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Netherlands Deathfest 2016 - 3ème Jour

Live report

Netherlands Deathfest 2016 - 3ème Jour AntropomorphiA + Asphyx + Autopsy + Beheaded + Blind To Faith + Cenotaph + Coffins + Decimation + Demilich + Entrails + Entrails Massacre + Funebrarum + Gadget + Gruesome + Interment + Morpheus Descen
Le 28 Février 2016 à Tilburg, Pays-Bas (013)
Voilà la journée que tous les deatheux attendaient. Le meilleur pour la fin en somme, même si la journée d’hier a été très sympathique, tout comme le vendredi dans une moindre mesure. Mais c’est bien ce dimanche qui allait s’avérer la journée la plus chargée, avec des enchaînements de groupes à n’en plus finir!
(Keyser)


BLIND TO FAITH - 13h30-14h00 (013 Second Stage) :

Difficile d’être à l’heure lorsque le premier concert de la journée auquel on souhaite assister à lieu à 13h30. Difficile d’être à l’heure quand en plus il faut faire bouger un groupe de presque dix personnes qui n’a encore rien avalé. Difficile enfin d’être définitivement à l’heure quand à quinze minutes de l’échéance arrive votre pizza gorgonzola noix et miel. Bref, bravant tous les interdits de la bienséance nutritive, j’avale ma savoureuse pizza et mon eau pétillante en un peu plus de dix minutes. Ce qui nous laisse le temps, à moi et deux de mes compères, d’arriver presque à l’heure pour assister au concert des Belges de BLIND TO FAITH. Ouf... Je n’ai maintenant plus qu’à laisser mon estomac travailler et apprécier les presque trente minutes de cette prestation bien musclée. Formé en 2008, BLIND TO FAITH compte dans ses rangs quelques anciens membres de la scène Hardcore belge dont un certain Vince qu’on a déjà pu croiser au sein des regrettés Rise & Fall. On retrouve également, et j’en suis plus étonné, le bassiste des Hollandais d’INHUME (torse-nu avec sa grosse barbe et sa chaine en guise de sangle). Mais au-delà de ce line-up que je ne soupçonnais pas, le moins que l’on puisse dire c’est que le groupe a ouvert les hostilités avec beaucoup d’énergie, délivrant au public un Hardcore metallique d’excellente facture entre séquences expéditives menées le couteau entre les dents et passages plombés parfait pour mosher ou frapper le sol du pied comme un demeuré. Rien d’original dans la recette déployée par BLIND TO FAITH mais peu importe tant l’énergie, la passion et la qualité des riffs suffisent à faire passer au public un excellent moment en guise de préambule à cette ultime journée qui ne sera pas de tout repos. Les Belges vont passer au crible leur courte discographie, proposant ainsi pêle-mêle des titres issus de leur premier album intitulé The Seven Fat Years Are Over ainsi que quelques autres tirés soit du EP Under The Heptagram soit du split avec Gehenna. Une entrée en matière qui aura su marquer les esprits. Keyser a même acheté leur compilation CD, c’est vous dire.
(AxGxB)

Avant de s’attaquer au death metal, le jour du Seigneur s’ouvrait sur un groupe de hardcore, BLIND TO FAITH, dont on m’avait vanté les mérites. Pourquoi pas commencer la journée avec eux alors ! Une bonne idée puisque les Belgo-Néerlandais m’ont rapidement convaincu avec leur hardcore métallisé mal embouché de ruelles sombres. Pas vraiment de mosh parts ni de rythmiques rapides ici mais des riffs noirs plombés et un chant criard haineux qui montrent que le combo n’est pas là pour rigoler. Ça passe nickel en ce début d’après-midi et ça met déjà bien en forme pour la suite des événements. À noter la présence du bassiste de Inhume dans les rangs du groupe.
(K)


ENTRAILS MASSACRE - 14h30-15h00 (013 Second Stage) :

On continue sur la 2nd Stage, la grande scène ne démarrant les hostilités qu’à partir de 15h. Fini le hardcore qui n’aura fait qu’une brève apparition, c’est parti pour le death metal. Du death/grind pour être précis, délivré avec un bon son par ces Allemands motivés et contents d’être là. Pour un groupe formé en 1990 et dont je n'avais jamais entendu parler, ça fait plaisir. Si je n’ai pas retenu grand-chose des compositions, la prestation assez intense de la formation fut suffisamment prenante pour rester les voir un moment avant de retrouver la Main Stage.
(K)


CENOTAPH - 15h00-15h30 (013 Main Stage) :

Première fois que je voyais les Turcs en live! Je connais très mal la discographie de ces vétérans mais leur dernier album m’avait bien botté dans le genre brutal death US vaguement technique, d’autant que c’était le prodige Lille Gruber de Defeated Sanity qui avait enregistré les parties de batterie. L’Allemand n’est plus dans les rangs mais le batteur turc s’en est plutôt bien sorti. Comme ses autres collègues d’ailleurs, qui ont balancé leur brutal death avec une grande maîtrise, à base de semi-blasts nerveux, de séquences grasses limite slammy, d’harmoniques sifflées et de growls ultra gutturaux de l’imposant frontman Batu Çetin, seul membre originel de la formation. On ne comprend pas grand-chose à ce qui se passe malgré le son très correct, le style de CENOTAPH restant complexe, répétitif et donc hermétique (surtout en live!) mais on s’en prend plein les oreilles, suffisant pour me faire passer un bon moment même si j’aurais aimé reconnaître les morceaux et être davantage aspiré par la brutalité. J’avais qu’à réviser après tout!
(K)


BEHEADED - 15h30-16h05 (013 Second Stage) :

