chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
41 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Krimh - Gedankenkarussell

Chronique

Krimh Gedankenkarussell
Dans la vie, tu tombes sur des projets ou des auteurs qui te foutent les boules. Tu t'es forcément senti tout petit face à la pertinence de partis pris ou de concepts avancés, ou bien face à la créativité sans fin dont certains font preuve. Et si les erreurs sont parfois possibles, tu découvres que certains rebondissent avec brio, ce qui ajoute des éléments au mythe de ces personnes inspirées que rien n'arrête.
Parmi eux, il y a Kerim Lechner. Musicien touche-à-tout encore peu connu il y a quelques années, il s'est fait les armes avec le groupe de symphonic blackened death Thorns of Ivy en 2007-2008. La popularité, il l'atteindra plus tard, à l'âge de 22 ans, en étant engagé dans DECAPITATED pour l'album « Carnival is Forever ». Pas mal comme premier gros contrat, on va dire, d'autant que ceci a été suivi par un poste de remplacement live du batteur de BEHEMOTH, avant d'être engagé comme batteur de SEPTICFLESH. Finalement, le bougre s'est fait une place dans le milieu, par le renfort de sa chaîne youtube, commencée en 2007 (il est donc un des premiers à avoir mis en avant la batterie sur ce réseau) et de son projet solo, Krimh, qu'il porte depuis 2012 avec la publication de « The Oceans Darkness ». Dans ce projet, il y fait tout : basse, batterie, guitares, mais de chant. Et si j'avais adoré « Explore » par sa poésie contenue dans un format adéquat, j'avais été laissé sur la touche avec « Krimhera », dont le titre faisait un poil mégalo et dont la présence du chant étouffait tout le boulot monstrueux effectué par le musicien.

Aujourd'hui, on se retrouve face à son troisième jet, « Gedankenkarussell », et je suis en joie.

Je suis en joie car on retrouve le Krimh d' « Explore », quitte à retrouver des sonorités et mélodies de ce premier album sur « The Harm », où l'intro posée reprend clairement la fin de « Pieces », et sur « Hydra » qui est pour moi une réécriture de « Der Pestarzt » avec l'alternance gros bourrinage et mélodie qui ressort dans ce magma, puis la respiration plus calme qui vient préparer la suite.
Cette structure tout en dualité est ce qui fait l'ADN de Krimh, et il n'était pas question de la changer ici. Sur chaque morceau, on sera servi niveau poutrage d'oreilles et parties vives délicieuses menées tambour battant : « Nothing » sera ainsi fortement inspirée du djent de MESHUGGAH avec un gros mur de son, avant que « A Tale Left Untold » vienne te fracasser la mâchoire avec un bon gros blast beat des familles. Ce morceau est également l'occasion de voir que Krimh aime cette touche melodic djent, qu'il mettra également en avant avec une bonne dose de death metal sur « Facade » : c'est simple, à 1:05, tu ramasses tes dents avec ce son gluant et implacable, avant d'atterrir sur un groove campé comme il faut.
Cette violence qui tantôt charcute tantôt brasse les tripes ne serait rien si elle n'était pas mise en relief. Sur tous les titres, Krimh va s'efforcer de proposer des moments de respiration pour soit préparer la branlée à venir avec un effet crescendo, soit simplement marquer une rupture pour imposer un instant de calme.
On peut évoquer alors le morceau éponyme, « Gedankenkarussell ». Tu débutes sur une intro qui te fout du blast beat signature de Krimh, celui qui semble débridé mais propre, comme on l'entend avec ces accélérations soudaines qu'on peut avoir dans son premier album (sur « The Oceans Darkness »). Puis arrive le moment apaisé, histoire de respirer avant le retour d'une autre baffe, avec un gros travail sur la complémentarité des pistes. Ça se lit à plusieurs voies, tu peux te focaliser sur des éléments et voguer de l'un à l'autre. Notons le chant qui y est modern death, avec des parties claires, qui fonctionne dans cette dualité hargne/mélodie que Krimh s'amuse à développer. J'aime notamment le travail sur les ruptures, avec cette guitare aux sonorités djent et l'accélération derrière (2:48, on est clairement sur l'influence des groupes auxquels il a officié). La fin est magistrale d'efficacité avec un petit groove pas dégueu. C'est clairement le morceau de l'album avec « Negative », laquelle emporte doucement puis, via une gradation qui te prend au col, t'envoie valdinguer sec !
Du coup, vous l'avez vu, j'ai fait mention de la voix. Pour cet album, Krimh s'est entouré de cinq chanteurs. On ira ainsi dans plusieurs styles, en gravitant autour du progressive post-metal tout en nuances sur « The Harm », de la clameur digne de PRIMORDIAL sur « Hydra », du chant aux sonorités scandinaves sur « A Tale Left Untold », du modern death/deathcore sur « Gedankenkarussell » et « Facade » et, globalement, du death metal actuel sur l'ensemble.
Outre les différents styles représentés afin d'apporter de la pluralité, j'ai surtout senti que les voix s'accordaient assez mal au travail de Krimh. Dans cette optique du one-man band, je retrouve le même problème que pour « Krimhera » : les voix, à mon sens, n'arrivent pas à se caler sur la vision d'auteur que soumet Krimh, surtout que ce sont les chanteurs eux-mêmes qui ont écrit les paroles. Cela signifie que toutes les parties vocales sont extérieures à Krimh. Par conséquent, j'ai l'impression qu'ils ont voulu s'accorder à ce qui est propre à un homme, lequel avait une vision nette de son concept. C'est d'autant plus dommage qu'on touche parfois quelque chose de juste, notamment le chant blackened death de « Enter My Inner Void », dont les deux premières minutes mettent la misère en terme d'écriture tant elle parvient à lancer à bloc la machine à headbang ! On pense avoir du DECAPITATED sous les meilleurs moments de « Organic Hallucinosis » – bien que le morceau soit trop court et vienne trop vite à une outro orchestrale qui tombe un peu à plat. Hormis ça, je trouve que le chant galère pas mal à s'insérer là-dedans.

