Pas de demos, pas de splits, pas d’EP, les Allemands de
BLEAK SANCTUARY débarquent sur la scène
metal directement avec un LP, «
The Dark Night of the Soul ». Coup de génie ou précipitation un brin prématurée ?
Du côté des membres, nous sommes face à un quatuor vraisemblablement sans antécédents musicaux où chacun prend le surnom d’un classique personnage de RPG : le vagabond, l’ermite, le protecteur, l’agité… Quant au style, il est hybride, présenté comme du
death metal progressif et mélodique mais également teinté d’éléments blackisants, voire gothiques. Gare à la dispersion, amis troubadours ! Car avec seulement huit titres, trente-deux minutes et trois instrumentaux, il va falloir frapper très fort pour se faire une place et, pourquoi pas, décrocher un contrat discographique.
Et comme je le craignais, c’est une déception. Autant la pochette possède son petit côté séduisant, avec ce logo bien agressif ainsi que le château qui se dessine dans le fond (je pourrais alors croire à un truc médiéval qui serait par conséquent raccord avec les pseudonymes), autant, musicalement parlant, je m’ennuie ferme, à faible comme à fort volume. Il y a plusieurs raisons à cela : une production sans relief, des vocaux qui manquent cruellement de conviction, des compositions toutes sorties du même moule (du même œuf pour citer
LOFOFORA) et qui me laissent à penser que
Dacian the Wanderer gagnerait à ne plus être seul maître de l’écriture, des instrumentaux sans intérêts (deux interludes atmosphériques et un « Triumph » aux mélodies trop pauvres qui se termine en fade out), un manque de technique encore trop flagrant dans les parties de guitares solos ou encore dans la tendance à glisser des rythmiques hachées « modernes » mais qui dénaturent le propos initial, des tempos trop lents pour laisser le côté épique s’exprimer mais également trop rapides pour que la grandeur des ambiances se développe pleinement… Je sais, cela fait beaucoup de critiques et le fait que l’on soit sur un premier album devrait m’inciter à plus de clémence.
Surtout que j’ai bien apprécié l’ouverture « Atonement » qui, avec ses guitares acoustiques, m’a laissé miroiter une musique empreinte de mysticisme, ou encore le riff introductif quasiment
doom de « Dunkelheit », voire l’orgue sur « Avalanche » qui apporte une dimension 70’s à la
OPETH pas désagréable à l’écoute… Le problème ne vient donc pas des idées, il y en a beaucoup, elles me semblent pertinentes mais il faudra en reparler lorsque le groupe sera arrivé à maturité. En effet, je peine à croire le communiqué de presse et son « FFO :
INSOMNIUM,
DARK TRANQUILLITY,
WINDIR », il faudrait être sacrément en manque pour s’extasier durablement devant «
The Dark Night of the Soul » et ne pas y voir autre chose que la bande son d’une partie de cartes entre amis.
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