Piano, piano... Si le début de journée est plutôt cool, la fin réserve par contre quelques enchainements bien corsés. Du coup, je m’autorise une heure et demie tranquille pour profiter du soleil à l’extérieur de la salle et me délecter du spectacle de quelques français déjà bien imbibés s’adressant avec sérieux à un pigeon qui n’a rien demandé ou se lançant avec brio dans la déclamation sonore des meilleurs passages de "C’est Arrivé Près De Chez Vous". Mais comme les blagues les plus courtes sont aussi les meilleures, je décide finalement de rentrer dans la salle pour aller voir le show des Maltais de BEHEADED. Sans surprise, la Second Stage est déjà bien remplie alors que le concert n’a même pas encore débuté. Heureusement, nous n’aurons pas trop à attendre puisque quelques minutes plus tard, le groupe arrive sur scène pour livrer ce Brutal Death qui a fait sa renommée. C’est la première fois que je voyais sur scène BEHEADED et une chose est sûre, le groupe connait son sujet. Fort d’un charisme assez naturel, Frank Calleja mène la messe avec énergie et conviction, prenant le temps d’introduire chaque morceau et de remercier le public d’être présent en nombre. Que l’on aime ou pas ses vocalises (growl plus arraché que guttural), ce dernier fait un excellent travail de frontman et insuffle pas mal de dynamisme à la musique des Maltais. BEHEADED nous gratifiera également de deux ou trois nouveaux morceaux à paraître sur leur prochain album. Des titres particulièrement encourageants qui laissent espérer le meilleur pour la suite (qui se fait attendre, Never To Dawn datant déjà de 2012). Bref, BEHEADED a livré un set de Brutal Death moderne, compact et ultra efficace marqué par un son d’une puissance toujours aussi hallucinante (une réelle constante en ces lieux), une énergie palpable et des compositions au riffing sacrément bien ficelé et particulièrement sombre.
(A)

J’ai eu du mal à rentrer dans le set des Maltais mais une fois dedans, putain que j’étais bien ! Ce, grâce à un son très satisfaisant et un frontman en forme qui menait très bien sa barque malgré les critiques que l’on peut entendre sur son chant, pas assez guttural pour certains. Pour moi au contraire, je trouve que ça change de tous ces groupes interchangeables aux borborygmes sans puissance. Et de la puissance, BEHEADED en a à revendre! Le combo a en effet délivré une prestation des plus énergiques réunissant tous les ingrédients d’un bon brutal death, à savoir de la vitesse et de la brutalité (blasts!), du groove, de la technique et de la mélodie, aspects que maîtrisent très bien le combo qui n’est pas né de la dernière pluie. Les Méditerranéens nous ont même offert trois nouveaux morceaux qui annoncent un album dans la veine de leur excellent petit dernier Never To Dawn, leur meilleur en ce qui me concerne. De quoi mettre en appétit avant sa sortie prévue dans le courant de l’année chez Unique Leader.
(K)


MORPHEUS DESCENDS - 16h00-16h40 (013 Main Stage) :

Après plusieurs années de silence, les Américains de MORPHEUS DESCENDS ont récemment repris du service, notamment sous la houlette du label Dark Descent Records chez qui est sortie une compilation regroupant la quasi-totalité de leur discographie. Un bel objet retraçant la carrière quelque peu chaotique de ce groupe new-yorkais actif entre 1990 et 1998. Il s’agit d’ailleurs pour le groupe de leur premier passage en Europe. Une aubaine pour quiconque s’intéresse à ces groupes méconnus des années 90 qui peuplent les bas-fonds de l’underground. Il est donc impensable que je passe à côté de cette première fois. Pour cela, direction la Main Stage et ses dimensions toujours aussi folles (rares sont les occasions de faire de concerts dans des salles aussi grandes). Bien entendu, celle-ci est loin d’être remplie. Néanmoins, nombreux sont les curieux à venir y jeter une oreille ou deux probablement interpellés par ce nom assez peu familier. Pour cette première venue sur le territoire européen, ce n’est pas Craig Campbell, chanteur officiel du groupe, qui a fait le déplacement mais un certain Tim Rocheny du groupe Mausoleum (dont on retrouve également deux autres membres ici). Un intérim opéré sans que l’on en connaisse la raison même si on peut très bien l’imaginer (santé, professionnelle, personnelle...). Quoi qu’il en soit, MORPHEUS DESCENDS a fait très bonne impression, livrant un Death Metal typiquement new-yorkais avec ces accélérations rapides et ces séquences bien plus écrasantes mais non dénuées de groove. Derrière le micro, Tim Rocheny paraît extrêmement calme et réservé, s’exprimant envers le public avec retenu. Pour autant, lorsqu’il s’agit de growler, ce dernier n’a strictement rien à se reprocher et surtout fait très vite oublier l’absence de Craig Campbell. MORPHEUS DESCENDS livrera ainsi un peu moins d’une dizaine de titres, proposant de revenir sur son unique album sorti en 1992 avec des titres tels que "Corpse Under Glass", "Immortal Coil", "Proclaimed Creator" ou "Trephanation" mais aussi de s’intéresser à des compositions plus récentes comme avec "The King's Curse" tiré du EP From Blackened Crypts sorti l’année dernière sur Dark Descent Records. Finalement, le seul défaut de cette prestation concerne peut-être l’attitude extrêmement réservée de chacun des musiciens. Il y a bien quelques balancés de cheveux mais tout cela manque peut-être un peu d’intensité et de passion (même si on peut comprendre que ce n’est pas évident quand on remplace quelqu’un au pied levé dans un groupe qui fait relativement peu de concerts et dont l’activité a repris il y a seulement quelques mois).
(A)

Alors ça, c’est un événement auquel je ne pensais jamais assister! MORPHEUS DESCENDS en live! Pas que les Américains fassent partie des meilleurs groupes de death metal mais leur nom évoque tout de même une certaine époque (le début des années 1990) et une certaine scène underground réservée aux spécialistes. MORPHEUS DESCENDS, c’est le genre de groupes UG ni génial ni mauvais mais culte parmi les cercles d’initiés. Voilà tout l’intérêt de voir reprendre le Neurotic Deathfest par les mecs du Maryland Deathfest, pouvoir ramener des formations américaines que l’on n’aurait jamais eu l’occasion de croiser de ce côté de l’Atlantique. La sortie récente du coffret From Blackened Crypts sur Dark Descent Records suite à la reformation du groupe en 2013 était une bonne occasion de se rappeler au bon souvenir de MORPHEUS DESCENDS dont l'unique full-length Ritual Of Infinity reste bien coté en se négociant à des prix élevés. Et le show de MORPHEUS DESCENDS fut bien l'un des événements marquants de cette dernière journée. Si on reste loin de la qualité d'autres combos US cultes comme Incantation ou Immolation, MORPHEUS DESCENDS n'a pas démérité avec son death metal forcément old-school, sombre et imposant, auréolé de ce côté lourd typique de la scène de la côté Est des États-Unis (New-York). Pas très rapide donc (quoique ça envoie quand même pas mal par moments!) mais musclé, noir et efficace. Le frontman a aussi eu le mérite de s'adresser au public, ce que beaucoup ne font pas. Bonne musique, musiciens sympathiques, bon son, bonne ambiance dans la fosse (le groupe était attendu par les connaisseurs!), c'est ce qu'on appelle un show réussi, le tout premier en terre européenne pour le combo. On aurait juste apprécié une bonne heure au lieu d'à peine trois quarts d'heure pour ce groupe que l'on n'est pas près de revoir!

