chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
210 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Bovary - Par amour du vide

Chronique

Bovary Par amour du vide
BOVARY, troisième ! Et pourtant… premier album. Oui, les deux sorties précédentes n’étaient finalement que des « démos ». Et c’est dès 2018 que nous avions découvert cette formation française, uniquement constituée de femmes à l’origine. Il ne reste désormais plus que Petri Ravn puisque Queen Thrash et Gwen de Bovary sont parties après la première démo : Mes racines dans le désert, et qu’Ondine en a fait de même après la deuxième, de 2019 : Sur ce mur trop souillé. Et au fur et à mesure, ce sont des hommes qui ont intégré le groupe. Bastien (Batterie) et Étrange Garçon (guitares et vocaux additionnels) étaient déjà présents sur la précédente sortie, mais nous accueillons ici pour la première fois le tout jeune bassiste Loïs.

Mais l’orientation de BOVARY n’a pas véritablement changé depuis les débuts, et le groupe ne fait que confirmer au contraire son identité et son talent. Les 8 morceaux de cet album poursuivent naturellement et logiquement ce que des titres comme « Ta vie c’est mes chiottes » avaient dévoilé. Toutes les douleurs du quotidien, toutes les frustrations et tout le stress d’une vie insignifiante, tout cela, qui a été retenu et enfoui en attendant de meilleurs jours, explose pendant 48 minutes. Ce sont d’abord les paroles qui font comprendre le propos, et le fait que BOVARY ne parvient pas à fuir la réalité. Il ne va pas surpasser son désespoir en invoquant Satan, en s’évadant dans le monde de Tolkien ou en prônant la vie dans une cabane à la forêt. BOVARY n’affronte pas non plus cette réalité, et il ne mène aucun combat. Il n’a ni les armes, ni la force pour y parvenir. Tout ce qu’il peut faire, c’est constater et geindre. Il aimerait sans aucun doute s’habituer à ce monde et à sa société, mais il est à la fois trop faible et trop conscient de l’être pour y arriver… Il est résigné, mais se sent aussi coupable, parce qu’il n’est plus un humain entouré de zombies, mais un zombie sachant qu’il en est un, entouré de zombies ignorant l’être…

« Bonheur léthargique »
Le bonheur est un sommeil
Tous, ils sont couchés, mais personne ne dort
Ils ont la trogne enfarinée
Et le mensonge planté dans le corps


« Ana » :
Le bruit, la souille, la culpabilité
La mal vie, la débauche
Et l’inéluctabilité
Le vide en moi
Le vide du monde
Le bide immonde
Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien


« Sans moi »
Tu l’as mérité
Vas-y pars
Vas-y, vas te reposer
Seul
Sans moi


Les paroles sont réussies, mais elles n’auraient pas le même impact sans une musique capable de transmettre leurs messages. Et elles y parviennent parfaitement. Certains parleront de black dépressif, mais le terme n’est pas suffisant. Les morceaux sont emplis de mélancolie, de désabusement, de regrets, d’incompréhension, d’illusions perdues. Et chaque morceau est fort, avec des odeurs de sincérité pure, d’espoirs perdus, de culpabilité honteuse. Les vocaux sont extrêmement impliqués, et ils savent transmettre avec quelques variations tous les sentiments partagés. Et les instruments trouvent aussi un excellent équilibre entre la douceur et la douleur. Toutes les clartés sont délicieuses, mais d’une tristesse sans nom, comme si nous marchions sur un chemin certes constitué par un nuage délicat, mais menant vers un gouffre de vide noir. La fin est devant nous, elle est inéluctable…

Signalons pour finir la présence de deux invités : Sotte est une femme qui apporte sa voix déclamée sur la longue piste introductive « Par amour du vide » ainsi que sa voix chantée sur la reprise de Françoise Hardy : « Mon amie la rose ». Isidore de Palsuie est crédité aux vocaux sur « Celui ou celle ». Et puis une petite dernière info, c’est le jeune label Remparts Productions qui sort ce bijou, et qui mérite donc le soutien des amateurs du genre. Encore une fois bravo à BOVARY, qui transmet toute sa noirceur avec sa propre expression, avec une identité marquée.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

