chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
44 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Katharsis - Kruzifixxion

Chronique

Katharsis Kruzifixxion
Pourquoi m'embêterais-je à chercher dans les légions noires ce que beaucoup semblent y trouver, alors que j'ai ce disque ? C'est une question que je me pose à peu près à chaque fois que j'écoute Kruzifixxion.

En effet, je retrouve ici ce que d'autres louent dans ce collectif « culte ». L'agression excessive ? Le son qui n'a pas d'autre objectif que d'être désagréable ? L'hystérie comme démarche de chaque instant ? Les Allemands de Katharsis ont tout cela sur cet album, au point d'y voir, au-delà d'un attachement revendiqué au black metal le plus pur, une réponse à une certaine période où le but était de s'éloigner le plus possible des notions d'harmonie, beauté et consorts.

Raison pour laquelle il a été, pendant longtemps, l’œuvre de la formation que j'appréciais le moins. Kruzifixxion n'a ni l'accroche de 666, ni la sauvagerie perpétuelle de VVorld VVithout End. Il est, sans surprise, un disque de black metal, dans ce que ce dernier peut avoir de plus pouilleux, abrasif, ridi-culte. En premier lieu par ce chant d'adolescent cherchant à faire peur, aigu et volontairement irritant. Mais également par ses morceaux longs et outranciers, acculant de vitesse effrénée mon cerveau attaché au doom. Violent, régressif, « harsh », oui, mais pourquoi faire ?

Force est de reconnaître que le temps (ainsi qu'une tristesse de ne plus voir Katharsis avoir une quelconque actualité) m'a fait considérer ces quarante-deux minutes sous une nouvelle nuit. Petit à petit, le crucifié fait son nid : c'est justement ce savoir-faire, que les Allemands ont eu dès leur début, qui fait la différence entre ce que l'on trouvera de bandes peinturlurées fanatiques des origines et eux. Il y a ces petites touches, ces emphases, une lead passionnée sur « The Last Wound », un clavier théâtral ouvrant le rideau des horreurs sur « Blood Stainth the Temple Stones ». Il y a surtout cette capacité incroyable à faire se sentir sorcière esseulée dans une forêt où maudire les fayots de la foi, la saleté comme maquillage, l'engeance comme discours. Cette voix, si elle n'est pas encore LA voix, possède en ces lieux une émotion palpable derrière l’extrémisme qui fait voir sa possession – inutile de dire par qui – comme une douleur, une brûlure du froid allant jusqu'au cœur.

Osons : pour tout acharné, jusqu'au-boutiste, répugnant que cherche à être Kruzifixxion, il devient au fur et à mesure un exemple de la poésie dont un certain black metal s'est fait l'écrivain, cette même grâce inversée que Lautréamont cherchait dans la noirceur absolue de ses chants, la grandiloquence de la laideur louée telle une muse. Plus que les quelques moments fondamentalement ravageurs contenus ici (raaaaah, « Painlike Paradise » !), c'est cette impression de geste continu, de plongée bornée dans la crasse, de bouffonnerie du macabre, de sarcasme établi comme seul à même de répondre aux boniments des bons sentiments qui fait le sel de cette musique. Katharsis, clairement, n'a jamais fait autre chose que se promulguer héraut de son style. Mais chaque longue-durée créé par sa main est un pas de plus vers la substantifique moelle, le blasphème dont on ne parviendra jamais à se laver. Logiquement, Kruzifixxion se dirige davantage vers cette forme de crime parfait que 666

...Et, logiquement, il la réussit un peu moins que VVorld VVithout End. Cela se joue à peu, quelques passages involontairement flottants, une raideur qui s'étiole le temps de quelques trop larges répétitions. Une fine marge de manœuvre où se dire que Katharsis ne mérite pas encore continuellement son nom, où ses envies de goule enveloppant le ciel de sa colère (criantes sur « Infernal Solar Vortexx ») se font encore un peu transparentes. Un détail, à remettre à l'échelle de ce groupe décidément pas comme les autres dans sa ferveur. Car, à ce stade, il ne lui restait plus qu'à usurper définitivement le trône et donner envie de rire avec lui contre tout et tout le monde, dans un monde sans fin.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

