chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
37 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

King Woman - Created in the Image of Suffering

Chronique

King Woman Created in the Image of Suffering
Il va bien falloir parler de ce disque. Ce disque qu'on n'attendait pas et à juste titre, l'EP Doubt ne nous ayant pas particulièrement convaincu. Mais aussi, pour être honnête, car les premiers retours et leurs émois parlant, les lèvres tremblantes, de « shoegaze dans le doom », de « beauté pure », nous avaient dégoûté d'avance. Du doom moderne à chanteuse moderne qui enveloppe de sucreries modernes ? On vaut mieux que ça !

Il va bien falloir dire qu'on s'est trompé. Que ce disque est bien tel qu'il a été présenté un peu partout : une beauté, où se marie doom metal et... plein de choses, atmosphériques assurément, donnant naissance dans leurs unions répétées à ce don du ciel qu'est Kristina Esfandiari. Car King Woman, plus qu'un mélange entre deux-trois-quatre genres, est avant tout une rencontre avec cette femme, qui convoque Hazard County Girls, L7, Fvnerals, SubRosa évidemment mais également Acid King et ses plus grandes heures d'amour (III, c'est-à-dire) dans son église, où elle déclame de son pupitre une oraison lascive et grave pour chacune d'entre elles. Hantée, semblant surplombée chaque moment de Created in the Image of Suffering, sa voix déroute par son mixage puis enchante en partie pour cette raison, lui donnant des allures de voûte sacrée offrant un peu de sa supériorité à chaque chose qu'elle englobe, protectrice bien que triste.

Il va bien falloir, une nouvelle fois, évoquer quelques sentiments, avouer que l'on a également eu les lèvres tremblantes. Tremblantes d'amour, de communion partagée avec un album qui ouvre ses bras avec largesse, dans son son, lourd, chaud, palpable pour peu que l'on soit capable de synesthésie, mais aussi pâle, virevoltant au ras du sol, lumière grise réconfortant les êtres gris. La différence avec le fameux album d'Acid King déjà évoqué, le rouge se faisant cendre et or, le sang bouillant devenant statique, laissant le cœur et ses pulsations en suspension trente-huit minutes durant. La souffrance et son image, celle où elle se reflète et s'extériorise, celle où elle se montre et s'approche, où on peut se laisser envoûter par elle, souffrance sublimée pour être oubliée. Created in the Image of Suffering fait du bien, un bien tel qu'il s'accroche à nous comme une prescription que l'on garde en poche pour ne pas omettre sa prise journalière, un bien que seul le doom peut donner, ce rock fatigué, lavé, délavé, rincé, mais vital en dessous de tout cela.

Il va bien falloir applaudir les autres instruments, appuyer que King Woman ne compte pas qu'une femme mais aussi quelques rois. Ces rois qui en rappellent d'autres blessés, en ce qu'ils déroulent également leur doom comme une autorité assise à sa juste place. Parfois, disons-le, un peu routinière, on le sent bien dans une fin de disque revenant à des hauteurs plus humaines après un pic où le paradis est à portée de main (inutile de citer le morceau en question : vous l'écouterez et vous saurez), mais n'oubliant jamais sa noblesse derrière la tradition, que ce soit dans ses guitares au groove tranquille et intense à la fois ou sa batterie tambourinant ce qu'il faut, transformant ce conte en ordre de rassemblement.

Il va bien falloir conclure, arrêter de discourir car l'on risque de décortiquer ce qui ne doit pas s'analyser, tant il relève d'une certaine magie. Malgré tout, on se sent obligé de rappeler que ce début en reste un, qu'il semble encore un peu timide derrière son absence de pudeur, qu'il lève le voile dès le départ mais laisse quelques vides à combler, où l'on pense à de belles choses à venir. Ce qui reste une réussite pour King Woman, ce groupe jeune au style dans l'air du temps, mais parvenant à atteindre de sa manière personnelle une certaine essence du doom metal faisant que, dans la foule des formations à femme fatale, il est un des rares noms à mettre au-dessus des autres. Excusez du peu.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

