chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
24 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Phrenelith - Desolate Endscape

Chronique

Phrenelith Desolate Endscape
Et je vis une autre Bête monter de la terre ; et elle avait deux cornes semblables à celles d'un agneau, et elle parlait comme un dragon. Et tout le pouvoir de la première Bête, elle l'exerce devant elle, et elle fait que la terre et ceux qui y habitent adorent la première Bête dont la plaie mortelle a été guérie. Et elle fait de grands signes, jusqu'à faire descendre le feu du ciel sur la terre devant les hommes.

Paysages dévastés, trous noirs, renaissance dans le chaos... L'Apocalypse selon Phrenelith prend une tournure plus brutale et tortueuse avec fin alternative en sus. Un tableau sans concession que le groupe – comptant dans ses rangs des membres de Undergang (cf. la chronique de Misantropologi), Wormridden ou encore Hyperdontia – esquisse depuis sa création en 2013 avec les sorties de courts formats (notamment le split avec Spectral Voice) et dont son premier album semble signer ici l'aboutissement. Cette montée en puissance construite sur le temps fait de Desolate Endscape une des réalisations dans le style death metal old school gloomy les plus séduisantes écoutées depuis le début de l'année. Ni plus ni moins.

Car même avec un retour du père Incantation cette année – et en grande forme – avec Profane Nexus, Desolated Endscape est de ces enfants qui capitalisent si bien sur leur héritage qu'ils donnent envie d'être élus nouveaux maîtres dès leur début. De quoi contenter les déçus du dernier Father Befouled (Desolate Gods), la méthode Phrenelith s'avérant tant réussie dans l'expression d'un certain death metal obscur – à l'odeur de soufre faisant penser aussi bien aux démons qu'aux armes en surchauffe sur le champs de bataille – qu'elle donne envie de n'écouter qu'elle, encore et encore, jusqu'à imaginer sa propre fin du monde à échelle grandiose. Que brûle la galaxie ! Que ce soit durant « Dysmorphosis » et son rythme de charnier école Bolt Thrower, le tube plus fort qu'un appel à la guerre « Deluge in Ashes » ou le tapis de bombes « Defleshed in Ecstasy », la bande à David Mikkelsen (magnifique chef, la voix aussi sinistre que hargneuse), ne montre aucun signe de faiblesse dans sa peinture d'un chaos permanent, ses riffs lisibles et salvateurs transmettant une impression continue de colère surhumaine arrivant de toute part. Aussi bien jouissance des sens que torture de l'esprit, les Danois rappellent que seul le mort metal offre ce genre de plaisir luxueux : celui du carnage, où vie du tueur et extinction de ce qui l'entoure se mélangent dans un drame aussi intense que macabre.

Un souffle brûlant vous consume dès les premières notes de « Conquering Divinity », passé le tintement sonnant le glas. Cette violence tantôt incontrôlée tantôt en mode mitraillage automatique prend sa force de la production à la fois grouillante mais parfaitement intelligible ainsi que les nombreuses variations de rythmes. Les passages mid et low tempos parsemant l’œuvre viennent renforcer le côté tueur des morceaux par des riffs lourds et marquants – vous enfonçant un peu plus dans le sol (« Eradicated » en est un bel exemple avec cette lead bien vicelarde) – ou bien donner un tour plus halluciné à l'ensemble grâce à des mélodies louvoyantes, certaines semblant toutes droit sorties d'un delirium tremens (cf. « Channeling a Seismic Eruption », meilleur titre de l'opus pour ma part, concluant l'album avec son riff d'introduction me renvoyant notamment à celui du titre « To The Other » de Saturnalia Temple). Les ralentissements opérés par le quatuor s'enchaînent sans cassures et permettent à ce dernier de développer pleinement ses ambiances aussi ténébreuses que putrescentes. Que ce soit par petites touches (voir ci-dessus) ou gros aplats de noir – comme l'enchaînement parfait entre l'outro rampante et jouissive de « Eradicated » et l'instrumentale « Desolate Endscape », imageant à elle-seule l'univers de la formation ainsi que cet artwork proche d'un Beksiński –, Phrenelith arrive à imposer sa patte et vous immerge totalement dans son univers. Une forte odeur capiteuse se dégage au fil des minutes et vous attire imperceptiblement vers le néant.

