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Demolition Hammer - Epidemic Of Violence

Chronique

Demolition Hammer Epidemic Of Violence
Puisqu’on est dans les vieilleries autant y rester encore un peu. Surtout que j’aime bien ça moi, les vieilleries. Sorti en 1992 sur Century Media, Epidemic Of Violence est le deuxième album des New-Yorkais de Demolition Hammer et fait suite à un Tortured Existence qui n’a pas eu à l’époque le succès qu’il mérite. La faute à un marché déjà particulièrement saturé, à des moyens de communications bien plus limités qu'aujourd’hui ainsi qu’à une perte de vitesse évidente du Thrash au profit d’autres genres jugés plus extrêmes. N’ayant cure de tout cela, Demolition Hammer a donc continué son petit bonhomme de chemin sans changer (encore) quoi que ce soit à sa formule. Epidemic Of Violence s’impose donc très vite comme la suite logique de son prédécesseur bien qu’elle soit tout de même marquée par quelques petits ajustements.

Pour commencer, le groupe a cette fois-ci fait appel aux services de Michael Whelan (Cirith Ungol, Obituary, Sepultura...) pour se charger de l’artwork. Si pour ma part j’aime beaucoup le travail dégoulinant d’Axel Hermann sur Tortured Existence, je comprends qu’on puisse préférer celui plus sobre et guerrier de l’illustrateur américain. Exit également Scott Burns et le Morrisound Studio au profit du producteur Tom Soares qui a notamment travaillé avec quelques grands noms de la scène Hardcore new-yorkaise (Cro-Mags, Merauder, Leeway, Sick Of It All). Comparé ainsi à Tortured Existence, ce deuxième album gagne clairement en puissance et en précision. L’impact de ces neuf nouvelles compositions n’en est donc que plus fort d’autant que l’on distingue désormais très clairement chaque frappe de batterie (ce qui n’était pas toujours le cas sur le premier album des Américains). Déjà reconnu pour la virulence de son propos, Epidemic Of Violence vient enfoncer encore un peu plus profondément le clou et ainsi asseoir Demolition Hammer comme l’un des groupes de Thrash les plus agressifs du circuit.

Car derrière cette production musclée (dont l’effet est probablement encore amélioré par le remastering opéré dans le cadre de cette réédition), la formule reste bien évidemment la même à savoir un hargneux mélange de Thrash et de Death Metal servi avec de délicieuses touches de ce groove typiquement new-yorkais. On continuera ainsi de s’enthousiasmer énergiquement à l’écoute de ces quelques compositions menées la rage au ventre et le couteau entre les dents à une cadence particulièrement soutenue (la première moitié de l’excellent "Skull Fracturing Nightmare", "Pyroclastic Annihiliation" à 1:09, le frénétique et bas du front "Envenomed" bouclé en un peu plus de trois minutes, "Epidemic Of Violence", "Omnivore" et son growl inattendu, "Aborticide"...). Une sensation de vitesse des plus élevées renforcée par le jeu impeccable d’un Vinny Daze nous dispensant une fois encore de ses fameuses salves de double pédales (comme ça tartine !) et autres accélérations parfaitement millimétrées.
D’ailleurs, côté riffing c’est une fois encore un sans-faute grâce aux talents du duo James Reilly et Derek Sykes. Rapide, inspiré et tout en nerfs, le jeu des deux hommes est aussi efficace qu’implacable (on pense pas mal aux Allemands de Sodom lorsque les choses s’accélèrent). Un caractère bien trempé et finalement assez inimitable (changements de rythmes ultra fréquents) qui apporte naturellement beaucoup de saveur à la recette des Américains. Certes, ces deux-là n’ont rien inventé mais ce qu’ils font, ils le font vite, bien et surtout très fort. Et si vous pensez qu’ils doivent tous les deux manquer de subtilité, attardez-vous alors sur les multiples solos proposés tout au long de ces quarante minutes. Entre vitesse, feeling et qualité d’exécution, Il y a vraiment de quoi se régaler si l’on apprécie un tant soit peu l’exercice.

Mais s’il est encore bien loin d’avoir calmé ses ardeurs, Demolition Hammer semble accorder tout de même davantage de place aux séquences mid-tempo. Outre ces nombreux breaks et autres moments où le groupe va venir ralentir la cadence pour mieux briser des nuques (putain, ce groove, encore et toujours ! - "Skull Fracturing Nightmare" à 1:36, "Human Dissection" à 2:13, "Pyroclastic Annihiliation" à 2:49, la fin d’"Omnivore", "Aborticide" à 2:48...), on remarque également deux morceaux où les cavalcades Thrash et autres semi-blasts si chers aux New-Yorkais sont soient en retrait ("Human Dissection") soient quasi-absents du paysage ("Carnivorous Obsession"). Etant donné la punition infligée par Demolition Hammer sur les autres morceaux de l’album (en dehors du titre "Orgy Of Destruction" qui n’a que peu d’intérêt), ces quelques moments contribuent juste ce qu’il faut à la bonne dynamique de l’ensemble en apportant un soupçon de relief supplémentaire.
Enfin un autre qui ne s’est pas calmé, c’est bien Steve Reynolds dont le débit mitraillette et la rage qui continue de l’habiter encore aujourd’hui apportent également beaucoup de personnalité au Thrash de Demolition Hammer. Le bonhomme s’essaie même un court instant à l’exercice du growl lors des premières secondes du vindicatif "Omnivore". Un chant à l’image de la musique c’est-à-dire ultra nerveux et sans aucun filtre qui permet d’être tout de suite fixé sur la teneur des propos tenus par les New-Yorkais. Non, ces derniers ne sont pas là pour rigoler.

