Aara - Triade I : Eos Chronique
Aara Triade I : Eos
En 2020, je n’ai pas chroniqué le deuxième album des Suisses d’AARA. Pourtant En Ergô Einai était excellent ! En fait je me suis intéressé à lui trop tardivement et lorsqu’enfin j’ai décidé de me lancer dans sa présentation, début 2021, j’ai appris que sa suite arrivait déjà ! Parfait, cela allait être l’occasion de louer les qualités du trio et de faire d’une pierre deux coups ! Mais là où j’ai été pris de court c’est que je n’imaginais pas que ce Triade I : Eos serait capable d’être encore meilleur ! Quoique... Est-il vraiment meilleur en fait ? Je ne sais pas, parce que dès je switche de l’un à l’autre je change d’opinion ! L’un est excellent, l’autre est merveilleux... Mais je ne sais plus lequel ! Du coup, c’est la folie, AARA se hisse parmi mes meilleures sensations de ces dernières années, aux côtés de GRIMA, SEVEROTH, DAUÞUZ, BLACK CILICE et BLOOD RED FOG !
Oh oui, je suis complètement sous le charme des compositions de ces Suisses débarqués de presque nulle part. Basse et guitares reviennent à Berg, qui n’avait pas joué pour d’autres groupes avant mais qui a depuis créé MODERN RITES. Les vocaux sont ceux de Fluss, qui lui non plus ne chante pas ailleurs. Seule la batterie est l’oeuvre d’une figure déjà croisée : Morax, qui a joué aux guitares pour CHOTZÄ dont nous avons parlé récemment grâce à sa compilation spéciale 10 ans d’existence, Plump u Primitiv (10 Jahr Furchtbar). 3 hommes unis pour une putain d’osmose entre eux, où chacun a son rôle et où chacun l’assume pleinement. C’est simple, tous les éléments ont leur responsabilité dans la magie qui opère, et un seul changement aurait sans doute déséquilibré le tout.
Je n’ai pas envie de faire fuir certains, donc je n’ai pas encore lâché la référence qui me vient en premier à l’esprit, mais allons-y... DEAFHEAVEN. Oui, AARA a de fortes similitudes avec les Américains. Le black metal est à la fois ultra agressif mais aussi baigné d’une lumière vive qui laisse augurer d’une nouveau départ. Le visuel est un peu trompeur du coup, parce qu’aussi bien avec cet album que le précédent, c’est l’obscurité qui semble régner sur ces opus. L’obscurité, elle est là, mais c’est indéniable : des rais de lumières puissants viennent la découper. Sur ce troisième album encore les morceaux sont majestueux. Le rythme est ultra soutenu, emporté par cette batterie qui ralentit rarement. Ça galope énormément AARA ! Et lse vocaux sont aussi très tranchants, saturés et douloureux ! Ils ne proposent aucun effet dans les aigus, mais pourront aussi déplaire à ceux qui aiment les hurlement plus growlés du black. C’est strident ! Et sur cette base écorchée, les guitares sont envolées et mélodiques. Les riffs pleurent et amènent la lumière. Tout reste hostile, mais au lieu de nous plonger dans des enfers monstrueux, c’est l’impression d’un lac gelé en pleine tempête de neige qui vient à l’esprit.
La thématique est pourtant différente puisque les paroles s’intéressent au classique de Charles Robert Maturin : Melmoth ou l’Homme errant. Balzac et Baudelaire en étaient tout deux admiratifs, le saluant comme « l’apogée du roman gothique ». Les fans de black metal devraient donc aussi y trouver un certain écho, et apprécier les ambiances faustiennes qui s’en dégagent. AARA a carrément décider de composer une trilogie à ce sujet, et cela explique le titre : « Triade I : Eos ». Musicalement, le résultat est monstrueux ! Lourd, très lourd. Des morceaux valent 10/10 comme « Fathum », « Tantalusqual », « Naufragus », « Nimmermehr »... Ce dernier incorpore des choeurs magnifique d’ailleurs ! Mais je suis sans doute trop enthousiaste... Je suis peut-être tout simplement ultra sensible à la recette du groupe, et mon engouement n’est peut-être pas partagé... Et bien soit ! Je jouis peut-être seul, mais je jouis certainement. Vivement les deux autres albums qui complèteront la trilogie du coup !!! DONNEZ VOTRE AVIS Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer. 6 COMMENTAIRE(S) citer | J'avais pas spécialement accroché sur le précédent, je le trouvais "démonstratif", en terme d'enchaînement des mélodies, mais sur celui-ci, j'accroche à fond, cela me semble plus coulé de source. On entend mieux ce duel de guitare comme sur "Nimmermehr" l'une aigue et l'autre (peut être une basse) qui sonne comme Batushka/MGLA et ça se superpose vraiment bien.
