chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
94 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Nature Morte - Oddity

Chronique

Nature Morte Oddity
Il est déjà l’heure du troisième album pour les Parisiens de NATURE MORTE, celui que l’on dit « de la maturité », après celui « de la confirmation » (« Messe basse »), en plus d’une démo parue en 2016 et d’un split en compagnie du grand HEGEMON, entité reconnue de la scène black metal. Etonnante liaison, même si elle n’est pas forcément dangereuse.

Il faudra cependant faire preuve d’une solide ouverture d’esprit pour apprécier pleinement les neuf compositions ici présentes, pour près d’une heure de musique), dont une reprise surprenante (mais peut-être pas tant que cela) de sa majesté DEFTONES et sur laquelle je reviendrai plus tard. Pourquoi être ouvert ? Tout simplement parce que le trio pimente sa trame black initiale d’influences shoegaze, post rock voire screamo, la conséquence étant que l’on n’est donc clairement pas sur une musique extrême très orthodoxe. Sans compter que même si le chant est quasi constamment hurlé, le ton global de l’album est davantage redevable aux sanglots longs de l’automne (coucou à Paul Verlaine) qu’à la haine. En soi, cela n’a rien de problématique dès lors que c’est bien fait mais les plus intégristes d’entre nous auront bien du mal à se satisfaire le cyclope avec « Oddity.

Et c’est bien là un écueil sur lequel j’ai tout le mal du monde à me positionner. Par exemple, « Here comes the Rain » a des arguments forts pour séduire le fan des CRANES, dont je fais partie, mais les purs amateurs de ce groupe prendront leurs guiboles à leur cou à l’écoute des autres compositions. Et, à l’inverse, l’authentique consommateur de black metal sera bien en peine de tolérer plus de quelques secondes les arpèges émouvants de « New Dawn ». La question se pose donc : qui écoute un groupe tel que NATURE MORTE (qu’il s’agira d’ailleurs de ne pas confondre avec l’excellent NEIGE MORTE, de Lyon, que je ne peux que vous recommander) ? Des types branchouilles fréquentant les bars à vins ? Des post-romantiques se coiffant la mèche ? Des suicidaires en puissance ? Des adolescents « dark sasuke » ? La sobriété du compte Instagram ne me permet guère de répondre, en dépit du fantôme de l’esprit de FIELDS OF THE NEPHILIM qui plane au-dessus des arpèges introductifs de « Banquet Overflow for the Mind House ».

La pochette ne nous trompe d’ailleurs pas, de même que celle des sorties précédentes : la formation joue sur les paradoxes. Des couleurs pastel, une illustration spectrale, un logo illisible, l’objet est d’emblée étrange, pour ne pas dire suspect, nous ne savons pas s’il faut le poser tranquillement sur la table de nuit de la petite dernière ou au contraire le cacher à la cave, cette ambivalence perdurant tout du long de l’écoute. J’ai bien sûr ma petite idée quant à l’endroit où remiser « Oddity » mais cela ne vous plairait pas. Je parlais plus haut de l’album de la maturité mais ce style musical ne me semble jamais totalement mature justement. C’est-à-dire que lorsque tu écoutes à la suite « Confusion is Sex » puis « Murray Street » de SONIC YOUTH, tu entends bien que les membres ont su transcender leurs frustrations adolescentes en un truc plus adulte mais là, je ne sais pas, je n’arrive pas à m’ôter de l’esprit l’image de jeunes émos tristounets aux bourses étranglées dans leurs jeans slims alors que la musique est pratiquée par des grandes personnes et cela crée dans mon cerveau un décalage que je ne peux jamais véritablement réguler.

