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Sick Of It All + Shai Hulud + All For Nothing

Live report

Sick Of It All + Shai Hulud + All For Nothing Le 25 Octobre 2011 à Paris (La Maroquinerie)
25 ans de Hardcore ça se fête. Et pour se faire, les New-Yorkais de Sick Of It All se sont embarqués dans une tournée Européenne d’une vingtaine de dates en compagnie de Shai Hulud et All For Nothing. Après un passage en 2010 à l’Olympia en ouverture de Dropkick Murphys, la bande des frères Koller était de retour à La Maroquinerie, cette fois-ci en tête d’affiche pour une soirée qui s’annonçait d’ors et déjà absolument dantesque.

Pourtant ce n’était pas gagné d’avance. En effet, il n’est jamais facile d’ouvrir pour une tête d’affiche à la réputation solidement ancrée. Pourtant les Hollandais de All For Nothing n’ont pas du tout démérité. Malgré un parterre plutôt timide et clairsemé, le groupe est tout de suite rentré dans le vif du sujet, en partie grâce à une frontwoman énergique et bien décidée à mettre l’ambiance. Musicalement, rien de neuf à se mettre sous la dent, All For Nothing propose un hardcore standard plutôt orienté old school avec son lot de mosh part et de sing along. Malgré tout, le public présent semble accrocher et répond plutôt positivement aux sollicitations de Cindy qui se démène pour mettre l’ambiance sur scène en balançant du kick dans tous les sens. Les deux/trois premiers titres du show sont entachés par quelques problèmes de son. La guitare lead peine à se faire entendre, du coup les morceaux n’arrivent pas tout à fait à convaincre. Il est clair qu’il manque l’essentiel des mélodies et cela se ressent. Malgré tout ces problèmes de son finissent finalement par disparaitre, donnant enfin plus de poids aux morceaux du groupe Hollandais. La sauce commence alors à prendre et le public commence à son tour à s’échauffer à base de petit circle pit, moulinets et autres pizzaïolo moves. Malgré le manque d’originalité, l’esprit est bon enfant et Cindy prend du temps entre chaque morceau pour remercier le public de s’être déplacé pour soutenir la scène Hardcore. Un discours simple que j’ai perdu l’habitude d’entendre mais qui fait quand même chaud au cœur. Au bout de 35 minutes, All For Nothing tire sa révérence après une prestation sincère et efficace qui aura eu le mérite de mettre le public en chauffe.

Si Sick Of It All était indiscutablement la tête d’affiche de cette soirée, nul doute que Shai Hulud était également très attendu. Ce groupe mythique originaire de Floride n’a fait que très peu de passage en France et leur dernière venue à Paris remonte à 2004 (si je ne me trompe pas) à la Péniche Alternat. Autant dire que cela faisait une éternité. Pour ma part, je les avais vus à la même année lors de leur passage au Fury Fest. Hier était donc l’occasion rêvée pour moi de les voir dans un cadre un peu plus "intime". Je dois dire que cela faisait un baille que je n’avais pas écouté Shai Hulud et je le regrette. Leur prestation d’hier soir a vraiment été excellente. La musique des Floridiens transpire le Hardcore de la fin des années 90. Un Hardcore tantôt mélodique tantôt metallique avec ces sonorités typiquement floridiennes. Le groupe enchaine les tubes et le public le leur rend bien. Plus nombreux que pour All For Nothing et aussi plus motivé, l’ambiance s’électrice à tel point qu’un début de bagarre pointe le bout de son nez. Une bagarre très vite arrêtée mais qui rappelle à quel point ce genre de comportement peut pourrir une soirée. D’ailleurs le groupe ne manquera pas de faire ensuite un petit laïus sur le sujet, sans pour autant passer pour des moralisateurs. La testostérone redescendue à un niveau acceptable, la bonne ambiance reprend le dessus. La température commence à monter au fur et à mesure que Shai Hulud enchaine les morceaux. Comme All For Nothing, on sent que le groupe est content d’être là ce soir. Ainsi chaque membre du groupe se donne ainsi à 100%. Que dire de plus si ce n’est que le groupe a mis l’ambiance grâce à un Hardcore puissant et là encore vraiment sincère. De mon côté, cela m’a donné envie de me replonger dans la discographie de ce groupe majeur.