5 COMMENTAIRE(S)

Bras Cassé citer
Bras Cassé
17/07/2017 20:28
note: 7/10
Probablement excellent à l’avenir, mais un peu léger sur ce premier album. Bonne kro qui résume bien le potentiel du combo.
gulo gulo citer
gulo gulo
14/07/2017 14:37
note: 9/10
C'est marrant, moi chaque fois que j'ai voulu me forcer pour trouver UN morceau à distinguer des autres, je me suis fait mettre au piquet par celui d'après. Y a zéro déséquilibre pour moi, chaque chanson est à l'image d'un testicule de Chuck Norris.
Ikea citer
Ikea
14/07/2017 13:02
note: 8/10
Merci à vous deux !
Kedran citer
Kedran
14/07/2017 12:53
note: 9/10
Ah oui CE morceau !
Une certaine idée du paradis. Belle chronique mon cher Ikea Clin d'oeil
MoM citer
MoM
14/07/2017 12:50
Je tiens à te féliciter pour ta chronique : j'ai bien aimer la lire, joli style Sourire

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
King Woman
Atmospheric Doom Metal
2017 - Relapse Records
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (4)  8.5/10
Webzines : (10)  7.99/10

plus d'infos sur
King Woman
King Woman
Atmospheric Doom Metal - 2009 - Etats-Unis
  

vidéos
Deny
Deny
King Woman

Extrait de "Created in the Image of Suffering"
  
Manna
Manna
King Woman

Extrait de "Created in the Image of Suffering"
  

tracklist
01.   Citios*
02.   Utopia
03.   Deny
04.   Shame
05.   Hierophant
06.   Worn
07.   Manna
08.   Hem

* Piste uniquement présente dans la version numérique de l'album

Durée : 38 minutes 52 secondes

line up
parution
24 Février 2017

voir aussi
King Woman
King Woman
Doubt (EP)

2015 - The Flenser
  

Essayez aussi
Drug Honkey
Drug Honkey
Cloak of Skies

2017 - Transcending Obscurity
  

Surprise de l'année
Solstice
White Horse Hill
Lire la chronique
Wallachia
Monumental Heresy
Lire la chronique
The Grotesquery
The Lupine Anathema
Lire la chronique
Poésique - MoM chronique Ustalost - The Spoor of Vipers
Lire le podcast
Ascension
Under Ether
Lire la chronique
Grimoire
A la lumière des cendres (R...
Lire la chronique
Tomb Mold
The Bottomless Perdition / ...
Lire la chronique
Balmog
Vacuum
Lire la chronique
Imindain
The Enemy of Fetters and th...
Lire la chronique
Target
Master Project Genesis
Lire la chronique
They Live | We Sleep
Self Harm (EP)
Lire la chronique
Mastodon
Emperor of Sand
Lire la chronique
Kalmah
Palo
Lire la chronique
Borgne
[∞]
Lire la chronique
Poésique - MoM chronique Warbringer - Woe to the Vanquished
Lire le podcast
Demonomancy
Poisoned Atonement
Lire la chronique
Visigoth
Conqueror's Oath
Lire la chronique
Skeletal Remains
Devouring Mortality
Lire la chronique
His Hero Is Gone
Monuments to Thieves
Lire la chronique
Ulsect
Ulsect
Lire la chronique
Antagonism
Thrashocalypse (EP)
Lire la chronique
Napalm Death
Mass Appeal Madness (EP)
Lire la chronique
Veiled
Black Celestial Orbs
Lire la chronique
Disembowel
Plagues And Ancient Rites
Lire la chronique
Black Witchery
Evil Shall Prevail (Compil.)
Lire la chronique
Napalm Death
Mentally Murdered (EP)
Lire la chronique
BLACK METAL Suisse ! (C'est une blague?)
Lire le podcast
Puteraeon
The Dunwich Damnation (EP)
Lire la chronique
Nocturnal Pestilence
Fire & Shade
Lire la chronique
Abigor / Nightbringer / Thy Darkened Shade / Mortuus
Abigor/Nightbringer/Thy Dar...
Lire la chronique