Setlist:

Corpse Under Glass
Trephanation
Begging For Possession
The King's Curse
Proclaimed Creator
Cairn Of Dumitru
Immortal Coil
The Cruciform Hills
(K)


DECIMATION - 16h35-17h10 (Patronaat) :

Gig de MORPHEUS DESCENDS oblige, DECIMATION a déjà bien entamé son set lorsque j'arrive au Patronaat, pour une fois désert. Il est vrai que les Turcs signés chez Comatose Music ne sont pas très connus malgré de bons retours sur leurs deux derniers opus. Personnellement, je n'avais pas été scotché par Anthems Of An Empyreal Dominion en 2010, trouvant qu'il manquait quelque chose au brutal death du combo d'Ankara (une production moins synthétique déjà!) malgré une ébauche de personnalité et une maîtrise technique certaine. J'avais du coup fait l'impasse sur leur dernière œuvre Reign Of Ungodly Creation (2014). Malheureusement, ce n'est pas ce concert qui me donnera envie de me replonger dans la musique des Turcs. La faute à un son une nouvelle fois brouillon et gavé de basse dans cette salle qui décidément n'aura pas proposé des conditions exceptionnelles. Le style des Ottomans, qui plus est très statique et sans charisme, étant plutôt technique, impossible de tirer quelque chose de cette bouillie.
(K)


GRUESOME - 17h05-17h50 (013 Main Stage) :

Si GRUESOME n’a rien inventé, piquant ainsi tous ses gimmicks à l’un des groupes ayant le plus influencé la scène Death Metal, j’étais sûr d’une chose, c’est que je passerai un excellent moment en compagnie de Matt Harvey et ses acolytes. Fort d’un premier album qui m’a fait forte impression (bien qu’il ne s’agisse que d’un "simple" ressucé de Death période Leprosy et Spiritual Healing), j’avais particulièrement hâte d’assister à ce tout premier concert en Europe. Aidé par un son toujours aussi précis et puissant, GRUESOME va ainsi passer quarante-cinq minutes à rendre hommage à Chuck Schuldiner et Death de la plus belle des manières, livrant au public du Netherlands Deathfest une musique directement inspirée par le célèbre groupe floridien. Bien conscient de surfer sur l’héritage laissé par Evil Chuck, Matt Harvey passera le plus clair de son temps à s’excuser humblement de ne proposer là qu’un "sous-produit" à peine digne des maîtres floridiens. Mais peu importe car GRUESOME maîtrise pleinement son sujet et le mimétisme est aussi saisissant en live que sur album. Fermez les yeux et vous voilà presque transporté à un concert de Death au début des années 90. Les Américains ne comptant qu’un seul album à leur actif, ils vont livrer en ce dimanche après-midi la quasi-totalité des huit titres y figurants. Seul manque à l’appel le pourtant excellent "Psychic Twin". Quel pied d’entendre ce riffing old school si particulier empreint de ces mélodies à vous hérisser le poil ou cette voix abrasive calquée à la perfection sur celle de Chuck Schuldiner. En effet, rien de très original mais un savoir-faire et une efficacité de tous les instants qui font du Death Metal de GRUESOME une franche réussite et offre ainsi au public l’occasion de passer un excellent moment, redoutable et en même temps sans prise de tête. Le groupe va également livrer quelques surprises à l’image de cette introduction placée sous le signe du film Phantasm, ce titre inédit ("Dimensions Of Horror") à paraître sur le prochain EP du groupe ou bien encore cette reprise à mi-parcours avec le titre "Land Of No Return". Si j’ai donc passé un excellent moment à headbanger avec vigueur et passion au son de ce Death Metal poussiéreux, je ne les remercie pas du tout pour cette très grosse frustration au moment de quitter la scène. En effet, GRUESOME n’a rien trouvé de mieux que d’entamer les premiers riffs de "Pull The Plug" avant de stopper net toute progression et de plier ses gaules comme si de rien n’était genre : "Hey, salut, c’est fini !". Putain mais non quoi, ça devrait être tout simplement interdit !
(A)

Tout le contraire du set de GRUESOME qui fait partie du top 5 sans problème. Le public ne s'y est d'ailleurs pas trompé en s'étant réuni en masse dans la grande salle. Alors oui, GRUESOME, c'est simplement du Death worship. Le chanteur/guitariste Matt Harvey, un habitué des tribute bands (Dekapitator, Impaled), ne s'en cache même pas puisqu'il dira ouvertement aux spectateurs que son groupe n'a qu'une raison d'exister, rendre hommage à Death. Les Américains reprendront d'ailleurs "Born Dead" à mi-parcours. Côté personnalité, on repassera donc. Mais côté musique, c'est de la pure tuerie! Car GRUESOME a la bonne idée de vouer un culte au groupe de Chuck Schuldiner période fin des années 1980, début des années 1990, soit avant qu'il ne devienne complètement chiant (oui je ne suis pas grand fan du Death évolué!). Tchouka-tchouka de bœuf, riffs qui tranchent dans le gras, growl old-school jouissif, ça déroule le bon gros death à l'ancienne comme on l'aime. Le son est excellent en plus, une habitude de toute façon sur la Main Stage (contrairement au Patronaat dégueulasse!) et les musiciens dégagent du charisme, en particulier Harvey, tout heureux d'être là pour le premier concert de GRUESOME en Europe. Et la fosse de s'en donner à cœur joie sur les pogos. Un vrai bon concert de Death Metal avec un grand D, une nouvelle preuve comme quoi il n'y a pas besoin de faire dans l'originalité pour faire de la bonne musique. Putain d'efficacité!

