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Kickback - Les 150 Passions Meurtrières

Chronique

Kickback Les 150 Passions Meurtrières (EP)
Peut-être n’avez-vous pas fait attention mais Kickback semble vouloir reprendre du service. Je ne parle pas de la version thaïlandaise avec Stephen au chant accompagné pour l’occasion par les musiciens de Whispers (excellente formation originaire de Bangkok dont la musique doit tout aux Parisiens) mais une version plus proche du Kickback des dernières années puisque Pascal Pastore (basse) et Damien Guimard (guitare) sont en effet de nouveau de la partie. Pour le moment ce retour aux affaires ne s’est concrétisé qu’à l’occasion de quelques dates bien choisies aux États-Unis mais le groupe, accompagné là-bas sur les planches par Anthonie Gonzalez (God’s Hate, ex-Twitching Tongues...) à la guitare et Andrew Kisielewski (Year Of The Knife, Damnations Domain...) à la batterie a déjà confirmé sa venue en Europe dans le cadre de la prochaine édition du Revolution Is Calling qui se tiendra comme chaque année à Eindhoven en novembre prochain... Autant vous dire que je suis particulièrement excité à l’idée de retrouver nos joyeux lurons sur scène pour un set qui s’annonce d’ores et déjà physique et bien évidemment mémorable.

Mais ce n’est pas la seule actualité concernant Kickback à avoir secoué la scène Hardcore ces dernières semaines puisque le groupe en a également profité pour presser en vinyle et cela pour la première fois depuis sa sortie en 2000 l’excellent EP intitulé Les 150 Passions Meurtrières. Après la réédition LP de Forever War parue en 2024 dans le cadre du Record Store Day (au grand dam des principaux intéressés), cette version vinyle inespérée n’a évidemment pas manqué de susciter l’intérêt de tous les fans (et autres vautours de Discogs) qui en quelques jours seulement ont effectivement fait une razzia sur l’ensemble des copies disponibles (dont une version "Thai true crimes" proposée avec un artwork alternatif). L’occasion était donc toute trouvée pour vous parler enfin de cette sortie tout aussi incontournable que les deux albums auxquels elle succède.

Sorti chez Hostile Records, Les 150 Passions Meurtrières n’est pas ce que l’on peut appeler un disque particulièrement "léger". C’est même d’ailleurs tout le contraire. Il y a d’abord cette illustration extrêmement dérangeante tirée du film Lolita: Vibrator Torture sorti en 1987 et réalisé par le Japonais Hisayasu Satō. Certes, la peur et la souffrance exprimées par cette femme sont feintes mais en l’absence de crédits et face à la réputation des Parisiens, le doute a longtemps été permis. Toujours autour du livret, on y trouve également à l’intérieur un extrait pour le moins douloureux du célèbre manuscrit "Les cent vingt journées de Sodome ou l'École du libertinage" écrit par le sulfureux Marquis de Sade. Un livre dont est d’ailleurs tiré le titre de ce EP. Et ce n’est pas tout puisqu’il y a également ces paroles à commencer par ce featuring particulièrement imagé de Profecy sur "Ruining The Show" ("J'arrive dans c'monde d'enculé où des capotes ont craqué. Dans des chattes contaminées syndrome HIV, achevé. J'bouffe de la merde, j'vis dans la merde" suivi par "À deux, à trois, ton intimité on la ruine. On te baise gratuit, ta soeur, ta fille aussi. Cru et hardcore, je privilégie les drogues aux sports. Sans respect pour l'espèce humaine") ainsi que quelques samples particulièrement gratinés. D’abord celui du film Carne réalisé par Gaspard Noé où l’on peut entendre le regretté Philippe Nahon (Seul Contre Tous, Irréversible, Haute Tension...) s’exprimer ainsi : "Il y a bien deux choses que je ne pourrai pas lui refuser... la première c'est un coup de trique... la deuxième c'est un coup de poing…") et puis surtout celui dispensé en guise de conclusion à "Murder Minded". Tiré de The Humiliation Of Heidi réalisé par l’acteur porno Jamie Gillis, on peut y entendre une femme souffrir le martyr dans une séance de torture et d’humiliation particulièrement dérangeante lors de laquelle le tortionnaire a le bon goût de lui rappeler qu’avoir aussi mal est bien là le but d’une telle expérience. "PLEASURE AT ANY COST" comme l’écrit si bien Kickback dans ce fameux livret...

Paru trois ans après Forever War, Les 150 Passions Meurtrières est notamment marqué par les départs de Boussad Lacheb (guitare) et Stefan Scigalla (batterie). Si le premier ne sera pas remplacé laissant ainsi Irvin Oziel seul guitariste à bord, c’est Simon Doucet des excellents Crossbreed qui occupera ce deuxième poste laissé vacant. Ainsi réagencé, Kickback va avec ce EP nous offrir six nouvelles compositions dans un style encore inchangé puisqu’à quelques petites exceptions près, on reste en effet ici sur un Hardcore / Metal très proche de cette pièce maîtresse du Hardcore hexagonal (et international) qu’est Forever War. Du chant haineux et vicieux de Stephen aux riffs toujours autant inspirés par Slayer (avec en sus cette petite touche de New York Hardcore bien sentie, notamment lors des passages les plus rapides où le jeu d’Oziel se fait plus simple et plus dépouillé) en passant par ces breaks assassins capables de déclencher des émeutes, on trouve tout au long de cette petite demi heure tout ce qui faisait le charme de ce deuxième album rapidement devenu incontournable.
Et si les influences Black Metal ne se feront sentir qu’après l’arrivée de Damien Guimard aka Toxic Harmst (Diapsiquir, ex-Arkhon Infaustus) en 2005, Les 150 Passions Meurtrières commence néanmoins à laisser poindre un réel désir d’émancipation face à une scène Hardcore de plus en plus partagée sur l’attitude particulièrement négative, provocatrice, nihiliste et nietzschéenne des Parisiens. Évidemment "Ruining The Show" et ce fameux featuring évoqué plus haut ne manquent pas d’attirer l’attention mais aussi efficace soit-il, encore aujourd’hui, ce titre semble surtout être inscrit dans son époque. Aussi, c’est davantage avec ce morceau-titre de plus de six minutes que Kickback explore de nouveaux horizons. Une composition quasi-instrumentale (si ce n’est ces quelques samples lointains ou bien ce court passage compris entre 4:11 et 4:33) à la sauce Post-Hardcore défaitiste, au rythme tranquille et entêtant et aux guitares particulièrement désabusées (j’y vois d’ailleurs quelques subtils rappels à la scène Holy Terror de Cleveland). L’ensemble est cependant rehaussé par une partie centrale plus dynamique et chaloupée ainsi que par de derniers instants où l’on va retrouver cette tension Hardcore qui jusque-là s’était presque totalement effacée.

