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Asyndess - L'Accomplissement

Chronique

Asyndess L'Accomplissement
Les classiques de Sakrifiss : 6/12

On va faire un petit jeu. Je te dis un nom, tu me dis à quel groupe tu penses ! C’est pas trop difficile. Je te dis Hreidmarr, tu penses à ? ANOREXIA NERVOSA ! Je te dis Vindsval, tu penses à ? BLUT AUS NORD ! Et enfin, si je te dis Loïc Cellier, tu penses à ? BELENOS !

Mais il se peut que tu aies creusé un peu plus leurs mondes respectifs et que tu hoches la tête insatisfait. Car toi, tu as cité COUNT NOSFERATU, THE EYE et ASYNDESS. Des groupes dans lesquels lesdits personnages ont aussi sévi mais qui ont été moins exposés... Tu es loin d’avoir tort, et je te dirai même que leurs musiques m’ont tout autant fait vibrer. Et c’est d’ailleurs du dernier dont j’ai envie de parler pour le rendez-vous mensuel des « classiques de Sakrifiss ».

Et nous revenons en 2002. Le black français se porte bien, porté par des labels surmotivés. On pense à Oaken Shield qui sortira cette année-là De Aeternate Commando de CRYSTALIUM, Light of a Dead Star de NEHËMAH ou encore Black Unholy Presence de TEMPLE OF BAAL. On pense à Adipocère, qui de son côté proposera un an plus tard les excellents My Swan Son de YOUR SHAPELESS BEAUTY, Altered Flesh de LATRODECTUS et aussi Golden Age de HIMINBJORG. Et puis on pense très fort à Sacral Production, qui étalera sur ces deux années la sortie de 6 albums de 6 groupes français différents pour ce qu’il appellera la « série noire ». Chaque opus est marqué d’un numéro. L’Accomplissement d’ASYNDESS est le 1/6. Les autres numéros sont, dans l’ordre, occupés par ASMODEE - Symptômes de Ruine, EIKENSKADENThe Last Dance, PRAEDAEden... Hele, NYDVINDEternal Winter Domain, THE ARRIVAL OF SATANDarkness Dealer. Une très belle brochette, une série à posséder pour chaque entité. Elles avaient toute une personnalité et un véritable intérêt.

En 2002, quand sort L’Accomplissement, Loïc Cellier a déjà convaincu, un an plus tôt, grâce à BELENOS et l’album de la découverte. Errances Oniriques. Il enfonce même le clou avec Spicilège. Mais la reconnaissance pour ce groupe ne l’empêche pas de poursuivre sa première formation. Car ASYNDESS est né un peu avant, et a même sorti un premier album 6 ans plus tôt. Desesperance, sorti en CD chez l’italien lui aussi disparu depuis de Polyphemus Records. Mais pour plusieurs raisons, c’est le deuxième qui a ma préférence. Plus personnel, plus fort, plus mélancolique, plus perdu... Et donc avec des textes et un visuel qui y correspondent.

Et ASYNDESS, ce n’est absolument pas un groupe proche de BELENOS non plus. Son existence était totalement justifiée car représentait même une autre facette de Cellier. On y trouvait une solitude très forte, une âme torturée... C’est un album de 9 titres qui parvient à nous plonger dans le plus profond des sentiments de l'homme égaré. Il en est même difficile à décrire. Est-ce même du black finalement ? Très dark alors. Avec de la lenteur, avec du piano, du synthé, des guitares au son très clair, des bruits tel que l’orage, le vent... Tout ce qui peut coller à la thématique en fait. Et même si les interprétations pourraient être différentes, j'imagine constamment le voyage spirituel et forcé d’un homme en état de fragilité, qui a perdu la foi, qui se questionne sur son existence et celle de son monde. Ses interrogations ont happé son esprit, qui le place dans une forêt marécageuse, un paysage aussi désolé, intrigant, néfaste que son état spirituel. Les noms de morceaux et les paroles vont dans ce sens, facilement vérifiables puisqu'en français. Et dans un français qui marque : chanté, lu, susurré, clamé, pleuré ou hurlé, selon l’émotion à faire passer ! Extraits :

