chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
57 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Bathsheba - Servus

Chronique

Bathsheba Servus
La patate chaude de 2017 ? Ce n'est pas l'envie qui manquait au sein de l'équipe de parler de cet album de Bathsheba et pourtant, étrangement, chacun traînait des pieds. Il faut dire que dans le genre « inattendu », Servus se pose là : pris par surprise par cet album que personne n'espérait – en tout cas pas moi, les autres projets de ses créateurs (Serpentcult ; Death Penalty) n'ayant qu’entraîné un ennui poli dans mes oreilles – au sein d'une année riche pour ce style qu'est le doom féminin, où Monarch!, Sabbath Assembly et King Woman forment un parfait trio, le désir de remettre en question son petit palmarès personnel avec l'album des Belges était souvent gêné de questionnements, doutes, quand l'intention d'en parler se faisait forte.

Car comment évoquer avec justesse ce tour de magie qu'effectue ici Bathsheba ? Avec son allure de groupe moderne jouant un doom on-ne-peut-plus commun, capitalisant sur les ambiances bien cornues de tous et toutes, occultisme, sexe, pouvoir et autres versions sataniques de ces dames arborant colliers ethniques et vêtements Desigual, le voyage en Enfer supplantant celui en Inde ou au Tibet, il semble impossible de présenter ce que réalise là la bande menée par Michelle Nocon sans tomber dans un déballage de clichés ne faisant pas honneur à ces quarante-cinq minutes. Oui, Servus est marqué par le doom, raconte des histoires de sacrifice sanglant, de soufre, stupre, luxure et cependant semble le faire comme aucun autre.

En effet, difficile de trouver des comparaisons à ce que l'on entend ici et ce, en grande partie en raison de ces grands écarts qu'aime pratiquer la formation. Inutile de rappeler qu'il y a ici un saxophone, d'appuyer les tournures foncièrement black metal que prennent certains passages, vous l'avez soit expérimenté vous-même, soit déjà lu maintes fois dans les pixels émerveillés qu'a fait couler ce disque : ils sont aussi audacieux que bien amenés, des évidences que Bathsheba semble avoir trouvées d'elle-même – désolé pour les académiciens, mais ici, le féminin l'emporte à chaque instant. Au-delà de l'étonnement qu'ils procurent, c'est cette justesse qui finit par éteindre ce sourire méprisant que l'on peut avoir à l'idée d'écouter encore un album de doom metal encore avec chanteuse encore satanique, mettant cette œuvre dans un coin privilégié de son étagère au lieu de la brouette où croupissent les Dead Witches et consorts.

Au fur et à mesure, Servus assujettit bien par sa finesse, où les gros sabots d'une production puissante habillent des compositions avançant à pas de chat, caresses et griffures dansant de concert avec un naturel confondant. Michelle Nocon et sa voix tantôt charmeuse, une grimace au coin des lèvres, tantôt déclamatrice, l'hystérie diabolique sous le drap de la beauté, n'est que la face directement visible de cet état de fait : l'ensemble des instruments donne l'impression de brûler en commun d'un même feu magnanime, doué d'un esprit malin où les soubresauts, crépitements, flammes tranquilles et enivrantes, lèchent de façon aussi méthodique que licencieuse, l'austérité du style cachant une liberté de ton telle que je n'en avais pas entendu depuis un certain The Wounded Kings.

Voilà bien la seule référence que je trouve à placer ici, tant Servus me fait imaginer un mariage d'aristocrates entre ces Belges et les regrettés Anglais. Certes, on pourra dire que cela est un peu présomptueux de mettre déjà Bathsheba au même rang qu'une formation aussi marquante, mais peu importe : ce premier essai n'a rien d'un début, son équilibre, sa maîtrise dans l'expression d'une certaine pureté dans laquelle se mirent des détours aventureux et trajets arpentés comme une reine parcourt son domaine, méritent bien que l'on s'emporte ! Quelques moments moins étincelants, où le classicisme se présente avec moins de classe, mis à part, Servus est effectivement un des grands albums de doom metal de 2017 comme pléthores vous l'ont présenté. Et honnêtement, malgré toutes les lignes que je viens d'écrire, je me sens encore incapable de vous dire pourquoi.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

