chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
55 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Ghost Bath - Starmourner

Chronique

Ghost Bath Starmourner
Le groupe chinois obscur aux membres masqués n’est plus. Les rumeurs sur ses origines ont poussé Ghost Bath a dévoilé ses visages occidentaux de Dakota du Nord peu après la sortie de la surprise Moonlover. Les diffusions sur les réseaux sociaux du hit « Golden Number » (au clip atroce nous en conviendrons) et les louanges des critiques spécialisées (Thrashocore inclus) de leur deuxième album auront fait des Américains la nouvelle coqueluche post-black après Deafheaven. Une « hype » qui leur vaudra carrément une signature chez le mastodonte Nuclear Blast (outre-Atlantique, Northen Silence demeure pour l’Europe) ou de faire la tournée anglaise de Katatonia et de passer entre autres cet été au Hellfest. Oui la machine est bien lancée.

Deux années ont passé depuis Moonlover, première partie de son concept de trilogie portée sur la mélancolie, le chagrin, la Terre, le purgatoire et la tragédie (dixit la fiche promo du groupe). Ce deuxième opus Starmourner aura cette fois des thèmes antonymes : la joie, le cosmos, le paradis et l’extase (livret de 28 pages accompagnant la galette à l’appui). Méfiant quant à cette éventuelle tournure « bisounours » pour gambader nu (et pourquoi pas ?) dans les champs ? Les Américains rassurent malgré tout leur auditoire, son aspect dépressif lui reste toujours présent.

« Rassuré », enfin pas vraiment… Le premier extrait dévoilé en avant-première « Thrones » fera office de douche glacée (idem pour « Ambrosial », j’y reviendrai plus bas), la découverte sera donc plutôt craintive. Mais au-delà de l’objet, après quelques morceaux on comprendra que Ghost Bath ne se fout pas de son nouveau public et aura bossé sa copie. Des compositions aux structures, riffs et rythmiques clairement plusieurs crans au-dessus de Moonlover parachevées par un passage d’un format de 42 minutes à 1h10 (soit quasiment le double !). Il vous faudra donc plusieurs « replay » avant de pouvoir cerner la galette et déceler les nombreux arrangements proposés (effets et nappes en sus) par la tête pensante 丹尼斯 (Dennis Mikula de son vrai nom). Des écoutes sans trop d’effort car Ghost Bath prône une musique « directe » et range sa production « raw » pour quelque chose de nettement plus propret (guitares au son compressé) et robuste. Un mur de guitares (basse vrombissante incluse) mais surtout un matraquage de fûts assez impressionnant de brutalité (peu de nuance) et de vélocité (l’intro de « Elysian » pour tester son matériel hifi). « Exit » la précédente B.A.R (bien que remarquablement programmée) pour un jeu intense d’un réel batteur (blast-beats et double pédale à profusion) qui ne se calmera que sur les breaks et les interludes.

Au gré de la thématique « radieuse » de ce Starmourner, le socle mélodique d’un « Golden Number » devient ainsi l’artère principale de la musique des Américains. Un contraste lumineux/mélancolique penchant désormais fortement d’un côté et soutenu par des mélodies chaudes en tremolo taillées pour agripper le tympan. Et l’accroche fonctionne ! « Seraphic », l’imparable « Ethereal », « Celestial », « Luminescence », « Elysian »… Vous devriez y trouver votre compte par rapport au précédent opus mais non sans quelques grincements je vous préviens. Des riffs parfois à la limite « hors sujet » (Blink-182 sur « Celestial » à 1:35 ?), je suis plutôt ouvert sur cet aspect mais peux comprendre la nausée de quelques-uns sur certains passages « arc-en-ciel à paillettes » (« japonisant » même selon quelques retours, ce n’est pas faux) et particulièrement sur l’outrancier « Thrones ». Ghost Bath a voulu retenter le coup du tube mélodique en calquant « Golden Number » mais cette fois sur une mélodie arrivant comme un gros poil de pubis sur la soupe à 1:31 (hum vous visualisez la chose)… Tellement grossier qu’avec le chant dépressif en fond cela en devient comique. Les commentaires YouTube n’ont d’ailleurs pas été tendres.... Ratage complet à retirer et bien heureusement contrebalancé par le reste.