Mais ce défaut, il n'existe pas.
Parce que Krimh est un auteur, et il apprend de ses tentatives passées. Et l'album, sur son bandcamp, est disponible en deux version : avec ou sans les vocals.
Et voilà que le génie est à l’œuvre.
À l'heure où Internet permet la multiplicité des formats, il était évident pour un tel artiste qui avance en solo de proposer les deux version de son œuvre. Et ce qui aurait pu être pour moi un album que j'écouterais par-ci par-là devient instantanément culte : sans les voix, je retrouve le grand Krimh, celui dont j'apprécie les coupures en milieu de morceau, le son de guitare caractéristique entre tradition death metal et modernité djent, ces rythmiques nuancés...
Krimh a fait des efforts pour diversifier ses morceaux, la mélodie des guitares permet souvent de se poser, de réfléchir un peu avant des gradations magistrales, notamment dans « A Tale Left Untold » qui reprend après le break le blast beat du départ. Avant de revenir sur ces sonorités melodic djent que Krimh utilise sans tomber dans l'excès.

Bien branlé, je vous ai dit ! Cet album est une excellent surprise. Varié dans son intégralité comme au sein de chaque morceau, Krimh y a su mettre en avant son jeu de batterie à la fois technique et souple, violent, hargneux et multiple. Cette hargne et cette poésie se retrouvent également dans ses mélodies et les progressions de toutes les pistes. Si on peut émettre un bémol sur un dernier morceau qui s'écroule trop vite, ou sur un titre transition avec « Żałość », on pourra également se dire que, finalement, Krimh fait du Krimh, sans surprise. Mais sans être totalement monolithique, ce batteur de formation a su saisir le plus important de la musique : rester généreux et avoir du plaisir à proposer un contenu exigent en terme de qualité. Le mix est impeccable et rend honneur au soin apporté à l'écriture. Enfin, il ne restera plus qu'à vous de faire votre choix, avec ou sans paroles.
Pour moi, il n'y a pas de doute : la parole s'incline souvent quand la musique trône.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Krimh
Progressive Modern Death Metal aux influences Melodic Djent
2017 - Autoproduction
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (2)  7/10
Webzines : (1)  6/10

plus d'infos sur
Krimh
Krimh
Progressive Modern Death Metal aux influences Melodic Djent - Autriche
  

tracklist
01.   The Harm  (05:06)
02.   Hydra  (03:43)
03.   Gedankenkarussell  (03:49)
04.   Negative  (04:20)
05.   Nothing  (03:30)
06.   A Tale Left Untold  (06:08)
07.   Facade  (04:04)
08.   żałość  (02:54)
09.   Enter My Inner Void  (06:20)

Durée : 39:54

line up
parution
26 Avril 2017

voir aussi
Krimh
Krimh
Explore

2013 - Autoproduction
  

Poésique - MoM chronique Death - The Sound of Perseverance
Lire le biographie
Ritual Necromancy
Disinterred Horror
Lire la chronique
FOREST FEST OPEN AIR
Antzaat + Anus Mundi + Aura...
Lire le live report
Mezzrow
Then Came The Killing
Lire la chronique
Circle Takes the Square
As the Roots Undo
Lire la chronique
Heptaedium
The Great Herald Of Misery
Lire la chronique
Serum Dreg
Lustful Vengeance
Lire la chronique
Vanhelga
Fredagsmys
Lire la chronique
Death Power
The Bogeyman Returns (Compil.)
Lire la chronique
Aura Noir
Aura Noire
Lire la chronique
Moonreich
Fugue
Lire la chronique
Megadeth
Lire le live report
Mortiferum
Altar Of Decay (Démo)
Lire la chronique
Être moins con : lire BLACK METAL
Lire le podcast
PPCM #0 - Chevauche le Grand Requin Blanc (Carcariass)
Lire le podcast
Legacy Of The Beast European Tour 2018
Iron Maiden + The Raven Age
Lire le live report
LE Canyon - Episode 13 - Dragon casqué
Lire le podcast
Sphæra
Teratology (EP)
Lire la chronique
Funeral Mist
Hekatomb
Lire la chronique
Obscura
Diluvium
Lire la chronique
Uniform / The Body
Mental Wounds not Healing (...
Lire la chronique
Soundgarden
Louder Than Love
Lire la chronique
Skogen
Skuggorna kallar
Lire la chronique
Ossuarium
Calcified Trophies Of Viole...
Lire la chronique
Thorium
Blasphemy Awakes
Lire la chronique
Sacred Reich
Independent
Lire la chronique
Atavisma
The Chthonic Rituals
Lire la chronique
Gaerea
Unsettling Whispers
Lire la chronique
Throane + Wolves In The Throne Room
Lire le live report
Yob
Our Raw Heart
Lire la chronique