Izrod - Sarajevski Odisej
Chronique
Izrod Sarajevski Odisej
Pour une fois, c’est le titre de l’album qui m’a donné une idée du lieu d’où venait le groupe. Sarajevski Odisej, il ne faut pas être très malin pour comprendre que cela signifie « L’Odysée de Sarajevo ». Nous allons donc partir en Bosnie-Herzégovine ?! « Noooon, il n’y a pas de groupes de black là-bas, c’est pas possible ! ». Et bien détrompe-toi, c’est un pays qui a sa scène, et même si on en entend peu parler, elle est assez vivace et passionnée, généralement dans un esprit pur et raw. Et s’il y a un personnage à connaître en priorité, il s’agit bien de Osman Ramadanović. Il n’est pas très vieux, né en 1990, mais c’est une figure incontournable du pays. Il est affilié à plus de 40 formations ! Il a joué ou joue encore pour elles son instrument de prédilection la batterie, ou s’occupe des vocaux. Plus rarement il joue aussi d’autres instruments. Il est tellement reconnu qu’il a même été convié pour faire les batteries sur le premier album du groupe autralien SOLIPSISM en 2021.
Osman travaille parfois seul, parfois bien entouré. Et au sein d’IZROD, il a carrément trois compères, qu’il a cotoyés dans d’autres projets également. Le bassiste AJ et les guitaristes HP et EG avec qui il a déjà joué pour OBSKURITATEM, VOID PRAYER et SULPHURIC NIGHT. Ne me demandez pas pourquoi cette multiplication de projets, j’ai juste l’impression que le but est de forger une scène... Ils se sont même ligués au sein d’une copie des Légions Noires, qu’ils ont appelé The Black Plague Circle...
Musicalement, rien de bien nouveau. On trouve sur ce tout premier album d’IZRID suffisamment de talent pour que les compositions s’écoutent avec un certain plaisir, mais il n’y a absolument rien que permet de le mettre au-dessus de la masse. Il est même plutôt en plein milieu de la masse, avec un black metal tout ce qu’il y a de plus banal, dans une veine agressive et sombre. C’est ce qu’on appelle un album bien exécuté mais peu inspiré. Quelques passages tirent leur épingle du jeu, comme les riffs accrocheurs sur « Prokleto gorje » et « Crno srce grmi bijesno », mais cela ne fait qu’illusion... En fait, ce sont presque les paroles qui m’ont le plus accroché, avec des thématiques et une approche liées à la réalité et à la situation de Sarajevo... Elles sont en bosniaque, mais une petite traduction Google permet de saisir les grandes lignes, et comprendre que c’est le quotidien dans cette ville sombre sans grand espoir qui est au centre de l’attention...
Un album qui n’est pas dégueu, mais qui manque d’identité. Il m’a beaucoup fait penser à DARK FURY et à d’autres groupes bien directs de Pologne... Ça peut suffire pour certains...
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