chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
54 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Exhumed - Death Revenge

Chronique

Exhumed Death Revenge
On pourra dire ce que l’on veut au sujet de Matt Harvey, notamment concernant sa propension à recycler des choses qui ne lui appartiennent pas vraiment, il n’en reste pas moins un musicien doté d’un sens du mimétisme et de l’appropriation particulièrement bluffant ainsi qu’un gars sympathique et empreint d’une vraie modestie. S’il y en a bien évidemment que ça gêne, cela n’a jamais été mon cas. Très client de ce que le californien a pu faire avec Gruesome, je n’ai également jamais caché mon intérêt pour Exhumed dont j’ai toujours apprécié l’hommage fait aux Anglais de Carcass.
Quatre ans après le très bon Necrocracy, le groupe revient avec un nouvel album intitulé Death Revenge. Paru sur Relapse Records, celui-ci voit le retour de Ross Sewage dans la formation après dix-sept ans d’absence. C’est aussi le premier album d’Exhumed basé sur un véritable concept. Ce cinquième album (sans compter celui de reprise et la version 2015 de Gore Metal) s’intéresse ainsi aux cas de William Burke et William Hare, deux meurtriers ayant sévit en Ecosse au début du 19ème siècle.

En 1827, l’université médicale d’Edimbourg, entité alors mondialement reconnue pour la qualité des cours qui y sont dispensés, doit faire face à une pénurie de cadavres dédiés à l'étude et à l'enseignement de l'anatomie. L’abrogation de ce qui est communément appelé depuis le « Bloody Code » a en effet très largement limité le nombre de corps disponibles pour la science et en parallèle augmenté considérablement le nombre de crimes liés à ce qui est très vite apparu pour certain comme un business juteux (celui du pillages de tombes). C’est dans ce contexte que William Burke et William Hare vont sur une période d’environ un an assassiner au moins seize personnes tout cela dans le but de revendre les corps de leurs victimes au professeur Robert Knox (qui ne s’est vraisemblablement jamais douté de la provenance de ces derniers). Afin de mettre cette histoire en musique, Exhumed a choisi de tirer parti de ses trois chanteurs (qui apportent déjà en temps normal une diversité vocale bienvenue et tout à fait raccord avec le style pratiqué) afin d’incarner tout au long de ces quarante-quatre minutes différents personnages à travers un concept légèrement revisité pour les besoins de l’album.
Afin d’immerger encore davantage l’auditeur dans cette sordide histoire qui à l’époque avait fait grand bruit, le groupe a souhaité donner une dimension cinématographique à son œuvre. D’abord en demandant a Orion Landau de réaliser un artwork inspiré du cinéma d’horreur des années 70 et 80. L’artiste attitré des productions Relapse a même poussé le vice jusqu’à faire apparaître sur celui-ci ce qui ressemble aux pliures d’un poster papier. Matt Harvey et Matthew Widener (du groupe Cretin) se sont également chargés de réaliser une introduction et un interlude (ainsi qu’une conclusion disponible uniquement sur la version numérique de l’album) faisant là encore résonances avec le 7ème art et l’époque victorienne à laquelle se déroule l’intrigue (cordes et piano uniquement).

Passé comme un disque relativement quelconque lors de sa première écoute (ayant ainsi entraîné de ma part un sérieux manque de motivation pour y revenir), Death Revenge s’est finalement imposé par la suite comme un digne successeur des très bons All Guts, No Glory et Necrocracy. Car, en dehors de ce concept tout à fait nouveau pour Exhumed, du retour de Ross Sewage dont on se délectera du growl dégoulinant et de la présence d’un long titre instrumental tout à fait réussit (l’excellent « The Anatomy Act Of 1932 »), bien peu de choses permettent de différencier ces trois albums à la formule quasi-identique. Toujours très influencé par le Carcass de l’époque Necroticism... / Heartwork, Exhumed reprend à son compte l’essentiel de ce qui caractérisait le groupe anglais aux débuts des années 90. A l’aide d’une production soignée alliant puissance de feu et précision chirurgicale, les Américains rempilent pour ce qu’ils savent faire de mieux. Évidemment, tout ça n’a rien de bien nouveau ni même de très original mais très franchement, je vois mal comment il est possible de résister à un album de cet acabit quand on est sensible à ce genre de Death/(Gore)Grind mâtiné de passages Thrash. Le savoir-faire de chaque musicien est absolument indiscutable et rend chaque instant particulièrement plaisant et agréable. Entre ces mid-tempos savoureux (les débuts de "Defenders Of The Grave", "Dead End", "Lifeless" à 1:47, la première moitié de "Night Work", le break de "The Harrowing" à 2:00 et de "A Funeral Party" à 1:01, "The Anatomy Act Of 1832" à 5:17), ces cavalcades thrashisantes au groove redoutable ("Lifeless" à 0:26, "Dead End" à 1:04, le début d’"Unspeakable"), ces accélérations menées tête dans le guidon (et pour le coup ils ne font pas semblant) ("Defenders Of The Grave" à 1:19, "Dead End" à 0:38, "Night Work" à 1:50, "Unspeakable" à 0:27, "The Harrowing", "A Funeral Party"...), ces riffs incisifs et ultra efficaces ou ces solos hyper mélodiques tous les deux dotés d’un délicieux feeling carcassien ("Defenders Of The Grave" à 2:32, "Lifeless" à 2:34, "Dead End" à 2:51, "Unspeakable" à 2:12, "The Harrowing" à 2:36, "The Anatomy Act Of 1832" à 4:54, "Incarnadined Hands" à 1:58...), tout est une fois de plus savamment orchestré, ne souffrant d’aucune critique particulière.

