chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
60 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Fear Factory - Genexus

Chronique

Fear Factory Genexus
Appréhender le Fear Factory post-« Obsolete » n’est pas chose aisée, à bien des égards la discographie du groupe s’apparente à un wagon fou lancé sur une montagne russe enchainant, pour toujours plus de sensations fortes (bonnes ou mauvaises) les hauts (« Archetype », « Mechanize ») et les bas (« Transgression », « The Industrialist »). Une nouvelle fois frappée par quelques mouvements de line-up (mineurs cette fois ci je vous l’accorde) avec l’arrivée de Mike Heller derrière les fûts, l’usine de la peur s’apprêtait donc il y a deux ans à nous offrir son neuvième album studio déjà, le premier pour Nuclear Blast. Compte-tenu de la qualité en dents de scie des dernières sorties du combo j’avais personnellement fait l’impasse sur un « Genexus » qui n’a finalement atterri que très récemment sur mon lecteur. Quelle erreur ! Car s’il y a bien un album des Américains qui nous ramène à la belle époque de « Demanufacture » / « Obsolete », c’est celui-là. Oui j’ose la comparaison, « Genexus » (entièrement composé par le duo C. Bell/Cazares) est de cette trempe et se place peut-être pour moi comme le deuxième meilleur opus du groupe après l’inégalable sortie de 1995.

Dès l’excellente entame « Autonomous Combat System » les connections neuro-sensorielles se font et l’on ne peut s’empêcher d’entendre dans les premières paroles de Burton C. Bell le phrasé du début de « Demanufacture » quand son refrain offrira lui une résurgence de « Zero Signal ». Le break à 2’15 sur « Dielectric » ? Dans la stricte veine d’un « Self Bias Resistor ». Les clins d’œil à la grande époque sont légion (le début du titre éponyme…) mais pas de crainte excessive toutefois le tout reste à distance réglementaire de la repompe pure et dure. Et si « Genexus » devait enfiler les vêtements d’un de ses grands frères ce serait d’ailleurs globalement plutôt ceux d’ « Obsolete » de par l’aspect massif du riffing nerveux de ce bon vieux Dino ayant retrouvé une certaine vivacité et une redoutable efficacité (à défaut du côté tranchant des deux premiers opus du groupe) bien mise en avant par une production maousse costaud et appuyée comme il se doit par le déluge de double pédale assénée par le petit nouveau Mike Heller. Et quand bien même les riffs saccadés autoritaires du fluet six-cordistes ne surprendront plus personne aujourd’hui, force est de reconnaitre que ce cru 2015 possède ce qu’il faut d’accroche et d’énergie pour balayer d’un revers de main les critiques sur un manque d’originalité évident mais inhérent au style même de Fear Factory. Que ce soit dans un style frontal classique (« Autonomous Combat System », « Anodized », « Protomech », « Genexus »), avec des accents plus groovy d’obédience très « Obsolete »-like (« Dielectric », « Soul Hacker ») voire plus mélodiques (la très entrainante « Regenerate »), rien ici ne loupe sa cible (hormis peut-être un « Church Of Execution » qui aurait pu être le meilleur titre de « Digimortal »), l’ensemble étant d’une cohérence et d’une évidence délicieuses.

Toutefois si le gros Dino parait avoir retrouvé tous ses moyens, posant des bases rythmiques d’une solidité antisismique, les compos de « Genexus » semblent également avoir été taillées sur mesure pour mettre en valeur son alter ego qui nous livre peut-être ici sa meilleure prestation studio. Surfant une nouvelle fois sur l’opposition ou plutôt la fusion de l’homme et de la machine (les hommes devenant de plus en plus machines, et les machines devenant de plus en plus humaines, se rapprochant de ce point appelé par certains ‘’la singularité’’ où la différence entre les deux sera devenue imperceptible), la prestation de Burton C. Bell est impressionnante (laissons de côté les retouches studio devenues coutumières aujourd’hui). Si son growl n’a jamais réellement failli il se montre ici au sommet de sa forme mais c’est aussi et surtout dans ses refrains que le frontman s’avère plus qu’inspiré. S’ils n’ont pas toujours été des plus heureux, ces derniers constituent l’un des principaux atouts de ce « Genexus » débordant de pre-chorus/chorus absolument divins, qu’ils soient dans une veine purement mélodique (« Autonomous Combat System », « Anodized », « Dielectric », « Protomech », « Regenerate », « Battle For Utopia ») ou plus accrocheuse à beugler au volant (ceux énormes de « Soul Hacker » et « Genexus »), il figureront parmi les meilleurs du combo et risquent de vous coller longtemps aux tympans.

S’il semblait manquer un petit (voire un gros) quelque chose à chacun des derniers albums de Fear Factory, « Genexus » est quant à lui un album plein, entier, aucun aspect de la musique du groupe n’y étant négligé. Même l’acolyte de toujours Rhys Fulber y réalise un travail remarquable sur tous ses samples et claviers parfaitement idoines et bien intégrés (plus qu’évident dès le début du titre d’ouverture ou sur « Regenerate » par exemple) apportant l’ambiance mécanique indispensable à un grand opus de Fear Factory, les Californiens réussissant même le pari souvent risqué du titre de clôture plus mélodique et planant avec un « Expiration Date » élégiaque au refrain une fois encore superbe. Même si la maestria retrouvée sur « Genexus » n’exclue pas un plantage total au prochain épisode, elle aura au moins eu le mérite de raviver complètement mon intérêt pour l’usine à peur et nul doute que je guetterai cette fois-ci attentivement la sortie de son successeur en espérant que l’alchimie puisse une fois encore opérer parce qu’il n’y a pas à chier, un bon album de Fear Factory qu’est-ce que ça fait du bien par où ça passe !