4 COMMENTAIRE(S)

Kedran citer
Kedran
28/12/2017 22:41
Qu'est ce que c'est bien ça aussi ! Quelle année !
AxGxB citer
AxGxB
27/12/2017 13:38
note: 8.5/10
"liberté de ton", c'est effectivement là l'essentiel. Un disque surprenant même s'il se joue de codes connus de tous. Très belle surprise.
gulo gulo citer
gulo gulo
27/12/2017 12:46
note: 9/10
(Ben... Parce que c'est du très grand vin rouge, pardi !)
gulo gulo citer
gulo gulo
27/12/2017 12:43
note: 9/10
Pas trop tôt! Mort de Rire

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Bathsheba
Doom Metal
2017 - Svart Records
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (4)  8.75/10
Webzines : (13)  7.84/10

plus d'infos sur
Bathsheba
Bathsheba
Doom Metal - 2013 - Belgique
  

tracklist
01.   Conjuration of Fire
02.   Ain Soph
03.   Manifest
04.   Demon 13
05.   The Sleepless Gods
06.   I at the End of Everything

Durée : 45 minutes 16 secondes

line up
parution
24 Février 2017

Essayez aussi
The Wounded Kings
The Wounded Kings
Visions in Bone

2016 - Candlelight Records / Spinefarm Records
  
Procession
Procession
Destroyers Of The Faith

2010 - Doomentia Records
  
Hooded Menace
Hooded Menace
Gloom Immemorial (Compil.)

2014 - Doomentia Records
  
Wretch
Wretch
Wretch

2016 - Bad Omen Records
  
Reverend Bizarre
Reverend Bizarre
III - So Long Suckers

2007 - Spikefarm Records
  

Album de l'année
Poésique - MoM chronique Ustalost - The Spoor of Vipers
Lire le podcast
Ascension
Under Ether
Lire la chronique
Grimoire
A la lumière des cendres (R...
Lire la chronique
Tomb Mold
The Bottomless Perdition / ...
Lire la chronique
Balmog
Vacuum
Lire la chronique
Imindain
The Enemy of Fetters and th...
Lire la chronique
Target
Master Project Genesis
Lire la chronique
They Live | We Sleep
Self Harm (EP)
Lire la chronique
Mastodon
Emperor of Sand
Lire la chronique
Kalmah
Palo
Lire la chronique
Borgne
[∞]
Lire la chronique
Poésique - MoM chronique Warbringer - Woe to the Vanquished
Lire le podcast
Demonomancy
Poisoned Atonement
Lire la chronique
Visigoth
Conqueror's Oath
Lire la chronique
Skeletal Remains
Devouring Mortality
Lire la chronique
His Hero Is Gone
Monuments to Thieves
Lire la chronique
Ulsect
Ulsect
Lire la chronique
Antagonism
Thrashocalypse (EP)
Lire la chronique
Napalm Death
Mass Appeal Madness (EP)
Lire la chronique
Veiled
Black Celestial Orbs
Lire la chronique
Disembowel
Plagues And Ancient Rites
Lire la chronique
Black Witchery
Evil Shall Prevail (Compil.)
Lire la chronique
Napalm Death
Mentally Murdered (EP)
Lire la chronique
BLACK METAL Suisse ! (C'est une blague?)
Lire le podcast
Puteraeon
The Dunwich Damnation (EP)
Lire la chronique
Nocturnal Pestilence
Fire & Shade
Lire la chronique
Abigor / Nightbringer / Thy Darkened Shade / Mortuus
Abigor/Nightbringer/Thy Dar...
Lire la chronique
Target
Mission Executed
Lire la chronique
Monster Magnet
Mindfucker
Lire la chronique
Whoresnation
Mephitism
Lire la chronique