chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
96 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Hanter Dro - Hanter Dro

Chronique

Hanter Dro Hanter Dro
J'ai parfois un humour potache et je trouve toujours très drôle quand un groupe ou une marque choisit un nom un peu mystérieux, un peu poétique, un peu exotique sans s'assurer qu'il ne signifie pas tout à fait autre chose dans une langue étrangère. Notamment, bien sûr, si l'auteur compte s'exporter dans le pays où cette langue est parlée. Dans l'univers automobile, c'est Renault qui appelle sa voiture Koleos, parce que le grec, ça fait voyager l'esprit, sauf que koleos, ça veut dire vagin en grec moderne...

C'est pareil avec HANTER DRO. Quand ils ont fondé leur groupe de Post Hardcore en 2013, les quatre musiciens de Lucerne (Suisse) ont omis de vérifier si le terme avait une signification différente de celle qu'ils lui donnent (et qui reste pour moi un mystère). Comment auraient-ils pu savoir, ces suisses, que chez nous, le hanter dro est une danse traditionnelle bretonne : biniou, coiffe en dentelle et pas chassé...pour un gang de Folk Metal à la limite, mais rien, vraiment rien à voir avec le fonds de commerce de nos petits suisses.

Car c'est de Post Hardcore qu'il est ici question. Le sous genre le plus galvaudé de la scène est devenu un fourre tout et n'importe quoi. Rares sont les formations qui puissent être associées à ce qu'il était à l'origine, c'est à dire une version plus élaborée, plus mélodique et moins pessimiste du Hardcore. Malheureusement, le music business est passé par là, l'Emo-Post-Hardcore a commencé à sapper l'édifice et trente ans après les balbutiements de FUGAZI, nombre de groupes choisissent l'étiquette Post Hardcore pour son côté "cool" et branché et se contentent de plaquer un screaming sur des mélodies sirupeuses pour justifier leur choix. Vous trouvez que j'exagère ? Allons donc jeter une oreille au debut album de HANTER DRO, voulez-vous ?

HANTER DRO est fondé en 2013 et le groupe passe ses trois premières années d'existence à s'entrainer, se construire et lisser sa musique. Les dix pistes du debut album éponyme sont le fruit de ce travail. Des compos issues des sessions de jamm, lentement retravaillées, enrichies et polies. L'impression d'assister à une session d'improvisation est vivace sur certains titres particulièrement planants comme le final "Headed South" et ses sept minutes d'instru à peine ponctuées par un chant discret. Le reste du travail du gang est à l'avenant. La musique se rapproche plus du Post Rock que du Metal. Des guitares lumineuses et franches, servies sans effets, un tempo moyen, une batterie naturelle, un reverb discret et toujours cette tendance à prolonger un mouvement cool, comme pour voir où ça nous mènera, comme cette outro grésillante sur "Bloody Street" : on a sorti un dernier riff et on a posé les guitares, laissant le son s'éteindre tout seul, en une longue minute chuintante.
Discret, le chant n'est jamais l'hôte de choix des compos, le screaming ne m'a pas vraiment convaincu, car il parait souvent forcé et manquant de personnalité. A contrario, c'est en chant clair que Tim Fischer tire son épingle du jeu, avec des intonations à la Zack De La Rocha et un phrasé engagé. La similitude avec Zack est particulièrement criante sur "Fanboy", un morceau qui ressemble beaucoup à un hommage à RAGE AGAINST THE MACHINE (et je doute que ce soit fortuit car même les plans de guitare ont la sonorité de RATM).
Les compos se suivent et ne se ressemblent pas vraiment, mais à la longue, le propos finit par lasser et l'auditeur à s'ennuyer. Le côté jamm entre potes s'il n'est pas contraint sombre vite dans la complaisance et c'est peut-être le défaut majeur du disque : un manque de modestie, une construction parfois prétentieuse et quelques créations trop étirées. Le disque aurait gagné à plus de concision et ce sont d'ailleurs les titres condensés qui retiennent le plus l'attention comme "Loss And Damage", le morceau le plus Metal de la galette où la batterie s'énerve, faisant écho à une basse ronflante et un screaming enfin brutal et vindicatif comme on est en droit de l'attendre sur un disque de Core.

L'un dans l'autre, la somme des qualités de ce premier essai est supérieure à celle de ses défauts. Si cela ne tenait qu'à moi, je n'aurais pas qualifié le projet de Post Hardcore, mais je respecte le choix du combo. Il y a du bon et du perfectible dans ce projet, mais rien de catastrophique ou rhédibitoire. Les quatre suisses ont mis leurs tripes sur la table et proposent une recette qui a un petit goût de revenez-y.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Hanter Dro
Post Hardcore
2017 - Autoproduction
notes
Chroniqueur : 7/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Hanter Dro
Hanter Dro
Post Hardcore - 2013 - Suisse
  

tracklist
01.   Bloody Streets
02.   Fanboy
03.   Captain
04.   Dead Weight
05.   Lotic
06.   Tape Worm
07.   Loss And Damage
08.   Bipolar
09.   Juvenile
10.   Headed South

Durée : 48:00

parution
5 Mai 2017

Essayez aussi
Tombs
Tombs
Tombs (EP)

2007 - Black Box Recordings
  
Rorcal
Rorcal
Világvége

2013 - Cal Of Ror / Sick Man Getting Sick Records / Lost Pilgrims
  
Callisto
Callisto
True Nature Unfolds

2005 - Earache Records
  
Terra Tenebrosa / The Old Wind
Terra Tenebrosa / The Old Wind
The Disfigurement Bowl / Serpent Me (Split 7")

2014 - Pelagic Records
  
Neurosis
Neurosis
Given to the Rising

2007 - Neurot Recordings
  

Lutomysl
Firmament (EP)
Lire la chronique
Vexovoid
Call of the Starforger
Lire la chronique
Hegemon
Initium Belli (EP)
Lire la chronique
Sacred Reich
Ignorance
Lire la chronique
Beorn's Hall
Mountain Hymns
Lire la chronique
Bilan 2017
Lire le bilan
Bekëth Nexëhmü
De Urtida Krafterna (EP)
Lire la chronique
Blaze Of Perdition
Conscious Darkness
Lire la chronique
Stahlsarg
Mechanisms Of Misanthropy
Lire la chronique
Hell Militia + Watain
Lire le live report
Moenen Of Xezbeth
Dawn of Morbid Sorcery (Démo)
Lire la chronique
Inquisition + Septicflesh
Lire le live report
Iperyt
The Patchwork Gehinnom
Lire la chronique
Alder Glade
Spine of the World
Lire la chronique
Eraserhead
Holdout (EP)
Lire la chronique
Sheidim
Infamata (EP)
Lire la chronique
Greytomb
Monumental Microcosm (EP)
Lire la chronique
Cenotaph
Perverse Dehumanized Dysfun...
Lire la chronique
In Vain
Currents
Lire la chronique
Caronte
Yoni
Lire la chronique
Vargrav
Netherstorm
Lire la chronique
Assorted Heap
Mindwaves
Lire la chronique
Throane
Plus Une Main A Mordre
Lire la chronique
If I Could Kill Myself
Ballad of the Broken
Lire la chronique
War Possession
Doomed To Chaos
Lire la chronique
Solar Demise
Archaic War
Lire la chronique
Kartikeya
Samudra
Lire la chronique
Hyrgal
Serpentine
Lire la chronique
Exhumed
Death Revenge
Lire la chronique
T.O.M.B
Fury Nocturnus
Lire la chronique