Setlist:

Trapped In Hell
Demonized
Hideous
Gangrene
Born Dead (reprise de Death)
Closed Casket
Dimensions Of Horror
Savage Land
Gruesome
(K)


COFFINS - 18h15-18h55 (013 Main Stage) :

Au départ, je n’avais pas dans l’idée d’assister au show de COFFINS. Et cela pour je ne sais quelle raison. Mais devant l’enthousiasme des copains et parce que je ne les avais encore jamais vu, j’ai finalement décidé d’y aller. Un choix que je ne regrette pas car le Doom/Death des Japonais s’est montré bien plus efficace et entrainant que ce à quoi je m’attendais. Caché derrière ses longs cheveux qu’il ne cessera de remettre derrière ses oreilles, le nouveau chanteur (enfin depuis 2013) fait largement le taf grâce à son growl bien caverneux. A côté, guitariste et bassiste s’activent également pour insuffler ce qu’il faut de groove et d’énergie à ce Death Metal plombé mais pour autant pas dénué de rythme. Qui plus est, les titres ne traînent jamais en longueur, faisant de cette prestation un moment intense et particulièrement savoureux (ça s’agitait pas mal dans le pit). COFFINS va ainsi enchaîner les titres sans perdre de temps en discussions inutiles, passant ainsi en revue quelques-uns de ses albums tels que The Fleshland ("Hellbringer", "The Vacant Pale Vessel"), Buried Death ("Altars In Gore", "Under The Stench"), The Other Side Of Blasphemy ("Evil Infection") ou Mortuary In Darkness ("Slaughter Of Gods") ainsi que deux titres issus du EP Craving To Eternal Slumber paru l’année dernière chez Hammerheart Records ("Hatred Storm", "Tyrant"). De quoi contenter tout le monde et se mettre en jambe avant la montée sur les planches des Finlandais de DEMILICH !
(A)

Petite pause pour se remettre de ses émotions. Il n'y avait de toute façon que Squash Bowels (goregrind...) et Putrisect (que je verrai près de chez moi la semaine d'après) à se mettre sous la dent. Retour donc dans la grande salle pour un groupe rare dans nos contrées, COFFINS, que je ne connaissais que de nom en n'ayant jamais tenté de jeter une oreille dessus, rebuté par l'étiquette doom/death que je trouve souvent trop mollassonne pour un bourrin comme moi. Mais j'avais bien envie de voir ces Japonais en live, eux qui ont toujours la banane sur scène et dégagent une certaine folie. Effectivement, la musique des Asiatiques manque peut-être un poil de vitesse pour moi (quoiqu'il y a quand même pas mal de rythmiques entraînantes, j'en ai même été étonné). J'aurais donc tendance à m'ennuyer sur album au bout d'un moment (à vérifier tout de même!), d'autant qu'on ne peut pas dire non plus que ce soit très varié . En live cependant, ça m'est allé tout à fait! Quelle lourdeur! J'ai presque pris autant de kilos que pendant Undergang le premier jour! Et là le son s'est montré très convenable. Avec les murs qui tremblent et les enceintes qui dégoulinent de gras. Parfait pour savourer le death metal lourdaud du quatuor tokyioïte qui fête cette année ses 20 ans d'existence, entre headbangings à en perdre la tête sur les séquences lourdes et petits déhanchés quand ça appuie un peu sur l'accélérateur en mode 2-beat dansant. Ah les Japonais!

Setlist:

Hatred Storm
Hellbringer
Under The Stench
Tyrant
Altars In Gore
The Vacant Pale Vessel
Evil Infection
Slaughter Of Gods
(K)


DEMILICH - 19h20-20h00 (013 Main Stage) :

DEMILICH… Les Finlandais ont bien failli annuler à la toute dernière minute. Heureusement Antti Boman a réussi à trouver une solution à son problème de plâtre grâce à l’aide d’un certain Danny Tunker (ex-Aborted, ex-Prostitute Disfigurement, ex-God Dethroned...). Ce n’était pas gagné d’avance et pourtant ce dernier a été en mesure d’apprendre une bonne partie des morceaux de DEMILICH en tout juste quinze jours. Un exploit quand on connait la complexité de ces titres alambiqués. C’est donc un Antti quelque peu désœuvré qui arrive sur scène, s’excusant d’emblée de ne pas pouvoir jouer mais bien content d’avoir trouvé la perle rare capable d’assimiler ces séquences complexes pour ne pas dire imbuvables. Un exercice incroyable surtout lorsque l’on sait que l’intéressé ne connaissait même pas DEMILICH avant de postuler. Alors oui, la prestation des Finlandais sera marquée par quelques loupés (et encore, il s’agit plus de mise au point que de véritables plantages) mais Antti Boman préfèrera s’en amuser, allant même jusqu’à mettre la pression à son guitariste remplaçant en venant se coller à lui pour fixer son jeu. Une bonne humeur mise en avant par l’humour et la dérision de celui qui se fera appeler le "lobster" en référence à ce plâtre rouge. Et si effectivement, Antti donnera l’impression de ne pas savoir quoi faire de ses dix doigts en début de set, très vite il prendra la confiance pour aller arpenter la scène de droite à gauche, allant même jusqu’à monter sur la petite scène surélevée de la batterie. Wow ! Pour le reste, DEMILICH nous a offert une setlist à peu près identique à celle du Wolf Throne à quelques exceptions près puisque seront absents cette fois-ci les titres "The Putrefying Road In The Nineteenth Extremity (...Somewhere Inside The Bowels Of Endlessness...)" et "Vanishing Of Emptiness". C’est donc avec un plaisir non dissimulé que j’accueille ces titres incroyables que sont "The Sixteenth Six-Tooth Son Of Fourteen Four-Regional Dimensions (Still Unnamed)" et "(Within) The Chamber Of Whispering Eyes" auxquels viendront également s’ajouter les excellents "Inherited Bowel Levitation - Reduced Without Any Effort", "The Cry", "The Echo (Replacement)", "The Planet That Once Used To Absorb Flesh In Order To Achieve Divinity And Immortality (Suffocated To The Flesh That It Desired...)", "Emptiness Of Vanishing" ou bien encore "When The Sun Drank The Weight Of Water". Rien à jeter, quarante minutes de bonheur et de jouissance auditive. Certes, l’effet de surprise du Wolf Throne est passé, certes Antti Boman n’était pas derrière sa guitare mais c’était une fois de plus un chouette moment que je n’aurai pas aimé louper.
(A)

