Sargatanas - The Enlightenment
Chronique
Sargatanas The Enlightenment
On le sait tous, l’Amérique du Sud et l’Amérique Centrale sont des viviers inépuisables de formations œuvrant à qui mieux mieux dans l’extrémisme musical qu’on aime tant. Nombreuses sont les formations à déjà avoir pu charmer les oreilles européennes, ou à avoir un jour posé leurs flight-cases lors d’une quelconque tournée ou lors d’un des nombreux fests dont est émaillé le Vieux continent (j’vous fais pas la liste, sinon j’vais louper mon bus).
Sargatanas représente la partie cachée de l’iceberg, celle où se dissimule 90% de ces formations barbares, toutes aptes à participer à une version ivoool des Chiffres Et Des Lettres, où toutes les phrases contiendraient des termes aussi bien sentis tels que « Goat », "Hell", « Satan », Antichrist », ou « Die ». Bien évidemment, tout cela dans le but de célébrer l’amour de son prochain, trépigner en attendant l’Armageddon ou préparer des chambres d’hôtes pour ces légions de démons qui, ils vous le disent ! ne manqueront pas de déferler un jour.
Mais c’est qu’il faut tout d’abord rencontrer ce Sargatanas, perdu parmi la pléthore de combos affublés du même blaze : en effet pas moins de 6 ou 7 groupes partagent ce patronyme, tous dans des pays différents, tous exerçant dans un style tout aussi différent. Ce Sargatanas en question nous vient des environs de Mejico et fait dans le death/black vilain pas beau et poilu sous les bras.
Formé en ’86 (eh oui !) , le combo – à l’histoire longue et variée, et aux changements de line-up plus nombreux que les cheveux de (insérer le nom d’un chauve qui vous plait) -, aura ainsi pu donner vie à quatre démos, un live, trois compilations, trois splits, et seulement deux full, dont le premier, qui est notre héros du jour.
La teneur générale de l’album est assez lente et lourde, se rapprochant plus du canevas habituel des groupes finlandais que des groupes sud-américains ; il pourra donc plaire à des fans de ce courant bien précis, plus death/doom et vicieux, que purement brutal. Cette originalité sera également son talon d’Achille car avec trop peu de modifications de tempi et un rythme général plutôt mid, les soixante bonnes minutes de « The Enlightenment » donnent à la fin un net sentiment de redondance et l’impression d’un poids lourd finissant par s’embourber dans des tranchées pleines de cranes déjà pilés par d’autres.
D’autant que certaines pistes auraient pu être écartées sans souci, tel cet « Eternal Darkness » sur la première marche du podium, aux débuts patauds et à la qualité générale seyant davantage à une bonne face B, la pourtant excellente reprise de Possessed (« Satan’s Curse » tiré de « Seven Churches), à l’identité trop marquée par rapport aux autres titres... Il eut également été de bon aloi qu’une oreille extérieure se penche sur les compos pour émonder l’œuvre et ainsi raccourcir certaines parties : « Sargatanas », la piste 8, ou encore « Blessed Are The Sons Of The Black Flame » pêchant par excès de confiance ou de gourmandise (attention à pouvoir rentrer dans le maillot) .
Je comprends que, vu leur peu de sorties longue-durée les gaziers aient eu envie d’en donner pour notre argent, mais parfois le mieux est l’ennemi du bien (enfin, du Mal, dans le cas présent !).
Mais ne boudez pas votre plaisir, car malgré ses défauts, « The Enlightenment » reste un disque purement old-school et intéressant, qui sera à même de plaire tant aux aficionados des deux premiers Asphyx (écoutez la fin de « Ritual Of The Advent » pour vous en convaincre »), qu’aux fans de death/doom du pays des mille lacs. Ajoutez à ça l’attitude d’Evil Incarnate, le son du « Pain Amplifier » de Mythos, et l’imagerie d’Insepulto, mixé à une bonne dose de Necroccultus et vous verrez à peu près de quoi je parle.
En un mot comme en 666, si vous n’êtes pas trop regardant sur les détails évoqués et friand de purs produits underground vous y trouverez votre compte. Les autres passeront leur chemin et n’en seront pas le moins du monde affectés. D’où cette note en demi-teinte. Paradoxal, pour un album qui parle d’illumination…
DONNEZ VOTRE AVIS
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
AJOUTER UN COMMENTAIRE
Par Sosthène
Par gulo gulo
Par Deathrash.
Par Ikea
Par Deathrash.
Par Sosthène
Par AxGxB
Par AxGxB
Par isotaupe
Par AxGxB
Par Lestat
Par Sagamore
Par Sagamore
Par Jean-Clint
Par AxGxB
Par Keyser
Par Sosthène
Par Sosthène
Par Lestat
Par Sosthène