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Extravasion - Origins Of Magma

Chronique

Extravasion Origins Of Magma (EP)
A l’heure où le Thrash retrouve enfin ses lettres de noblesse à l’échelon international la France n’est pas non plus épargnée par ce phénomène, qu’il s’agisse de formations évoluant dans un registre plus actuel et moderne comme DEFICIENCY et HEART ATTACK, ou plutôt old-school avec THRASHBACK et HEXECUTOR, celles-ci ne cessent de faire parler d’elles. Pourtant encore peu connus au niveau hexagonal les Parisiens d’EXTRAVASION méritent vraiment que l’on s’attarde sur eux tant leur musique et ce premier album valent la peine d’être entendus. Après avoir débuté en 2013 le quartet s’est mis à l’œuvre rapidement en enchaînant les concerts et en sortant trois ans plus tard une première démo, avant ensuite de passer aux choses sérieuses avec cet EP mené tambour battant et brut de décoffrage, qui est en raccord total avec son nom. En effet celui-ci est un phénomène d’éruption liquide ou/et de débordement de magma qui s’observe lors d’éruptions volcaniques ou suite à des mouvements de tectonique des plaques. A la fois explosif et puissant le combo ne laisse pas indifférent et compte bien creuser son sillon dans le paysage métallique national en démarrant pied au plancher avec les deux compos de la démo, réenregistrées pour l’occasion et toujours aussi furibardes, mais qui vont détonner par rapport à la suite.

Car comme on va s’en apercevoir les mecs sont des techniciens incroyables, qui vont prendre leur pied à balader l’auditeur dans tous les sens, tout en le surprenant et le scotchant littéralement de la première à la dernière seconde. On repère dès l’introduction que le quatuor est fan du son des 80’s, s’il n’a jamais caché sa passion entre autres pour MEGADETH, NUCLEAR ASSAULT ou encore HEATHEN, c’est ici METALLICA qui est à l’honneur que pendant trente secondes ce son d’ouverture n’est pas sans rappeler celui-ci qui ouvre « Damage Inc. », avant ensuite d’enchaîner sur « Flames Of Industry » qui est typique du genre par sa rythmique agressive et son tempo élevé (dont le début ressemble à du KREATOR). Cependant on voit vite que les gars ne sont pas du style à répéter trop longtemps le même schéma, car bien que ce morceau soit hyper basique ils n’hésitent pas à y ajouter des parties plus remuantes, des breaks et de la variation, pour obtenir une excellente entrée en matière dense et puissante. Avec le morceau-titre on passe à l’étape supérieure, car bien que raccourci par rapport à sa précédente version, il reste particulièrement dense tant ici on grimpe d’un échelon, notamment grâce au boulot incroyable fourni par Clément à la basse, qui la fait ronfler et rebondir dans tous les sens afin d’épaissir le travail de ses camarades. Ces derniers varient énormément leurs jeux respectifs (en les faisant sonner par moment presque comme ATHEIST pour le côté barré), et montrent qu’ils sont capables de conserver leur puissance et leur vélocité en ralentissant le tempo général, ce qui est le cas ici mais le tout reste digeste sans en être écoeurant, et cela sera confirmé plus tard. En attendant retour à la simplicité via le très bon et court « Circle Of Life » qui va à l’essentiel et est parfait pour headbanguer, tant il donne envie de se remuer et dont le rythme général ne changera pas trop afin de lui conférer un statut de futur classique sur scène, où il trouvera sans peine sa place.