Produit par Ed Rose que je n’attendais clairement pas là puisque malgré quelques piges pour Coalesce, on lui doit surtout une bonne partie du son de la scène Midwest Emo des années 90 et du début des années 2000 (Boys Life, The Get Up Kids, Kill Creek, The Casket Lottery, Benton Falls, The Appleseed Cast...), Les 150 Passions Meurtrières s’envisage sans mal comme la suite logique de Forever War tout en poussant encore un petit peu plus à fond tous les curseurs de la provocation. Une violence verbale, physique et psychologique exposée crûment dont va naturellement découler une profonde sensation de malaise dont on ne parviendra jamais à se départir... Ce EP marque aussi la fin d’une certaine période pour Kickback qui ne fera son retour sur disque que neuf années plus tard au son d’une musique plus personnelle et dès lors bien moins marquée par l’héritage des scènes NYHC et Metal / Hardcore des années 90. Une conclusion excessive en forme d’ode à toutes formes de violences particulièrement débridées, à cette loi du plus fort qui n’existe presque plus aujourd’hui que dans le monde animal, à la haine de toutes et tous, aux esprits dérangés et à la lie de l’humanité qui ne peut s’épanouir que dans le vice... Bref, à tous les dégénérés que porte cette planète.

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5 COMMENTAIRE(S)

gulo gulo citer
gulo gulo
01/02/2026 14:07
Un repost, toutefois, signale un point sur lequel l'article eût mieux fait de se focaliser, et qui concerne "le side-project de Kickback" (dont on sait bien qu'il pré-existait à Kickback, et a permis la requalification de Pastore) : la diffusion d'images pédo-pornographiques en fond d'un concert.

Là, il y a quelque chose à dénoncer formellement. Concernant les pratiques de Bessac, laissons la police faire son travail. Ses fréquentations et ses idées ? Comme l'intéressé le dit lui-même : tu kiffes pas t'écoutes pas et puis c'est tout. Mais je confonds peut-être avec Booba. Ou Aaron Turner.

Tu revends tes disques et ton merch si tu te sens sale, ça c'est de moi. Sinon, Jean-Jacques Goldmann a bien résumé les choses.
gulo gulo citer
gulo gulo
01/02/2026 09:20
L'article pour ma part me paraît totalement inutile : les constats en questions sont à peu près bien connus du (et ignorés par le) public concerné, et leurs autres lecteurs ne connaissent ni le groupe, ni les alternatives à sa consommation, qui ne les intéressent pas.

Quant à l'hypothèse de cancel, on est dans un journal français, pour une tournée à l'étranger.

Je ne parle même pas de l'idée de droit d'inventaire sur le "groupe à l'opposé des valeurs conventionnellement associées au hardcore" - merci, monsieur le Commissaire au Hardcore. Tant qu'on est dans les associations et affinités répréhensibles, "il paraît" que l'auteur de l'article a de vieilles photos en t-shirt Burzum qui traînent sur internet.
Ikea citer
Ikea
01/02/2026 08:50
Ah tiens, Mediapart a aussi sorti un remember sur le fait que Kickback a plutôt des idées dégueulasses. Dommage que l'article se donne l'impression de découvrir un secret (connu de tous depuis un bail) mais les rappels, c'est jamais mauvais dans ce genre de cas Mr Green
Niktareum citer
Niktareum
28/01/2026 19:56
note: 4.5/5
EP indispensable, malsain au possible ("It's supposed to hurt !!"), même si je suis moins fans des quelques bribes de ce que deviendra KKK avec "No Surrender" mais bon rien que pour cette "Ruining The Show" et son début absolument dantesque (sérieux j'ai envie de tout fracasser quand j'entends ça !!), c'est culte.
Sosthène citer
Sosthène
28/01/2026 19:33
note: 4.5/5
Quel EP merveilleux, quelle malaise incessant ! Et oui le morceau titre a un côté post, presque nu émo à la Deftones je trouve, qui surprend en bien et qui finit de bien glacer l'ambiance. Bon, mon préféré objectif reste "No Surrender" au risque de froisser les puristes.

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Kickback
Hardcore
2000 - Hostile Records
notes
Chroniqueur : 4.5/5
Lecteurs : (3)  4.17/5
Webzines :   -

plus d'infos sur
Kickback
Kickback
Hardcore - 1991 - France
  

tracklist
01.   Will To Power  (04:09)
02.   New Sadist  (03:29)
03.   Les 150 Passions Meurtrières  (06:31)
04.   Ruining The Show  (02:54)
05.   On The Prowl  (04:54)
06.   Murder Minded  (03:51)

line up
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1997 - Hostile Records
  
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