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Nervosa - Agony

Chronique

Nervosa Agony
Deux ans après un premier album légèrement au-dessus de la moyenne, NERVOSA récidive avec un nouveau disque intitulé « Agony ». Une seconde tentative dont on peut attendre qu’il gomme les défauts du premier, notamment une trop grande répétitivité, que ce soit dans l’ensemble ou dans chaque morceau, et une certaine habitude à ne pas conclure au bon moment des titres un poil trop longs.
Dans mon cas, j’ai dévoré les deux albums à la sortie d’un live : pas le temps d’attendre, tout était au même pied d’égalité. C’est donc sans aucun a priori particulier (hormis le plaisir de ré-entendre des titres qui ont mis le feu sur scène) que je pose mon casque sur les oreilles.

Y a pas à dire, les brésiliennes ont profité de l’expérience acquise pour mûrir dans leur style. Dès le premier morceau, ça balance direct et, sur trois minutes, ce « Arrogance » cale un Thrash metal certes classique, mais dont la production le classe dans cette « New Wave of Thrash Metal » dont HAVOK et WARBRINGER font partie des groupes cultes.
On parcourt ainsi chaque morceau en se laissant porter par des titres incisifs bien plus riches que sur ">"Victim of Yourself". On notera « Deception », avec sa superbe intro bien groovy, sa rythmique intelligente qui progresse comme il faut jusqu’à une mélodie qui pousse au headbang. On est dans du Thrash très plaisant qui n’hésite pas à rompre le rythme d’un coup après le premier solo. On y appréciera également le son de cloche qui marque le temps fort au refrain – le genre de détails qui font la différence !
J’ai aussi fortement apprécié « Failed System » avec cette petite pointe dans le refrain qui ajoute du sel à une recette déjà maintes fois réalisée. Au passage, je me permets de saluer le chant : j’aime – sans doute plus que de raison – la façon dont la chanteuse grogne certaines notes.
Avec cette dynamique, même un morceau plus « grand public » et qui sert de single a été produit avec soin : c’est pourquoi « Intolerance Means War » fout une petite fessée tant elle est taillée pour des mosh parts et moments de headbangs à l’ancienne.
Mais un album, ça se réécoute. Sur la durée, j’ai l’impression que, plus on écoute, plus on sent que les ingrédients pour un album qui se défend sont là : basse solide sur ses appuis qui ne fera pas de folie et servira de base rythmique, batterie qui propose un jeu divertissant. Concernant la guitare, elle propose des pistes efficaces et variées, que ce soit sur « Hypocrisy » ou la surprenante « Surounded by Serpents » - avec son intro qui fait du bien, ce growl pré-deuxième couplet, la progression menée d’un trait, les petits breaks, là c’est hargneux !

Cependant, je reste quand même sur ma faim : si l’ensemble est de meilleure qualité que le premier album, il n’y a toujours pas de moments vraiment uniques qui marquent de leur empreinte. On retrouve également quelques moments moins inspirés, comme « Hostages » ou « Theory of Conspiracy », qui m’ont fait l’effet de : « C’est joué mais ça ne fait que passer ».
Je suis aussi sur la réserve concernant le duo basse-batterie. C’est encore assez discret, bien qu’on ait droit à un instant basse au départ de « Cyberwar » qui a piqué ma curiosité. Ce constat me surprend davantage qu’en live elles sont capables de foutre des solos de malades de basse ou de batterie.
Dans les points négatifs, certains pourraient déplorer des paroles qui tourneraient vite en rond, tant le chant répète assez vite des formules lapidaires comme sur « Hypocriy ». Je trouve que, ici, c’est un faux-problème dans la mesure où ce qu’il faut c’est que le chant donne envie de se balancer à corps perdu dans la foule. Dans ce cas, c’est plutôt réussi puisque le chant est modulé par des grognements plus ou moins appuyés.
J’ajouterai seulement le son de batterie parfois un poil trop clair. Du coup, il ne rend pas le côté pressée et urgent du combo punk de la basse et de la guitare sur « Guerra Santa ».