Si cette première partie a fait le boulot parfaitement et avec brio, la seconde va grimper vers les sommets avec pour commencer « Bankster » qui surprend dès les premiers coups de caisse claire, car là on se retrouve plongé en pleine ambiance Jazz au milieu des habitués du Cotton Club ou du Duc des Lombards. Le frappeur joue ici de manière délicate, des notes de piano apparaissent en arrière-plan et l’heure est à la détente avec un bon Cognac ou Whisky dans son verre, et puis d’un coup tout le monde décide de remettre le couvert en rebranchant les amplis et en passant des balais aux baguettes. Du coup la suite est majoritairement rapide mais jamais simple vu le nombre de breaks et de cassures que Guillaume propose derrière son kit, et où là-encore rôde l’ombre de Kelly Schaefer et ses sbires, tout en obtenant une performance de haut niveau où tout s’agglomère avec justesse. Afin de bien digérer « Consume » permet de revenir à quelquechose de plus rentre-dedans tout en étant composé de deux parties distinctes, car si l’ensemble part assez tranquillement au début, la suite se fait plus expéditive et rétro tant les riffs semblent sortis de l’âge d’or des groupes favoris de la bande, et là-encore aucune déception ne pointe le bout de son nez. Enfin la surprise du chef déboule à la fin avec l’étonnant « La Nuit », qui outre de proposer des paroles entièrement en français (et mises en valeur par la voix impeccable d’Emil) nous gratifie d’une intro et outro avec du Sitar venu d’Inde qui crée une ambiance un peu onirique. Ceci n’est pas anodin car au fur et à mesure de l’avancée on va se retrouver plongé dans quelquechose de planant et spatial via des solis en raccord et une basse qui galope (et qui fait une prestation dantesque encore une fois), le tout conjugué à un peu de guitare acoustique mélodieuse, et d’un break doux et apaisant qui sert de tremplin avec de repartir à fond pour en conclure par une ultime dose de brutalité. Et alors qu’on croyait en avoir fini les mecs reviennent pour une plage secrète où ils nous font un gros délire pour les remerciements, entre cartoon et kitch, le tout avec une musique synthétique inspirée sans doute par les jeux vidéo de la Nes ou de l’Atari.

Avec en prime une production soignée et naturelle, qui met bien en avant chacune des subtilités des instruments (dont le mixage et le mastering ont été fait au Walnut Groove Studio - qui devient de plus en plus incontournable), et des paroles revendicatives sur la société de consommation et l’argent-roi, les Franciliens ont totalement réussi leur coup en apportant leur touche personnelle dans un style ultra-balisé, tout en étirant leurs compos sans jamais lasser ou se répéter. Un vrai coup de maître que peu de gens avaient vu venir, et on a déjà hâte d’écouter la suite sur une plus longue durée tant le potentiel entrevu ici semble ne pas avoir été encore pleinement exploité, ce qui promet pour plus tard.

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3 COMMENTAIRE(S)

rivax citer
rivax
01/08/2017 09:36
note: 3.5/5
Pas mal. Le chant est vraiment très bon, sinistre, méphitique. ça fait du bien d'avoir un bon chanteur avec une tonalité qui sorte du lot. On comprend qu'ils apprécient HEXECUTOR (cf leur interview).
Keyser citer
Keyser
09/07/2017 10:34
note: 3.5/5
Une bonne surprise découverte en 1ère partie d'Omen au Klub. Les mecs n'ont pas choisi la facilité en faisant dans le thrash technique old-school! Pas mon genre préféré de thrash (je préfère le crade/evil, le Bay Area classique ou l'allemand qui tabasse) mais ils se débrouillent bien et montrent déjà de la personnalité. Le jeune bassiste est un monstre et le chant ça change.
Yhol citer
Yhol
09/07/2017 05:51
Album magistral et tellement surprenant !!! J'adore et j'attends aussi la suite avec impatience !! Et merci aux gars de nous offrir une telle musique !

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Extravasion
Thrash Technique
2017 - Autoproduction
notes
Chroniqueur : 4/5
Lecteurs : (3)  3.67/5
Webzines : (3)  3.78/5

plus d'infos sur
Extravasion
Extravasion
Thrash Technique - 2013 - France
  

tracklist
01.   Castle
02.   Flames of Industry
03.   Origins of Magma
04.   Circle of Life
05.   Bankster
06.   Consume
07.   La Nuit

Durée : 36 minutes

line up
parution
2 Mars 2017

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