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HOME 276/423 - Demo 2016

Chronique

HOME 276/423 Demo 2016 (Démo)
"Le Hardcore, c'était plus que de la musique. C'était aussi devenu un mouvement politique et social. Les participants ont constitué une véritable tribu. Certains d'entre eux avaient été rejetés ou abusés, et ont pu trouver une porte de sortie grâce à cette musique tranchante. D'autres étaient à la recherche d'un monde meilleur ou voulaient mettre à bas le statu quo, et ressentaient donc de la colère. La plupart d'entre eux voulaient simplement faire du bruit. Tous étaient à cran et agressifs. Austère et sans compromis, le Hardcore a généré un style de vie dépouillé jusqu'à l'os" (Steven Blush / American Hardcore).

Je ne suis pas un vieux con. Je ne me complais pas dans un passé fantasmé que je considère comme absolument meilleur que notre présent. J'essaye de garder l'esprit ouvert et d'accepter tout nouvelle proposition musicale (car c'est de cela qu'il est question ici) avec un esprit débarrassé des pesants souvenirs de ce que la scène a fait de génial il y a dix, quinze ou vingt ans. Pourtant, s'il y a bien un domaine où il m'est très difficile de ne pas évaluer les créations récentes à l'aune des travaux des pionniers de la scène, c'est le Hardcore américain.

Le Hardcore américain est né à l'aube des années 80 en réaction à une société consumériste et frileuse. C'est une musique des banlieues, pratiquée dans des caves, des hangars et des squat par des gangs d'ados mal dans leur peau qui maltraitaient des instruments qu'ils avaient appris à dominer sur le tas. Aucune recherche de mélodie, de virtuosité ou même de cohérence. Le Hardcore était un furoncle, une flaque de vomi, un coquart. Le Hardcore n'était pas beau, il ne cherchait pas à séduire ni à vendre. Le Hardcore était éphémère, il n'existait que lors de concerts improvisés et violents ou sur des cassettes au son dégueulasse qu'une poignée de fans s'échangeaient à travers le continent. Courant underground porté par des paumés sans moyens ni avenir, la première vague du Hardcore s'est éteinte à la fin de la décennie 1980. Cependant, à l'instar des dinosaures, le Hardcore n'a pas disparu brusquement un beau matin, l'épilogue a été long, bien que la plupart des groupes phare de la scène Hardcore aient évolué vers autre chose par la suite. Ecouter ces premiers méfaits aujourd'hui ne restitue qu'imparfaitement ce que le Hardcore a pu être à l'époque. On a les sons, manquent les sensations, les idées, les odeurs et la rage.

Le Hardcore n'a jamais vraiment disparu mais la plupart des projets se revendiquant aujourd'hui du Hardcore mettent souvent une bonne dose de Metal dans leurs compos, ce qui les rapproche plutôt du Crossover Thrash. Cette étiquette étant moins connue et moins comprise, il est tentant de se présenter comme un gang de Hardcore, comme le proposent nos amis du jour, les américains de HOME 276/423.

HOME 276/423 est un quintet se réclamant du Hardcore. Fondé en 2016 par les anciens membres du gang de Brutal Death HUMAN EXCORIATION, le combo a sorti une démo de deux titres dans les semaines qui ont suivi le lancemen. Ces deux titres courts et incisif reprennent les poncifs du Hardcore mais les musiciens viennent du Death Metal et ça s'entend. Leurs deux chansons sont mordantes. Le chant est méchant, craché comme il se doit, les riffs sont simplistes et la batterie très nerveuse. C'est de l'uppercut direct, mais derrière cette évidente simplicité droitaubutière, il y a ici et là quelques arrangements un poil trop techniques pour être honnêtes. Ce n'est pas grand chose, me direz-vous, mais cela suffit à faire douter de la sincérité du propos. Car si les gars se sentent obligés de rajouter de tels accessoires sur leur démo, qu'en sera-t-il sur l'EP annoncé pour l'été 2017? Il sera bien assez tôt pour le voir à ce moment là, mais sans vouloir jouer les ayatollah du Hardcore originel, l'impression que donne HOME 276/423 avec cette démo, c'est de se chercher un genre en ratissant large.

"Hey, faites votre putain de musique. Pourquoi singer celle de mes années de jeunesse?"
Je ne suis pas un réac, mais à l'instar de Steven Blush à qui l'on doit l'un des meilleurs ouvrages sur le Hardcore américain, je pense que chaque génération doit inventer les instruments de sa révolte.

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Hardcore
2016 - Autoproduction
notes
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HOME 276/423
Hardcore - 2016 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Song Of Indignity
02.   Song Of Perdition

Durée : 03:21

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