encore se frotter la tête dans l'espoir que des analogies ou métaphores en sortent, Come to Grief est essentiellement « lourd et haineux », reprenant la radicalité des œuvres précédentes des Ricains (cf. la compilation Dismal) au format longue-durée. Cinquante-cinq minutes qui pèsent des tonnes et semblent durer des plombes, dans un extrémisme qui, encore aujourd'hui alors que de nombreuses formations ont repris à leur compte l'objectif affiché ici, fait serrer les dents et se préparer mentalement avant d'appuyer sur le bouton « lecture ».

C'est que, dans cette façon de s'appesantir, de n'offrir que des riffs terrassants et obsédants dans leur descente perpétuelle, on a rarement fait mieux que Come to Grief. À la fois sorte de cahier des charges et d'aboutissement de ce sludge « sick » [sic], il abandonne tout ce que le style peut avoir de « groove » pour faire ressortir cette détresse particulière, sale, surpuissante dans son écroulement, où l'on veut faire mal aux autres car on a mal soi-même. Certes, Grief n'a jamais été un groupe joyeux. Mais il est ici à son plus triste et implacable.

...Je l'ai déjà dit ailleurs mais cela est encore plus vrai ici : le sludge, cette musique qui fait sienne la misère, la drogue, la crasse, se doit, pour être pleinement convaincant, de ne jamais oublier qu'il est de la musique. Un peu comme pour ces films de genre qui souhaitent mettre un coup de pied dans le cinéma dit traditionnel, ses œuvres marquantes se reconnaissent à ce qu'elles arrivent à transmettre au-delà d'une marginalité revendiquée. Et Come to Grief, derrière son apparente envie d'être le disque le plus linéaire et idiot du sludge, possède ce petit supplément d'âme qu'il ne doit qu'à lui, cet espèce de romantisme qu'il y a à « aller au fond des choses », décelable jusque dans son titre. « To come to grief », traduction anglaise d'« échouer » aussi bien que d'« avoir de graves ennuis » : il n'en faut pas plus pour montrer où emmènent ces riffs semblant tourner à vide, les quelques rares incartades au tempo d'escargot donnant l'impression d'être des tentatives d'accélération rapidement vouées à l'échec.

Soyez prêt à entendre le même morceau pendant une heure avant de vous enquiller Come to Grief. Sans doute les quatre notes utilisées à sa réalisation changent d'un titre à l'autre : elles donnent pourtant le sentiment d'être continuellement les mêmes. Par chance, ce morceau est assez bon pour qu'on écoute cet album jusqu'au bout à chaque fois, à genoux devant tant de maîtrise développée à rendre réel un certain fantasme de sludge, celui « heavy as fuck », hostile, malade, où placer ses connaissances en MST et hallucinations vécues lors de bad trips.

« Objectivement » la plus affreuse création de cette bande d'affreux, Come to Grief n'est cependant pas celle qui me plaît le plus quand je pense à la discographie des Ricains. Le meilleur est encore à venir, là où Grief mettra en surface un peu d'eau dans son vin, pour devenir en réalité encore plus possédé. Indiscutablement extrême, marquant à plus d'un titre, son jusqu’au-boutisme n'est que le premier pas vers un ailleurs qui fera de cette formation encore injustement méconnue cette entité si délicieuse et hors-normes, loin des cadres habituels du sludge. En 1994, Grief montrait déjà qu'il n'était pas un groupe comme les autres. Il ne lui restait plus qu'à montrer qu'il n'y aura jamais d'autres groupes comme lui.

Note : L'album a été réédité en 2010 par Willowtip Records avec un titre-bonus, « Bury the Dead », enregistré pour un film d'horreur jamais sorti (I Am Vengeance). Un morceau clairement destiné aux insatiables, aimant qu'on leur dise « Il en reste un peu, je vous le mets quand même ? » l'estomac déjà plein, mais que j'avoue souvent passer.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

2 COMMENTAIRE(S)

Ikea citer
Ikea
28/09/2017 06:29
note: 8.5/10
AxGxB a écrit : Parfaite bande-son à ma (re)lecture de La Nuit de Druillet. "Mourir, Crâne, Shitte, Crève, Au Sang, Baisée, Ende !"