« People are always fearful of something they don’t understand. The next step in evolution is a machine; a machine that can think and feel. Surviving is all that will matter. »

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

5 COMMENTAIRE(S)

RBD citer
RBD
16/09/2017 23:20
Tiens, ça donne l'idée de le ressortir. Il y avait enfin des titres un peu complexes comme ça faisait depuis longtemps qu'on l'attendait, sur le modèle évident d'Obsolete, même si le son général et spécialement des synthés m'avaient gênés. C'était une bonne surprise.
TarGhost citer
TarGhost
14/09/2017 21:46
Je plussoie a 100% avec ta chro sauf que pour moi le coup de coeur a été immediat !
Bon, le seul point de différence me concernant c'est que "Mechanize" reste au-dessus mais bon c'est un léger détail Sourire
Niktareum citer
Niktareum
14/09/2017 21:40
note: 9/10
aleximus666 a écrit :
à noter également une bonne power ballad indus (expiration date), du jamais vu auparavant, enfin à ma connaissance...

Je ne l'avais pas vue comme ça, ils ont souvent eu l'habitude de terminer leurs albums sur un titre plus mélodique et/ou expérimental, mais effectivement tu n'as pas tort.

Et n'hésite pas à noter l'album pour faire remonter la moyenne !! Clin d'oeil
Neurocatharsis citer
Neurocatharsis
14/09/2017 20:35
note: 7.5/10
Album que j'ai assez souvent écouté à sa sortie. Sans l'avoir en si haute estime que toi, je reconnais volontiers que l'on tient un album franchement solide de la part d'un groupe dont on attendait plus grand-chose.
aleximus666 citer
aleximus666
14/09/2017 20:12
note: 9.5/10
depuis le temps que j'attendais cette chronique... cet album m'a fait oublié the industrialist tellement il est bon
à noter également une bonne power ballad indus (expiration date), du jamais vu auparavant, enfin à ma connaissance...

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Fear Factory
Cyber Power Death Metal
2015 - Nuclear Blast Records
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (3)  8.17/10
Webzines : (33)  7.56/10

plus d'infos sur
Fear Factory
Fear Factory
Cyber Power Death Metal - 1990 - Etats-Unis
  

vidéos
Dielectric
Dielectric
Fear Factory

Extrait de "Genexus"
  
 Soul Hacker
Soul Hacker
Fear Factory

Extrait de "Genexus"
  
Protomech
Protomech
Fear Factory

Extrait de "Genexus"
  
Regenerate
Regenerate
Fear Factory

Extrait de "Genexus"
  
 Expiration Date
Expiration Date
Fear Factory

Extrait de "Genexus"
  

tracklist
01.   Autonomous Combat System
02.   Anodized
03.   Dielectric
04.   Soul Hacker
05.   Protomech
06.   Genexus
07.   Church of Execution
08.   Regenerate
09.   Battle for Utopia
10.   Expiration Date

Durée : 47'54

line up
parution
7 Août 2015

voir aussi
Fear Factory
Fear Factory
Soul Of A New Machine

1992 - Roadrunner Records
  
Fear Factory
Fear Factory
The Industrialist

2012 - AFM Records
  
Fear Factory
Fear Factory
Digimortal

2001 - Roadrunner Records
  
Fear Factory
Fear Factory
Mechanize

2010 - AFM Records
  

Poésique - MoM chronique Death - The Sound of Perseverance
Lire le biographie
Ritual Necromancy
Disinterred Horror
Lire la chronique
FOREST FEST OPEN AIR
Antzaat + Anus Mundi + Aura...
Lire le live report
Mezzrow
Then Came The Killing
Lire la chronique
Circle Takes the Square
As the Roots Undo
Lire la chronique
Heptaedium
The Great Herald Of Misery
Lire la chronique
Serum Dreg
Lustful Vengeance
Lire la chronique
Vanhelga
Fredagsmys
Lire la chronique
Death Power
The Bogeyman Returns (Compil.)
Lire la chronique
Aura Noir
Aura Noire
Lire la chronique
Moonreich
Fugue
Lire la chronique
Megadeth
Lire le live report
Mortiferum
Altar Of Decay (Démo)
Lire la chronique
Être moins con : lire BLACK METAL
Lire le podcast
PPCM #0 - Chevauche le Grand Requin Blanc (Carcariass)
Lire le podcast
Legacy Of The Beast European Tour 2018
Iron Maiden + The Raven Age
Lire le live report
LE Canyon - Episode 13 - Dragon casqué
Lire le podcast
Sphæra
Teratology (EP)
Lire la chronique
Funeral Mist
Hekatomb
Lire la chronique
Obscura
Diluvium
Lire la chronique
Uniform / The Body
Mental Wounds not Healing (...
Lire la chronique
Soundgarden
Louder Than Love
Lire la chronique
Skogen
Skuggorna kallar
Lire la chronique
Ossuarium
Calcified Trophies Of Viole...
Lire la chronique
Thorium
Blasphemy Awakes
Lire la chronique
Sacred Reich
Independent
Lire la chronique
Atavisma
The Chthonic Rituals
Lire la chronique
Gaerea
Unsettling Whispers
Lire la chronique
Throane + Wolves In The Throne Room
Lire le live report
Yob
Our Raw Heart
Lire la chronique