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Nervosa - Downfall of Mankind

Chronique

Nervosa Downfall of Mankind
C'est douloureux.
Souvenez-vous : pour NERVOSA, j'avais été plutôt enthousiaste, après les avoirs vues en concert l'année dernière, j'avais chroniqué coup sur coup Victim of Yourself et Agony. Si le premier m'avait laissé sur ma faim, avec une musique qui peinait à trouver un ensemble pertinent et fort malgré quelques tubes bien sentis, le deuxième m'avait plutôt emballé, et j'étais confiant en voyant que des efforts avaient été apportés quant à la rigueur dans les transitions, la volonté de groover sec avec des riffs accrocheurs et marqués et, surtout, un allègement de la longueur de morceaux qui étaient beaucoup trop longs auparavant.
Parce que NERVOSA, sur leur premier album, avait énormément de mal à faire concis, et ça se répétait pas mal.
J'avais donc dit qu'avec cette progression, le trio était pressenti à proposer une nouvelle fournée encore plus redoutable d'efficacité.

Je le répète : c'est douloureux. Et assez incompréhensible.
Dès les premières notes, j'ai senti un retour au style brut, direct et sans concession du premier, sans vraie mélodie marquante. Perso, au bout de 2 minutes j'en ai déjà marre. L'ensemble de l'album semble se faire en mode automatique sur le schéma suivant : - intro de quelques secondes pour faire genre
- un riff qui se veut agressif sous une batterie crispée et crispante qui reste bloquée sur la caisse claire, alors que la basse fait juste une base
- un couplet où ça crie pour faire vicieux et hargneux mais en fait non
- des refrains où on se contente de brailler le nom du morceau
- on change de plan mélodique sans trop se mouiller non plus
- un solo qui fait se dire « ah, pas mal là »
- et retour sur la bouillasse basée sur les deux plans qu'on a déjà entendus, tu fais ça deux fois et voilà ton morceau de 4 minutes bien calibré façon NERVOSA.

Ça me fait mal de balancer ce genre de choses, mais rien ne vient contredire ce genre de schéma ! Dès « Nerver Forget, Never Repeat », tu as tout ce qui me dérange dans ce disque : ça tourne en rond dès la première minute à cause de ces riffs mous et sous-mixés. Quand ça doit envoyer, ça manque de punch à cause d'une caisse claire omniprésente et envahissante, et quand ça doit être plus mid-tempo, l'ensemble ne percute pas, ça manque de groove.
En revanche, les solos jouissent d'un soin particulier, ils sont bien fichus et utilisent des effets pour ajouter de la diversité, comme des échos, de la réverb etc. Mais les parties instrumentales pour faire jonction , quant à elles, sont utilisées ad nauseam. Non, mais 4 minutes 40... En 2 minutes 30 c'était plié ! Tu le sens lorsqu'à 2:18 le blast semble totalement artificiel, il est juste là pour répéter le premier couplet.
Puis, mince, niveau lyrics ça tourne en rond autour des mêmes thèmes sur l'ensemble de leur discographie, mais également dans l'album c'est « bah on répète un couplet, pas de problème, et le refrain sera juste un mot ou une phrase, c'est dans la boîte ». C'est ce que tu trouves dans « Vultures »... Bon sang ce refrain... « Vultuuuures ! Vultuuuuures ! » … Sans commentaires : c'est tout ce que j'aimais pas chez NERVOSA dans Victim of Yourself. Malgré la touche pseudo-Thrash Black à un moment, ça ne prend pas, ça reste brouillon, on a deux-trois idées qu'on enchaîne encore et encore. La nausée.

Je parlais des solos. Ils sont bons pour la plupart, y a pas à dire. Mais ils sont coincés dans un marasme bordélique et répétitif. Si « Horrordome » n'est pas mauvaise, car ça balance bien et la basse ajoute une touche, je trouve que ça manque de structure forte, quand bien même la guitare essaie d'apporter une touche massive (sans compter le refrain, hein, on fait que gueuler le nom du morceau...).
Idem pour toutes les quelques bonnes idées qui arrivent : elles sont noyées dans le reste. Dans « Fear, Violence and Massacre », l'intro fonctionne et dès que ça chante, ça m'est insupportable : ce son de batterie, je ne m'y fais pas, c'est trop mécanique, sans aucune forme de diversité ni de variation. Ça passe d'un plan à l'autre de façon crispée. Je n'y trouve aucune fluidité, moi qui apprécie la double qu'on peut décortiquer, les descentes de toms fracassantes et le tchouka-tchouka qui donne du groove à l'ensemble. Ce que peut faire une batterie issue de HEATHEN ou KREATOR old-school.
Puis les parties où l'instru reste sur un même plan alors que le chant vient, s'arrête et reprend sans que ça ne bouge derrière : faîtes au moins semblant d'en avoir quelque chose à faire ! C'est typiquement le genre de phases que je trouve paresseuses.