On arrive à l'enchaînement final qui va faire mal, très mal. Et ça commence par la prestation de DEMILICH que je suis très content de revoir après leur excellent concert au Wolf Throne Support l'année dernière. D'autant que la bande d'Antti Boman a failli annuler suite à la blessure au poignet de son leader. Heureusement, les réseaux sociaux ont permis au Finlandais de trouver un guitariste de remplacement en la personne du Néerlandais Danny Tunker (ex-Spawn Of Possession, Aborted, Prostitute Disfigurement, God Dethroned, etc.) qui a réussi à apprendre les morceaux en deux semaines. Chapeau l'artiste! Rien d'étonnant cela dit connaissant le niveau du bonhomme! C'était du coup un concert unique avec Anti Boman avec un joli strap rose au bras, sans sa guitare et qui ne savait pas trop quoi faire sur les parties instrumentales, laissant son remplaçant d'un soir s'occuper de la sept-corde avec brio malgré 2-3 petits ratés qui fera rire les protagonistes. Si j'ai préféré le gig de DEMILICH au Wolf Throne (ma première avec les Finlandais, son extra...), celui du Netherlands Deathfest a malgré tout répondu à mes attentes. Quel plaisir d'entendre les riffs plein de ce groove extraterrestre des morceaux tarabiscotés du génial Nespithe dont toute la setlist est tirée hormis "And The Slimy Flying Creatures Reproduce In Your Brains" et "Emptiness Of Vanishing"! DEMILICH, tout en restant ancré dans cette scène finlandaise du début des années 1990, dégage vraiment quelque chose qui lui est propre, entre ce côté plus technique que la normale, ces riffs incroyables ou ce growl inhumain (qui le paraît un peu moins en live cela dit). Alors on en aurait forcément voulu davantage (1h n'aurait pas été de refus) mais ne boudons pas notre plaisir car ce n'est pas tous les jours que l'on peut voir DEMILICH, surtout avec un Antti Boman un peu perdu, orphelin de son instrument. Hâte de les revoir au Metal Méan fin août (pas si rare que ça en fait en ce moment les petits Finlandais!)!

Setlist:

Inherited Bowel Levitation - Reduced Without Any Effort
The Sixteenth Six-Tooth Son Of Fourteen Four-Regional Dimensions (Still Unnamed)
The Cry
The Planet That Once Used to Absorb Flesh In Order To Achieve Divinity And Immortality (Suffocated To The Flesh That It Desired...)
And The Slimy Flying Creatures Reproduce In Your Brains
(Within) The Chamber Of Whispering Eyes
Emptiness Of Vanishing
When The Sun Drank The Weight Of Water
Raped Embalmed Beauty Sleep
The Echo (Replacement)
(K)


FUNEBRARUM - 20h00-20h45 (013 Second Stage) :

Ayant fait le choix de rester jusqu’à la fin du set de DEMILICH, je suis obligé de me hâter pour rejoindre la Second Stage où va se produire un groupe américain extrêmement rare sur le sol européen. Il s’agit de FUNEBRARUM dont le dernier passage sur nos terres remonte à 2012. Daryl Kahan et ses nouveaux acolytes remplacent DISMA qui a été contraint d’annuler il y a quelques mois sa participation suite à cette polémique stérile liée à certaines idées exprimées par Craig Pillard il y a une dizaine d’années. Comme je vous le disais, le line-up a été sévèrement remanié depuis 2012 puisqu’il ne reste que Darykl Kahan comme membre original de la formation. Tous les autres ont quitté le navire laissant la place à des petits jeunes relativement peu connus (on retrouve notamment derrière les fûts le batteur de Ghoulghota et Ascended Dead). Du coup, je suis un peu perdu de ne pas voir sur les planches les têtes plus connues d’Alex Bouks, Matt Medeiros ou Shawn Eldridge même si je serais bien vite rappelé à l’ordre par un Daryl extrêmement remonté. FUNEBRARUM va en effet débuter son set sans prendre de gants, rentrant ainsi directement dans le vif du sujet au son de l’excellent "Cursed Eternity" (The Sleep Of Morbid Dreams). Dès lors, on pourra très vite constater que les trois nouveaux musiciens n’ont pas à rougir face à leurs prédécesseurs et que ces derniers tiennent tout à fait la comparaison. Le son est toujours aussi excellent même si j’ai trouvé qu’il aurait pu être un poil meilleur concernant les guitares. Un détail qui ne me fera pas regretter d’avoir pris place dans la salle d’autant que FUNEBRARUM va livrer quelques nouveaux titres issus de son tout dernier EP intitulé Exhumation Of The Ancient. Parmi ces nouveautés, on trouve ainsi les titres "Draped In Silence", "Exhumation Of The Ancient" et "Into Dark Domains" qui laissent supposer que ce changement de line-up plutôt conséquent n’a pas eu d’incidence particulière sur la qualité des compositions de FUNEBRARUM. Ouf ! Outre ces nouveaux morceaux, on retrouve évidemment quelques titres issus des albums The Sleep Of Morbid Dreams ("Beyond Recognition", "Grave Reaper") et Beneath The Columns Of Abandoned Gods ("Depths Of Misery", "Incineration Of Mortal Flesh") ainsi que du EP Dormant Hallucination. Une setlist irréprochable pour un show qui le sera tout autant. Car si les petits nouveaux se font plutôt discrets, Daryl Kahan fait quand à lui preuve d’une sacrée énergie, haranguant le public avec ferveur, allant bousculer ses musiciens, growlant avec puissance et profondeur. Quelle hargne ! On sent que le garçon est content d’être là et ça fait plaisir à voir. D’ailleurs, il n’hésitera pas à remercier le public à plusieurs reprises tout au long de ces quarante-cinq minutes. FUNEBRARUM terminera sa prestation sur une reprise plutôt inattendue des Finlandais d’Abhorrence ("Caught In A Vortex") présente sur son split avec INTERMENT. Un bel hommage à ce groupe quelque peu oublié qui vient ainsi clôturer ce énième moment fort du Netherlands Deathfest. Et ce n’est pas fini...
(A)

