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Tardus Mortem - Armageddon

Chronique

Tardus Mortem Armageddon
A peine quelques mois après avoir vu son premier opus « Engulfed In Pestilent Darkness » bénéficier enfin d’une visibilité méritée via sa signature et distribution chez ses compatriotes d’Emanzipation Productions, revoilà le trio avec un successeur particulièrement attendu tant ce premier chapitre nous avait embarqué dans un univers totalement putride et glauque, et à la production nous renvoyant directement aux origines du Metal extrême. Sur le papier rien n’a changé tant le combo est bien décidé à continuer d’appliquer cette même recette tout en la poussant plus loin et en explorant de nouveaux horizons, du fait d’une expérience accrue et d’un vécu musical plus important. Car hormis une reprise assez fidèle mais légèrement plus sombre de GRAVE - et une version actualisée du morceau « Nune Of The Pyre » (sorti initialement en mars 2018) l’évolution est flagrante sur les trois autres compositions, notamment de par un allongement impressionnant vu que ça ne va jamais descendre sous les neuf minutes… et même frôler les vingt-quatre minutes. Autant dire qu’avec cela il y’a tout ce qu’il faut pour se casser la gueule tant cette durée démesurée peut faire peur, et laisser croire qu’on va avoir durant tout ce temps affaire à une vaste redite interminable et sans intérêt qui recycle sans fin les mêmes plans et riffs.

Pourtant malgré leur jeune âge chacun des différents membres fait preuve ici d’une maturité artistique assez impressionnante, car bien que chacune des plages à ultra-étirées puisse paraître primitive à souhait celles-ci malgré leur simplicité apparente sont bien plus travaillées qu’on ne pourrait le croire de prime abord, et ne souffrent également d’aucune redondance ou sensations de linéarité. Il était pourtant facile de tomber dans le piège mais en écoutant « Condemned To The Halls Of Infernal Sin » on s’aperçoit de suite que ça ne sera pas le cas, même si la longue saignée de blasts continus entendus au démarrage peut faire croire le contraire. Cependant même si ça suinte l’humidité par tous les pores et que l’ambiance y est ultra-glauque via une violence extrême la bande ne va pas hésiter à sacrément lever le pied, preuve en est ici avec des passages d’une lourdeur totale et rampants au possible qui densifient l’espace disponible tout en voyant l’ajout d’une certaine chaleur et mélodie. En effet au milieu de ces déferlantes haineuses et oppressantes les mecs vont étonner en osant sortir un break tout doux où la guitare se fait harmonique, aidée en cela par une basse chaude et vrombissante qui fait presque office d’interlude improbable. Malgré la longueur générale la formation a la bonne idée de passer son temps à varier son jeu rythmiquement entre passages endiablés, tabassage en règle et blasts surhumains, qui aident ainsi à éviter la monotonie… prouvant que leur écriture fait preuve d’une maturité insolente, aidée par un rendu sonore cru et rude mais bien plus audible que celui de sa précédente livraison.

Sans céder aux sirènes du modernisme il conserve son côté caverneux et authentique tout en se faisant équilibré et moins étouffé qu’auparavant, et cela va permettre aux nouveaux titres de gagner encore plus en consistance… bien qu’étant déjà plus pointus qu’il y’a encore peu de temps. Car avec « From Heaven’s Throne Thee Bring Forth Death » cela va sauter aux oreilles et ce même si là c’est une véritable furie sonore qui est mise en avant, vu que ça ne débande pratiquement pas en continu, et seuls quelques plans plus lents propices au headbanging sont là pour aérer le tout et amener un supplément de noirceur à un ensemble qui pourtant n’en manquait pas. Trouvant le moyen ici d’être encore plus directe que la précédente et que celles qui va suivre cette plage joue le grand-écart et offre un cyclone sonore démentiel porté par un batteur à l’énergie décuplée qui n’arrête jamais, et qui à l’instar de son collègue guitariste révèle une palette technique moins rudimentaire qu’on ne pourrait le supposer. Si on avait pu déjà le ressentir tout cela va exploser définitivement avec le tentaculaire et à rallonge « Gust Of Armageddon (Suicidal Winds) » qui va jouer les montagnes russes, tel un volcan prêt à exploser à l’instar de la pochette assez représentative de ce maelström déployé. Oscillant entre le Doom le plus radical (où putridité et étouffement se mélangent à merveille) et de longues touches blastées où ces deux extrémités ne cessent de se croiser l’une après l’autre, la globalité n’est jamais ennuyeuse ou redondante vu que là-encore les riffs et variations sont suffisamment nombreux à l’instar des solos désarticulés qui renforcent cette ambiance chaotique et désespérée, où la tessiture des trois voix amènent encore un supplément d’âme. Véritable tour de force cette pièce-maîtresse riche en cassures et en brutalité réussit allègrement son pari… à savoir clouer l’auditeur à son siège sans le faire décrocher en route, un challenge réussi haut-la-main.

Prenant l’auditoire à la gorge dès qu’elle débute et ne relâchant la pression qu’une fois terminée cette œuvre tentaculaire demandera beaucoup de patience et de persévérance pour être totalement assimilée, vu que ce voyage dans des contrées sombres ne s’avère pas de tout repos et qu’il navigue entre froideur et chaleur pour offrir une ambiance de fin du monde en raccord avec le nom de ce disque. Comme quoi on peut faire une musique sans fioritures et être embarqué par une tornade musicale, comme le font ici les jeunots qui confirment tout le bien qu’on pensait d’eux (quel pas en avant franchi ici !), et confirment s’il y’en avait besoin que leur pays est définitivement de retour au sein de la sphère Metal mondiale, et qu’ils sont dans le haut du panier de leur royaume pourtant riche en noms à suivre.

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Tardus Mortem
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs :   -
Webzines : (2)  8.25/10

plus d'infos sur
Tardus Mortem
Tardus Mortem
Death Metal - 2015 - Danemark
  

tracklist
01.   Condemned To The Halls Of Infernal Sin
02.   From Heaven’s Throne Thee Bring Forth Death
03.   Gust Of Armageddon - Suicidal Winds
04.   Nun Of The Pyre (2021 version)
05.   Into The Grave (GRAVE cover)

Durée : 52 minutes

line up
parution
5 Novembre 2021

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2021 - Emanzipation Productions
  

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