Un néant certes maintes fois rencontré, mais toujours aussi fort dans son pouvoir de suggestion. Inutile de résister ! Phrenelith, pour tout scolaire pourra-t-il paraître à ceux attendant d'un certain death metal qu'il devienne autre chose que lui-même (les idiots), offre des compositions et une atmosphère de première ordre dans lesquelles s'engouffrer avec bonheur, tête la première. Onwards !

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Phrenelith
Death Metal
2017 - Headsplit Records
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (3)  8.33/10
Webzines : (3)  6.82/10

plus d'infos sur
Phrenelith
Phrenelith
Death Metal - 2013 - Danemark
  

formats
  • K7 / 02/02/2017 - Extremely Rotten Productions
  • Vinyl / 29/03/2017 - Me Saco Un Ojo Records
  • Digital / 20/04/2017 - Autoproduction
  • CD / 15/05/2017 - Dark Descent Records
  • K7 / 19/07/2017 - Headsplit Records

tracklist
01.   Conquering Divinity
02.   Deluge Of Ashes
03.   Eradicated
04.   Desolate Endscape
05.   Crawling Shadows, Slithering Tongues
06.   Defleshed in Ecstacy
07.   Dysmorphosis
08.   Channeling a Seismic Eruption

Durée : 33 minutes 57

line up
parution
29 Mars 2017

Essayez aussi
Lantern
Lantern
Below

2013 - Dark Descent Records
  
Preludium
Preludium
Redemption

2013 - Transcending Obscurity
  
Dismember
Dismember
Indecent & Obscene

1993 - Regain Records
  
Axis Powers
Axis Powers
Marching Towards Destruction

2009 - Pulverised Records
  
Death
Death
Spiritual Healing

1990 - Combat Records
  

Enslaved
E
Lire la chronique
Kanashimi
Inori
Lire la chronique
Beastmaker
Lusus Naturae
Lire la chronique
Perihelion
Örvény
Lire la chronique
Monarch!
Never Forever
Lire la chronique
Maze Of Sothoth
Soul Demise
Lire la chronique
Canker
Earthquake
Lire la chronique
Under The Church
Supernatural Punishment
Lire la chronique
Bloody Alchemy pour l'album "Kingdom Of Hatred"
Lire l'interview
Sacroscum
Drugs & Death
Lire la chronique
Iron Age
The Saga Demos (Démo)
Lire la chronique
Black Country Communion
BCCIV
Lire la chronique
The Wrong Tour To Fuck With Europe 2017
Beyond Creation + Disentomb...
Lire le live report
Damnation Defaced
Invader From Beyond
Lire la chronique
Mjölnir
Magnet Vektor
Lire la chronique
Fall of Summer 2017
Lire le dossier
Body Count
Bloodlust
Lire la chronique
Aetherian
The Untamed Wilderness
Lire la chronique
Forn Valdyrheim
Reminisce Eternity (Rééd.)
Lire la chronique
FennrLANE : Le pourquoi du one-man-band
Lire l'interview
No Return
The Curse Within
Lire la chronique
Cannibal Corpse
Red Before Black
Lire la chronique
Resurgency
No Worlds... Nor Gods Beyond
Lire la chronique
Feral
Forever Resonating In Blood
Lire la chronique
Talv
Entering a Timeless Winter
Lire la chronique
Gravity pour l'album "Noir"
Lire l'interview
Wo Fat
Live Juju : Freak Valley an...
Lire la chronique
Cultes Des Ghoules / Sepulchral Zeal
Cultes Des Ghoules / Sepulc...
Lire la chronique
Opium Warlords
Droner
Lire la chronique
Les reprises BLACK METAL (Björk / Radiohead / Foufoune...) POURQUOI ?
Lire le podcast