On continue dans la petite salle avec du death finlandais. Oui, car même si FUNEBRARUM nous vient des États-Unis, c'est bien du death metal à la finlandaise que joue le quintette. Petite pensée pour Disma qui devait se produire mais qui, suite à une chasse aux sorcières misérable opérée par des petites putes derrière leur écran, s'est vu annuler, les organisateurs, souffrant probablement d'une élasticité trop importante des gonades, ayant cédé à la pression des réseaux sociaux. Cette polémique a au moins eu le mérite de faire apparaître FUNEBRARUM sur l'affiche, ce dont je ne peux pas me plaindre puisque je n'avais encore jamais vu la formation. Après trois quart d'heure de show efficace et énergique, je dois tout de même avouer une légère déception. Pas au niveau du son, plutôt satisfaisant en dépit d'une trop grande présence de la basse, mais au niveau du rendu général que j'attendais plus prenant. Je pensais être happé dans l'atmosphère froide et sombre du death grassouillet de FUNEBRARUM mais pas tant que ça. J'avais plutôt l'impression d'assister à un concert de death metal, certes fort sympathique, mais assez banal alors que le combo fait partie des plus intéressants (et des premiers) dans ce genre revival old-school. J'ai aussi trouvé le chanteur Daryl Kahan trop juste, lui qui avale son micro pour nous sortir des growls de porcinet alors que c'est tellement mieux quand c'est puissant et intelligible, surtout dans ce style à l'ancienne! Bon, malgré cela, j'ai quand même apprécié le concert et je n'ai pas ménagé ma peine dès qu'il s'agissait de headbanger sur les bons gros mid-tempos ou même pogoter quand ça envoyait la blastouille. Reste ce petit goût d'inachevé qui partira heureusement une semaine plus tard lors du show de Saint-Germain-en-Laye, bien meilleur car davantage conforme à ce qu'on peut attendre d'un groupe comme FUNEBRARUM.
(K)


ASPHYX - 20h45-21h35 (013 Main Stage) :

On enchaine en effet dans la foulée avec les vétérans d’ASPHYX que je n’avais encore jamais vu sur scène. Et oui, personne n’est parfait. Hué moi... Bref, Martin Von Drunen et ses compagnons investissent la Main Stage sous les applaudissements d’un public d’ors et déjà acquis à leur cause. Comment pourrait-il en être autrement de toute façon ? ASPHYX plante rapidement le décor avec en fond sonore l’introduction de The Rack intitulée "The Quest Of Absurdity" suivi par un "Vermin" qui viendra mettre le feu aux poudres, rendant instantanément fou le public du Netherlands Deathfest. Outre la qualité du son et la setlist très orientée sur les deux premiers albums de la formation hollandaise, c’est surtout l’énergie communicatrice de Martin Van Drunen qui va rendre ce moment tout à fait exceptionnel. Le grand gaillard aux longs cheveux blancs transpire la sympathie, souriant à tour de bras, arpentant la scène de long en large, tapant la pose avec ses musiciens dont le guitariste Paul Baayens (THANATOS). Bref, ça respire la bonne humeur alors qu’ASPHYX enchaîne les brulots d’un autre temps ("Vermin" et son rythme effréné, "The Rack" et ses séquences mid-tempo entêtantes, "Wasteland Of Terror" et son break brise-nuque, "Asphyx (Forgotten War)", "Last One On Earth", "M.S. Bismarck"). Un saut dans le temps qui ravira tous les amateurs de la première heure. Pour autant, le groupe ne fera pas l’impasse sur ses albums plus récents puisqu’il nous gratifiera également des excellents "Deathhammer", "Into the Timewastes" et "Death... The Brutal Way". Une setlist aux petits oignons pour un set tout à fait mémorable marqué par une ambiance électrique et en même temps bon enfant, par un leader charismatique et attachant, par une complicité évidente et par un sens des riffs et plus généralement des compositions qui font toujours mouche. Que voulez-vous que je vous dise de plus ? C’était tout bonnement excellent. Cinquante minutes passées à la vitesse de la lumière. Parfait de bout en bout. Point.
(A)

Quand je vous disais que dimanche était la journée DM old-skull! Et c'est pas fini! Au tour d'ASPHYX de faire parler la poudre. Et comme j'avais déjà eu le plaisir de les voir au Fall Of Summer en septembre dernier, je savais que les Néerlandais, en bons vétérans de la scène, allaient le faire avec brio. Ça n'a pas loupé grâce à l'un des meilleurs shows de la journée. Emmené par un Martin van Drunen toujours aussi charismatique (ça papote, ça rigole et ça growle de façon impressionnante!) et bénéficiant d'un son costaud, ASPHYX a déroulé de main de maître son death metal 90s devant une grande salle bien remplie qui en redemandait à chaque fin de morceau. Au menu, 2-beats entraînants, cris arrachés, riffs qui butent et séquences suffocantes de lourdeur pour un show d'une efficacité redoutable de pas loin d'une heure qui sera passée bien trop vite mais que j'ai pu savourer peinard au balcon tout en haut appuyé à la rambarde, emplacement idéal quand on en a plein les bottes mais qu'on veut quand même tout voir.


