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Anasarca - Survival Mode

Chronique

Anasarca Survival Mode
Cela fait un moment que je voulais mettre Anasarca à l'honneur sur Thrashocore. Pas que ce soit le meilleur groupe du monde ou que son style soit des plus révolutionnaires. Mais la qualité de ses réalisations que beaucoup envieraient, mêlée à un manque de renommée assez injuste mais malheureusement courant alors que d'autres formations pourtant moins talentueuses trustent les charts, fait qu'il appartient à cette liste de combos underground pour lesquels j'ai une affection particulière. Formé en 1995, Anasarca a sorti trois très bons albums. Godmachine en 1998 chez Repulse Records, Moribund en 2000 sur Mighty Music et Dying en 2004 via le même label. Des maisons de disques qui ont connu leurs heures de gloire à ces époques reculées et qui montrent que ces Allemands n'étaient pas n'importe qui. S'ensuivit une longue période d'hibernation avant de revoir le groupe pointer le bout de son nez en 2015 avec la démo Survival Mode auto-produite et limitée à 100 exemplaires. Un très bon retour dans l'indifférence générale qui aurait mérité quelques lignes ici. On va enfin pouvoir se rattraper avec la sortie de la version full-length courant juin chez Sevared Records, la campagne de financement publique n'ayant pas donné les résultats escomptés. Absence de considération quand tu nous tiens!

Treize ans qu'Anasarca n'avait rien sorti. Il va sans dire que les visages ont changé. Le guitariste-chanteur de toujours Michael Dormann, reconverti depuis en frontman bassiste et seul maître-à-penser à bord, a ainsi dû renouveler la totalité du line-up avec deux nouveaux guitaristes obscurs et un batteur un peu plus connu ayant fait ses armes chez Despondency, Ingurgitating Oblivion ou encore Disavowed. Mike s'est juste payé le luxe d'inviter Kam Lee (ex-Massacre) sur le morceau éponyme. Anasarca ayant toujours sorti des albums-concepts ancrés dans la réalité depuis Moribund (paroles écrites par des condamnés à mort à l'approche de leur exécution) et Dying (par des malades en phase terminale), Survival Mode ne déroge pas à la règle en nous comptant les actes d'horreur qu'ont dû perpétrer certaines personnes pour pouvoir survivre.

Les présentations étant faites et le décor planté, il est temps de passer au plus important, la musique. Anasarca n'a jamais sorti de mauvais album et ce n'est pas avec Survival Mode qu'il va commencer. Rien de surprenant de toute façon puisque la démo 2015 dont les quatre titres ("Survival Mode", "Blue John", "571", "The Donner Party") se retrouvent ici annonçaient la couleur, niveau style et qualité. Il n'y avait plus qu'à vérifier que les cinq nouveaux morceaux ne faisaient pas tâche par rapport à ceux de la démo. Pas du tout le cas! Si beaucoup d'années sont passées depuis Dying, le style d'Anasarca est resté le même. Du death metal plutôt old-school à la fois brutal et mélodique, d'obédience américaine (floridienne) avec quelques touches suédoises dans les mélodies quoique celles-ci se montraient bien plus présentes sur le premier opus Godmachine. Le rythme se fait relativement rapide, proposant surtout du tchouka-tchouka thrashy et des blast-beats qui rendent l'album burné et très efficace d'autant que la production claire et puissante met bien le tout en valeur et que les morceaux se révèlent courts et directs, sans fioriture. Quelques passages mid-tempos viennent néanmoins aérer les compositions et diversifier le propos. Côté riffing, c'est du tout bon. C'est d'ailleurs là qu'Anasarca a toujours su tirer son épingle du jeu. Venant de l'ancienne école, la formation d'outre-Rhin sait pertinemment qu'on ne fait pas de bons albums sans travailler ses riffs un minimum. Le groupe enchaîne dès lors une belle collection de riffs plus ou moins sombres selon l'humeur, du tremolo mélodique certes très classique mais suffisamment inspiré grâce à un feeling indéniable. Sans oublier du groove et de la fluidité pour l'accroche. On reconnaît alors sans peine les influences principales des Teutons, Morbid Angel (le riff d'intro de "Survival Mode" typique du groove dark de la bande à Trey Azagthoth pour la séquence la plus flagrante ou le début de "Cannibal" après les bruits charmants de mastication) ainsi que du Cannibal Corpse (le riff de "Blue John" vers 2'45, "Touching The Void" sur ces touches glauques à 0'48 ou les passages gras à 2'08 et 3'00, les mid-tempos de "Endurance"). La superposition fréquente de shrieks avec les growls traditionnels vient aussi de la même école death metal des années 1990. Anasarca bénéficie cela dit d'assez d'expérience et de maturité pour que l'on reconnaisse sa propre patte malgré les influences notables. Ceux déjà familiers avec le quatuor n'auront ainsi aucun mal à le reconnaître. Et ça, c'est tout de même la marque des très bons groupes!