Sans compter les cœurs qui arrivent à point nommé sans être excessif et qui se fonde très bien dans ce déluge.
Rien à redire sur la batterie, c'est mon côté Death Metalleux old scool peut être....
Merci encore d'avoir attisé ma curiosité, en fait j'aime de plus en plus cet album.... peut être que ça va me réconcilier avec les précédents.
A quand le dernier PURE WRATH ???? | citer | Ah j'étais étonné de ne pas avoir vu de chronique de Aara sur Thrasho, moins étonné de voir que je ne suis pas le seul conquis par ce groupe
Difficile pour moi également de ne pas penser aux défunts (ou pas d'ailleurs!) Deafheaven, le grain des guitares, la structure des morceaux, la voix arrachée, et cette batterie qui martèle à tout va. Les émotions ressenties sont les mêmes, entre rage exacerbée, et décollage immédiat pour planer sereinement, loin, très loin au-dessus de la folie des hommes... Néanmoins Aara dégage, déjà, une personnalité forte, beaucoup plus proche de l'ombre que de la lumière, en tout cas c'est de toute beauté!
Je vous rejoins toutefois sur le son de la batterie, un poil trop en avant par rapport au reste, mais ça reste un détail qui ne nuit pas vraiment au plaisir d'écoute. | citer | C'est vraiment excellent. Dommage pour cette batterie épaisse et trop en avant dans le mix qui bouffe un peu l'espace sonore et qui du coup m'empêche de prendre mon pied comme je l'avais pris avec En Ergô Einai.
Mais sinon les mélodies, l'ambiance et le visuel claquent magnifiquement. Du grand BM, impérial, poignant et dominateur.
Par contre je vois pas vraiment de similitudes avec Deafheaven (que j'apprécie fortement aussi c'est pas le problème), même si par moments des petites particules de lumière viennent éclaircir ce tableau de maître. | citer | Aara, En Ergô Einai l'album de l'année 2020 pour moi.
Celui-ci est excellent également mais j'ai toujours une petite frustration à son écoute à cause de la production moins bonne à mon sens et qui gâche (un peu) la batterie.
Mais c'est un détail qui ne doit pas empêcher de se jeter corps et âme dans ce joyaux Suisses. | citer | Oh ouiiiii !
Mieux que mon trve Aara ! | citer | Avec un telle note et une telle chronique, c'est Aara qui rit. | AJOUTER UN COMMENTAIRE | notes| Chroniqueur : | 9/10 | | Lecteurs : | (7) 8.79/10 | | Webzines : | (3) 8.17/10 |
plus d'infos sur | Aara Black Metal - 2018 - Suisse | | |
tracklist| 01. | Fathum | | 02. | Tantalusqual | | 03. | Naufragus | | 04. | Nimmermehr | | 05. | Das Wunder | | 06. | Effugium | Durée : 45:06 |
line up- Fluss / Chant
- Berg / Guitare, Basse, Claviers
- J / Batterie
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6 COMMENTAIRE(S)
01/04/2022 10:45
Sans compter les cœurs qui arrivent à point nommé sans être excessif et qui se fonde très bien dans ce déluge.
Rien à redire sur la batterie, c'est mon côté Death Metalleux old scool peut être....
Merci encore d'avoir attisé ma curiosité, en fait j'aime de plus en plus cet album.... peut être que ça va me réconcilier avec les précédents.
A quand le dernier PURE WRATH ????
15/12/2021 12:03
Difficile pour moi également de ne pas penser aux défunts (ou pas d'ailleurs!) Deafheaven, le grain des guitares, la structure des morceaux, la voix arrachée, et cette batterie qui martèle à tout va. Les émotions ressenties sont les mêmes, entre rage exacerbée, et décollage immédiat pour planer sereinement, loin, très loin au-dessus de la folie des hommes... Néanmoins Aara dégage, déjà, une personnalité forte, beaucoup plus proche de l'ombre que de la lumière, en tout cas c'est de toute beauté!
Je vous rejoins toutefois sur le son de la batterie, un poil trop en avant par rapport au reste, mais ça reste un détail qui ne nuit pas vraiment au plaisir d'écoute.
12/12/2021 12:51
Mais sinon les mélodies, l'ambiance et le visuel claquent magnifiquement. Du grand BM, impérial, poignant et dominateur.
Par contre je vois pas vraiment de similitudes avec Deafheaven (que j'apprécie fortement aussi c'est pas le problème), même si par moments des petites particules de lumière viennent éclaircir ce tableau de maître.
07/12/2021 20:39
Celui-ci est excellent également mais j'ai toujours une petite frustration à son écoute à cause de la production moins bonne à mon sens et qui gâche (un peu) la batterie.
Mais c'est un détail qui ne doit pas empêcher de se jeter corps et âme dans ce joyaux Suisses.
07/12/2021 02:23
Mieux que mon trve Aara !
06/12/2021 20:50