Il reste que je ne suis pas loin de penser que le meilleur titre du disque soit donc cette fameuse reprise de DEFTONES, « Fireal », titre exceptionnel évidemment puisque issu d’« Adrenaline ». Mais sans doute qu’en arrivant à la fin de cet article vous ne savez toujours pas s’il faut ou non vous pencher sur NATURE MORTE. Qu’est-ce que j’en sais moi ? Une heure de lamentations, c’est trop pour mes nerfs mais je sais qu’il y en a qui aiment bien ça, se faire titiller la moelle osseuse avec un économe ou beurrer le renflement brun au St Hubert, il n’y a pas de mal à cela. Mais ne me demandez pas de me prononcer ! Un soir de colère, je mettrais le tout à la benne et un jour de transport amoureux, je pourrais l’écouter en boucle ! Par conséquent, là, dans un état sentimental neutre bien que légèrement éthylique, j’opterais par prudence pour la seconde option car ces mecs ont quand même un sacré savoir-faire en matière de lamentation black metal et l’album reste in fine l’un des trucs les plus aboutis que j’ai pu écouter dans ce style.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

1 COMMENTAIRE(S)

Lestat citer
Lestat
03/11/2023 13:26
Belle chronique.
Essaie de les voir en live, cela te permettra peut-être de compléter l'expérience et de trancher plus facilement.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Nature Morte
Shoegaze Post Black Metal
2023 - Frozen Records
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (2)  8.25/10

plus d'infos sur
Nature Morte
Nature Morte
Post Black Metal - 2015 - France
  

formats
tracklist
01.   Bruises & Lace  (08:32)
02.   The Pier  (09:31)
03.   Here Comes The Rain  (04:52)
04.   New Dawn  (05:49)
05.   Monday Is Fry Day  (06:02)
06.   Banquet Overflow For The Mind House  (05:52)
07.   Nothingness  (03:57)
08.   Untitled  (02:16)
09.   Fireal (Deftones Cover)  (06:46)

Durée : 53:37

line up
parution
29 Octobre 2023

voir aussi
Nature Morte
Nature Morte
Still Life

2026 - Frozen Records
  

Essayez aussi
Deafheaven
Deafheaven
Lonely People with Power

2025 - Roadrunner Records
  
Together To The Stars
Together To The Stars
The Fragile Silence

2024 - Northern Silence Productions
  
Alcest
Alcest
Les chants de l'aurore

2024 - Nuclear Blast Records
  
Sleeping Peonies
Sleeping Peonies
Opal (EP)

2014 - Autoproduction
  

Eximperitus
Meritoriousness of Equanimity
Lire la chronique
Purulent Remains
Abhorrent Putrefaction (EP)
Lire la chronique
Six Feet Under
Next To Die
Lire la chronique
Dauþuz
Todeswerk: Uranium II
Lire la chronique
Nidelgret
Trauerlärm
Lire la chronique
Prisonnier Du Temps
Prendre Le Pouvoir Par La F...
Lire la chronique
Evil Warriors
Evil Warriors
Lire la chronique
Portrayal Of Guilt
…Beginning Of The End
Lire la chronique
À Terre
Embrasser la nuit
Lire la chronique
Fake Dust
Decrepitizing Din Of The Ce...
Lire la chronique
Malhkebre
B.A.M.N.
Lire la chronique
Temple Of The Fuzz Witch / Seum
Conjuring (Split 12")
Lire la chronique
To the Lions Tour 2026
Himinbjorg + Putrefaction o...
Lire le live report
La photo mystère du 1 Juin 2026
Jouer à la Photo mystère
Paterna Spirituum
Pieśni pogardy
Lire la chronique
NecroBeast
Iron Baphomet
Lire la chronique
Savage Mania
Demonic Assault
Lire la chronique
Moongates Guardian
Come Shadow of My End
Lire la chronique
Despondency
Matriphagy
Lire la chronique
Funebrarum
Beckoning The Void Of Etern...
Lire la chronique
Apolaustic
No Plenitude Without Suffering
Lire la chronique
Vargrav
Dimension: Daemonium
Lire la chronique
Putrefaction of Rotting Corpses (P.O.R.C.)
Sociopatia
Lire la chronique
Deftones
Koi No Yokan
Lire la chronique
Galibot + Mephorash
Lire le live report
A Forest Of Stars
Stack Overflow In Corpse Pi...
Lire la chronique
Nightspell
Darkness Spreads Around (EP)
Lire la chronique
Funebrarum
Exhumation Of The Ancient (EP)
Lire la chronique
Imperial Triumphant
Alphaville
Lire la chronique
Illdisposed
In Chambers of Sonic Disgust
Lire la chronique