« Le Marécage »
Puis la terre devint vase et dévora mes pas, toujours davantage.
Enfin noyée, mon errance agonisa, allant mourir dans l’ombre de supplicité.
Est-ce la passivité qui encouragea mes membres à se mouvoir ?
A déjouer une dernière fois le piège tendu par la fange ?
Son carcan avide m’avala finalement jusqu’aux chevilles ; mais déjà,
J’étais dos à l’arbre, loin de son arrogance.
Un instant je songeai à me blottir tout entier au sein de ce linceul de boue.
Pourtant les promesses de réconfort et de paix s’enfuirent,
Mes sens intrigués s’étant libérés.
Je soupçonnais le hasard de ne pas être seul complice de mon arrivée en ces lieux.
Humant le parfum des miasmes, j’admirais l’heureuse désolation du marécage. (...) »

« L’Ange Déchu »
De ces peintures célestes s’écoula la pluie.
Masque fragile de mes larmes ruisselant sur nos joues.
Chirurgien de l’inconscient, la lame devenue scalpel.
Il extirpa de mon esprit à vif les noirs secrets de mes souvenirs endormis. (...) »


Et je peux te dire que certains de ces passages et d’autre non cités te restent en mémoire, se gravent en toi pour toujours. Tu sens que c’est vrai. Que les paroles ne sont pas écrites à la va vite, mais reflètent avec sincérité et justesse l’état d’esprit du parolier. Et il en va de même avec la musique.

Elle est indescriptible, il faudra aller écouter, parce qu'on ne peut pas retranscrire avec des mots les émotions qui sont libérées par ces guitares qui aiment les soli porteurs de sens. Par ces faux rythmes qui changent fréquemment comme pour manifester l’instabilité du personnage. Par ces claviers qui saupoudrent le tout d’une mélancolie malsaine et gluante... Chaque piste apporte une tension différente, une nuance personnelle. Jusqu'au final qui est constitué de sons presque spaciaux.

Et sur ses 50 minutes, l'album demeure intemporel. Il est unique et n’a pas pris une ride en 15 ans. Il est facile de lui trouver des défauts, mais même eux, comme la production un peu faiblarde ou quelques cris que certains trouveront risibles, contribuent à l'excellence du projet. Il devait être imparfait pour encore mieux retranscrire les sensations recherchées.

J’adore cet album et je regrette que Loïc ait décidé de se concentrer uniquement sur BELENOS, alors qu’un troisième album était en préparation. Il avait même un nom et une date de sortie : Espace ex-nihilo, 2005. On ne sait jamais, il se pourrait qu’un jour notre maestro se décide à retravailler dessus. Il peut être sûr qu’il aura au moins un auditeur chaud patate avant la sortie.

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Décembre 2017
  

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2 COMMENTAIRE(S)

Stockwel citer
Stockwel
27/04/2017 22:00
J'en avais jamais entendu parler, il faut que j'écoute ça.
Gauchet citer
Gauchet
25/04/2017 01:12
Ohhhh..... Merci de cette chro.
Que de souvenirs de promenades solitaires, cet opus.

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Asyndess
Black Metal Mélancolique
2002 - Sacral Productions
notes
Chroniqueur : 9.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (1)  7/10

plus d'infos sur
Asyndess
Asyndess
Black Metal Mélancolique - 1994 † 1999 - France
  

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tracklist
01.   L'Approche
02.   Le Marécage
03.   Dédoublement
04.   L'ange déchu
05.   Regrets
06.   Condamnation
07.   La mort te convie
08.   Merci Dieu de ton absence
09.   Dernier éclair

Durée : 51:04

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