Ceci dit, puisque le groove et la diversité ont été plus de mise dans cette galette, nous pouvons espérer que, pour la suite, le trio fera preuve de davantage de créativité afin d’écrire un album de Thrash revival encore plus percutant et qui corrigera ces défauts. Ainsi, quand j’écoute « Devastation » avec les incursions un tantinet Djent (ou tout du moins modern metal) et ce putain de boulot sur les mélodies, ou lorsque l’album se termine sur la bonus track « Wayfarer » je me dis qu’on n’est pas loin d’aller vers du très bon par une utilisation judicieuse de plusieurs styles. D’autant que le groupe n’a pas hésité à puiser dans le Punk que ce soit dans « Guerra Santa » (pas de temps à perdre : le titre est mené en straight forward) ou dans le plutôt dansant « Cyberwar », où cette touche apporte un feeling tout particulier.
Il y a du gros potentiel !

J’ai pris du temps à écouter ces deux albums, et je sens clairement que le premier album pose des bases que le second consolide. Au-delà des références initiales (KREATOR, INCUBUS/OPPROBRIUM, EXODUS), NERVOSA a su tirer profit de ce premier album assez longuet. Avec « Agony », elles sont parvenues à écrire des morceaux plus courts et pertinents tout en ouvrant leur style à d’autres inspirations. En résulte un disque bien plus agréable à écouter d’une traite, malgré l’absence de réels moments de grâce (ou de grosses tatanes qui te foutent les dents par terre). Toutefois, ça reste très solide et c'est fait avec suffisamment de conviction, d'envie, de plaisir et de hargne pour proposer un produit sympathique.
Une telle production me donne envie de leur donner tout mon soutien. Elles sont à un cheveu d'un troisième album qui fera la différence. La machine est en marche, mais il faudrait encore plus de groove dans le jeu et une écriture plus soignée et diversifiée : ça ne se joue à presque rien pour que NERVOSA s’impose comme une référence.

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2 COMMENTAIRE(S)

MoM citer
MoM
12/09/2017 17:58
the gloth a écrit : Je n'ai écouté que les morceaux clippés, pas les albums, mais je trouve les extraits du premier plus efficaces que ceux du second.

C'est possible, car les morceaux sympas du premier sont bien fichus, mais ne tiennent pas sur l'ensemble.
Là, on a un truc plus homogène, sans doute moins "punchy' à la première écoute, mais plus réfléchi, plus varié.

Into Moshpit du premier botte des culs, par exemple.
Mais je préfère un bon Failed System sur "Agony" ! Gros sourire
the gloth citer
the gloth
12/09/2017 15:54
Je n'ai écouté que les morceaux clippés, pas les albums, mais je trouve les extraits du premier plus efficaces que ceux du second.

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Nervosa
Thrash Metal
2016 - Napalm Records
notes
Chroniqueur : 7/10
Lecteurs :   -
Webzines : (17)  7.29/10

plus d'infos sur
Nervosa
Nervosa
Thrash Metal - 2010 - Brésil
  

vidéos
Intolerance Means War
Intolerance Means War
Nervosa

Extrait de "Agony"
  
Hostages
Hostages
Nervosa

Extrait de "Agony"
  
Guerra Santa
Guerra Santa
Nervosa

Extrait de "Agony"
  

tracklist
01.   Arrogance  (03:08)
02.   Theory of Conspiracy  (04:17)
03.   Deception  (03:54)
04.   Intolerance Means War  (03:29)
05.   Guerra Santa  (02:52)
06.   Failed System  (03:43)
07.   Hostages  (03:25)
08.   Surrounded by Serpents  (04:32)
09.   Cyberwar  (03:02)
10.   Hypocrisy  (04:28)
11.   Devastation  (03:32)
12.   Wayfarer  (06:17)

Durée : 46:39

line up
parution
3 Juin 2016

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Nervosa
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2014 - Napalm Records
  

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