Ah, moi c'est Horrorhammer de Abscess que j'aime m'enfiler avec La Nuit ! Headbang
AxGxB citer
AxGxB
27/09/2017 23:17
note: 8.5/10
Parfaite bande-son à ma (re)lecture de La Nuit de Druillet. "Mourir, Crâne, Shitte, Crève, Au Sang, Baisée, Ende !"

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Grief
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (4)  8.5/10
Webzines : (4)  7.79/10

plus d'infos sur
Grief
Grief
Sludge - 1991 † 2009 - Etats-Unis
  

formats
  • CD / 1994 - Century Media
  • CD / 2010 - Willowtip Records

tracklist
01.   Earthworm
02.   Hate Grows Stronger
03.   World of Hurt
04.   I Hate You
05.   Ruined
06.   Fed Up
07.   Stricken
08.   Come to Grief
09.   Bury the Dead *

* bonus de la réédition de 2010 par Willowtip

Durée : 54 minutes 32 secondes

line up
parution
6 Août 1994

voir aussi
Grief
Grief
...And Man Will Become the Hunted

2000 - Pessimiser Records
  
Grief
Grief
Dismal (Compil.)

1993 - Common Cause
  
Grief
Grief
Miserably Ever After

1996 - Pessimiser Records / Theologian Records
  

Essayez aussi
Potop
Potop
Channels (EP)

2008 - Iron Pig Records
  
Eyehategod
Eyehategod
New Orleans Is The New Vietnam (Single)

2012 - A389 Records
  
Grime
Grime
Deteriorate

2013 - Forcefield Records / Mordgrimm Records
  
Superjoint Ritual
Superjoint Ritual
Use Once And Destroy

2002 - Sanctuary Records
  
Baroness
Baroness
First & Second (Compil.)

2009 - Hyperrealist
  

Lutomysl
Firmament (EP)
Lire la chronique
Vexovoid
Call of the Starforger
Lire la chronique
Hegemon
Initium Belli (EP)
Lire la chronique
Sacred Reich
Ignorance
Lire la chronique
Beorn's Hall
Mountain Hymns
Lire la chronique
Bilan 2017
Lire le bilan
Bekëth Nexëhmü
De Urtida Krafterna (EP)
Lire la chronique
Blaze Of Perdition
Conscious Darkness
Lire la chronique
Stahlsarg
Mechanisms Of Misanthropy
Lire la chronique
Hell Militia + Watain
Lire le live report
Moenen Of Xezbeth
Dawn of Morbid Sorcery (Démo)
Lire la chronique
Inquisition + Septicflesh
Lire le live report
Iperyt
The Patchwork Gehinnom
Lire la chronique
Alder Glade
Spine of the World
Lire la chronique
Eraserhead
Holdout (EP)
Lire la chronique
Sheidim
Infamata (EP)
Lire la chronique
Greytomb
Monumental Microcosm (EP)
Lire la chronique
Cenotaph
Perverse Dehumanized Dysfun...
Lire la chronique
In Vain
Currents
Lire la chronique
Caronte
Yoni
Lire la chronique
Vargrav
Netherstorm
Lire la chronique
Assorted Heap
Mindwaves
Lire la chronique
Throane
Plus Une Main A Mordre
Lire la chronique
If I Could Kill Myself
Ballad of the Broken
Lire la chronique
War Possession
Doomed To Chaos
Lire la chronique
Solar Demise
Archaic War
Lire la chronique
Kartikeya
Samudra
Lire la chronique
Hyrgal
Serpentine
Lire la chronique
Exhumed
Death Revenge
Lire la chronique
T.O.M.B
Fury Nocturnus
Lire la chronique