2 COMMENTAIRE(S)

Ikea citer
Ikea
11/03/2018 18:28
note: 8/10
AxGxB a écrit : Disco complète au passage. Bien ouej Clin d'oeil

Héhé, c'est l'argument qui m'a définitivement décidé à me lancer dans cette chronique Gros sourire
AxGxB citer
AxGxB
11/03/2018 22:32
note: 8.5/10
Je lui préfère aussi VVorld VVithout End m'enfin ça reste quand même selon moi de haute volée sur toute la ligne. Disco complète au passage. Bien ouej Clin d'oeil

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Katharsis
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (5)  7.9/10
Webzines : (2)  8.67/10

plus d'infos sur
Katharsis
Katharsis
Black Metal - 1994 - Allemagne
  

tracklist
01.   The Last Wound
02.   Painlike Paradise
03.   The Chosen One
04.   Blood Stainth the Temple Stone
05.   Luziferion
06.   Infernal Solar Vortexx (A Vision in Three Parts)

Durée : 42 minutes 13 secondes

line up
voir aussi
Katharsis
Katharsis
666

2004 - Norma Evangelium Diaboli
  
Katharsis
Katharsis
Fourth Reich

2009 - Norma Evangelium Diaboli
  
Katharsis
Katharsis
VVorld VVithout End

2006 - Norma Evangelium Diaboli
  

Essayez aussi
Death Like Mass
Death Like Mass
Jak Zabija Diabeł (EP)

2017 - Under The Sign Of Garazel Productions
  
Leviathan
Leviathan
True Traitor, True Whore

2011 - Profound Lore Records
  
Nuit Macabre
Nuit Macabre
Perversion de Dieu (EP)

2018 - Hypogea Invictus
  
Vreid
Vreid
Milorg

2009 - Indie Recordings
  
Krieg
Krieg
The Isolationist

2010 - Candlelight Records
  

Gutted
Bleed For Us To Live
Lire la chronique
Trop Hard Pour Toi #3
Electric Shock + Mindless S...
Lire le live report
Black Metal : les noms de groupe (de merde)
Lire le podcast
Slaughterday
Abattoir (EP)
Lire la chronique
At The Gates
To Drink from the Night Itself
Lire la chronique
Spell of Dark
Journey into the Depths of ...
Lire la chronique
Cardiac Arrest
A Parallel Dimension Of Des...
Lire la chronique
The Body
I Have Fought Against It, B...
Lire la chronique
Drudkh / Paysage D'Hiver
Somewhere Sadness Wanders (...
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 11 - Monsieur Steele et le bain d'acide.
Lire le podcast
Bloodbark
Bonebranches
Lire la chronique
Utzalu
The Loins Of Repentance
Lire la chronique
Cor Scorpii
Ruin
Lire la chronique
Chevalier
A Call To Arms (EP)
Lire la chronique
Valgrind
Blackest Horizon
Lire la chronique
Ennoven
Redemption
Lire la chronique
Orsak:oslo
Nordstan (EP)
Lire la chronique
Taphos
Come Ethereal Somberness
Lire la chronique
Brouillard
Brouillard
Lire la chronique
Aorlhac pour l'album "L'esprit des Vents"
Lire l'interview
Order Ov Riven Cathedrals
The Discontinuity's Interlude
Lire la chronique
Sakrifiss rencontre Noktu (Mortifera / Celestia / Bleu, blanc Satan...)
Lire l'interview
Wombbath
The Great Desolation
Lire la chronique
Blitzkrieg
Judge Not!
Lire la chronique
Amzera
Amzera (EP)
Lire la chronique
Gontyna Kry
Ignipoten
Lire la chronique
Cult Of Occult
Anti Life
Lire la chronique
Ulver
The Assassination of Julius...
Lire la chronique
Pryapisme
Epic Loon
Lire la chronique
NORTH OF THE WALL 2018
Abyssal + Bismuth + Bölzer ...
Lire le live report