La relation d’amour entre la ville de Mulhouse et le
metal n’est plus à démontrer et
BASTION semble vouloir faire durer la romance encore un peu.
Active depuis 2018, la formation a mis quelques années avant de stabiliser son
line up, ce qui explique que son premier album «
Prémices » ne prenne l’air qu’aujourd’hui. L’avantage, c’est que les onze compositions présentées ont eu le temps nécessaire pour murir. Quant au style, il se veut frontal, direct, efficace : en un mot, du
brutalcore.
Alors que le disque débute sur un extrait du film « Fight Club », il ne faudra pas se faire berner par l’envolée de guitare qui s’en suit. En effet, cette mélodie sera bel et bien la seule, il n’y a pas de place pour les jolies ritournelles au milieu de la bagarre. Le quintette n’a qu’un seul mot d’ordre : balancer une sauce épaisse où se mêlent
hardcore, léger parfum
punk américain dans les riffs,
beatdown avec les classiques énormes ralentissements propices à la baston, fond de
death metal façon rouleau-compresseur… Que des styles de gros malins !
Une approche aussi primaire ne laissant pas vraiment la possibilité de s’épancher, les titres sont brefs (entre une et trois minutes), uniquement construits sur de solides bases rythmiques, ce n’est pas ici qu’il faudra rechercher de quelconques fioritures. Le chant est à l’avenant, je pense à
NASTY, moins souvent à
KICKBACK pour les intonations criardes, autrement dit que des voix qui te tamponnent la tronche. J’aurais juste apprécié soit une diction plus claire, soit un mixage moins étouffé, cela m’aurait permis de bien comprendre les textes puisqu’ils sont en français. Et comme les mecs, tels Perceval et Karadoc, en ont gros (« Résistants » ; « Soulèvement »), j’aurais aussi pu y voir plus clair quant au positionnement politique, si tant est qu’il y en ait un, même si l’anarchie est finalement une option comme une autre. Bon, j’ai ma petite idée cependant.
Tout n’est pas évidemment parfait car même si le disque ne fait que vingt minutes, le style est vraiment trop monolithique pour que des moments forts se distinguent réellement, tout finissant un peu trop par se ressembler. De toute façon, c’est certainement conçu pour le
live et pas pour une écoute pépouze au casque comme je le fais, c’est donc vraisemblablement sur scène qu’il faudra prendre la pleine mesure de
BASTION. Toutefois, compte-tenu du niveau technique affiché (certains plans de guitare frôlent le
brutal death), je ne serais pas surpris que les prochaines sorties frappent plus fort et pour peu que le style prenne à peine un angle plus diversifié, ça pourrait faire très mal.
Un premier jet prometteur, qui sent fort la testostérone.
Par Jean-Clint
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Par AxGxB
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Par Sosthène
Par Dantefever
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Jean-Clint
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Par Keyser
Par Sosthène
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Par Lestat
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