chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
63 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Summoning - With Doom We Come

Chronique

Summoning With Doom We Come
Summoning ou l’art de l’« aguichage ». Une simple photo de profil ou de couverture changée sur leur page Facebook (relayée par Napalm Records) et ce sont des milliers de personnes en émois (je m’y inclus évidemment). Les spéculations pleuvent forcément : « un nouvel album ?! ». De facto nous nous sommes rendus à l’évidence sur la productivité du duo autrichien après cinq puis sept longues années interminables entre ses derniers opus. Non, simplement surexcités de découvrir le successeur de l’excellent Old Mornings Dawn (sur le podium de leur discographie) après un magistral Oath Bound. Et comme présagée, la nouvelle tombe cet été, les disciples de Tolkien annoncent leur huitième album With Doom We Come. On découvrira ainsi l’artwork, pas la plus belle œuvre du groupe nous le concéderons mais un léger côté « rétro » années 90 appréciable. Néanmoins gros sourcil levé devant les photos promos de Silenius et Protector. Les musiciens arborant des vilains masques que même Gwar n’aurait pas osés porter (farces et attrapes « low-cost »)… Passons. Direction l’île de Númenor.

La note vous a fait couler une larme, autant débuter par la conclusion. Encore sous le charme d’Old Mornings Dawn (mes impressions sur ma chronique dithyrambique n’ont pas changé) il sera très compliqué pour moi de pondre ce texte car With Doom We Come n’a rien de mauvais, il est même plutôt bon dans l’ensemble mais la comparaison avec ses prédécesseurs sera sévère. Ecoutes après écoutes en boucle (quotidiennes depuis un mois) et peut-être un déclic ? En laissant décanter alors ? Rien n’y fait, la boule au ventre, c’est un Summoning en pilotage automatique qui usera de fonds de tiroirs pour combler les trous… Des imperfections et des rallonges certes mais toujours entourées d’un passage enivrant dont seul le groupe viennois possède la recette. Ardents adeptes du duo je ne vous pose pas la question, vous n’avez évidemment pas échappé au premier extrait (« With Doom I Come ») dévoilé. Bien que fort qu’honorable, après les frissonnants « Land Of The Dead » et « Earthshine » ce morceau de conclusion paraîtra relativement terne de la part du duo… Sachez qu’il s’agit de l’une des meilleures compositions de ce With Doom We Come.

Aucun chamboulement toutefois dans la musique vingt ans d’âge des Autrichiens, elle reste ainsi dans la continuité de Old Mornings Dawn. Le titre de la galette semble assez explicite, une atmosphère plus « sobre » où les aspects « épique » s’effacent au profit d’une ambiance froide et mélancolique. Summoning remet en avant ses guitares saturées à l’extrême (« Burzumiène ») dans son mixage et ses riffs répétitifs que l’on avait (re)découvert sur le majestueux « The White Tower ». Il sera malheureusement difficile de retrouver l’aura de ce bijou ici même si un « Night Fell Behind » tend à s’en approcher. Les minutes défilent et un sentiment de « déjà-entendu » domine, comme si Summoning se contentait de reprendre des chutes de studio et de les affiner. Tout semble austère et monolithique, sans réel frisson puis le drame arrive soudain... Une torpeur commence à s’installer dès « Carcharoth ». 1 heure et 5 minutes ardues à tenir sans décrocher dans ce format de 10 minutes par composition (un suppo, un « Mirklands » et au dodo).