Quid des émotions prenantes de Moonlover alors ? L’étiquette « dépressif » semble galvauder, seuls les hurlements typiques du style (entre aliénés façon Austere/Silencer et screamo) subsistent mais dorénavant sous-mixés (encore plus inaudibles). Derrière ce son « lissé », il y a comme quelque chose qui ne colle pas, je ne ressens rien… De facto pour les sensations il faudra se tourner vers les interludes instrumentaux atmosphériques et les montées en puissance pointant les références post-rock (empruntant même au shoegaze) du milieu des années 2000 (Explosions In The Sky, This Will Destroy You, Caspian, Hammock…). Les néophytes du genre seront plutôt charmés par l’offrande (non je ne vise aucun autre webzine balançant des gros 9,5/10…), mais de mon côté nous sommes assez loin des adjectifs planant et touchant de ces pierres angulaires. Cela reste assez bien ficelé mais si convenu… Si vous mettez de côté ces aspects là, vous retrouverez les tares antérieures, du remplissage un peu plat et quelconque (« Ambrosial », « Thrones », « Cherubim » ou « Principalities »).

Réponse en partie aux adorateurs de « Golden Number », Starmourner pousse les aspects mélodiques et atmosphériques de Ghost Bath à un niveau supérieur. Comme un compromis pour ceux trouvant Alcest trop mièvre ou ceux réfractaires au black « lo-fi » de Woods Of Desolation… Malheureusement sans la qualité de ces derniers. Les Américains proposent certes des compositions riches et accrocheuses mais si synthétiques et prévisibles. Les passages simples et poignants de Moonlover sont gommés au profit d’une musique s’engouffrant dans une sorte de progressif prétentieux (« album concept » compris) et inégal. Un album qui se fond dans la masse post-black et donnera d’avantage envie de ressortir ses classiques post-rock ou black dépressif. Le voyage vers les étoiles ne sera pas pour 2017, une déception après tant de promesses.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

1 COMMENTAIRE(S)

Goodnacht citer
Goodnacht
25/04/2017 15:55
A ce jour mon album de l'année !
Post-black-dépressif-lumineux excellent. Quel batteur pfiou...

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Ghost Bath
Post-Black dépressif
2017 - Northern Silence Productions
notes
Chroniqueur : 6/10
Lecteurs : (1)  4/10
Webzines : (14)  5.9/10

plus d'infos sur
Ghost Bath
Ghost Bath
Post-Black dépressif - 2012 - Etats-Unis
  

vidéos
Seraphic
Seraphic
Ghost Bath

Extrait de "Starmourner"
  

tracklist
01.   Astral  (03:20)
02.   Seraphic  (05:50)
03.   Ambrosial  (08:30)
04.   Ethereal  (06:54)
05.   Celestial  (08:14)
06.   Angelic  (05:23)
07.   Luminescence  (06:08)
08.   Thrones  (06:20)
09.   Elysian  (05:22)
10.   Cherubim  (04:26)
11.   Principalities  (06:14)
12.   Ode  (04:28)

Durée : 01:11:09

line up
parution
21 Avril 2017

voir aussi
Ghost Bath
Ghost Bath
Moonlover

2015 - Northern Silence Productions
  

Essayez plutôt
Germ
Germ
Grief

2013 - Eisenwald Tonschmiede
  

Déception de l'année
Nuclear Assault
Game Over
Lire la chronique
Poésique - MoM chronique Death - The Sound of Perseverance
Lire le biographie
Ritual Necromancy
Disinterred Horror
Lire la chronique
FOREST FEST OPEN AIR
Antzaat + Anus Mundi + Aura...
Lire le live report
Mezzrow
Then Came The Killing
Lire la chronique
Circle Takes the Square
As the Roots Undo
Lire la chronique
Heptaedium
The Great Herald Of Misery
Lire la chronique
Serum Dreg
Lustful Vengeance
Lire la chronique
Vanhelga
Fredagsmys
Lire la chronique
Death Power
The Bogeyman Returns (Compil.)
Lire la chronique
Aura Noir
Aura Noire
Lire la chronique
Moonreich
Fugue
Lire la chronique
Megadeth
Lire le live report
Mortiferum
Altar Of Decay (Démo)
Lire la chronique
Être moins con : lire BLACK METAL
Lire le podcast
PPCM #0 - Chevauche le Grand Requin Blanc (Carcariass)
Lire le podcast
Legacy Of The Beast European Tour 2018
Iron Maiden + The Raven Age
Lire le live report
LE Canyon - Episode 13 - Dragon casqué
Lire le podcast
Sphæra
Teratology (EP)
Lire la chronique
Funeral Mist
Hekatomb
Lire la chronique
Obscura
Diluvium
Lire la chronique
Uniform / The Body
Mental Wounds not Healing (...
Lire la chronique
Soundgarden
Louder Than Love
Lire la chronique
Skogen
Skuggorna kallar
Lire la chronique
Ossuarium
Calcified Trophies Of Viole...
Lire la chronique
Thorium
Blasphemy Awakes
Lire la chronique
Sacred Reich
Independent
Lire la chronique
Atavisma
The Chthonic Rituals
Lire la chronique
Gaerea
Unsettling Whispers
Lire la chronique
Throane + Wolves In The Throne Room
Lire le live report