Dernier album jugé valable par la plus grande majorité des amateurs de Demolition Hammer (fini les accélérations, place à l’avènement des séquences mid-tempo évoquées plus haut), le groupe accouchera deux ans plus tard d’un troisième album qui malheureusement sonnera le glas de leur carrière (enfin jusqu’à leur retour l’année dernière). En attendant, le groupe a pondu deux monuments du Thrash auxquels il serait judicieux (si ce n’est pas déjà fait) d’apporter davantage de crédit qu’il ne leur fut accordé à l’époque de leurs sorties respectives. Et si Tortured Existence était un premier jet sans gros défauts majeurs, Epidemic Of Violence s’impose comme la véritable pièce maîtresse de leur courte discographie. Un album absolument redoutable, même encore aujourd’hui, qui mêle la rage et l’énergie du Thrash à la brutalité et à la puissance du Death Metal.

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10 COMMENTAIRE(S)

Potters field citer
Potters field
06/12/2017 15:25
Des chros de Sadus et Epidemic, hoho j'attends ça !
AxGxB citer
AxGxB
05/12/2017 19:10
note: 9/10
@Deathrash : Je t'en prie Clin d'oeil
@TarGhost : J'ai d'autres trucs en prévision dont j'aimerai me délester dans les prochains mois parce que je les traine sur ma liste de réservation depuis déjà des lustres mais ça fait parti des groupes qui sont dan mon radars (Sadus, Nuclear Assault, Carnivore, Invocator, Forbidden, le premier Forced Entry, Target, Epidemic, Sacrifice etc).
TarGhost citer
TarGhost
05/12/2017 18:32
Tiens tiens comme tu sembles être dans une période de chros favorables au thrash bien burné, peut-être pourras-tu te pencher sur le superbe "Swallowed in black" de Sadus paru deux ans avant. Parce que celui-là aussi... c'est du tout bon ! Et allez "A vision of misery" aussi tant qu'on y est !
Quoi c'est bientôt Noel non ?
MoM citer
MoM
05/12/2017 18:00
note: 9/10
Deathrash a écrit : Merci pour ta chronique, cet album est juste parfait, la crème du Thrash/Death avec Solstice.

Mais Solstice quoi ! Cleansed of Impurity c'est la branlée !
Potters field citer
Potters field
05/12/2017 11:57
Non rien à faire, celui-là manque de lourdeur pour moi. Le premier m évoquait un peu le sepultura de beneath et arise dans l'utilisation du mid tempo, celui-là lorgnerait vers la hargne d'un kreator, ce qui me sied moins...
Deathrash citer
Deathrash
05/12/2017 11:44
note: 9.5/10
Merci pour ta chronique, cet album est juste parfait, la crème du Thrash/Death avec Solstice.
AxGxB citer
AxGxB
05/12/2017 09:22
note: 9/10
@TarGhost & MoM : Merci Sourire
Keyser citer
Keyser
04/12/2017 21:37
note: 9/10
J'ai mis longtemps à m'en rendre compte mais cet album est en effet une tuerie absolue. Quel groove de porc!
MoM citer
MoM
04/12/2017 18:14
note: 9/10
La chronique dit tout ! Amen.

Ma préférée du disque reste le titre éponyme : tellement furieux dans son changement de rythme lors du refrain, c'est avec ça que j'ai découvert le groupe et l'album, forcément il m'a marqué plus que les autres !
Mais le reste est tellement de grande qualité : c'est un incontournable.
TarGhost citer
TarGhost
04/12/2017 16:31
Excellente chronique ! En effet ce disque est un summum d'efficacité thrash/death qui balaye tout sur son passage...il reçut pourtant à l'époque un accueil assez mitigé, je me souviens à ce sujet de la chronique du père Lavanne sur Hard Force me semble-t-il qui lui reprochait son côté trop bestial, direct et bas du front. Ce que DEMOLITION HAMMER assume d'ailleurs ici sans complexe même s'il se plaît à injecter sur "Epidemic of Violence" de nombreux mid-tempos qui permettent de digérer cette déferlante d'uppercuts sans sourciller...pire : d'en redemander encore ! La prod' est elle juste monstrueuse et ce Vinny Daze derrière les fûts, quelle cognée mes aïeux !

"Un album absolument redoutable, même encore aujourd’hui, qui mêle la rage et l’énergie du Thrash à la brutalité et à la puissance du Death Metal.". Pas mieux, en effet Clin d'oeil

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Demolition Hammer
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (4)  9.13/10
Webzines : (5)  8.7/10

plus d'infos sur
Demolition Hammer
Demolition Hammer
Thrash - 1986 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Skull Fracturing Nightmare  (05:44)
02.   Human Dissection  (05:04)
03.   Pyroclastic Annihilation  (04:55)
04.   Envenomed  (03:14)
05.   Carnivorous Obsession  (05:52)
06.   Orgy Of Destruction  (00:51)
07.   Epidemic Of Violence  (04:20)
08.   Omnivore  (04:36)
09.   Aborticide  (04:57)

Durée : 39:33

line up
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