Mais le roi Summoning ne fléchit pas complètement. Les chœurs, cuivres synthétisés et mélodies lumineuses, forces principales, ne sont pas gommés et se mêlent naturellement à cet esprit « doomy », constat fait dès l’ouverture imposante « Tar-Calion » (tirant malheureusement sur la longueur). On retrouve sourire aux lèvres la puissance d’antan sur des morceaux comme « Silvertine » (titre majeur) ou « Herumor ». En portant une oreille plus attentive aux écoutes on se rend compte que Summoning n’a clairement pas bâclé son sujet. Les arrangements, le travail de programmation des percussions demeurent toujours impressionnants et surtout cette ambiance ! Après « L’Histoire de la Terre du Milieu », les Autrichiens se baseront sur le livre posthume de Tolkien « Le Silmarillion » et plus particulièrement sur l’île de Númenor. Des images défilent dans nos têtes et l’on se projette rapidement dans cet univers : entrée dans la salle du trône du roi Tar-Calion sous l’influence de Sauron (composé uniquement de « spoken word »), survol du pic montagneux de Silvertine, l’on suit le seigneur maléfique Herumor scrutant l’horizon ou le loup-garou Carcharoth… Définitivement Summoning reste le maître en la matière. Un monde imaginaire porté par les vers du duo et principalement Silenius. Ce dernier semble avoir été transcendé par son retour au sein d’Abigor et d’Amestigon, un racle gorge puissant tout droit sorti d’un orque conteur. Un contraste prononcé avec le chant « essoufflé » de son acolyte Protector, moins convaincant et prenant qu’à l’accoutumé.

L’année 2018 commence mal, Summoning délivre certainement l’album le plus faible de sa discographie à ce jour (au côté de Lugburz selon moi). With Doom We Come est un (très) long voyage monotone mais ponctué de moments de gloire. Les premières écoutes seront acerbes, comme une sorte de compilation de chutes de studio pour un album bonus de Old Mornings Dawn. Douche froide… Mais en laissant un peu reposer la chose, le travail d’ambiance et de composition remontent. Même à bas régime, les Autrichiens arrivent à nous faire voyager dans le monde de Tolkien et cela rien qu’avec des riffs et des nappes simplistes parfois à la limite du kitsch. Une leçon aux nombreux suiveurs. Summoning trébuche mais ne fait pas tomber sa couronne.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

6 COMMENTAIRE(S)

Fabulon citer
Fabulon
30/01/2018 17:52
note: 7/10
Pour moi c'est finalement plus l'eau tiède que la douche froide ce nouveau Summoning.

Je partage les remarques précédentes s'agissant de sa "sobriété" et du côté au peu austère.

Côté compos, pas grand chose à redire jusqu'à Barrow-down.

La suite (excepté le morceau titre) m'ennuie un poil plus même si au final rien n'est mauvais.

Franchement, je m'attendais à pire...

Kedran citer
Kedran
24/01/2018 22:20
Bien d'accord avec vous deux, même si pour le coup j'aime quand même beaucoup les deux albums d'avant.
Pour ma part j'ai assez vite pensé à un Dol Guldur version 2017, beaucoup plus humble comme le dit Sakrifiss.
Je peux comprendre la déception de certains, mais pour moi c'est du tout bon, envoûtant au possible.
Hoover citer
Hoover
24/01/2018 21:01
@Sakrifiss: Content de voir que je ne suis pas le seul à avoir cette vision des choses. Personnellement j'aimais le côté dépouillé de Minas Morgul ou Dol Guldur, et j'ai toujours été en désaccord avec ceux qui voyaient l'évolution du groupe depuis comme un progrès. Pour moi ce With doom we come renoue en partie avec cet héritage et je m'en réjouis.
Sakrifiss citer
Sakrifiss
24/01/2018 05:29
Là où tu as raison Hoover, c'est bien dans le fait que ce nouvel album renoue avec les anciens.
La surenchère de l'épique n'a pas eu lieu cette fois-ci, et l'on retrouve un côté posé, sombre, presque humble.
Si on l'accepte, si on le comprend, ça fait du bien de retrouver nos Autrichiens.
Hoover citer
Hoover
21/01/2018 14:52
Je n'attendais plus grand chose de ce groupe qui s'était perdu avec Oath bound et Old mornings dawn: il renaît de ses cendres avec cet album et c'est une des meilleures nouvelles de ce début d'année.
Mera citer
Mera
05/01/2018 13:24
J'attendais assez impatiemment depuis la publication de la chro qu'il soit enfin dispo sur les plateformes en ligne avec espoir qu'il ne soit au final qu'un poil moins bon mais hélas.