Vermin
Into The Timewastes
M.S. Bismarck
Death The Brutal Way
Deathhammer
Asphyx (Forgotten War)
Wasteland Of Terror
The Rack
Last One On Earth
(K)


AUTOPSY - 22h15-23h20 (013 Main Stage) :

Ma première rencontre sur les planches avec AUTOPSY remontait à 2012 et leur participation au Bolt Fest à Londres. J’avais trouvé leur show assez cool sans pour autant être particulièrement renversé. De fait, je m’attendais à vivre plus ou moins la même chose en ce dimanche soir. Et bien qu’elle erreur ! Je ne sais pas si c’est lié au son, la setlist, le cadre ou tout simplement si j’étais dans de meilleures dispositions, toujours est-il que les Américains d’AUTOPSY ont livré un set incroyable. Oui, je sais, j’utilise beaucoup trop de superlatifs dans ce live-report mais que voulez-vous, entre ce son souvent parfait et ces groupes de qualité, il pouvait difficilement en être autrement. Bref, tout ça pour vous dire qu’AUTOPSY à prouver que les années n’avaient pas affecté son efficacité ou sa pertinence. Les Américains ont été, sont et resteront l’une des références lorsqu’il s’agit de Death Metal et à l’écoute d’une telle prestation, on comprend aisément pourquoi. Pendant plus d’une heure (et presque vingt titres), les Californiens vont s’appliquer à faire de ce moment l’un des plus marquants de cette première édition du Netherlands Deathfest. Histoire d’annoncer clairement ses intentions, AUTOPSY débute son set par le redoutable "Twisted Mass Of Burnt Decay". Raaa mais ce putain de riff d’intro ! Comment ne pas devenir cinglé en l’entendant ? Impossible... Le ton est donné, l’intensité ne baissera pas d’un cran pendant toute la durée du set, AUTOPSY s’attardant principalement (une bonne dizaine de titres) sur ses deux premiers albums (« Severed Survival » et « Mental Funeral »). Chris Reifert et sa bande vont ainsi enchainer les "tubes" dont notamment les redoutables et toujours aussi efficaces "Charred Remains", "Critical Madness", "Fleshcrawl", "In The Grip Of Winter", "Service For A Vacant Coffin", "Severed Survival" et j’en passe... Parmi les titres plus récents, on retrouve l’assommant "Burial" (le moins bon titre de la setlist issu de l’album Tourniquets, Hacksaws And Graves) et "Arch Cadaver" (The Headless Ritual). Une setlist particulièrement généreuse qui ne manquera pas de rendre hystérique le public. Et honnêtement, comment résister à un Death Metal aussi cradingue et intense ? Car malgré les années qui passent, AUTOSPY a toujours de l’énergie à revendre. Il suffit de voir le père Reifert qui, derrière sa batterie, réussit avec une aisance déconcertante à assurer le spectacle et à mener la dance. Un exercice rare et périlleux que le bonhomme maitrise parfaitement, n’hésitant pas à se lever pour interpeller le public du Netherlands Deathfest. Devant, Eric Cutler, Danny Morales et Joe Allen ne sont pas en reste. Notamment les deux derniers qui ne cesseront d’aller s’emmerder l’un l’autre en venant se coller ou en se poussant gentiment. Là encore une belle complicité au service d’un show extrêmement carré et naturel. Que demander de plus ?
(A)

Entrails jouait sur la 2nd Stage après ASPHYX mais je n'ai pas eu le courage de m'y traîner. Chose que je regrette car je considère le groupe comme l'un des mieux armés quand il s'agit de revival old-school Swedish death metal. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois! Le prochain concert sera donc AUTOPSY que j'avais déjà vu en 2011 au Neurotic Deathfest, concert qui m'avait particulièrement marqué. Rebelote ce soir, même si les premières restent toujours plus mémorables. Non mais quelle putain de patate! Quelle putain d'efficacité! Quel putain de charisme! Une démonstration d'une heure de death metal old-school simple et ultra efficace qui ne se prend pas la tête mais arrose comme personne! C'est bien sûr le génial Chris Reifert qui porte le groupe, lui qui cogne sur ses fûts comme un damné tout en vomissant ses paroles avec une vigueur et une conviction encore intactes. Un chanteur-batteur, c'est déjà impressionnant, mais alors Chris Reifert c'est quelque chose! Un vrai boute-en-train qui ne peut s'empêcher de blaguer entre chaque morceau. Idéal pour mettre le public dans sa poche, même si celui-ci n'avait pas besoin de ça pour acclamer AUTOPSY. Moi qui n'ai jamais été le plus grand fan des Américains sur album (j'aime mais c'est loin d'être mon groupe préféré), il va falloir que j'y repense à deux fois tant la claque est monumentale quand je les vois sur les planches! Les titres de Severed Survival (l'album le plus représenté ce soir) et Mental Funeral (le deuxième) font néanmoins plus d'effet et ont un impact plus important que ceux plus récents issus des dernières productions du combo (qui les enchaîne depuis sa reformation en 2009) sur lesquelles je n'ai jamais posé les oreilles, tout comme le fameux Shitfun (leur meilleur album dira Reifert en rigolant) dont deux extraits seront joués. Mais les compositions post réunion ne déméritent pas non plus et c'est une grande fête sans temps mort du début à la fin à laquelle nous invite AUTOPSY. La fête du death metal qui prouve encore qu'il n'y a pas besoin d'artifices, de jouer les gros durs ou de faire un concours du qui sera le plus occulte pour balancer du vrai, du pur death metal. Une sacrée leçon que viennent de nous donner les Californiens et LE concert du Netherlands Deathfest pour ma part et celle de nombreux visiteurs. Tant est si bien que je n'ai même pas pu choper le t-shirt spécial NDF vu l'émeute au stand de merch'! Quelles rock stars!

Setlist:

Twisted Mass Of Burnt Decay
In The Grip Of Winter
Ridden With Disease
Service For A Vacant Coffin
Arch Cadaver
Fleshcrawl
Torn From The Womb
Strung Up And Gutted
Gasping For Air
Burial
Fuckdog
Brain Damage
Fiend For Blood
Severed Survival
Critical Madness
Stillborn
Charred Remains
Pagan Saviour
Embalmed
(K)


INTERMENT - 00h00-00h55 (Patronaat) :