Voilà, je dirais que « paresseux » est le mot. Alors, l'ennui et la somnolence m'envahissent à l'écoute de ce Downfall of Mankind. Tout s'enchaîne sans que l'on se sente impliqué, comme « Enslave » et son Thrash straight-forward sur l'auto-route, bien lissé pour éviter les à-coups, à cause d'une redondance dans l'écriture, de la basse qui fait rien de spécial et l'absence de rythmiques fortes. Ça veut tenter le Thrash brutal, avec une mise en place en montée et voilà le pay-off avec du blast, mais je n'y crois pas un seul instant, je n'arrive pas à ressentir quoi que ce soit. C'est sensé monter : pour moi ça reste au même niveau. Car cette montée en blast ne conduit pas à quelque chose d'autre ou de différent, le chant reste statique, l'instru dans la même constante. Quand ça monte, je veux du changement. Rien ici. Et le solo qui vient au pif, dommage car il est bon ! Et on en vient à un headbang part aussi gratuit que peu efficace : ben ouais, je m'ennuie moi.
Alors, ça va essayer une touche Crossover dans « ...And Justice for Whom ? », avec une gratte légèrement Punk Hardcore. On aura enfin la voix de la guitariste pour ajouter une dose de hargne et d'agressivité. Seulement, c'est trop long, tu allais jusqu'au solo, après tu allais vers une autre rythmique plus vénère, en deux minutes c'était parfait. Mais non, on refait un couplet, un refrain et on fait traîner … Quel dommage !

Je comprends l'intention de vouloir être direct et vicieux (la fin de Vultures notamment), le tout sans concession – et ceux qui aiment le Thrash qui se fout de la composition pourront trouver leur compte là-dedans, même si je trouve la prod molle au possible. Mais c'est juste maladroit, ça s'embourbe tout seul, les idées semblent jetées comme ça sans lien solide, comme dans « Kill the Silence », il y a des éléments qui auraient pu fonctionner, mais non, ça s'écroule, surtout avec ce finale ridicule.
Cet album, pour moi, c'est une expérience ratée, un pantin désarticulé : sans colonne vertébrale avec des mélodies bien fichues et des transitions solides, ça se tient de manière peu assurée, gesticulant sans trop savoir quoi faire de sa structure malléable et fragile. Il y en a sans doute qui vont apprécier ce côté « je m'en foutiste », et se dire « voilà un groupe qui ne triche pas ». Ouais, c'est comme un gamin qui rend copie blanche, le sourire aux lèvres : ce disque est provocateur, dans le sens où, tandis que le Thrash revival nouvelle vague peut être complexe et riche, là il fait le service minimum.
Mais quand ça fait deux fois qu'on dit « c'est pas mal, mais tu peux faire mieux » et le troisième coup c'est fait avec encore moins de rigueur, eh bien tu lâches prise. C'est simple, cet album m'a fatigué, le chroniquer a été une épreuve : dès le premier titre j'ai voulu abandonner. C'est une réelle déception.
Écoutez AFFRONT ou les antibois de SWARM, niveau Thrash qui tabasse et qui groove, c'est bien plus agréable et varié.


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2 COMMENTAIRE(S)

MoM citer
MoM
03/06/2018 14:29
Tu as tout à fait raison : c'est bruyant, mais ça bouge rien du tout.

Comment j'ai fait ? J'ai arrêté au bout de dix minutes, j'ai repris le lendemain matin, je faisais autre chose pendant l'écoute, j'ai écouté une troisième fois en essayant d'être attentif. C'était douloureux, comme j'ai dit Gros sourire
Mais j'avais tellement envie d'envoyer paître le disque... Mais bon, je m'étais engagé, je ne pouvais pas "faillir à ma tâche" Clin d'oeil

Le bon point : j'ai parlé de Swarm, qui est un groupe que j'ai rencontré en concert dans ma région, des gars adorables et investis. Je vais les chroniquer un jour ou l'autre Clin d'oeil
Deathrash citer
Deathrash
03/06/2018 13:51
Mais que c'est mauvais...
Je sais pas comment tu as fait pour tenir jusqu'au bout, analyser un minimum et chroniquer cette bouse.
La prod est naze (mention spéciale à la batterie), le chant insupportable, les riffs sont juste bruyants.
D'ailleurs c'est le mot qui défini le mieux cet album : "bruyant" plus que réellement violent. Ça bourre dans le vide et ça brasse de l'air.

Contrairement à toi je n'ai jamais été convaincu une seule fois par Nervosa. Mais la, faire pire que les deux autres albums, c'est juste prodigieux.
Camion blanc devrait sortir un bouquin "comment faire du mauvais Thrash" avec Nervosa en invité principal.

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Nervosa
Thrash metal
2018 - Napalm Records
notes
Chroniqueur : 4/10
Lecteurs :   -
Webzines : (3)  7.1/10

plus d'infos sur
Nervosa
Nervosa
Thrash metal - 2010 - Brésil
  

nouveaute
A paraître le 1 Juin 2018

tracklist
01.   Intro  (01:12)
02.   Horrordome  (03:17)
03.   Never Forget, Never Repeat  (04:40)
04.   Enslave  (03:15)
05.   Bleeding  (03:47)
06.   ... And Justice for Whom?  (03:34)
07.   Vultures  (04:09)
08.   Kill the Silence  (03:29)
09.   No Mercy  (03:40)
10.   Raise Your Fist!  (04:04)
11.   Fear, Violence and Massacre  (03:35)
12.   Conflict  (02:59)
13.   Cultura do Estupro  (03:10)
14.   Selfish Battle  (03:26)

Durée : 48:17

line up
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