Première écoute insuffisante évidemment mais pour l'instant, déception pour sûr !
Le final de l'album m'a particulièrement fait l'effet d'une douche froide, Mirklands est chiante au possible et je trouve le refrain de With Doom I Come horrible, un espèce de mi-chant clair complètement faux. Tout ça aggravé par le fait qu'effectivement, l'album est long.
Y'a vraiment que Silvertine qui m'a marquée comme étant une vraie réussite.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Summoning
Black Metal atmosphérique et épique
2018 - Napalm Records
notes
Chroniqueur : 7/10
Lecteurs : (4)  7.25/10
Webzines : (16)  7.01/10

plus d'infos sur
Summoning
Summoning
Black Metal atmosphérique et épique - 1993 - Autriche
  

tracklist
01.   Tar-Calion  (07:15)
02.   Silvertine  (08:53)
03.   Carcharoth  (09:19)
04.   Herumor  (07:08)
05.   Barrow-downs  (02:47)
06.   Night Fell Behind  (07:20)
07.   Mirklands  (11:00)
08.   With Doom I Come  (11:18)

Durée : 01:05:00

line up
parution
5 Janvier 2018

voir aussi
Summoning
Summoning
Lost Tales (EP)

2003 - Napalm Records
  
Summoning
Summoning
Nightshade Forests (MCD)

1997 - Napalm Records
  
Summoning
Summoning
Old Mornings Dawn

2013 - Napalm Records
  
Summoning
Summoning
Let Mortal Heroes Sing Your Fame

2001 - Napalm Records
  
Summoning
Summoning
Oath Bound

2006 - Napalm Records
  

Essayez aussi
Eldamar
Eldamar
The Force of the Ancient Land

2016 - Northern Silence Productions
  

Nuclear Assault
Game Over
Lire la chronique
Poésique - MoM chronique Death - The Sound of Perseverance
Lire le biographie
Ritual Necromancy
Disinterred Horror
Lire la chronique
FOREST FEST OPEN AIR
Antzaat + Anus Mundi + Aura...
Lire le live report
Mezzrow
Then Came The Killing
Lire la chronique
Circle Takes the Square
As the Roots Undo
Lire la chronique
Heptaedium
The Great Herald Of Misery
Lire la chronique
Serum Dreg
Lustful Vengeance
Lire la chronique
Vanhelga
Fredagsmys
Lire la chronique
Death Power
The Bogeyman Returns (Compil.)
Lire la chronique
Aura Noir
Aura Noire
Lire la chronique
Moonreich
Fugue
Lire la chronique
Megadeth
Lire le live report
Mortiferum
Altar Of Decay (Démo)
Lire la chronique
Être moins con : lire BLACK METAL
Lire le podcast
PPCM #0 - Chevauche le Grand Requin Blanc (Carcariass)
Lire le podcast
Legacy Of The Beast European Tour 2018
Iron Maiden + The Raven Age
Lire le live report
LE Canyon - Episode 13 - Dragon casqué
Lire le podcast
Sphæra
Teratology (EP)
Lire la chronique
Funeral Mist
Hekatomb
Lire la chronique
Obscura
Diluvium
Lire la chronique
Uniform / The Body
Mental Wounds not Healing (...
Lire la chronique
Soundgarden
Louder Than Love
Lire la chronique
Skogen
Skuggorna kallar
Lire la chronique
Ossuarium
Calcified Trophies Of Viole...
Lire la chronique
Thorium
Blasphemy Awakes
Lire la chronique
Sacred Reich
Independent
Lire la chronique
Atavisma
The Chthonic Rituals
Lire la chronique
Gaerea
Unsettling Whispers
Lire la chronique
Throane + Wolves In The Throne Room
Lire le live report