Je ferais volontairement l’impasse sur SEVERE TORTURE même si je serais bien allé les voir, ma dernière rencontre avec les Hollandais remontant à 2005 lors de leur tournée avec Cannibal Corpse. Je préfère néanmoins prendre un peu de repos après ces enchainements qui confèrent au divin pour assister, frais et dispo, au tout dernier concert de cette première édition, celui des Suédois d’INTERMENT. Fort d’un nouvel album tout à fait appréciable (l‘excellent Scent Of The Buried), j’étais pressé de revoir Johan Jansson, Kennet Englund, Allan Lundholm et le petit nouveau, Simon Wizén (Hobbs' Angel Of Death , Ondskapt...). Direction le Patronaat pour plus de cinquante minutes de Svensk Döds Metall ! Après quelques minutes à patienter assis par terre, les Suédois font leur entrée au son d’une intro bien morbide avant d’enchainer sans préambule sur le premier titre de leur nouvel album, "Death And Decay". Une entrée en matière efficace mais qui va d’emblée révéler un son de guitare un peu moyen. C’est dommage mais heureusement, je connais suffisamment les morceaux du groupe pour ne pas m’y perdre. Très vite le public s’agite au son de ces riffs old school et ces tchouka-tchouka incessants martelés par un Kennet a priori complètement sourd vu la force avec laquelle il frappe. C’est bien simple, on entend presque davantage la batterie que les guitares ou la voix... Ca n’empêche pas le public de s’exciter d’abord dans son coin (avec quelques prises de becs musclées ici et là) puis sur scène. Les quelques téméraires qui se risqueront à y passer se feront d’ailleurs éjecter manu-militari par un Simon Wizén décidément bien moins enclin à partager les planches que ses trois autres collègues. Nouvel album oblige, INTERMENT en proposera plusieurs extraits. On retrouvera ainsi les redoutables "Death And Decay", "Sinister Incantation", "Chalice Of Death" ainsi qu’un "Nailed To The Grave" magistral en guise de conclusion. En dehors de ces nouveaux morceaux, les Suédois reviendront également sur des enregistrements bien plus anciens avec par exemple des morceaux tels que "Infestering Flesh" ou "Morbid Death" présents sur les premières démos d’INTERMENT parues au tout début des années 90. Un rythme extrêmement soutenu que le groupe va imposer au public avec très peu de temps mort. Un moyen efficace et radical de terminer ce long week-end éprouvant fait majoritairement de moments inoubliables. Malgré un son pouvant prêter à discussion, INTERMENT n’a pas failli à sa réputation et prouve qu’il est l’un des meilleurs groupes de Swedish Death Metal encore en activité aujourd’hui.
(A)

Dur dur de passer après AUTOPSY alors je n'ai pas fait beaucoup d'efforts pour essayer de voir quelque chose dans la 2nd Stage qu'a investi Severe Torture, groupe que pourtant j'adore et qui avait l'air d'envoyer sévère comme d'habitude. Je terminerai donc le festival au Patronaat devant INTERMENT en étant sûr d'avoir droit à une belle conclusion, ayant déjà eu la chance de croiser les Suédois sur scène. Pas plus tard que début décembre à Paris avec Hobb's Angel Of Death d'ailleurs! La conclusion fut en effet à la hauteur de ces trois jours plein de souvenirs grâce au old-school Swedish death metal certes pas du tout original mais foutrement efficace d'INTERMENT, en tournée européenne avec FUNBRARUM et qui venait promouvoir son nouvel album Scent Of The Buried avec quatre morceaux joués. Tous les ingrédients sont là, le son de friture, les rythmiques binaires enlevées, les mid-tempos casse-nuques, les growls bien gras, les petites leads mélodiques entêtantes (quoique moins utilisées que chez d'autres) et même les blast-beats de temps en temps! Le son reste trop basseux dans cette salle, plutôt cool au demeurant, mais rien qui empêche de savourer et de profiter de ce dernier concert, ce que feront dans la fosse les fans à qui ils restent encore un peu d'énergie pour slammer et pogoter.

Setlist:

Death And Decay
Eternal Darkness
Infestering Flesh
Sinister Incantation
Torn From The Grave
Chalice Of Death
Faces of Death
Breeding Spawn
Morbid Death
Nailed To The Grave
(K)


C’est ainsi que touche à sa fin cette première édition du Netherlands Deathfest. Un premier jet couronné de succès (Quel son ! Quel line-up ! Quel cadre !) pour lequel j’ai bien peu de critiques à formuler si ce n’est concernant la nourriture peu variée et vendue à un prix relativement excessif et l’obligation de déposer ses sacs dans des casiers. Pour le reste c’est un véritable sans faute tant tout semble déjà parfaitement rôdé. Evidemment, les organisateurs n’en sont pas à leur première fois. Ils connaissent en effet tous les rouages de l’organisation faisant ainsi du Netherlands Deathfest une franche réussite et un rendez-vous que l’on espère voir tenu dans les années à venir (la seconde édition est déjà programmée pour les 3, 4 et 5 mars 2017). Pour une première à Tilburg, je suis ravi du voyage. On se voit l’année prochaine, sans faute.
(A)

Et voilà, c'est fini! Comme prévu, le Netherlands Deathfest premier du nom a terminé sur les chapeaux de roue en ce dimanche death old-school particulièrement fourni, entre l'événement MORPHEUS DESCENDS, la leçon très bien apprise de GRUESOME, les extraterrestres de DEMILICH, la démonstration d'ASPHYX et bien sûr AUTOPSY, vainqueur par KO. Les autres jours n’ont pas démérité que ce soit le vendredi un peu trop orienté grind/core/punk mais qui a eu le mérite d’apporter un peu de diversité et de me faire découvrir des groupes que je n’aurais jamais été voir, ou le samedi plus death metal comme on est en droit d’attendre, mêlé à un peu de black metal bienvenu pour le meilleur (AOSOTH) ou pour le pire (BLASPHEMY). Finalement, la seule vraie déception aura été ANGELCORPSE dont le set m’aura laissé frustré comme pas permis.

Malgré quelques reproches (son pas aussi bon que d’habitude, en particulier dans la nouvelle salle en face du complexe principal, réaménagement douteux du 013...), ce Netherlands Deathfest fut donc une grande réussite grâce à une affiche incroyable, un public venu en masse, une salle qui reste l’une des meilleures en Europe, un merchandising bien fourni, un choix de bouffe plus varié qu’auparavant (même pour les végétariens, alléluia!) et cette bonne vieille ville de Tilburg et son ambiance bar/terrasse super cool. On savait qu’il y allait avoir une deuxième édition l’année prochaine car les dates étaient indiquées dans le livret distribué à l’entrée le premier jour, on a déjà hâte d’y être pour passer encore trois jours de folie à la gloire du death metal!
(K)

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