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Nocturnus - Ethereal Tomb

Chronique

Nocturnus Ethereal Tomb
Soyons réalistes, globalement, il s’est fait copieusement chier dessus cet « Ethereal Tomb », troisième et dernier effort studio de NOCTURNUS. Tu peux demander à n’importe quel pélo de ton entourage, les chances qu’il te le cite comme étant son album favori de la discographie sont quasi nulles. Aussi, une écoute attentive s’imposait d’elle-même.

Déjà, je n’épiloguerai pas sur l’éviction de Mike Browning, tout a sans doute déjà été dit et ce n’est certainement pas moi qui amènerai une nouvelle théorie du complot concernant ce sujet. Ce fut assurément une perte immense pour la formation américaine, bien que pour faire correctement le boulot il s’agirait de consulter les crédits afin d’évaluer l’importance qu’il avait dans l’écriture. De plus, le groupe a toujours eu cette aura d’« il y a le premier batteur de MORBID ANGEL dedans » alors qu’il n’a finalement joué que sur trois premières démos. Or, à l’époque en Floride, les musiciens capables d’exercer dans l’extrême balbutiant ne devaient pas se compter par milliers. Je ne minimise évidemment pas le rôle du gars, je dis juste qu’à la fin des années 80, si tu avais les cheveux longs, des débardeurs et des bracelets à clous, les chances de te retrouver à jouer dans un groupe qui allait devenir culte étaient tout de même plus grande qu’aujourd’hui. Il fallait aussi davantage de talent pour se faire signer, c’est indéniable, les labels ayant alors une démarche commerciale fondamentalement différente d’aujourd’hui, pour simplifier : la qualité versus la quantité.

D’ailleurs, que l’on apprécie ou pas ce dernier tiers de carrière, il sera difficile de ne pas reconnaître que l’ombre de l’ange morbide s’est enfin éclipsée car elle était tout de même très présente sur « The Key », puis « Thresholds » et qu’on la retrouve évidemment sur « Paradox » de NOCTURNUS AD. Bref, tout cela pour dire que ce départ était peut-être l’occasion unique de découvrir un nouveau visage de NOCTURNUS, même si ce n’est pas forcément celui que l’on avait envie de voir (le logo est notamment un peu tristoune).

C’est donc Season of Mist qui attrape la queue de Mickey et à qui il revient de promouvoir « Ethereal Tomb ». Inutile de chercher à comparer avec le passé, ce n’est musicalement clairement plus le même groupe. Il s’agit toujours d’un death metal relativement futuriste avec beaucoup de claviers (la marque de Louis Panzer) mais en plus posé, davantage canalisé, donc bien moins rapide mais aussi moins bordélique. Est-ce que cela en fait pour autant un disque ennuyeux ? Absolument pas, tout du moins en ce qui me concerne. Oui, le tempo est peu ou prou identique durant les huit morceaux mais ils ne sont pas les seuls à partager ce travers, d’autant que les qualités de l’album ne sont pas à rechercher dans les performances techniques. Pour le dire autrement, si tu t’attends à un déluge de notes à la seconde avec des triples saltos arrière, oublie.

Car oui, l’album n’a pas la folie d’un titre tel que « Lake of Fire » mais ses ambiances sont superbes pour deux raisons principales selon moi : d’une, la qualité des solos de guitares, de deux, le boulot tout en subtilité du claviériste. Concernant les premiers, leur excellence mélodique me semble peu attaquable. Ils sont moins rapides, moins chargés mais leur clarté ainsi que leur justesse les rendent à mon sens bien plus digestes que ceux précédemment écrits. C’est un avis, je ne m’attends pas à ce qu’on le partage. Et, au-delà de ça, c’est l’ensemble de la performance de la paire DavisMcNenney que je salue. Par bien des aspects, et notamment dans l’usage des sonorités claires, les mecs ont dix ans d’avance sur CYNIC et son « Traced in Air ». Mais il y a également un travail sur les riffs et rythmiques qui m’évoquent la scène techno thrash / techno death des débuts, en plus épuré cependant. Quant à ce qui relève des claviers, c’est vrai que « discrétion » serait le maître mot pour les décrire. Louis Panzer utilise son instrument bien plus comme un créateur d’ambiance, faisant à lui seul basculer NOCTURNUS dans une dimension death atmosphérique prononcée. Ce travail sur les tessitures a bien entendu l’écueil de ne plus du tout faire sonner le groupe comme auparavant, du moins si tant est que l’on considère que cette évolution serait en définitive une régression, ce qui n’est pas ma position.

Je n’irai certes pas jusqu’à dire qu’il s’agit du meilleur album du groupe. Davantage de créativité aurait été un plus indéniable, sans compter que l’on peine à reconnaître le jeu des guitaristes tant ils ont mis de côté toute forme de démesure (trouvant moi-même que c’était parfois un peu too much dans les deux premiers LP). Mais grâce à une production bien meilleure que ses grands-frères, à la belle prestation vocale d’Emo Mowery (d’ailleurs, son groupe de death prog TIWANAKU vaut le détour, le premier album « Earth Base One » est sorti l’année dernière) et à la solidité des morceaux, je réhabilite totalement « Ethereal Tomb » en tant que très bon album de death metal, sachant que si le groupe s’était appelé autrement il n’y aurait sans doute pas eu débat. A mon goût, c’est tout sauf un raté.

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Nocturnus
Death Metal
1999 - Season Of Mist
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs :   -
Webzines : (2)  6.25/10

plus d'infos sur
Nocturnus
Nocturnus
Death Metal - 1987 † 2002 - Etats-Unis
  

formats
tracklist
01.   Orbital Decay  (04:54)
02.   Apostle of Evil  (04:09)
03.   Edge of Darkness  (04:52)
04.   The Killing  (05:25)
05.   Search for the Trident  (07:40)
06.   Paranormal States  (04:10)
07.   The Science of Horror  (06:47)
08.   Outland  (04:18)

Durée : 42:15

line up
parution
1 Octobre 1999

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