3 COMMENTAIRE(S)

Leiden citer
Leiden
11/08/2023 04:16
Découverte particulièrement marquante. Merci!
Lestat citer
Lestat
20/06/2023 22:29
Merci Sakrifiss, on va aller écouter ça !
Et ça me dit bien de voir comment ils ont repris "Mon amie la rose" pour comparer avec la reprise de Decline of The I (avec les chanteurs d'Eros Necropsique).
Dantefever citer
Dantefever
20/06/2023 12:59
*sigh*

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Bovary
Black Metal dépressif
2023 - Remparts Productions
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs :   -
Webzines : (1)  9/10

plus d'infos sur
Bovary
Bovary
Black Metal dépressif - 2017 - France
  

tracklist
01.   Par amour du vide
02.   Ana
03.   Bénies soient les putains
04.   Celui ou celle
05.   Dialogue amputé
06.   Sans moi
07.   Bonheur léthargique
08.   Mon amie la rose

Durée : 46:39

parution
7 Avril 2023

voir aussi
Bovary
Bovary
Sur ce mur trop souillé (Démo)

2019 - Nar Productions
  
Bovary
Bovary
Mes racines dans le desert (Démo)

2018 - Nar Productions
  

Essayez aussi
Vardan
Vardan
From the Pale Moonlight

2015 - Moribund Records
  
Ghost Bath
Ghost Bath
Moonlover

2015 - Northern Silence Productions
  
Gråt Strigoi
Gråt Strigoi
Communion of the Nameless

2021 - Autoproduction
  
Kotha
Kotha
XI

2017 - This Winter Will Last Forever
  
Suicide Forest
Suicide Forest
Suicide Forest

2019 - Avantgarde Music
  

Cryptic Process
Gulps (EP)
Lire la chronique
Collier d'Ombre
Distant Grandiosity Of Hori...
Lire la chronique
Primitive Man
Observance
Lire la chronique
Ammanas
The Source of Primordial Wi...
Lire la chronique
Forteresse
À Couteaux Tirés (EP)
Lire la chronique
Carnage Inc.
Carnage Inc. (EP)
Lire la chronique
"Transmutations" European Tour 2025
Candelabrum + Dødsforakt + ...
Lire le live report
Cephalic Carnage
Anomalies
Lire la chronique
Exhuman
Fear of Oneself
Lire la chronique
Sainte Obyana du Froid
The Purest Ending
Lire la chronique
Plasmodulated
An Ocean Ov Putrid, Stinky,...
Lire la chronique
Dark Divination
Liitto hengen ja veren
Lire la chronique
Thron
Vurias
Lire la chronique
Maudits
In Situ
Lire la chronique
Deathhammer
Crimson Dawn
Lire la chronique
Hyperdontia
Dormant Scourge (EP)
Lire la chronique
Dysentery
Dejection Chrysalis
Lire la chronique
Echoes from Earth
Atlas I: Cities
Lire la chronique
Cathedral
Society's Pact With Satan (EP)
Lire la chronique
Phobocosm
Foreordained
Lire la chronique
Amber Asylum
Bitter River
Lire la chronique
Kremousity
Sunset Before Apocalypse (EP)
Lire la chronique
Fluisteraars
De Kronieken Van Het Verdwe...
Lire la chronique
Flesh Storm
The Path Of The War
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Décembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Rot Fester
Death Row (EP)
Lire la chronique
Candlelight Horror Classics
Agence Musicale de Paris
Lire le live report
Esoctrilihum
Monarchy of Terror on the B...
Lire la chronique
Human
Concetto Transeunte
Lire la chronique
Crown Of Thornz
Train Yard Blues (EP)
Lire la chronique