Apex of Devastation - Apex of Devastation
Chronique
Apex of Devastation Apex of Devastation (EP)
Avec un patronyme pareil, il ne va pas falloir mentir sur la marchandise. On attend du gros, du fort, du très solide, dans un registre où le break surpuissant est monarque absolu : le deathcore. Alors qu’APEX OF DEVASTATION semble exister depuis 2012, je n’en avais jusqu’alors jamais entendu parler, il faut dire que le style dans lequel il évolue a la fâcheuse tendance à m’ennuyer. Le côté bœuf aux hormones sans doute. Cet EP éponyme changera-t-il à jamais la donne ?
Bof. « Futile Malevolence », le titre d’ouverture, ressemble exactement à ce que je craignais : une musique lourde empruntant son chant guttural au death metal et ses rythmiques hachées au hardcore, concassant le tout dans des passages slam à haut potentiel vibratoire. Déjà fait ? Mille fois évidemment, de toute façon ce genre est tellement codifié que sortir un truc un tant soit peu original paraît impossible, même lorsqu’on s’appelle INFANT ANNIHILATOR et qu’on déploie un niveau technique d’enculé. Or, la technique, c’est sans doute l’une des principales choses qui manquent à ces six titres. Les musiciens compensent certes cela par un son ultra massif, un mélange de béton et de plomb certainement, ainsi qu’un usage du clavier pour rendre les breaks moins monolithiques, pratique que l’on retrouve parfois dans le death atmosphérique, les débuts de PSYGNOSIS par exemple, espérant rendre le tout moins bébête que ça en a l’air. Mais une copie sans idées, tu auras beau y mettre des enluminures, ça restera toujours une copie sans idées.
Cela dit, qu’il y ait six titres, un seul ou trente, cela ne changera rien tant les musiciens semblent incapables de penser leur musique en dehors d’une guitare à quatre cases, faisant tourner les sempiternels même accords à la recherche du breakdown ultime, un titre comme « Repurposed » n’étant d’ailleurs qu’une suite continue de mosh parts, rendant de fait leur usage caduc. Au moins, le chanteur ne nous les brise pas avec des voix claires, il reste dans sa posture d’ours grognon tout du long, et merci bien. Car oui le chant est parfaitement efficace, il saute à la gueule, mord férocement et ne lâche plus, l’expérience est brutale. Tous les poncifs ne sont pas pour autant rachetés : l’arythmie constante comme unique moyen d’expression, la cymbale seule pour marquer les temps entre deux accords barrés bien espacés, la double pédale en arrière-plan d’un passage à la lenteur doomesque, le chant sursaturé et les vibrations de basse pour renforcer les effondrements mélodiques.
Il est clair que ce disque ne s’adresse pas à moi. J’ai beau adoré les trucs bourrins, j’aime aussi quand un groupe ne croit pas que composer un morceau consiste à aligner le plus de breaks possibles en trois ou quatre minutes. Peut-être que j’aurais un autre ressenti si je voyais APEX OF DEVASTATION en concert, sans trop y croire cependant. Il reste que les dingues de deathcore pourraient bien être séduits par la brutalité des Américains, leur seul mot d’ordre étant le matraquage.
DONNEZ VOTRE AVIS
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
AJOUTER UN COMMENTAIRE
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par AxGxB
Par AxGxB
Par Sosthène
Par Dantefever
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Keyser
Par Sosthène
Par Cujo
Par Lestat
Par Lestat
Par AxGxB
Par Keyser
Par Sosthène
Par gulo gulo
Par Sosthène