Si Survival Mode ne surprendra pas par son côté très classique, il devrait faire l'unanimité pour sa qualité. Anasarca, qui n'a pas perdu son intelligence d'écriture, a toujours la science du riff et le feeling mélodique qui va bien pour tenir son auditoire en haleine. On pourra juste regretter certains rares moments plus banals, moins passionnants (quelques riffs un peu moins inspirés comme sur "Blue John" à 2'25 ou "571" au démarrage, "Pacific Dread" à 1'48 ou la toute fin de "Endurance" qui aurait pu être plus marquante), l'absence de solos (des leads oui mais pas de solos à proprement parler) ainsi que le manque de vrais nouveaux morceaux puisque tous ceux de la démo figurent logiquement sur ce nouveau disque (pas un problème cela dit si vous aviez fait l'impasse dessus). Afin de compenser, Anasarca a tout de même prévu des bonus plus ou moins intéressants. Des chutes de studio de Dying jamais utilisées avec un inédit ("Paralized") plus deux reprises sympathiques, de Obituary ("Godly Beings") et de Vomiting Corpses ("Dogmas Ignored"), le très cool groupe pré-Anasarca dont j'avais chroniqué la réédition du seul full-length, ainsi que des versions réenregistrées de "The Weird Ways" et "Scorn" qui apparaissaient sur Godmachine. Je ne suis personnellement pas fan de réenregistrements mais si cela peut inciter les gens à plonger dans leur carrière, pourquoi pas! J'invite d'ailleurs toute personne amatrice de death metal à écouter au plus vite les vieux albums des Allemands si ce n'est pas déjà fait. Vous pouvez toutefois commencer sans problème par ce petit nouveau Survival Mode qui s'avère un résumé tout à fait convainquant de ce que sait faire le groupe qui montre qu'il a encore des choses à dire. Ce n'est peut-être pas le meilleur album d'Anasarca (j'hésite toujours entre Moribund et Dying) mais il ne fait certainement pas tâche dans sa discographie exemplaire ou par rapport à ce qui se pratique aujourd'hui, en cette année 2017 pourtant riche en gourmandises death metal. Remarquable après une absence aussi longue!

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1 COMMENTAIRE(S)

Jean-Clint citer
Jean-Clint
16/08/2017 14:16
note: 8/10
Quelle surprise de voir que le groupe est de retour (j'étais totalement passé à côté), "Moribund" est un album qui a énormément tourné chez moi à l'époque et ça fait plaisir de retrouver Michael Dormann. Le titre en écoute n'a pas l'air mal et on retrouve bien le style du combo, à approfondir donc ! Clin d'oeil

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Anasarca
Death Metal
2017 - Sevared Records
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (2)  8/10
Webzines : (2)  7/10

plus d'infos sur
Anasarca
Anasarca
Death Metal - 1995 - Allemagne
  

écoutez
tracklist
01.   Drinking Blood (3'38)
02.   Survival Mode (5'13)
03.   Cannibal (3'36)
04.   Blue John (3'31)
05.   Touching The Void (4'26)
06.   571 (3'33)
07.   Pacific Dread (3'21)
08.   The Donner Party (3'36)
09.   Endurance (4'41)

Bonus:
10.   The Weird Ways (re-recorded) (3'35)
11.   Scorn (re-recorded) (3'36)
12.   Godly Beings (Obituary cover) (2'27)
13.   Paralyzed (3'16)
14.   Dogmas Ignored (Vomiting Corpses cover) (3'17)

Durée : 51'46

line up
parution
2 Juin 2017

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