Alors que la passation de pouvoir entre All For Nothing et Shai Hulud n’avait durée qu’une petite dizaine de minutes, Sick Of It All s’est fait un petit peu désirer, nous faisant ainsi attendre environ 25 minutes. Mais impossible de leur en vouloir tant leur prestation restera dans nos mémoires. Le set débutera par une petite intro suivi de "It’s Clobbering Time" tiré de leur premier album. Présent en Europe pour célébrer leurs 25 ans de carrière, les New-Yorkais nous proposerons ainsi une set list variée piochant dans l’intégralité de leurs albums. Just clin d’œil à leur carrière, le groupe enchaine avec le très bon "Built To Last". L’ambiance à ce moment du set est déjà incroyable. A peine arrivée sur scène, les gens ont commencé à s’approprier la scène, slammant les uns après les autres. Lou Koller dans son petit polo rouge à une classe incroyable alors que son frangin à crête blonde n’arrête pas de sauter dans tous les sens, sur lui-même ou alors à coup de high kick comme il sait si bien le faire. Le groupe poursuit avec "Take The Night Off" et son refrain fédérateur : "Let’s Celebrate That We Don’t Give A Fuck, Let's Celebrate That We Don't Give A Shit" scandé par toute une salle complètement dédiée à la cause des New-Yorkais. Comme les deux groupes venus les supportés, Sick Of It All est extrêmement content d’être présent ici en France. Lou Koller s’étonnera d’ailleurs à plusieurs reprises de voir autant de monde réunis pour un mardi soir.
Alors que le temps semble passer à une vitesse folle, l’intensité ne baisse pas d’un poil. Sick Of It All enchaine tube sur tube avec une énergie incroyable. Après 25 ans de carrière, de tournée dans des petits clubs, dans des grosses salles, dans des tours bus étroits etc… Sick Of It All n’a rien perdu de sa motivation, de son énergie et de sa bonne humeur. Et aujourd’hui comme hier son discours reste le même. Respect, sincérité, honnêteté, amitié. Des valeurs positives. Lou Koller dira d’ailleurs une chose très juste : "It’s ain’t about money, it’s ain’t about fame, it’s just about music".
Puisque c’est à eux qu’on le doit, nous n’échapperons pas au classique Braveheart de la soirée. Un grand classique pour Sick Of It All qui le propose toujours avec autant de plaisir. Un catalyseur pour l’ambiance de fin de set, histoire de garder tout le monde bien dans le bain. Les slams continuent de pleuvoir avec quelques spécimens rares qui feront rires tout le monde, a commencer par les membres de Shai Hulud postés sur le côté gauche de la scène. Je dois dire que la jeune fille en jupe et en collants résille n’avait pas froid aux yeux. D’ailleurs, il semblerait qu’elle ait tapé dans l’œil de Craig Setari à en croire les petits sifflements au micro.
Malheureusement il est déjà presque l’heure de se quitter. C’est donc en beauté que Sick Of It All tirera sa révérence, quittant la scène après quelques classiques tels que les redoutables "Scratch The Surface" , "Good Looking Out" et évidemment le très dansant "Step Down".

25 ans de carrière c’est long et terriblement éreintant. Mais étrangement le temps ne semble pas avoir eu de prise sur le gang des frères Koller. Et malgré de très bons albums il est indiscutable que Sick Of It All reste un groupe taillé pour la scène. Son énergie et son discours positif en font un groupe incontournable capable de mettre l’ambiance à chaque concert.
Et si Lou Koller remerciera le public de leur avoir donné une vie pendant 25 ans, le public en retour n’aura pas manqué ce soir de prouver à quel point Sick Of It All a encore de beaux jours devant lui. Hardcore Still Lives !

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