Pour un album sur lequel je ne fondais pas beaucoup d’espoir après une première écoute bien peu concluante, Death Revenge se révèle finalement bien meilleur que ce à quoi je m’attendais. Car outre l’idée intéressante d’axer tout l’album sur une histoire relativement peu connue et tout à fait adaptée à l’univers d’Exhumed, le groupe fait preuve d’un vrai talent que ce soit en matière de composition ou bien dans l’exécution de ses morceaux. Bien sûr, on n’oublie pas que Matt Harvey doit ici tout à Carcass mais il serait injuste de ne pas voir chez le monsieur cette capacité à écrire d’excellents morceaux toujours diablement efficaces. Avec Death Revenge, les Américains poursuivent ainsi leur route sans grands bouleversements tout en s’autorisant quelques nouveautés qui méritent d’être soulignées. Et pour le coup, c’est plutôt bien joué.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

2 COMMENTAIRE(S)

Vincere citer
Vincere
07/01/2018 22:40
Même avis, on est loin du sommet du groupe (que je place à l'immense Slaughtercult) mais ça s'écoute très bien, un bon moment. La formule en place depuis Anatomy is Destiny, à savoir une prod très claire et l'abandon du côté goregrind pour un death plus traditionnel n'a pas bougé sur ce Death Revenge. Sympa à écouter mais il me restera pas en tête longtemps.
Jean-Clint citer
Jean-Clint
05/01/2018 13:02
note: 7.5/10
Pas le meilleur album du groupe c'est certain, et qui demande effectivement plus de temps que les précédents pour vraiment accrocher. Après plusieurs écoutes on se rend compte qu'il y'a quand même de très bons morceaux, même si peu deviendront des classiques, et surtout on a la sensation d'un plus gros recyclage qu'auparavant, néanmoins ça reste un disque agréable que l'on prendra plaisir à réécouter de temps en temps. Et mention spéciale pour la pochette absolument magnifique !

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Exhumed
Death Metal
2017 - Relapse Records
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (1)  7.5/10
Webzines : (10)  8.36/10

plus d'infos sur
Exhumed
Exhumed
Death Metal - 1990 - Etats-Unis
  

vidéos
Night Work
Night Work
Exhumed

Extrait de "Death Revenge"
  
Lifeless
Lifeless
Exhumed

Extrait de "Death Revenge"
  

tracklist
01.   Death Revenge Overture  (02:21)
02.   Defenders Of The Grave  (03:51)
03.   Lifeless  (04:00)
04.   Dead End  (04:57)
05.   Night Work  (03:21)
06.   Unspeakable  (03:47)
07.   Gravemakers Of Edinburgh  (01:35)
08.   The Harrowing  (03:58)
09.   A Funeral Party  (02:21)
10.   The Anatomy Act Of 1832  (07:28)
11.   Incarnadined Hands  (03:23)
12.   Death Revenge  (03:25)

Durée : 44:27

line up
parution
13 Octobre 2017

voir aussi
Exhumed
Exhumed
Necrocracy

2013 - Relapse Records
  
Exhumed
Exhumed
All Guts, No Glory

2011 - Relapse Records
  
Exhumed
Exhumed
Garbage Daze Re-Regurgitated

2005 - Listenable Records
  

Essayez aussi
The Forsaken
The Forsaken
Beyond Redemption

2012 - Massacre Records
  
Mercyless
Mercyless
Abject Offerings

1992 - Restless Records
  
Amethyste
Amethyste
Thrown off Balance

2004 - Autoproduction
  
Valgrind
Valgrind
Seal Of Phobos (EP)

2017 - Everlasting Spew Records
  
Scarve
Scarve
The Undercurrent

2007 - Listenable Records
  

Wallachia
Monumental Heresy
Lire la chronique
The Grotesquery
The Lupine Anathema
Lire la chronique
Poésique - MoM chronique Ustalost - The Spoor of Vipers
Lire le podcast
Ascension
Under Ether
Lire la chronique
Grimoire
A la lumière des cendres (R...
Lire la chronique
Tomb Mold
The Bottomless Perdition / ...
Lire la chronique
Balmog
Vacuum
Lire la chronique
Imindain
The Enemy of Fetters and th...
Lire la chronique
Target
Master Project Genesis
Lire la chronique
They Live | We Sleep
Self Harm (EP)
Lire la chronique
Mastodon
Emperor of Sand
Lire la chronique
Kalmah
Palo
Lire la chronique
Borgne
[∞]
Lire la chronique
Poésique - MoM chronique Warbringer - Woe to the Vanquished
Lire le podcast
Demonomancy
Poisoned Atonement
Lire la chronique
Visigoth
Conqueror's Oath
Lire la chronique
Skeletal Remains
Devouring Mortality
Lire la chronique
His Hero Is Gone
Monuments to Thieves
Lire la chronique
Ulsect
Ulsect
Lire la chronique
Antagonism
Thrashocalypse (EP)
Lire la chronique
Napalm Death
Mass Appeal Madness (EP)
Lire la chronique
Veiled
Black Celestial Orbs
Lire la chronique
Disembowel
Plagues And Ancient Rites
Lire la chronique
Black Witchery
Evil Shall Prevail (Compil.)
Lire la chronique
Napalm Death
Mentally Murdered (EP)
Lire la chronique
BLACK METAL Suisse ! (C'est une blague?)
Lire le podcast
Puteraeon
The Dunwich Damnation (EP)
Lire la chronique
Nocturnal Pestilence
Fire & Shade
Lire la chronique
Abigor / Nightbringer / Thy Darkened Shade / Mortuus
Abigor/Nightbringer/Thy Dar...
Lire la chronique
Target
Mission Executed
Lire la chronique